RECHERCHES EN SCIENCES SOCIALES

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Derrière la diversité des objets - manuels scolaires, institution hospitalière, politiques sociales européennes, langues minoritaires, internet, etc., se dessinent les thèmes et les lignes d'interrogation de notre modernité : fonctionnement des grandes institutions, exclusion des minorités, mises en scène de la communication, construction d'un espace européen…Présentant des recherches au plus près de l'actualité, associant rigueur et originalité, ces textes constituent une introduction vivante et concrète aux sciences sociales en acte.
Publié le : lundi 1 janvier 2001
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EAN13 : 9782296175372
Nombre de pages : 171
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Recherches en sciences sociales Jalons et segments

Collection Dossiers Sciences Humaines et Sociales dirigée par Sophie Taponier
Cette collection est créée pour donner la parole aux étudiants, qui ont en général peu l'occasion de publier. Son ambition est de fournir un panorama de la recherche en Sciences Humaines et Sociales aujourd'hui, et l'idée de ce qu'elle sera demain. Les travaux publiés à partir d'enquêtes et de recherches de terrain sont l'expression de ce qui est en train d'émerger, en France et à l'étranger. Les éventuelles limites théoriques et descriptives des travaux d'étudiants ne signifient pas absence de qualité et d'originalité. Dossiers Sciences humaines et Sociales a pour but de combler l'isolement des étudiants pour favoriser une dynamique et un échange entre les recherches en cours. Les publications, réductions de maîtrise, DEA ou travaux intermédiaires de thèse, sont réunies autour d'un thème, soit par un enseignant qui anime le Dossier, soit à l'initiative d'un étudiant qui appelle à communication. Chaque fascicule thématique regroupe de deux à dix communications, présentées par l'animateur du Dossier dans une introduction de synthèse. Dernières parutions P. PARLEBAS (coord.), Education, langage et sociétés. Approches plurielles, 1997. F. STANKIEWIECZ, Travail, compétences et adaptabilité, 1997. P. PARLEBAS (éd), Territoires et regards croisés, 1998. M. LORIOL (éd), Qu'est-ce que l'insertion?, 1999. A. Raulin (éd.), Quand Besançon se donne à lire, 1999. P. PARLEBAS (éd.), Le corps et le langage: parcours accidentés, 1999. I. GARABUAU-MOUSSAOUI et D. DESJEUX, Objet banal, objet social, 2000. Série Premières Recherches P. BEZES, L'action publique volontariste. Analyse des politiques de délocalisation. D. DESJEUX, M. JARVIN, S. TAPONIER (sous la direction de), Regards anthropologiques sur les bars de nuit, 1999.

Collection « dossier sciences humaines et sociales» co-dirigée par Sophie TAPONIER et Isabelle GARABUAU

FACULTÉ

DES SCIENCES

HUMAINES

ET SOCIALES

SORBONNE

Sous la coordination de Jean-Michel BERTHELOT

Recherches en sciences sociales Jalons et segments

Actes de la Journée de l'École doctorale « Éducation, langage, société» (Novembre 1999)
UNIVERSITÉ PARIS V

-

RENÉ

DESCARTES

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y lK9

L 'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Comité scientifique

Gabriel LANGOUËT Bernard VALADE Jean-Michel BERTHELOT Christos CLAIRIS Jean-Sébastien MORVAN Pierre PAR LE BAS

cg L'Harmattan, 2001 ISBN: 2-7475-0349-6

Présentation des auteurs

Claude LELIEVRE
Professeur, Sciences de l'éducation

Yannick GABILLARD
Docteur, S den ces de l'éducation

Anne-Françoise
Doctorante,

PAUCHET -TRA VERSA T
S den ces de l'éducation

Alain BENTOLILA
Professeur, S den ces du langage

Denis COSTAOUEC
Maître de conférence, S den ces du langage

Danielle BRUNON
Doctorante, S den ces du langage

Anne-Marie GUILLEMARD
Professeur, Sociologie

Marianne ROBINOT
Doctorante, Sociologie

Thierry GOBERT
Doctorant, S odologie

Sommaire
Préface
Par Gabriel Langouët et Bernard Valade
Con to urs et pis tes. ... .. ............ Berthelot ....... ... ............ ......... ....... ... 13

9

Par Jean-Michel

L'image des rois dans les manuels d'histoire de l'éco le républicain e
Par Claude Lelièvre

21

Le désordre à l'école élémentaire. Étude des représentations du désordre chez les enseignants
Par Yannick Gabillard

29 41 71

Éducation du patient atteint de pathologie aiguë
Par Anne-Franpoise Pauchet- Traversat

