Réflexions désobligeantes

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« Sa surcharge pondérale n'a pas atteint le cerveau.



Moins on a d'idées, plus on se massacre pour elles.



Elle a opté pour des études inférieures.



Est-ce que je pourrai fumer au paradis ou faudra-t-il que je sorte ?



Dieu est une incertitude négligeable.



Vous détenez la vérité ? Gardez-la. »


Publié le : mercredi 6 janvier 2016
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EAN13 : 9782334061780
Nombre de pages : 120
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ISBN numérique : 978-2-334-06176-6

 

© Edilivre, 2016

Réflexions désobligeantes

 

 

Qui m’aime se dévêt.

Moins on a d’idées, plus on se massacre pour elles.

Le lion est fait de gazelles énamourées.

On vous demande plus facilement votre thème astral que votre Q.I.

En vieillissant, j’ai beaucoup maigri de l’âme.

Hormis dans le style et le vêtement, toute sobriété m’est suspecte.

Qu’importe que le rhinocéros soit vieux si l’herbe est tendre !

Ne donnons pas trop d’armes à nos ennemis, ils pourraient s’en servir contre eux.

Les accidents de la vie domestique tuent 22 000 personnes par an, preuve que le vaccin contre l’inconscience s’impose.

Qu’est-ce qu’une perversion, sinon une excellente intention au nom de l’orgasme ?

Tous les bains de foule salissent.

Année de la femme : trop d’écrits vains, trop d’écrivaines.

Le hamburger m’explique Euro Disney : dis-moi ce que tu mastiques, je te dirai ton âge mental.

Les soldats de l’ONU. arborent des casques bleus pour nous persuader qu’ils sont des idéalistes.

La culotte de Madonna ajoute une étoile au drapeau américain.

Je connais trop les hommes pour voter pour eux.

« Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Évidemment, puisqu’il est célibataire !

Peut-on parler sérieusement d’art avec des lunettes rouges ?

« La marquise sortit à cinq heures » : elle portait une culotte griffée en soie grège dans laquelle, parfaitement épilée, son intimité respirait mieux.

Toutes les émancipations courent le risque de remettre la bêtise en liberté.

Les adolescentes portent des jeans déchirés pour attester que les voies de l’amour sont pénétrables.

Dieu n’épouse pas les jolies femmes.

J’apprends que Sulitzer a fait fortune en important des gadgets, croyant qu’il se contentait d’en fabriquer.

Je fume pour m’aérer le cerveau.

Toutes les religions sont des romantismes déguisés.

Comment être célèbre sans faire un peu le guignol ?

Les véritables fantasmes naissent d’une soif d’imperfection.

Les « campagnes de sensibilisation » me font immédiatement songer à cet aimable troupeau de vaches, qu’enfant je gardais dans les grands prés verdoyants.

Les Français plébiscitent le commandant Cousteau parce qu’il les enivre de profondeurs.

Il ne faut jamais rire de l’éducation : dès douze ans, je m’élevais au sein.

Le Téléthon sauve chaque année beaucoup de savants.

Dieu m’a donné le don de guérir les femmes par l’apposition des mains.

Hormis devant l’arme qui vous menace, il n’existe aucune raison honorable de lever les bras au ciel.

Si Rushdie meurt assassiné, Khomeyni le rendra plus célèbre que Lorca et Abélard réunis.

Je ne donne ma voix qu’à l’urne obsédante de l’amour.

Les jeunes filles confondent aisément le prince et les garçons d’écurie.

La religion meurt des religieux.

Mon allergie à la politique tient à peu de choses : on y détourne trop de fonds et pas assez de mineures.

La Grâce comme l’Insoumission ne s’achète pas.

Les roublards se punissent d’avoir à se fréquenter.

Plus le ventre grossit, plus l’orgueil s’évase.

Depuis deux siècles, hormis à de rares périodes, on promotionne la médiocrité.

« Nous n’avons pas les mêmes valeurs ! », « Pour quelles valeurs vivons-nous ? » Entendez-vous déjà comme moi le crépitement des vieux bûchers qui renaissent ?

Comment peut-on être fabusien ?

La spiritualité rêve toujours d’ablations.

