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Quand le JT de TF1 fait son cinéma

De
152 pages
Le journal télévisé se servirait-il d'effets cinématographiques pour dramatiser certains faits ? La course à l'audience, en particulier depuis la privatisation de TF1, expliquerait-elle cette tendance ? Sans pour autant prétendre que le JT relève de la fiction, cet ouvrage émet l'hypothèse qu'il existe une " information-cinéma " dans un but marchand, c'est-à-dire une information que nous nous attendons à trouver dans une fiction. Cette recherche porte sur le JT de TF1 et s'intéresse à l'édition de 20 heures.
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e Mario Zunino tionscontemporaines Qsieé?lamounaidrahcnocasitntsaisroildeeitamrofnvélétno QUAND LE JT DE TF1 FAIT SON CINÉMA
Questions contemporaines
2014 Nominé au Prix des Assis s te nationa dujournalisme et del’Information
QUAND LE JT DE TF1 FAIT SON CINÉMA
ou la marchandisation croissante de l’information télévisée ?
Du même auteur
Mario Zunino, court métrage 35mmLa Penderie (Productions Zedem, 1998)
Mario Zunino, romanRose Sang(Productions Zedem, 2002)
L’illustration de la couverture a été créée par Mario Zunino qui s’est librement inspiré du filmM le mauditde Fritz Lang (1931).
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02271-0 EAN : 9782343022710
Mario ZUNINO
QUAND LE JT DE TF1 FAIT SON CINÉMA
ou la marchandisation croissante de l’information télévisée ?
L’Harmattan
Questions contemporaines Collection dirigée par B. Péquignot, D. Rolland et JeanPaul Chagnollaud
Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.
Dernières parutions
Delphine DELLA GASPERA,L’économie moderne au risque de la psychanalyse, pour un développement plus sain,2013. Jean–Christophe TORRES,Quelle autonomie pour les établissements scolaires ?, Réflexions sur la liberté pédagogique dans les collèges et les lycées,2013. Frédéric JONNET,oser la diversité. Pour uneOfficiers : recomposition sociale des armées françaises, 2013. Stéphane CHEVRIER, Gérard DARRIS,Les résidents secondaires à l’âge de la retraite, 2013. Mohamed Amine BRAHIMI,Réflexion autour d’Alain Badiou et Toni Negri. Pour une sociologie des intellectuels révolutionnaires, 2013. Alain CHEVARIN,Former sans déformer ni conformer, 2013. Bruno COQUET,L’Assurance chômage, une politique malmenée, 2013. Nesmet LAZAR,Peuton encore sauver la France ?, 2013. Michel PERALDI,! PamphletIls ont volé la décentralisation argumenté pour que la décentralisation soit rendue aux citoyens, 2013. Jacques Adrien PERRET et Samuel Mayol,Pour un système éducatif réaliste et sans élitisme, 2013. Louise FINES,Négociations et crimes en col blanc, Immunités réciproques, 2013.
REMERCIEMENTS
Mes remerciements s’adressent à Éric George et à tous ceux qui, de près ou de loin, m’ont permis de mener à bien cette étude ou m’ont encouragé à leur manière : Denis Aubin, Mohcine Berbiche, Antoine Char, Judith Dubois, Oumar Kane, Juan M. Wood…
Je remercie également l’Institut national de l’audiovisuel (INA) en France qui m’a autorisé à avoir accès à sa précieuse base de données via le sitehttp://www.inamediapro.com/.
INTRODUCTION
En 1999, 96% des foyers français possédaient une télévision (Nicey, 2008, p. 39). Aujourd’hui, alors que la diffusion en mode analogique a cessé fin novembre 2011, 91.6% des foyers dans la métropole possèdent un poste numérique (CSA, 2011). Dès lors, malgré la concurrence d’Internet et des nouveaux médias, reconnaissons que la télévision continue à faire partie du quotidien du plus grand nombre. Elle reste le média qui permet de toucher la plus vaste audience en même temps, notamment lors de certaines retransmissions en direct.
C’est durant les années 1980 que le Paysage audiovisuel français (PAF) a sans doute connu son bouleversement le plus important : les chaînes privées ou à péage apparaissent ; TF1 est privatisée… Nous sommes à l’ère de la néo-télévision qui offre plus de choix de programmes comparativement à la période précédente, la paléo-télévision (Eco, 1985 ; Casetti et Odin, 1990). Nous y reviendrons.