Le Verbe pour soulever le monde
Par Alain Bentolila

Évaluer la pratique des langues régionales ou minoritaires. Méthodes et enjeux
Par Denis Costaouec

83 97

Penser en français, thinking in English
Par Danielle Brunon

Emploi, protection sociale et cycle de vie. Une analyse comparée internationale
Par Anne-Marie Guillemard

107

L'École de Puériculture de la Faculté de Médecine de Paris (1919-1970). Approche socio-historique d'une institution médico-sociale.
Par Man'anne
L' 0 rth è sem

125

Robinot
ul tim é di a . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 149

Par Thierry Gobert

Préface
Par Gabriel LANGOUËT et Bernard VALADE

Organisée pour la première fois, en novembre 1996, à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales - Sorbonne, la Journée de l'Ecole doctorale est devenue un temps fort de la vie scientifique des trois formations qu'elle réunit: sciences de l'éducation, sciences sociales, linguistique générale et appliquée. Comme celles qui l'ont précédée, la Journée de novembre 1999 a été un plein succès. Sa réussite est principalement due à l'inlassable dévouement de Monsieur le Professeur Pierre Parle bas pour la préparation de cette manifestation périodique, dévouement qui doit être prioritairement salué. Elle l'est aussi à la qualité des communications présentées par les différents intervenants, enseignants et étudiants. Elle l'est, enfin, aux riches débats auxquels ces communications ont donné lieu, ainsi qu'à l'active participation d'un très nombreux public aux séances successives de cette Journée. Que Monsieur Maurice Garden, Adjoint au Directeur de la Recherche et des Etudes doctorales, et que Monsieur le Professeur Jean-Claude Depezay, Vice-président du Conseil scientifique, représentant Monsieur le Président Pierre Daumard malheureusement empêché, aient bien voulu honorer celle-ci de leur présence et de leurs discours, est le signe de l'intérêt porté à notre Ecole par les plus hautes autorités ministérielles et universitaires. Quelques chiffres disent, et l'importance du potentiel de recherche mobilisé par l'Ecole doctorale, et l'ampleur de son activité. Ils concernent les enseignants-chercheurs (Plus de trente), les équipes d'encadrement ou d'accueil (Plus de dix), les effectifs des doctorants: pour l'année universitaire 1999 - 2000, trois cents thèses sont en préparation, près de cinquante ont été

soutenues. Les étudiants qui ont obtenu un Diplôme d'études approfondies dans une des trois formations, après avoir reçu les enseignements spécifiques à chacune d'entre elles et suivi les cours du «Tronc commun externe », sont de nationalités diverses: plus d'un tiers d'entre eux sont de nationalité étrangère et représentent une quarantaine de pays. Ce fait met bien en évidence la dimension internationale de l'Ecole doctorale, ainsi que sa renommée car de plus en plus, nombreux sont les enseignants et les chercheurs qui exercent leurs fonctions dans des universités étrangères grâce aux titres acquis en son sein. Ces indications statistiques sont ordonnées à des objectifs qu'il faut sommairement rappeler. L'Ecole doctorale se veut à la fois un cadre d'intégration, un lieu de communication et un centre de valorisation des travaux des jeunes chercheurs. Jouissant d'une large autonomie, les trois formations doctorales sont amenées à conjuguer leurs entreprises et à coordonner leurs efforts dans le cadre de cette institution. Leurs responsables respectifs le font en fixant les orientations d'une politique scientifique commune, s'agissant notamment de l'enseignement des langues étrangères et du maniement des techniques associées à l'informatique. Lieu de circulation de l'information et des connaissances, l'Ecole l'est également par sa vocation qui est éminemment interdisciplinaire. Elle assure aussi la visibilité des recherches engagées par les étudiants et conduites sous la direction des enseignants-chercheurs qu'elle rassemble; par là, elle contribue, en raison des contacts qu'elle permet de nouer, des rencontres et fréquentations suscitées, à la future insertion professionnelle des étudiants qu'elle a formés. Au total, l'Ecole doctorale se présente comme une communauté scientifique dont les membres sont soudés par des intérêts collectivement partagés pour la promotion d'une recherche de qualité, c'est-à-dire associant rigueur, utilité et originalité. La Journée scientifique, dont on trouvera ici réunis les actes, attentivement préparés par Jean10

Michel Berthelot, est bien à son image et conforme à son intention générale qui est d'être au service de la construction, de la communication et de la diffusion du savoir universitaire.