Toute ma culture prend sa source dans le triangle et le cercle.

Avec l’âge, les mots se dégonflent.

Enfant, adolescent, adulte, j’ai toujours désobéi ; toujours été cet enfant sage qui dit « non », regarde sous les jupes, s’enchante que la mer soit rose et le sexe bleu.

L’infantilisation de l’adulte demeure la grande priorité du vingtième siècle.

Je me méfie de la tolérance comme d’une arme chargée.

« Réfléchir ensemble » pour les uns, « communication interactive » pour les autres : toujours la duperie commence par l’éloge des pâquerettes.

Les gens patientent devant les musées pour s’enorgueillir d’être les esclaves de leur goût.

Aujourd’hui, la littérature suit la mode : eau plate et régime amaigrissant.

Pour garder la tête haute ? Tous les matins, prendre une bonne dose d’orgueil.

L’intelligence d’un seul m’éteint la bêtise universelle.

Un tas de petites peurs dirigent l’homme : peur du Prince, de Madame, peur d’être en retard ou d’avoir sa braguette mal fermée. En remplaçant le gourdin, l’alarme électronique officialise notre goût du tremblement.

En se travestissant, la poésie n’avait plus d’autre choix que le trottoir.

Telle jeune vacancière qui m’envoie une carte postale représentant une femme nue, je l’imagine enfiévrée par son transfert.

Le grand public : il y a décidément des adjectifs qui fréquentent n’importe qui !

L’essentiel étant d’avoir des fréquentations honorables, il est rassurant que, sur le calendrier, toutes les jeunes filles soient des saintes : Sainte Cécile, Sainte Laëtitia, Sainte Agathe…

Si j’hésite encore entre le désert et le harem, il ne me restera plus que le ciel.

Je crois que deux et deux sont quatre, chère amie, et que quatre et quatre font mille.

Telle jeune fille m’imagine comme « un piège verdâtre, tiède, peuplé de poètes, de chats et de fleurs », mais c’est une jeune fille exceptionnelle.

Chaque matin, lucidité oblige, je refais mon plein d’illusions.

Félicitons ce jeune professeur d’avoir osé croire que les parents seront un jour éducables, et renchérissons sur son propos : Le sonnet du trou du cul (« où descend la céleste praline ») confine à la très grande poésie.

La dictée de Pivot s’adresse à des adultes qui n’en finissent pas de vouloir être corrigés.

Le piège de Don Juan : confondre survol et fouilles.

En plein marasme, sauter sur la moindre tentation en forme de femme.

Quand je songe aux neuf cents millions d’illettrés qui, dans le monde, sont à jamais privés des chroniques du Figaro, on mesure toute l’abnégation de l’écrivain qui les signe.

Trois heures du matin : pendant que mes chattes dorment, le chat miaule. Même castré, le mâle remâche son angoisse existentielle.

« L’art dérange » : formule qui permet à nombre d’artistes de confondre génie et dérangement.

La passion des femmes mûres allie l’amour de la graisse et le giron maternel.

Le pape condamne la fécondation in vitro : bravo pour la terre surpeuplée ! Mais pourquoi blâmer la contraception qui tuait dans l’œuf tant d’imbéciles ?

« Il avait renoncé au commerce des hommes » (Chateaubriand). C’est ce qui s’appelle cracher sur le genre humain avec élégance.

Dans cette « bête à neuf trous », six d’entre eux sont inutiles.

L’argent rend toujours la bêtise plus brillante.

Je préfère encore la femme-goret à l’homme-paon.

Avant de tomber le masque, assurez-vous de la beauté de votre âme.

L’approbation ou l’admiration des autres, outre leur côté monnaie de singe, entretient l’artiste dans une fertilité de mauvais aloi.

La gourmandise, la paresse et la luxure sont des vertus capitales.

Nous nous détestons cordialement, mais il insiste pour que je ne m’en aperçoive pas.

Je n’ai jamais été vacciné contre l’infidélité.

Ses « patientes inventions de l’ombre » me rendraient Bernard Desqueyroux presque sympathique. Encore qu’évidemment, l’ombre minimise ses talents.

Le racisme est tellement à la mode qu’on n’ose plus avouer qu’on aime le café noir.

