Rédiger son mémoire en travail social

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Présentation des différentes étapes qui jalonnent la réalisation d'un mémoire : la préparation (choix du sujet, choix du directeur de recherche), la planification de l'écriture, la recherche, la rédaction et la soutenance. Edition à jour des réformes des diplômes en travail social.
Publié le : mardi 1 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782710127901
Nombre de pages : 128
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Division d'Intescia 

Siège social : 52, rue Camille-Desmoulins, 92448 Issy-les-Moulineaux 

ISBN : 978-2-7101-2790-1

ISSN : 1269-8377 

www.esf-editeur.fr



Le Code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5, 2°et 3°a), d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective »et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple ou d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou ses ayants droit, ou ayants cause, est illicite »(art. L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

DU MÊME AUTEUR : LIVRES ET ARTICLES

« Marketing social : du non profit au profit collectif »in Marketingetcommunication , éditions Eska, vol. 2, 2007, pp. 91-116.

Êtrecadredansl'actionsocialeetmédico-sociale.Identités,légitimités,enjeux,fonctions, avec Daniel Guaquère, ESF éditeur, Paris, 2 e édition 2007.

« Savoir communiquer sur sa pratique ou que veut dire communiquer sa pratique ? », in Cahiersdel'Actif, n° 354-355, La Grande-Motte, novembre-décembre 2005, pp. 1925.

Dirigerunestructured'actionsocialeaujourd'hui.Valoriserlesressourceshumaines, ESF éditeur, Paris, 1998, 287 p.

« Écriture et maïeutique », in HenriDesroche,Témoignagesetmaïeutique,HommageauprofesseurHenriDesroche, direction E. Poulat et Cl. Ravelet, Bastidiana, hors-série n° 2, 27800 St-Paul-de-Fourques, 1997.

Communicationdesentreprisesetdesorganisations, Psychosociologie, Éd. Ellipses, Paris, 1996, 160 p.

Intelligence&pratiquedusocial,laméthodemarketingauservicedesassociations, coll. du Sextant, Éd. des deux Continents, Genève, 1995, 240 p.

Intelligenceetpratiquedumarketingéconomique,socialetpersonnel, coll. Expériences, Presses du Management, Paris, 1992, 320 p.

« Intelligences pour un projet social », postface à René Baptiste, Rénoverl'actionsocialeparlemanagementetparlemarketing, Éd. CREAI Rhône-Alpes, Lyon, 1990, pp. 165-172.

Guidepratiquepourcommuniquerparécrit, postface du professeur Henri Desroche, Éditions Ouvrières, L'Atelier, Paris, 1984, 216 p.

COLLECTION ACTIONS SOCIALES/ SOCIÉTÉ

dirigée par Amédée Thévenet

La collection Actionssociales regroupe des ouvrages de référence écrits par des professionnels et des praticiens du travail social.

Outils de réflexion et de pratique, destinés à fournir des pistes d'action dans la tradition des ouvrages parus chez ESF éditeur, les livres de la collection Actionssociales s'intéressent tout à la fois à des questions d'actualité et à des réflexions de fond. Destinés aux travailleurs sociaux en exercice ou en formation, aux formateurs, aux enseignants, aux associations et aux élus, à tous les citoyens dans une société en évolution et à toute personne impliquée dans la fonction et l'action sociales, les ouvrages parus dans la collection répondent de façon pragmatique aux interrogations et aux attentes de terrain.

REMERCIEMENTS

Ma gratitude va d'abord aux initiateurs et responsables de formations supérieures en travail social qui ont bien voulu faire appel à mon approche critique de leur secteur, à mes travaux et à mes aptitudes à transmettre mes réflexions, mes questionnements.

La liste est longue de ceux qui m'ont admis parmi les formateurs et même experts, membres des jurys officiels ou blancs, chargés de valider la qualité des projets des candidats, dans leur trajectoire de maturation et de changement.

Je veux aussi remercier les « étudiants »et « étudiantes »qui m'ont accordé leur confiance et accepté le compagnonnage que nous avons vécu et poursuivi, au-delà des difficultés, jusqu'au succès. Et aussi les collègues qui m'ont encouragé à réaliser cet « aide-mémoire » de façon à démultiplier ainsi nos conseils aux nouvelles promotions de candidats en recherche.