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Contours et pistes
Par Jean-Michel BERTHELOT Un préjugé tenace veut que le rassemblement de communications, issues d'un colloque ou d'un séminaire, pâtisse nécessairement d'une insurmontable dispersion. Que dire dès lors de textes relevant de trois disciplines différentes, qu'aucun lien particulier ne relie et que seule une commune exigence de qualité a sélectionnés! J'avoue que je redoutais d'avoir à écrire cette introduction et de devoir me plier aux jeux laborieux de la rhétorique des correspondances. Ce fut à l'inverse une heureuse surprise: non seulement les textes ont la qualité et l'intérêt attendus, mais leur rassemblement se révèle riche d'ouvertures et d'interrogations. Qu'il me soit permis d'en proposer un bref résumé, avant de présenter quelques-uns des chemins qu'une lecture croisée suggère. Les sciences de l'éducation ouvrent le feu, par trois textes très différents, illustrant bien la diversité des intérêts de recherche associés à ce domaine. Renouant avec une entreprise d'analyse des manuels scolaires, qui eut son heure de gloire dans les années soixante-dix, Claude Lelièvre en renouvelle le propos. Si l'on s'évertuait, à l'époque, à débusquer les représetltations idéologiques présentes derrière l'apparence anodine des textes et des illustrations afin de conforter les hypothèses massives de la reproduction, force est ici de partir d'un paradoxe. L'école républicaine du début de ce siècle, bien loin de fustiger les rois de l'Ancien Régime en donne un portrait souvent complaisant. Au-delà d'une pédagogie de la représentation et de la th éâtralisatio n, prônée par Lavisse, on constate des effets étonnants de sur- et de sousévaluation. C'est à résoudre cette énigme qu'invite l'auteur,

révélant, derrière le primat de l'image idéale sur l'exactitude des faits, la marque d'un « inconscient historique» et d'une représentation de la nation transcendant ses régimes successifs. On retourne dans la classe, avec Yannick Gabillard. Il ne s'agit cependant ni de pédagogie, ni d'observations, mais d'une question: comment les enseignants vivent-ils et gèrent-ils la tension entre ordre et désordre qui, en permanence, parcourt l'espace pédagogique? S'inspirant des concepts et des méthodes de la psychologie clinique, l'auteur établit une typologie des représentations que partagent les enseignants. Organisées en sept constellations, elles manifestent les composantes par lesquelles sont pensés, aussi bien l'ordre scolaire que la menace permanente de sa dissolution. Anne-Françoise Pauchet-Traversat transporte le lecteur à l'hôpital et le confronte à un ensemble d'interrogations nouvelles en sciences de l'éducation. Certaines maladies chroniques nécessitent de la part des patients la maîtrise de comportements nouveaux, concernant aussi bien la pratique des soins que l'hygiène de vie ou la reconnaissance des symptômes. Ces comportements sont fondés sur un savoir que l'équipe médicale s'est efforcée de leur transmettre. « L'éducation thérapeutique », comme composante de la démarche de soin, a ainsi acquis droit de cité et a déjà suscité de nombreuses études. Elle se limite cependant aux affections chroniques, posant le problème des pathologies aiguës. C'est à repérer la manière dont, dans ces cas marqués par l'urgence, peut se construire une démarche d'éducation thérapeutique que le lecteur est convié. Issus des sciences du langage, les trois textes suivants ont pour objet central la langue. Le lecteur peu au fait de ces disciplines ne se sentira pas pour autant exclu. Alain Bentolila, dans un texte réflexif incisif, rappelle que la langue n'est pas miroir, mais création du monde. Elle 14

permet non seulement de désigner ce qui n'est pas visible et de lui donner corps - mais également d'échapper aux limites du hic et nunc auxquelles nous voue notre condition. « La syntaxe de la généralité et de la vérité », qui supporte en toute langue la production des énoncés, est ainsi un pouvoir aussi formidable que dangereux: il use des mêmes formes pour dire le vrai et le faux, laissant désemparés ceux auxquels manquent des critères d'appréciation; il est impénétrable à qui n'a pu maîtriser son apprentissage. Cette «insécurité linguistique », due à une insuffisance de médiation dans l'acquisition des usages linguistiques, est source de déshérence sociale et interroge l'école, qui, aujourd'hui plus que jamais, apparaît comme l'institution de médiation par excellence. La diversité des langues est pour le linguiste une donnée triviale. Il n'en marque pas moins son étonnement quand il apprend que l'on en recense, aujourd'hui en France, soixante-quinze r Langues minoritaires, bien évidemment, mais dont la persistance même invite à l'étude sociographique. Par qui sont-elles pratiquées? Où? En quelles circonstances? Comment se transmettent-elles aujourd'hui? etc. Ces questions invitent à l'enquête. Denis Costaouec prend appui sur le travail monographique qu'il a mené en Bretagne, pour expliciter les diverses modalités de l'enquête sociolinguistique de terrain et les problèmes auxquels confrontent les diverses techniques utilisées. Les rapports entre structures linguistiques et formes de pensée ont donné lieu, dans les sciences sociales, à une riche littérature illustrée par l'hypothèse Sapir- Whorf. Si le caractère extrémiste de cette dernière est aujourd'hui rejeté, il peut être néanmoins intéressant, de saisir certains effets cognitifs liés aux différences de langue. Travaillant dans des situations d'échanges internationaux opérés en anglais par des locuteurs dont la langue initiale est l'Anglais ou le Français, Danielle Brunon s'attache à saisir ce type de phénomènes. Ceux qui relèvent du lexique sont assez 15

