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Quelle gouvernance au service de la mobilité durable?

De
220 pages
Au regard des enjeux environnementaux, économiques et sociaux, la mobilité urbaine est désormais, plus que jamais, le centre des politiques publiques, que ce soit à l'échelle locale, régionale, nationale ou internationale. De plus en plus d'acteurs de la société civile se mobilisent pour participer à l'élaboration des choix qui devraient répondre au mieux aux attentes des différentes catégories sociales, mais aussi au regard du principe de respect de l'environnement physique et des droits des générations futures.
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Quelle gouvernance au service de la mobilité durable ?
CollectionSociologies et environnement dirigée par Salvador JUAN
Le«progrès»est aussi progrès dune menace de plus en plus exportée vers les pays les plus dépendants. Trop peu de travaux sociologiquesémergent pour rendre intelligibles les tendances profondes dune sociétéàla fois plus inhumaine, plus dangereuse pour les équilibres du milieu et plus riche. La collectionSociologies et environnementest née de ce constat. Certes, selon le mot du poète Hölderlin,avec la menace croît ce qui sauve, mais seule une conscience informée des risques et de ce qui provoque la dégradation tant de la qualité que des conditions de vie est susceptible de se concrétiser en réformes humainement supportables et socialement admissibles... Dans une perspective socioanthropologique et critique, tant des questions denvironnement global que décologie urbaine et de vie quotidienne, en articulant les interprétations théoriques et les résultats empiriques, la collectionSociologies et environnemententend participerà lémergence de cette conscience sociale. Elle présente aussi les alternatives portées par les mouvements sociaux et les pratiques de résistance contestant le productivisme ou la domination des appareils technocratiques.
Ouvrages parus dans la collection :
La sociétéinhumaine(Salvador JUAN), 2001 La vie contaminée(Frédérick LEMARCHAND), 2002 Lécologie au quotidien(Michelle DOBRÉ), 2002 Conditions et genres de vie(dirs. S. JUAN & D. LE GALL), 2002 La vie associativeàSaintLô(Stéphane CORBIN), 2003 CPNT entreécologisme et poujadisme(Céline VIVENT), 2005 Genres de vie et intimités(dir. Didier LE GALL), 2005 Ecologisme et travail(Gérard BOUDESSEUL),2005 Leau comme fait social(C. BERGER & J.L. ROQUES), 2005 Critique de la déraisonévolutionniste(Salvador JUAN), 2006 Socioanthropologie de la haute montagne(Viviane SEIGNEUR), 2006 Pourquoi tardonsnous tantàdevenirécologistes(dir. D. DUCLOS), 2006 Lusineàla campagne(Maxime PREVEL), 2007 Actions et enjeux spatiaux en matière denvironnement(dir. S. JUAN), 2007 La terre comme objet de convoitise(C. BERGER & J.L. ROQUES), 2008 Identités et genres de vie et intimités(dir. Didier LE GALL), 2008 Risques et environnement(dirs. S. BECERRA & A. PELTIER), 2009 Disposer de la nature(Igor BABOU), 2009 Consommer autrement(dirs. M. DOBRÉ& S. JUAN), 2009
Sous la direction de Abdelhamid ABIDI et Jacques FIALAIRE
Quelle gouvernance au service de la mobilité durable ?
©LHarmattan, 2011 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 9782296542006 EAN : 9782296542006
REMERCIEMENTS
L'ouvrage achevéaprès tant d'ardeurs et de labeurs, nous ne saurions le publier sans adresser nos sincères remerciementsàtous ceux qui ont contribuéàsa confection et àsa réalisation.
Nos remerciements vont ainsi, tout d'abord aux organisateurs du colloque dont est issu cet ouvrage :
 L'Universitéde Nantes, organisatrice la journée scientifiqueàl'occasion de laquelle s'est tenu ce colloque  Le laboratoire Droit et changement social (DCS), organisateur du colloque  Le laboratoire dconomie et de management de Nantes atlantique LEMNA pour sa contribution scientifique au colloque  L'Institut de recherche en sciences et techniques de la ville (IRSTV) qui nous a fait bénéficier de son réseau d'informations ;
Nous adressons ensuite nos remerciements aux financeurs du colloque :
 La Région des Pays de la Loire.  Nantes Métropole.  L'Universitéde Nantes  L'Institut de Recherche en Sciences et Techniques de la Ville (IRSTV).  Le pôle Génie civil  Le LEMNA  Le Groupement de recherche sur l'administration locale en Europe (GRALE).
Nos remerciements vont enfin vers les intervenants au colloque pour leur disponibilitéàprésenter les résultats de leurs recherches, de leurs réflexions et de leurs expériences sur la question de la gouvernance et de la mobilité. Et nous ne manquerons pas de remercier ceux des participants qui ont bien voulu mettre leur communication sous forme d'articlesànotre disposition afin que ce présent ouvrage puisse voir le jour.
