Ramses 2012 - Les Etats submergés ?

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RAMSES 2012 présente des articles compacts, pertinents dans la sélection et l'analyse des tendances mondiales 2012 : le monde a changé, les Etats sont-ils submergés face aux événements ? Le fil conducteur de RAMSES 2012 porte sur la difficulté des Etats à gérer l'afflux des exigences auxquelles ils doivent répondre dans tous les domaines et leurs responsabilités croissantes (Etats submergés face aux crises ou catastrophes politiques/économiques/sanitaires/écologiques/climatiques/médiatiques...).
RAMSES 2012
comporte 8 parties (3 parties thématiques, 5 parties portant sur une zone géographique ou un continent). RAMSES 2012 propose au total 53 entrées : par pays ou par thème. Les Repères proposent un appareil documentaire qui complète les textes. Le monde en cartes (16 pages quadri). Le monde en chiffres : 150 pays. Chronologie. 
Publié le : mercredi 7 septembre 2011
Lecture(s) : 91
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782100571284
Nombre de pages : 336
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La rédaction de cet ouvrage a été achevée à la mi-juillet 2011. RAMSES 2012 est une œuvre collective,
créée à l’initiative de l’Ifri, au sens de l’article 9 de la loi n° 57 298 du 11 mars 1947.
© Institut français des relations internationales, 2011
Ifri.org
Tous droits de reproduction, de traduction, d’adaptation et d’exécution réservés pour tous pays.
Directeur de la publication : Thierry de Montbrial, directeur général de l’Ifri.


978-2-100-57128-4

Ouvrage numérique publié avec le soutien du CNL

CNL

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Économie mondiale
Sous la direction de Jacques Mistral
Économie mondiale À la recherche de la stabilité perdue
ace à la crise financière de 2008, les gouvernements ont partout réagi avec rapidité et énergie. Des mesures d’ampleur exceptionnelle ont organisé le sauvetage du système financier et amorcé une reprise en 2010. L'année 2011 a permis, pour un temps, d’écarter les risques macroéconomiques les plus importants, le (récession à double creux) et la déflation. Elle a aussi vu sourdre bien des incertitudes, traitées dans d’autres sections de cet ouvrage : la situation géopolitique, la volatilité des prix alimentaires, les risques technologiques. On a aussi vu réapparaître au printemps des risques de surchauffe, en particulier en Chine où le risque inflationniste est pris très au sérieux. Dans les pays développés, les conditions de crédit, l’appétit pour le risque sont redevenus « normaux ». Pourtant, la stabilité de l'économie mondiale reste compromise, pour 2012, par le fardeau de l'endettement dans les pays avancés et la fragilité persistante du système financier. Si le pire a été évité, le meilleur n’est pas encore en vue.Fdouble dip
Des finances publiques en crise
Les finances publiques de nombreux pays avancés sont dans une situation de plus en plus critique. Il y a bien sûr la pression pesant sans discontinuer depuis janvier 2010 sur l’Europe du Sud. Même de façon chaotique, l’Eurozone a fait ce qu’il fallait : les mécanismes de sauvetage pour aujourd’hui et pour demain sont en place. Mais à la veille de l’été 2011, la périphérie européenne reste un sujet d’inquiétude et le financement de l'ensemble des grandes économies prend une tournure problématique. La mise sous surveillance négative de la dette américaine en mars 2011 et la dégradation de la note japonaise à AA+ en mai sont des signaux préoccupants. Le du Fonds monétaire international (FMI) indique en effet que le niveau de dette atteint 229 % du produit national brut (PNB) au Japon, 100 % aux États-Unis, 86 % dans l'Eurozone ; plus grave, le Japon et les États-Unis connaissent un déficit primaire (c’est-à-dire hors charges d’intérêt) très élevé, de - 8,6 % et - 9,0 % du PNB respectivement, contre - 1,7 % dans l’Eurozone.World Economic Outlook
Ces chiffres illustrent la trajectoire dangereuse de l’endettement public, qui devient plus sensible à toute modification des conditions de marché. En 2011 déjà, les pays de la périphérie européenne ont fait face à des taux d’intérêt très élevés. Pour l’ensemble des grands pays, c’est l’inverse qui a prévalu : des conditions monétaires très accommodantes leur ont permis jusqu’ici, malgré l’emballement de leur dette, de se financer à des conditions meilleures que dans le passé ; mais cela ne pourra durer. L’inévitable durcissement des conditions monétaires va placer dans une posture beaucoup plus inconfortable les pays ayant les plus forts besoins de financement. Or ceux-ci (dette à maturité plus déficit) s’élèveront encore en 2012 aux niveaux gigantesques de 52,5 % du PNB au Japon et de 25,6 % aux États-Unis (contre 20 % en France et 10 % en Allemagne).
La question de la sensibilité des différentes économies à un relèvement des taux d’intérêt va donc se poser dans un proche avenir. On considère couramment qu’une bonne gestion de la dette publique ne doit pas aboutir à un poids des charges d’intérêt supérieur à 10 % du total des emplois : si les grands pays de l’Eurozone sont de plusieurs points en dessous de cette référence, le Japon s’en rapproche (mais reste relativement protégé par la sécurité d’un financement largement domestique) et les États-Unis, dont le financement est de très loin le plus dépendant des investisseurs internationaux, ont atteint ce plafond. Selon ce critère, ils ont donc épuisé leur marge de manœuvre malgré la facilité extraordinaire apportée jusqu’ici par le financement de la Banque centrale (le fameux programme [QE] II). Ce qui est le plus frappant dans la situation financière mondiale à l’été 2011, c’est donc la sensibilité élevée et spécifique des États-Unis à tout changement des conditions financières et, plus concrètement, à l’attitude des investisseurs internationaux.Quantitative Easing1
Un système financier encore instable
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