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Thierry ALBERT
Quel est votre nom ?
Roman
QUEL EST VOTRE NOM?
Rue des Écoles Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus
Mbuyi Mizeka (Alfred)L’enfant noir d’Afrique centrale, 2015. Alain Nesme,Léa la Sainte, 2015. Pham Ngoc (Lân),De père inconnu, 2015. Duhameaux-Lefresne (May),Le sourire du père, 2015. Brousse (Odette-Claire),Sortir de chez soi, 2014. Beuchée (Laurent),Un regard de Haute-Bretagne, 2014. Lemaître (Vincent),Risques salés, 2014.
Micaleff (André),Heimat, 2014. Michelson (Léda),Les corps acides, 2014. Leclerc du Sablon (Françoise),Derrière la seizième porte, 2014. Nicole-Le Hors (Jacqueline),La croix ou la bannière, 2014. De l’Estourbeillon (Hubert),La Cité deshauteurs, 2014. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Thierry ALBERTQuel est votre nom ? * roman
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05384-4 EAN : 9782343053844
À mon père
Dans la salle d’attente d’un notaire de Deauville, ils ten-taient de tuer le temps. Une aquarelle à la signature illisible suscitait la curiosité de Pierre tandis que Marie parcourait un magazine de mode. Après ce qui leur a semblé être des heures, le notaire vint enfin les chercher. Il était de grande taille et portait un costume sombre. Qu’allait-il leur ap-prendre ? Pierre et Marie ne connaissaient personne à Deau-ville. Maître Wolf les fit asseoir dans son bureau austère et leur annonça : « Henry Garnier est mort. » Il marqua une pause, le temps de laisser Pierre et Marie retrouver leurs esprits, avant de poursuivre d’un ton solen-nel : « Henry Garnier vous lègue un manuscrit intitulé : “le journal de ma vie” ». Pierre et Marie ne posèrent aucune question et sortirent de l’étude en se tenant la main. Ils s’accrochaient l’un à l’autre pour ne pas tomber dans le vide. Le visage humide de pluie et de larmes, ils déambulaient dans Deauville. Au hasard des rues, le casino apparut baigné dans une vapeur blanchâtre. Ils étaient deux ombres dans un monde évanes-cent. Dans la salle de jeux, Pierre lança sur le tapis vert en direction d’un croupier trois plaques de cent francs en an-nonçant d’une voix ferme : « trois, neuf et seize par cent ». Marie était née le 16 mars 1959. Dans un brouhaha diffus, des joueurs attardés s’empres-sèrent de dicter leur annonce jusqu’au moment des quatre mots ultimes : « rien ne va plus », lâchés par l’un des crou-piers. À cet instant précis, un étrange silence s’installa. Les yeux de Pierre étaient rivés sur le trajet de la boule. Pour un court instant, aveugle au reste du monde, il ne fit qu’un avec cette boule en ivoire. Était-ce préférable à l’ombre qu’il était devenu en apprenant la mort d’Henry ?
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