familiers et confrontent aux connotations différentes, voire opposées, de termes dénotant les mêmes objets dans les deux langues. En revanche, ceux qui sont associés à la syntaxe sont plus subtils et l'auteur s'attache à en décrire un certain nombre. Les trois derniers textes relèvent de la formation doctorale de sciences sociales. Les deux premiers sont spécifiquement sociologiques, le dernier est issu de l'éthologie humaine. Anne- Marie Guillemard présente le programme de recherche qu'elle a déposé auprès de l'Institut Universitaire de France lors de sa nomination à cet organisme. Il s'agit d'une perspective ample, étayée d'ores et déjà par des travaux et des résultats antérieurs, mais devant largement se déployer dans les années à venir. Le sujet en est, la transformation, dans les sociétés contemporaines, de trois phénomènes liés: l'organisation du travail, le parcours des âges, les formes de protection sociale. L'entrée de plus en plus tardive dans la vie active, l'obsolescence de plus en plus précoce des compétences professionnelles, le vieillissement généralisé de la population en sont les signes les plus évidents. L'auteur propose un programme ambitieux de comparaison internationale portant sur les manifestations de cette question au sein de la population engagée dans la deuxième partie de sa vie active. Il s'agit de saisir les diverses logiques mises en œuvre par les entreprises dans la gestion de leur personnel et d'analyser leurs effets démographiques et politiques, notamment à travers les politiques publiques engagées pour appréhender ce nouveau contexte. On ne quitte pas le terrain social en abordant le texte de Marianne Robinot, même si son objet et sa méthode sont différents. Il ne s'agit plus de vieillissement de population mais de protection de la petite enfance. L'auteur étudie de façon minutieuse la mise en place et le développement d'une institution pionnière, l'Ecole de puériculture de la Faculté de 16

médecine de Paris. Née au lendemain de la 1ère guerre mondiale avec le soutien actif de la Croix-Rouge américaine, cette école a été le creuset de la puériculture et des mesures de protection maternelle et infantile en France. En traversant la presque totalité du siècle, cette institution permet de lire, dans ses transformations de 1919 à nos jours, les enjeux et les modalités d'une intervention sanitaire et sociale spécifique. Ce recueil s'achève par un texte consacré aux « nouvelles technologies de l'information et de la communication» et à la structure comportementale que provoque une nouvelle modalité du rapport entre l'homme et la machine. Thierry Gobert explicite les diverses approches auxquelles donne lieu ce rapport dans les sciences contemporaines. Il peut ainsi dégager la spécificité d'une perspective éthologique. Elle permet d'élaborer un regard nouveau sur l'interface entre l'homme et la machine: en recourant à l'observation systématique du comportement de l'utilisateur, elle met en évidence ses diverses composantes sensorielles et motrices. Des rois de France aux ordinateurs... La contingence de l'ordre des exposés crée un effet de sens naïf qui ne mérite autre chose que l'indulgence d'un sourire. Le lecteur curieux, en revanche, pourra bouleverser l'ordre et les niveaux de lecture pour rechercher des fils significatifs. Les quelques pistes proposées ci-après ne prétendent bien sûr pas rivaliser avec sa perspicacité. Il y a tout d'abord un axe méthodologique. Sans épuiser, tant s'en faut, la palette des possibilités de la recherche empirique en sciences sociales, les divers textes en présentent un échantillon non négligeable: constitution de corpus de textes, recherche d'archives, entretiens, comparaisons de données internationales, reconstitution de séquences comportementales... Cette diversité rappelle que, s'il n'est pas de recherche sans orientation théorique, celle-ci reste creuse si elle n'est pas capable de susciter un recueil de
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