Plus une mention spéciale à l'équipe éditoriale et son amicale coopération dans la production de ce livre.

DÉDICACE

Ce livre est dédié à tous ceux et celles qui, adultes, en responsabilité de poste, de famille, d'engagements, etc. , ont eu le courage de se lancer dans l'aventure d'une nouvelle formation : formation professionnelle pour un approfondissement de leur pratique et une évolution dans leur statut, formation personnelle d'ouverture à de nouveaux univers et de remise en cause, en jeu, de leurs acquis. . .

. . . au risque de l'in-connu, de l'étrange, au risque de la découverte, au risque de l'évolution, au risque de la trans-formation.

Que cet ouvrage, cette boîte à outils, cet aide-mémoire, leur apporte soutien, encouragements et repères pour faciliter, améliorer et réussir leur parcours au long cours.

B. D.

PRÉFACE

J'ai partagé avec Bernard Dobiecki la passion d'accompagner des professionnels sur le chemin de l'écriture académique et, dans la préface de la première édition, j'avais tenu à le féliciter pour son minutieux travail méthodologique tellement nécessaire, surtout par les temps qui courent ; ce que confirme, du reste, la présente réédition à titre posthume.

Dans ces quelques mots offerts à l'auteur, j'évoquais les professionnels en précisant qu'il s'agissait bien des professionnels de l'action sociale ; j'employais aussi, très volontairement, le mot académique, parce que : DSTS, DEIS, CAFDES, mais aussi masters ou doctorats, il s'agit toujours d'une écriture destinée à l'obtention d'un titre officiel. Dans ces situations, le professionnel, aspirant légitime à une évolution qualitative dans sa carrière, est mis devant l'obligation de produire un écrit, selon certaines règles formelles et méthodologiques, puis d'en présenter les résultats devant un jury constitué à cet effet. C'est évidemment ce qu'on appelle une épreuve, tout à la fois psychologique, physique et intellectuelle. Une épreuve qui s'étale dans le temps puisqu'elle court de la détermination de l'objet et du choix du directeur de mémoire à la soutenance publique, impliquant une exposition en solo pendant de longues minutes et diverses réponses instantanées aux questions parfois piquantes des membres du jury.

Je me demandais aussi pourquoi et comment, de manière générale, on écrit dans le travail social. Plusieurs bonnes raisons sont toujours à distinguer. On peut d'abord écrire par nécessité professionnelle. Consigner des observations, fabriquer un dossier, rédiger un rapport sont autant d'occasions de coucher sur le papier ou de porter à l'écran d'un ordinateur des idées et des arguments destinés à telle ou telle autorité ou tutelle. Même routinisé, ce travail implique toujours une qualité du jugement et une prise de risque. L'exercice peut être douloureux, surtout quand on voudrait raconter là où il faut condenser, aller à l'essentiel, faire vite, tout en étant convaincant. C'est sans doute pourquoi certains font aussi le choix d'écrire plus librement pour donner du sens à leur engagement ou à l'action qu'ils mènent, avec l'idée de casser le silence et la servitude trop fréquemment intériorisés dans tous ces métiers. Il est certain que nous manquons beaucoup de témoignages au premier degré sur ce que font réellement, au jour le jour, les assistants de service social, les éducateurs, les auxiliaires de vie, etc. , avec leurs mots, leurs émotions, leurs doutes, leurs rasle-bol, comme ils l'entendent, comme ils le voient !

Dans le même ordre d'idées, on peut également écrire de manière plus volontariste, voire plus militante, pour faire connaître un point de vue, un parti pris, des propositions et chercher à mobiliser tous les intervenants et citoyens qui pourraient les partager. C'est l'écriture de ceux qui décident un jour de s'en mêler, d'intervenir dans les pages « Débat »des journaux, par courrier ou par la voie électronique, pour alimenter la controverse publique, essayer de modifier certains rapports de force, appeler à la résistance.