A vingt ans, je lisais Nietzsche barricadé dans ma chambre, nu, boules Quiès dans les oreilles, pour ne pas être tenté de bondir au moindre talon qui passe. Déjà, dans le mot culture, les trois premières lettres m’obsédaient.

Elle rêve d’être la Merteuil avec les pleurnicheries de Manon et la santé de Marguerite Gautier.

Elle lui donne des ordres, mais sur le ton de la chambrière qui morigène l’enfant-roi.

Ces parents qui viennent vous parler de leur cancre comme d’un sphinx incompris, pétrifié par la dureté de l’existence, mais tellement attentif à toutes les jolies choses que nous disons !

Une élève m’écrit « Merci d’avoir si bien rempli le petit vase ». Je reste un instant perplexe, puis je comprends qu’elle fait allusion à son cerveau.

Se féliciter tous les jours de la bêtise du monde, et de la sienne : mine d’or pour l’écrivain.

J’écris à une jeune fille : « Si votre intérieur est aussi bien décoré que l’extérieur, je vous habiterai volontiers ».

Un de mes collègues de lycée : « Il faut se battre ! » Oui, ma devise commence aussi par un B.

Je m’ennuie avec les hommes parce que je n’y suis jamais sur le plan de l’émotion.

Elle m’avoue : « Je n’ai aucun problème pour mentir ». Certes, ma chère, c’est avec la vérité que les difficultés commencent.

Si j’avais accepté de jouer le jeu, je serais riche, célèbre et raté.

Depuis le temps que j’ai mis mon romantisme au coffre, je le soupçonne de s’être fortement dévalué.

On a dit de la guerre qu’elle galvanisait certaines valeurs. Restons simple : elle tue un grand nombre d’imbéciles et multiplie à l’envi les veuves joyeuses.

Mon drapeau, c’est le foulard qu’elle porte.

Sans la bestialité, le génie brode.

Si les femmes deviennent prêtres, qui desservira la Cène ?

Seules les bonnes élèves comprennent que le professeur peut leur enseigner autre chose.

Il y a en lui du charcutier et du commis voyageur, mais c’est le maquignon qui l’emporte.

Si Dieu existe, Sade n’est pas loin.

La démocratie ? Transformer le droit de cuissage en vulgaire harcèlement sexuel.

La haine de l’homme pour l’homme est si puissante que mon dédain fait figure de bonté.

Les femmes téléphonent comme, autrefois, elles tricotaient. Ce n’est plus le même fil, mais c’est le même malaise.

J’explique Le Bateau ivre à mes élèves comme on démonte une kalachnikov devant des pygmées.

Devant quelqu’un de pourri, une seule alternative : gagner les sommets ou frapper.

Le grand merdier : difficile, eu égard à ce que contient ce livre, de trouver un meilleur titre.

Il me croit tellement moins intelligent que lui que j’ai parfois peur de le décevoir.

Tout écrivain doit se méfier de deux écueils : Charlot et Rambo.

On vaque au hasard de sa génétique pour savoir s’il faut croire en Dieu, aux autres ou à son nombril.

Entre l’ordre et le désordre, je préfère l’inspiration.

Les gens qui obéissent exercent sur moi une fascination particulière : ils m’expliquent l’entêtement des bourreaux.

Il me sature de son érudition politique pendant que je me concentre sur les comédons qui pointillent sa pensée.

Gardons-nous de vivre passionnellement au-dessus de nos moyens.

Quand princes et papes rivalisent pour afficher leur binette dans les journaux, on se réjouit d’être né plébéien et incroyant.

Si la tolérance nous est présentée avec la garantie du bon sens, c’est uniquement pour que les médiocres y adhèrent.

« C’est un homme humble » avoue la vieille paroissienne au conseil de classe. Je respire immédiatement la naphtaline, l’acide urique et les odeurs sous les bras.

Entre chaque mot, elle entrouvre la bouche pour que son interlocuteur avisé y place le rêve qui l’obsède.

Un Pécuchet, un Tibère et un Tristan s’agitent en chacun de nous.

Vieillir en herborisant, merci ! Je préfère encore la fille du jardinier.

