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QUEL HUMANISME A L'HEURE DE L'INTERNET EN AFRIQUE?

De
100 pages
Pourquoi ne pas revisiter les fondements de l'humanisme à l'ère d'Internet ? Cet ouvrage met en évidence qu'il appartient à tous les hommes épris de Paix, de Justice, d'Equité et de Fraternité, de prendre la mesure des dangers pour mettre en oeuvre une théorie de gouvernance fondée sur le Coeur, le Droit et la Raison au bénéfice exclusif de l'Humanité dans son ensemble.
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ABOUBACAR YENIKOYE Ismaël

Quel humanisme à l'heure de l'Internet en Afrique?

L'Harmattan

PREMIERE PARTIE

DE L'HUMANISME A L'INTER HUMANISME

J'ai fait un rêve J'ai fait un rêve, s'exclamait Martin Luther King Jr, ce 28 Août 1963 sur les marches du Lincoln Memorial. « J'ai fait un rêve qu'un jour, cette nation se lèvera et vivra la vraie signification de cette croyance: Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux» . Combien de siècles se sont-ils déjà écoulés, depuis que l'être humain a décidé de considérer qu'il doit à son prochain autant de considération, d'amour et de respect qu'à lui même. Des Saintes Ecritures (Bible, Evangiles, Le Coran, etc) qui ne distinguent de différence entre les hommes que leurs capacités respectives à faire le bien, à aimer leur semblable et à adorer Dieu, aux différentes déclarations relatives aux droits de la personne humaine, bien d'eau a coulé et coule encore sous les ponts de l'injustice, de la domination, de la ségrégation et de la discrimination. En vérité, si Martin Luther King et bien d'autres humanistes ont été conduits à rêver d'un monde d'égalité et de justice, n'est-ce pas parce que depuis l'aube des temps, I'homme a été et est resté un « loup dévoreur» pour I'homme? Et sans doute, pour témoigner que le « Loup» voudrait encore et toujours régner en maître sur la Terre des Hommes, Martin Luther King sera assassiné le 4 Avril 1968, quatre années après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix; il n'avait que 38 ans.

Combien de défenseurs et de thuriféraires illustres de la paix, de l'amour, de la justice et de la fraternité humaine, auront-ils été sacrifiés, meurtris, torturés, et/ou assassinés, aux quatre coins de l'Univers, fauchés dans leur élan de vie et d'amour, pour avoir osé rêver d'un monde de Justice et de Fraternité Humaine? Combien d'autres, moins illustres, moins savants et de condition plus modeste, meurent-ils chaque jour de faim, de soif et/ou de maladies, autant de désastres, générés par l'indifférence humaine, l'exploitation de l'homme par l'homme, l'égoïsme et la loi implacable du profit? Ces désastres là, ne sont-ils pas la résultante de cette terrible guerre silencieuse, qui affecte et détruit l'homme, prélevant sa part de tribut chaque jour qui se lève sur le monde? Ce qui est arrivé ce mois d' Avril 1968 à Martin Luther King n'est donc que l'expression d'une guerre récurrente entre les forces destructrices et dominatrices d'une part et celles de l'amour, de la fraternité et de la justice d'autre part. Il s'agit là d'une guerre permanente et sournoise; il s'agit en vérité de la seule et vraie guerre; celle qui existe depuis que le monde des hommes frémit de son premier souffle et qui chaque jour, au regard du nombre élevé de victimes dénombrées à son actif, fait progresser pas à pas, les chemins de l'intolérance, de l'indifférence, de la violence, de l'exploitation et de la destruction de l'homme lui même. L'humanisme, qu'il soit d'essence religieuse, éthique ou intellectuelle tente vaille que vaille d'y faire face; sans 8

doute, a-t-il remporté de nombreuses batailles, mais la guerre elle-même reste loin d'être gagnée; pour nous en convaincre, faisons une courte incursion dans les dédales de l'injustice et de la souffrance humaine, par une brève intrusion dans le «village planétaire », en ce début de troisième millénaire.