Enfin, il est aussi une écriture pour simplement aller de l'avant, innover aussi bien qu'avancer dans la carrière. Écrire un projet, écrire un mémoire entrent dans cette dernière catégorie, où l'équilibre n'est pas toujours facile entre terrain et analyse, entre implication et distance, entre transparence et stratégie.

Écrire, c'est donc avant tout faire oeuvre personnelle de réflexivité, de distanciation et de transmission. Et c'est pourquoi le rabaissement du travail social au statut d'emploi local, ou encore l'excessive « procéduralisation » ambiante, par « bonnes pratiques » et évaluations à tout prix des performances, ne sont pas de nature à fortifier ce type d'engagement. Bien au contraire. De telles orientations opèrent le plus souvent un complet rabattement de l'économie du travail d'écriture. Trop de grilles préformatées, construites et vendues par on ne sait qui, réduisent cette noble activité au remplissage de cases au lieu d'en faire l'une des voies d'accès à la pensée et à la création. Une vague de philosophie binaire et d'algorithmes a hélas envahi le travail social, comme du reste tous les métiers relationnels. On ne peut en attendre ni une grande dynamique cognitive ni des effets culturels marquants et durables. Le social, comme effort d'intelligibilité partagée et d'actions concertées face à « la misère du monde », ne serait-il pas en train de sombrer sous les coups conjugués de l'intégrisme gestionnaire triomphant et de la régression analytique ? Aujourd'hui, il y a danger !

J'avais également abordé un autre point sensible : comment dire ce qui se passe entre un candidat et son directeur de mémoire ? C'est, de toute évidence, une relation asymétrique, mais le plus souvent compensée par une forte empathie. Asymétrique, elle l'est statutairement et il me semble qu'elle doit le rester. Affaire de places. Jeu de rôles aussi. Mais ce n'est pas tout. Il s'agit aussi d'une maïeutique, autrement dit d'un accouchement, thème auquel Bernard Dobiecki était très sensible et à juste titre. Pour autant, toute maïeutique de ce type reste une activité socialement située et déterminée par les rapports inégalitaires entre un candidat et un directeur de mémoire, forcément plus âgé, supposé compétent pour la forme et sur le fond et, qui plus est, indemnisé pour cela.

Empathique, cette relation l'est ou devrait l'être sur deux plans : au coeur même du travail d'accompagnement très personnalisé, très ajusté, mais aussi dans la capacité à se mettre à la place de l'autre, être à l'écoute, ressentir ses

difficultés. Sinon, « le courant ne passe pas »et le mémoire prend du retard !

De telles qualités ne sont évidemment pas sans homologie avec le travail d'aide ou d'assistance dans la vraie vie, mais l'objet est tout de même très spécifique.

Il s'agit avant toute autre chose de produire un écrit de valeur, acceptable en privé et surtout destiné à être exposé en public. Pour être complet sur ces enjeux, une ultime question restait encore à poser : quel est le devenir de ces travaux après obtention du titre convoité ? Dans le meilleur des cas, la soutenance d'un DSTS, d'un DEIS ou d'un CAFDES n'est pas le point final de l'aventure. Certains candidats transforment leur écrit en livre pour tel ou tel éditeur ou encore le découpent en articles, partiellement réécrits, destinés à une revue professionnelle ou institutionnelle. C'est une nouvelle vie qui commence, au cours de laquelle l'écrit change de statut et d'utilité. D'épreuve, il devient ressource. Il ouvre alors à de nouveaux espaces mais aussi à d'autres risques. On sait que les meilleurs mémoires sont, en principe, confiées par les administrations déconcentrées au CEDIAS/Musée social où ils rejoignent un fonds spécial, destiné en particulier aux générations suivantes, plus rarement aux chercheurs, ce qui est fort regrettable. Mais on sait aussi que de trop nombreux travaux, y compris des travaux de qualité, finissent à la « morgue », signant ainsi pour leurs auteurs la fin de toute écriture engagée, académique et même militante. Ce qui est très certainement une perte considérable pour la culture du social que nous partageons. Pour toutes ces raisons, ce livre de conseils méthodologiques était et reste des plus précieux. Il a aidé, et continuera dans cette voie, les professionnels embarqués dans le lent cheminement réflexif, parfois pénible, en tout cas toujours éprouvant, surtout au moment du passage à l'écriture, qui conduit à la réalisation d'un bon mémoire. Enfin, les meilleurs guides savent ne pas abuser du genre normatif, mais au contraire proposer, suggérer, encourager, rappeler, bref être des « aidemémoire ». Je crois que celui de Bernard Dobiecki répond parfaitement à cette définition et qu'il faut se réjouir de cette réédition.