Au niveau de l’information, quelles sont les répercussions de ce bouleversement des années 1980 qui se font encore sentir de nos jours ? Est-il possible de croire que la course à l’audience a incité les journaux télévisés à réifier l’information jusqu’à en faire un produit ? Un produit d’appel sans marge bénéficiaire puisque les coupures publicitaires sont interdites dans le journal télévisé (JT) français. Est-il possible d’imaginer que le JT, pris en sandwich par deux des plus lucratifs écrans publicitaires, cherche à vendre son information en ayant recours à des ficelles cinématographiques que nous nous attendons à trouver dans une fiction mais pas dans une émission d’information appartenant au « monde de la réalité », pour reprendre l’expression de Jost (2009) ?
À partir de ces éléments, nous nous proposons de mener une ère recherche sur le JT de la 1 chaîne française, rebaptisée TF1 en 1975. Celui de 20 heures en particulier car il est le plus ancien des JT français. Il a aussi la plus forte audience en France et même en Europe, toutes chaînes et toutes éditions confondues.
Notre intérêt pour cette recherche s’explique aussi pour d’autres raisons, plus personnelles, que voici : - Nous avons une formation cinématographique qui nous a conduit à scénariser, réaliser, produire et distribuer un film 35 mm et son dolby (Zunino, 1998). Il a été distribué en salle, diffusé dans plusieurs festivals francophones et acheté par France 3, Radio-Canada et Télé-Québec ; - À notre modeste niveau, nous avons porté plusieurs casquettes qui nous ont permis d’expérimenter l’industrie 1 cinématographique ; - Plusieurs indices, que nous développerons plus tard, nous portent à penser qu’il existe une industrie de l’information télévisée, laquelle est en partie inspirée de l’industrie cinématographique.
Notre étude s’intitule : Quand le journal télévisé fait son cinéma : le cas du JT de TF1. Une mise en scène cinématographique au service de la marchandisation de la télévision ?
2 Compte tenu de notre expérience variée, de notre polyvalence et des multiples facettes de notre sujet ; et compte tenu que ces facettes s’entrecroisent, notre approche se veut multidisciplinaire (cinéma, journalisme, économie) et exploratoire. Elle est aussi historique dans la mesure où pour dire que le JT de la néo-télévision fait ou frôle le cinéma dans un but marchand, il faut d’abord s’assurer que cela n’était pas le cas durant les années ou les décennies précédentes. Dans la première partie consacrée à notre problématique, nous évoquerons des extraits de JT que nous avons plus ou moins
1  Industrie qui nous poussera à décliner certaines offres à rabais, notamment une offre d’achat de notre film de la part de la chaîne culturelle ARTV. Également, un distributeur québécois connu nous proposera de lui céder gratuitement notre copie film ainsi que la majorité de nos droits pécuniaires contre une hypothétique diffusion du film en salle (en première partie de programme c’est-à-dire avant la projection d’un long métrage). 2  Nous possédons aussi un diplôme universitaire en gestion d’entreprise qui nous a aidés à occuper un poste de directeur commercial durant quelques années.
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découverts par hasard sur le site grand public de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Ils ont provoqué un malaise chez nous. Un malaise qui a persisté lorsque, parmi toutes les études en communication que nous avons consultées, nous n’en avons trouvé aucune qui s’attarde véritablement sur les aspects particuliers qui nous ont dérangés (aspects que nous détaillerons plus tard). Dans le second chapitre, nous procéderons à une revue de la littérature sur la télévision, sur le JT, sur certains éléments de la mise en scène cinématographique de l’information télévisée. Nous terminerons notre revue sur la marchandisation et l’industrialisation de cette même information télévisée. Ce chapitre sera également l’occasion de bâtir notre hypothèse d’une information cinématographique qui va au-delà de la simple mission d’informer pour se rapprocher du divertissement dans un but essentiellement marchand. Le troisième chapitre sera consacré à notre méthodologie. Nous nous concentrerons sur le JT de TF1, l’édition de 20 heures plus précisément. Notre corpus s’étale de 1949 (année de création du JT français) jusqu’en 2011 en progressantgrosso modopar bonds de cinq ans (tout dépendra des archives audiovisuelles disponibles). Pour chaque année retenue, nous visionnerons trois JT de 20 heures consécutifs, toujours aux mêmes dates – du moins quand cela sera possible – soit les 21, 22 et 23 novembre. Afin de tenir compte des évolutions récentes du journal télévisé, nous ajouterons les JT des 21, 22 et 23 novembre 2010 et 2011. Le quatrième chapitre de notre étude sera réservé à la présentation de nos résultats, suivie de leur interprétation. Quant à notre conclusion, elle confirmera, d’une part, notre hypothèse d’une information de plus en plus cinématographique au sein du JT de TF1, cela dans un but principalement marchand. D’autre part, elle nous fera réfléchir sur ce phénomène qui devrait inciter le lecteur à ne plus voir le JT du même œil.
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