En flagornant la jeunesse, on cimente sa bêtise.

Le vétéran qui godille, le pépé qui joue aux boules : même combat.

Je l’écoute pérorer sur l’érotisme pendant que son épouse me confie qu’il lit beaucoup.

On ordonne à deux mille élèves d’écouter pendant trois heures les ordures verbales d’un prêtre qui défend Dieu en vomissant des crachats.

L’hypocrisie s’appelle tantôt politesse, tantôt diplomatie, tantôt peur : tout dépend de votre partenaire ès grimaces.

On courtise plus ma nature que ma culture.

La mode écologique débouchera un jour sur ces Fleurs du Bien, celles mêmes qui odorent la chlorophylle, le ciel pur et le scoutisme.

Donner des autographes comme on distribue des cacahuètes à des singes.

Les inspecteurs nous apprennent qu’un bon enseignant ressemble à Guy Lux, revu et corrigé par le professeur Tournesol.

Les hommes ne m’ont pas convaincu que l’obéissance soit une vertu cultivable.

J’admire dans le Christ son insoumission ; mais pourquoi diable s’être fait ensuite autant de copains !

J’aime la désinvolture, les gros seins, le café noir, Lolita, les Gauloises Blondes, la pluie, Cioran, mes filles et Pascale.

Hormis quelques musiques privées, il y a longtemps que la parole humaine m’est inaudible.

M’irritent chez les gros la boursouflure du Moi ; chez le maigre l’humilité des organes.

La Féria de Nîmes : peuple, pisse, pastis.

Une règle d’or : ne pas s’agiter, sourire, tourner le dos.

Entre rugir et subir, j’arpente les immenses plages du mépris.

Deux types de jeunes filles : celles qui vous embrassent sur les oreilles et celles qui se posent au coin de votre bouche comme un papillon.

Nous apprenons avec plaisir que grâce à Bernard Pivot et à la Sofrès, Bohringer « a séduit 2 799 000 lecteurs ».

Parler égale mentir. Fort heureusement, dans l’écriture, le moindre rond de jambe vous tue.

A la façon dont elle chipote sur les plats, je l’imagine mal en train de me dévorer.

La cellulite raffermit l’inégalité des sexes, mais elle humanise le fessier.

Une éditrice m’accuse de « surenchère d’intelligence » pour me prouver qu’elle ne s’illusionne pas sur son public.

Les jeunes filles curieuses savent qu’on en apprend plus avec Valmont qu’avec Danceny.

« A partir de quarante ans, on a le visage de ses idées » (Camus). A quinze, on en a déjà le corps.

Les bonnes soupes ne sauraient faire oublier les vieilles marmites.

La tolérance peut être envisagée comme le droit des peuples à l’imbécillité universelle.

Mais non, je ne pense pas qu’à ça, hélas !

Madame Françoise Verny m’explique grassement ce que Nabokov appelle « la volupté esthétique » d’un livre.

Pendant qu’elle me parle de son fils, ses yeux me disent qu’il cherche un père.

Ce n’est pas la médiocrité qui me dérange, c’est son règne.

Quand la solitude ne tue pas, elle déifie.

On appelle « minimale » l’écriture des minus.

On devrait condamner Christophe Colomb pour avoir permis à l’Amérique de nous découvrir.

Le nouveau Code pénal supprime « l’attentat à la pudeur », constatant que la pudeur n’est plus de ce monde.

Pour survivre, les éditeurs ont assassiné le talent.

Le débat sur l’Europe m’intéresse autant que l’existence des extraterrestres.

L’urgence commence à se faire sentir d’enfermer ceux qui fument, baisent et ne regardent pas la télé !

Le pape interdit le préservatif parce qu’il est imperméable au Mal.

Pratiquée à outrance, la transgression des interdits ressortit au même infantilisme que le ski extrême.

Des croyances ne subsistent que les monuments et les tueries, mais on visite rarement les tueries.

Chaque génie reconnu est entaché par le jugement de ceux qui le reconnaissent.

Je suis de ceux qui jettent des fleurs à chaque femme adultère.

Aucune vérité ne me dérange, mais beaucoup m’ennuient.