Michel Chauvière Directeur de recherche au CNRS Directeur de mémoires (DSTS, masters, thèses)

7 ÉTAPES CLÉS POUR UN MÉMOIRE

La décision initiale de reprendre une formation pour se perfectionner entraîne une série d'engagements qui vont s'enchaîner jusqu'à la soutenance finale et l'acquisition du diplôme, témoin et preuve du trajet effectué, du temps et de l'énergie consacrés à cette forme de recherche et d'action.

REMERCIEMENTS

Ma gratitude va d'abord aux initiateurs et responsables de formations supérieures en travail social qui ont bien voulu faire appel à mon approche critique de leur secteur, à mes travaux et à mes aptitudes à transmettre mes réflexions, mes questionnements.

La liste est longue de ceux qui m'ont admis parmi les formateurs et même experts, membres des jurys officiels ou blancs, chargés de valider la qualité des projets des candidats, dans leur trajectoire de maturation et de changement.

Je veux aussi remercier les « étudiants »et « étudiantes »qui m'ont accordé leur confiance et accepté le compagnonnage que nous avons vécu et poursuivi, au-delà des difficultés, jusqu'au succès. Et aussi les collègues qui m'ont encouragé à réaliser cet « aide-mémoire » de façon à démultiplier ainsi nos conseils aux nouvelles promotions de candidats en recherche.

Plus une mention spéciale à l'équipe éditoriale et son amicale coopération dans la production de ce livre.

DÉDICACE

Ce livre est dédié à tous ceux et celles qui, adultes, en responsabilité de poste, de famille, d'engagements, etc. , ont eu le courage de se lancer dans l'aventure d'une nouvelle formation : formation professionnelle pour un approfondissement de leur pratique et une évolution dans leur statut, formation personnelle d'ouverture à de nouveaux univers et de remise en cause, en jeu, de leurs acquis. . .

. . . au risque de l'in-connu, de l'étrange, au risque de la découverte, au risque de l'évolution, au risque de la trans-formation.

Que cet ouvrage, cette boîte à outils, cet aide-mémoire, leur apporte soutien, encouragements et repères pour faciliter, améliorer et réussir leur parcours au long cours.

B. D.

PRÉFACE

J'ai partagé avec Bernard Dobiecki la passion d'accompagner des professionnels sur le chemin de l'écriture académique et, dans la préface de la première édition, j'avais tenu à le féliciter pour son minutieux travail méthodologique tellement nécessaire, surtout par les temps qui courent ; ce que confirme, du reste, la présente réédition à titre posthume.

Dans ces quelques mots offerts à l'auteur, j'évoquais les professionnels en précisant qu'il s'agissait bien des professionnels de l'action sociale ; j'employais aussi, très volontairement, le mot académique, parce que : DSTS, DEIS, CAFDES, mais aussi masters ou doctorats, il s'agit toujours d'une écriture destinée à l'obtention d'un titre officiel. Dans ces situations, le professionnel, aspirant légitime à une évolution qualitative dans sa carrière, est mis devant l'obligation de produire un écrit, selon certaines règles formelles et méthodologiques, puis d'en présenter les résultats devant un jury constitué à cet effet. C'est évidemment ce qu'on appelle une épreuve, tout à la fois psychologique, physique et intellectuelle. Une épreuve qui s'étale dans le temps puisqu'elle court de la détermination de l'objet et du choix du directeur de mémoire à la soutenance publique, impliquant une exposition en solo pendant de longues minutes et diverses réponses instantanées aux questions parfois piquantes des membres du jury.