Si la Terre était un village Imaginons que la terre entière soit ramenée aux dimensions d'un seul village de 100 personnes: «le village planétaire»: quelles seraient les principales caractéristiques humaines, sociales, culturelles de notre monde, rendu à l'échelle d'un tout petit village? Phillip M. Harter de l'Université de Stanford s'était posé cette question, à laquelle les «humains Associés» apportèrent la réponse suivante: si l'on pouvait réduire la population de la terre à un village d'exactement 100 personnes, en conservant tous les ratios humains, cela ressemblerait à ceci: - 60 Asiatiques (dont vingt Chinois et 17 indiens) - 14 Américains (Nord et Sud) - 13 Africains - 12 Européens et un demi Océanien» Dans ce village peuplé de 48 hommes et 52 femmes, constitué de 30 blancs et 70 non blancs, 30 chrétiens et 70 non chrétiens, il est symptomatique de relever que: - 6 des habitants du village, possèdent à eux seuls 60 % de la richesse globale. - 20 d'entre eux contrôlent 86 % du PNB, 74 % des lignes téléphoniques et 87 % du parc automobile. 9

En revanche, - 50 souffrent de malnutrition, - 70 sont analphabètes, - 80 vivent dans un logement de mauvaise qualité, - 25 vivent avec un dollar par jour et - 50 disposent de deux dollars par jour. - 17 n'ont ni services médicaux, ni abri adéquat, ni eau potable. Telles sont les disparités qui sanctionnent le monde d'aujourd'hui et illustrent les effets pernicieux de la guerre silencieuse, meurtrière et dévastatrice qui affecte la terre; en termes clairs, il convient de noter que disparités, pauvreté et forte mortalité caractérisent le village planétaire. En revenant aux dimensions de notre monde réel, il faut rappeler que: - chaque demi minute, un enfant africain meurt de paludisme; - toutes les 3, 6 secondes, une personne meurt de faim à travers le monde; - chaque minute, une femme meurt pendant la grossesse ou l'accouchement - chaque jour, le VIH/sida tue 6000 personnes et en infecte 8200 autres; - chaque jour, plus de 800 millions de personnes se couchent le ventre vide; - chaque année, trois millions de personnes meurent de paludisme; - chaque année, six millions d'enfants meurent avant leur cinquième anniversaire (données du Projet: Objectifs du Millénaire ONU). 10

Quel est donc ce monde là, riche, très riche en vérité, où des hommes, des femmes et des enfants meurent par milliers chaque jour, victimes innombrables d'une guerre silencieuse; une guerre qui n'utilise aucune arme mécanique, chimique ou biologique, etc. Une guerre qui procède de la loi du profit et repose sur l'indifférence et l'égoïsme des hommes. Dans le silence absolu des armes, elle tue chaque jour plus que les conflits et les guerres armées qui secouent encore ici et là certaines régions de notre planète. Est-ce donc cela le monde qui convient à notre humanité? Quelle est donc la portée réelle des valeurs d'égalité, d'équité et de justice, dans un tel village planétaire? Quelle crédit accorder aux professions de foi sur les Droits de l'Homme? Où sont donc passées les valeurs de bonté, de générosité et d'amour du prochain qui sont sensées fonder l'espèce humaine? Quel est donc ce village où, en dépit des apparences d'opulence des uns, règne la loi du plus fort et du plus riche et « prospèrent» tout à la fois misère et pauvreté? C'est qu'en vérité, au stade actuel de l'évolution du village planétaire, à l'image de la société animale, la loi en son essence est encore le produit d'un rapport de force; c'est la loi du plus fort, c'est-à-dire, celle du plus armé, disposant de la plus grande capacité de destruction de I'homme lui même.

Il

Le Droit produit d'un rapport de force D'un point de vue historique, politique et social, le droit résulte d'un rapport de force. Par exemple, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 si elle consacre des droits inaliénables à l'homme, n'a guère été octroyée par le Prince au peuple; elle est le fruit d'un combat conduit par le Peuple Français, qui culminera avec la convocation le 5 Mai 1789, des Etats Généraux. Dans ce combat, l'on ne rappelle pas assez que le Peuple Français a dû se dresser comme un seul homme, bravant les troupes du Roi, occupant la Bastille, dressant des barricades, essuyant le courroux et la violence du Prince, qui finira par céder face à la résistance et à la détermination populaire. Cependant, en dépit de ce noble combat et des progrès réalisés, les Droits de l'Homme restent encore aujourd'hui un défi de tous les jours, car les poches de résistance n'ont pas entièrement cédé. En effet, si nombre de pays à travers le monde ont ratifié le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, la marge est encore grande entre la théorie et la pratique. De même, le fonctionnement des Institutions de l'Organisation des Nations Unies: ONU telle qu'il s'exprime aujourd'hui et « régente» les affaires du monde est le fruit et l'expression d'un rapport de force issu de la seconde guerre mondiale; ceux qui ont gagné la guerre se sont arrogé des droits consacrés par les textes mêmes de cette Institution Internationale. Ainsi, cinq pays disposent 12