Codes scolaires :

« Orienté vers la vie active » signifie : mis à la porte de l’établissement.

« Manque d’esprit de synthèse » : le cher enfant souffre d’une carence de matière grise.

« Résultats médiocres ». L’élève, lui, ne saurait être que moyen.

La femme supérieure se reconnaît à la pitié dont elle gratifie ses consœurs.

J’ai vécu au plus près de mon double : l’autre ne m’intéressait pas suffisamment.

L’amour maternel excuse-t-il l’entêtement des femmes à surveiller les culottes et le journal intime de leurs filles ?

J’ai rarement trouvé la chair triste, hélas, mais les livres m’ont déçu.

Le fouet active le sang, déculpabilise et rassérène. Il est plus efficace que la prière et moins amer que l’Aspro.

Le mythe de la Santé, de l’Écologie ou du Droit des peuples, entretenu à grands frais par les charlatans, me paraît aussi puéril que celui de la charité universelle : les corbeaux n’en finissent pas d’ouvrir le bec.

L’homme est de la graine de tyran.

Prendre de la hauteur ? Dès que j’ai fini le ménage.

J’aime l’innocence infinie de l’animal. On comprend qu’il soit apparu avant l’homme et lui survive après l’apocalypse.

Machiavel conseille au prince de ne jamais s’en prendre aux femmes de ses sujets. Excellent conseil, mais si l’on n’a pas de sujets ?

L’art des riches : attendrir les pauvres pour les convaincre de donner à plus pauvres qu’eux.

Les pousseurs de landau me font le même effet que les femmes haltérophiles.

Entre une balle en plein cœur et une tarte à la crème sur la gueule, j’ai choisi l’anonymat.

Raskolnikov reste la référence idéale des psychopathes qui viennent, en direct, vous parler de l’irritation de leur zizi.

Aimer, c’est abdiquer dans la joie.

Ce ne sont pas les vérités des autres qui m’intéressent, mais la qualité de mon erreur.

Qu’est-ce qu’un romancier, sinon un enfant qui refuse de grandir ou une commère attardée ?

Quand j’aurai cessé de plaire à mon miroir, il me tuera.

Heureux ceux qui ont une tâche en ce bas monde : elle excuse au moins leur hystérie.

La haine et une belle paire de fesses tonifient : le sage ne dédaigne pas les fortifiants.

Dès qu’une pensée me séduit, j’en cherche le piège.

Chaque homme recoupe le patron de la morale sur ses fantasmes.

La seule façon de juguler son ignorance, c’est d’en être fier.

Avec une bonne analyse, mon mal sortirait ; mais qui me tiendrait compagnie ?

En aimant les femmes, je me console de ne mépriser que 50 % de l’humanité.

La sainteté et l’hygiène ne font jamais bon ménage.

Tant que je serai coté en bourses, les petites porteuses me feront confiance.

La vraie poésie ne sent pas la marjolaine, mais l’opium.

J’ai compris assez jeune une chose importante : il faut parfumer les interdits.

Le piège que je lui tends consiste à me dévorer.

L’orchidée me rend les jacinthes supportables.

De toutes les figures gymniques que j’affectionne, le grand écart reste ma préférée.

La libération des jeunes filles a consisté à prendre la mode en marche et la pilule en rêvant, mais le fond reste inchangé.

Cioran se complaît dans les cimetières, Montherlant a gagné le Colisée, Chateaubriand fatigue à la pointe du Grand-Bé. Pour ma part, j’eusse volontiers fini ma vie dans un bordel, entre Baudelaire et Degas.

« Je me suis fait tout seul » s’exclame J. H., qui aurait eu intérêt à se faire aider.

On oppose fréquemment bon sens et intelligence. Idéologiquement, le bon sens serait une intelligence primesautière utilisée par la droite pour railler la réflexivité de la gauche. On occulte ainsi le degré zéro de la raison dont Descartes rappelle qu’il est le mieux partagé.

Dilemme : si Don Juan parle trop, on le tue ; s’il se tait, sa réputation faiblit.

Il n’y a pas de conversation plus attachante, dans une soirée, que celle des genoux de votre voisine.