Je me demandais aussi pourquoi et comment, de manière générale, on écrit dans le travail social. Plusieurs bonnes raisons sont toujours à distinguer. On peut d'abord écrire par nécessité professionnelle. Consigner des observations, fabriquer un dossier, rédiger un rapport sont autant d'occasions de coucher sur le papier ou de porter à l'écran d'un ordinateur des idées et des arguments destinés à telle ou telle autorité ou tutelle. Même routinisé, ce travail implique toujours une qualité du jugement et une prise de risque. L'exercice peut être douloureux, surtout quand on voudrait raconter là où il faut condenser, aller à l'essentiel, faire vite, tout en étant convaincant. C'est sans doute pourquoi certains font aussi le choix d'écrire plus librement pour donner du sens à leur engagement ou à l'action qu'ils mènent, avec l'idée de casser le silence et la servitude trop fréquemment intériorisés dans tous ces métiers. Il est certain que nous manquons beaucoup de témoignages au premier degré sur ce que font réellement, au jour le jour, les assistants de service social, les éducateurs, les auxiliaires de vie, etc. , avec leurs mots, leurs émotions, leurs doutes, leurs rasle-bol, comme ils l'entendent, comme ils le voient !

Dans le même ordre d'idées, on peut également écrire de manière plus volontariste, voire plus militante, pour faire connaître un point de vue, un parti pris, des propositions et chercher à mobiliser tous les intervenants et citoyens qui pourraient les partager. C'est l'écriture de ceux qui décident un jour de s'en mêler, d'intervenir dans les pages « Débat »des journaux, par courrier ou par la voie électronique, pour alimenter la controverse publique, essayer de modifier certains rapports de force, appeler à la résistance.

Enfin, il est aussi une écriture pour simplement aller de l'avant, innover aussi bien qu'avancer dans la carrière. Écrire un projet, écrire un mémoire entrent dans cette dernière catégorie, où l'équilibre n'est pas toujours facile entre terrain et analyse, entre implication et distance, entre transparence et stratégie.

Écrire, c'est donc avant tout faire oeuvre personnelle de réflexivité, de distanciation et de transmission. Et c'est pourquoi le rabaissement du travail social au statut d'emploi local, ou encore l'excessive « procéduralisation » ambiante, par « bonnes pratiques » et évaluations à tout prix des performances, ne sont pas de nature à fortifier ce type d'engagement. Bien au contraire. De telles orientations opèrent le plus souvent un complet rabattement de l'économie du travail d'écriture. Trop de grilles préformatées, construites et vendues par on ne sait qui, réduisent cette noble activité au remplissage de cases au lieu d'en faire l'une des voies d'accès à la pensée et à la création. Une vague de philosophie binaire et d'algorithmes a hélas envahi le travail social, comme du reste tous les métiers relationnels. On ne peut en attendre ni une grande dynamique cognitive ni des effets culturels marquants et durables. Le social, comme effort d'intelligibilité partagée et d'actions concertées face à « la misère du monde », ne serait-il pas en train de sombrer sous les coups conjugués de l'intégrisme gestionnaire triomphant et de la régression analytique ? Aujourd'hui, il y a danger !

J'avais également abordé un autre point sensible : comment dire ce qui se passe entre un candidat et son directeur de mémoire ? C'est, de toute évidence, une relation asymétrique, mais le plus souvent compensée par une forte empathie. Asymétrique, elle l'est statutairement et il me semble qu'elle doit le rester. Affaire de places. Jeu de rôles aussi. Mais ce n'est pas tout. Il s'agit aussi d'une maïeutique, autrement dit d'un accouchement, thème auquel Bernard Dobiecki était très sensible et à juste titre. Pour autant, toute maïeutique de ce type reste une activité socialement située et déterminée par les rapports inégalitaires entre un candidat et un directeur de mémoire, forcément plus âgé, supposé compétent pour la forme et sur le fond et, qui plus est, indemnisé pour cela.

Empathique, cette relation l'est ou devrait l'être sur deux plans : au coeur même du travail d'accompagnement très personnalisé, très ajusté, mais aussi dans la capacité à se mettre à la place de l'autre, être à l'écoute, ressentir ses

difficultés. Sinon, « le courant ne passe pas »et le mémoire prend du retard !