INTRODUCTION
FONDEMENTS CONCEPTUELS DES TERMES«GOUVERNANCE»ET «MOBILITÉURBAINE DURABLE»
1 Abdelhamid ABIDI
Cet ouvrage regroupe les travaux présentés lors du colloque«Quelle gouvernance au service de la mobilitédurable ?», tenuàNantes le 7 juin 2010 dans le cadre dun programme de recherche, EvalPDU, financépar lAgence Nationale de la Recherche 20092012. Le principal objectif du programme est lélaboration dune méthodologie dévaluation environnementale de limpact des principales actions du Plan de Déplacement Urbain (PDU) de Nantes Métropole 20002010, et notamment de ses conséquences socioéconomiques.
Le caractère interdisciplinaire de ce projet est manifestement mis en avant par lensemble des chercheurs appartenant aux différents champs du savoir (sciences de lingénieur, sciences de lenvironnement et des sciences humaines et sociales). Lévaluation est multifactorielle allant des dimensions physiques (émissions des polluants, consommationénergétique), en passant par les dimensions psychophysiologiques (gêne sonore due aux différentes sources de bruit liées au trafic urbain) jusquàla satisfaction sociale des différentes catégories de la population urbaine. Cette approche systémique de la question de la mobilitéurbaine suscite unéchange de données entre les différents partenaires ce qui renforce une meilleure compréhension de la question de la mobilitéurbaine au regard des enjeux environnementaux. Force est de constater que le pari est gagnécompte tenu de la diversitédes approches, des trames conceptuelles et des fondements épistémologiques de chaque approche disciplinaire doùla tenue de ce colloque avec des intervenants participants ou non au programme EvalPDU. Lors de ce colloque, les travaux présentés sinscrivent plutôt dans le champ des sciences humaines et sociales (droit, sciences politiques, géographie,économie et sociologie) avec une problématique transversale centrée sur la gouvernance de la mobilitéurbaine. Il sagit dappréhender les diverses formes de gouvernance mises enuvre dans des contextes locaux, régionaux, nationaux et internationaux.
1 Sociologue, chercheur associéau laboratoire Droit et Changement Social et membre du centre nantais de sociologie CENS EA 3260, Universitéde Nantes.
Quelle gouvernance au service de la mobilitédurable ? _____________________________________________________________________________________
Dans cette introduction, il nous est paru nécessaire de revenir sur le sens du titre de ce colloque qui est aussi le titre de cet ouvrage :Quelle gouvernance pour une mobilitédurable ?Il est incontournable de définir dans un premier temps ce quon entend par gouvernance non seulement au regard de ses mécanismes de fonctionnement et des réalités quelle couvre mais aussi au regard de la légitimitéde ce«novlangue»pour ses utilisateurs, chercheurs scientifiques ou acteurs politiques. Des excès demploi du terme gouvernance dans le langage commun doiventêtre corrigés.
Étymologiquement lusage de ce terme en langue française est ancien. Au MoyenÂge on parlait de la gouvernance dans le sens de«lart de gouverner». Pareil sens se retrouve en langue anglaise. Le vocable«gouvernance»était resté souvent associéàlAncien Régime jusquau début du XXe siècle. Son retour en force sobserve avec deséconomistes américains et en particulier Ronald Coase qui est considérécomme linitiateur du courant néoinstitutionnaliste. Ce sont les économistes américains qui sont les premiersàavoir utiliséce terme pour désigner une meilleure stratégie de gestion des grandes entreprises industrielles et commerciales américaines.Était prônée une approche critique fondée sur la hiérarchie plate par la participation des salariésàla prise de décisions. Progressivement, un glissement de sens se réalise dans la mesure oùla gouvernance ne sest plus seulement restreinteàlentreprise comme organisation humaine mais sestélargie pour couvrir les bonnes méthodes que les individus et groupes sociaux adoptent pour mieux gérer leurs affaires communes (Pagden 1998, Osmont 1998, Smouts 1998, Gaudin 2002, Kazancigil 2002, Hermet 2005).
Afin de cerner les champs dusage du concept de gouvernance, il est indéniable de citer cette typologieétablie par Guy Hermet et Ali Kazancigil dans lintroduction de louvrage collectif,La gouvernance, quils ont dirigéavec Jean François PrudHomme (Hermet etal., 2005). Ils ont défini cinq champs dusage et dapplication du concept de gouvernance. Il nous a apparu nécessaire de reprendre cette diachronie car elle fonde bien le processus sémantique qua traverséle terme gouvernance.
Au début du siècle, vers les années 1930, le vocable est revenu dans lespace de lentreprise, on parlait alors decorporate governance. Un demisiècle plus tard, on a commencévraimentàparler de la gouvernance urbaine(urban governance) marquant ainsi lentrée dans la gestion de lespace public, la cité. Cela correspond aussi aux questionnements sur les grandes villes mondiales et les problèmes quelles soulèvent dans le processus de métropolisation. Vient ensuite le champ du développementéconomique des pays en voie de développement ou appelés aussi les pays du Sud. Les ONG parlent alors de gouvernance comme solution aux problèmes posés dans un contexte marquépar un déficit démocratique faisant obstacleàla prise en charge des populations pauvres. La Banque Internationale de Reconstruction et du développement (BIRD) en est le principal initiateur. Le quatrième champ dusage est celui de la " gouvernance mondiale " (global governance). Ce concept de gouvernance globale est plus académique que les
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