Enfant, j’allais au cinéma pour voir le déhanchement des ouvreuses et le liséré de leurs bas noirs. Dans les tramways, je collais mon nez contre les fesses des femmes, et je béais à l’étendage de ma voisine où des soutiens-gorge voletaient. Déjà, je vivais dans l’innocence, mais la société m’a corrompu.

S’il existe un vous de politesse, c’est bien que le je est impoli.

Les femmes-objet excitent surtout les hommes-plumeau.

Siècle de la mendicité organisée. L’État applaudit et ricane. C’est un peu comme si mon fils s’endettait pour nourrir ses frères et que je l’en félicite en baissant la vitre de ma Rolls !

J’aurais aimé vivre au XVIII siècle, pisser dans des bourdalous, fréquenter Casanova et Voltaire, papoter avec François Donatien et mourir jeune d’un coup d’épée dans le cœur.

Pour mes élèves, le véritable artiste est drogué, fou, syphilitique, riche et célèbre.

L’ordre de l’esprit ne masque pas les désordres du sexe : il en accuse les manques.

Soit, j’ai un grain ; mais je tente de le faire germer convenablement.

S’il ne s’agissait que d’écarter les importuns, la cigarette me paraîtrait déjà une arme recommandable.

Chaque fois qu’elle se dévêt, Dieu existe.

Tous ceux qui rêvent de serviteurs avancent que la jeunesse est serviable.

Je ne m’en suis sorti que par le mépris du monde, le désir féroce de sauver mon âme et la passion des exercices corporels.

Toutes mes croyances sont glandulaires.

Ce qui justifie le professeur, c’est la frivolité de l’élève.

Toutes les réformes de l’enseignement reposent sur un postulat rousseauiste : l’élève est toujours plus intelligent qu’il n’y paraît. Il faut raréfier l’imbécile en le persuadant qu’il n’est qu’un sphinx endormi.

Vieillards en jeans, hommes à bijoux et à bouclettes, femellisation du testicule érigée en mode, comment les femmes ne se libéreraient-elles pas ?

Les gros culs excitent la convoitise des hommes par simple goût de l’enlisement.

Je n’ai jamais eu de goût pour les trophées : aligne-t-on sur des étagères les femmes qu’on a aimées ?

Il y a des gens tellement laids, qu’on tourne la tête, crainte qu’ils ne lisent leur disgrâce dans nos yeux.

Je leur tolère l’estrade tant qu’ils me laissent l’alcôve.

Avant de procréer, on devrait prendre la précaution de questionner son miroir.

Lire, c’est donner à notre corps un livre en pâture.

Il n’y a rien de plus tonifiant pour l’orgueil que des beaux-pères plus jeunes que vous d’une triple décennie.

Quelques femmes ont été des chambres noires où je développais mon négatif.

M’excite chez les grosses quelque chose comme l’envie de manger avec les doigts.

Elle confond amour et désœuvrement comme il m’arrive de confondre faim et gourmandise.

J’entretiens avec la mort des autres des rapports cordiaux, mais je reste distant envers la mienne.

Sur mon répondeur téléphonique « Vieux pédé ! » Tiens, c’est nouveau ça !

Je ne triche jamais sur mon âge afin que les demoiselles sachent bien où elles posent leur bouche.

J’appelle pardon mon oubli.

L’homme est une canaille qui rêve d’azur.

Je suis un homme de devoir dans la mesure où je corrige ceux de mes élèves.

Deux écueils : « porter son cœur en écharpe » (Chateaubriand) et toucher ses testicules (Michael Jackson en scène).

Je ne triche pas, je joue.

L’homme n’est ni ange ni bête, mais c’est surtout la bête qui m’intéresse.

Mon « contrat-sveltesse » ? Le vin, la viande et le tabac.

L’intelligence consiste toujours à ne pas en faire trop.

Pas de prostituée, pas de drogue, pas d’alcool, jamais le moindre assassinat : moralement parlant je frôle la perfection.

La femme ne commet pas l’adultère : elle noue des draps pour assurer sa libération.

Dans le voyage, la seule chose qui mérite le détour, c’est le regard de la voyageuse.

On ne convoite pas les femmes de ses amis : on leur en laisse l’initiative, puis on se...

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