De telles qualités ne sont évidemment pas sans homologie avec le travail d'aide ou d'assistance dans la vraie vie, mais l'objet est tout de même très spécifique.

Il s'agit avant toute autre chose de produire un écrit de valeur, acceptable en privé et surtout destiné à être exposé en public. Pour être complet sur ces enjeux, une ultime question restait encore à poser : quel est le devenir de ces travaux après obtention du titre convoité ? Dans le meilleur des cas, la soutenance d'un DSTS, d'un DEIS ou d'un CAFDES n'est pas le point final de l'aventure. Certains candidats transforment leur écrit en livre pour tel ou tel éditeur ou encore le découpent en articles, partiellement réécrits, destinés à une revue professionnelle ou institutionnelle. C'est une nouvelle vie qui commence, au cours de laquelle l'écrit change de statut et d'utilité. D'épreuve, il devient ressource. Il ouvre alors à de nouveaux espaces mais aussi à d'autres risques. On sait que les meilleurs mémoires sont, en principe, confiées par les administrations déconcentrées au CEDIAS/Musée social où ils rejoignent un fonds spécial, destiné en particulier aux générations suivantes, plus rarement aux chercheurs, ce qui est fort regrettable. Mais on sait aussi que de trop nombreux travaux, y compris des travaux de qualité, finissent à la « morgue », signant ainsi pour leurs auteurs la fin de toute écriture engagée, académique et même militante. Ce qui est très certainement une perte considérable pour la culture du social que nous partageons. Pour toutes ces raisons, ce livre de conseils méthodologiques était et reste des plus précieux. Il a aidé, et continuera dans cette voie, les professionnels embarqués dans le lent cheminement réflexif, parfois pénible, en tout cas toujours éprouvant, surtout au moment du passage à l'écriture, qui conduit à la réalisation d'un bon mémoire. Enfin, les meilleurs guides savent ne pas abuser du genre normatif, mais au contraire proposer, suggérer, encourager, rappeler, bref être des « aidemémoire ». Je crois que celui de Bernard Dobiecki répond parfaitement à cette définition et qu'il faut se réjouir de cette réédition.

Michel Chauvière Directeur de recherche au CNRS Directeur de mémoires (DSTS, masters, thèses)

7 ÉTAPES CLÉS POUR UN MÉMOIRE

La décision initiale de reprendre une formation pour se perfectionner entraîne une série d'engagements qui vont s'enchaîner jusqu'à la soutenance finale et l'acquisition du diplôme, témoin et preuve du trajet effectué, du temps et de l'énergie consacrés à cette forme de recherche et d'action.

PRÉFACE

J'ai partagé avec Bernard Dobiecki la passion d'accompagner des professionnels sur le chemin de l'écriture académique et, dans la préface de la première édition, j'avais tenu à le féliciter pour son minutieux travail méthodologique tellement nécessaire, surtout par les temps qui courent ; ce que confirme, du reste, la présente réédition à titre posthume.

Dans ces quelques mots offerts à l'auteur, j'évoquais les professionnels en précisant qu'il s'agissait bien des professionnels de l'action sociale ; j'employais aussi, très volontairement, le mot académique, parce que : DSTS, DEIS, CAFDES, mais aussi masters ou doctorats, il s'agit toujours d'une écriture destinée à l'obtention d'un titre officiel. Dans ces situations, le professionnel, aspirant légitime à une évolution qualitative dans sa carrière, est mis devant l'obligation de produire un écrit, selon certaines règles formelles et méthodologiques, puis d'en présenter les résultats devant un jury constitué à cet effet. C'est évidemment ce qu'on appelle une épreuve, tout à la fois psychologique, physique et intellectuelle. Une épreuve qui s'étale dans le temps puisqu'elle court de la détermination de l'objet et du choix du directeur de mémoire à la soutenance publique, impliquant une exposition en solo pendant de longues minutes et diverses réponses instantanées aux questions parfois piquantes des membres du jury.

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