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Réformer la France et l'économie territoriale

De
112 pages
Comment la France et ses territoires peuvent-ils renouer avec la compétitivité ? Quel rôle l'Etat doit-il jouer aux côtés des acteurs du monde de l'entreprise ? N'est-il pas trop tard pour se réformer ? Les auteurs tentent ici d'apporter des réponses à ces questions en confrontant leurs expériences respectives issues du public et du privé.
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Collection Essa
Xavier LEONETTI Gontran LEJEUNE
Réformer la France et l’économie territoriale
Être plus proches pour aller plus loin
Essai
Réformer la France et l’économie territoriale
Rue des Écoles Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus Lemeyre (Cécile),Les mots de ma psy, 2014. Gordon (Gino),Ça fait deux jours, 2014. Beaumont (François Jean),La Consigne, 2014. Faribault (Thierry),Le Bal des muets, 2014. Blanchet (Marie-Pierre),Intrépide Marie Chaussette, 2014. Texier (Nadine),Je suis myopathe… mais je me soigne !, 2014. Duriot (Pierre),La Croisade des chiens de guerre, 2014. Sireygeol (Robert),Chemin des pas perdus, 2014. Narèce (Francine), François-Élie (Mandy),De l’olympisme au handisport, 2014. Malka (Jean),Le désir d’apprendre, 2014. Martory (Yvon),Le Syndrome de Blas, 2014. Larbodière (Marie-Flore),Une année singulière, 2014. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Xavier LEONETTIet Gontran LEJEUNERéformer la France et l’économie territoriale Être plus proches pour aller plus loin
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03973-2 EAN : 9782343039732
Introduction Aujourd'hui, l'Etat semble pris dans le maquis de ses particularismes. Le modèle français est au bord de la paralysie. Au fil du temps, l' « exception française » est ainsi devenue un frein au lieu de conserver sa fonction d'élément moteur de la dynamique nationale. Déjà, dans les années 2000, les sondages d'opinion témoignent des peurs françaises face aux évolutions mondiales. A l'époque, la globalisation économique et financière est perçue comme l'expression d'un mal obscur et complexe imagé sous les traits d'un empire impérialiste tout puissant. Face à la globalisation environnante, les français s'enferment alors dans une forme de délire de persécution refusant les changements et craignant toute idée de réforme. Ce syndrome du « village Gaulois » s'exprime au travers d'une double caractéristique, d'une part, la diabolisation de l'extérieur, de l'Europe, de la mondialisation, et, d'autre part, la cacophonie intérieure dans laquelle chacun veut exercer sa part de gouvernance. Dans le même temps, ce syndrome auto-destructeur affecte également le monde de l’entreprise. En la matière, le constat peut-être encore plus cinglant car l’économie nationale est encore régie, trop souvent, par la loi de la jungle. Dans ce monde, les luttes de pouvoir, la concurrence acharnée, l’écrasement du voisin, semblent être des réflexes naturels. Ce darwinisme, mal compris, valorise la survie des plus forts au détriment de la coopération. Dans cette logique d'individualisation des intérêts, l'économiste japonais Kenichi
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1 Ohmaethéorise la fin et le dépassement de l’État-nation. Selon lui l'échec des grandes politiques centralisatrices se caractérise par la montée des revendications autonomistes locales. De même, d'autres théoriciens ont développé les concepts de « fin de l’histoire », de « fin de la géographie », de «fin des frontières», ou de « fin des territoires ». Toutes manifestent d'une méthodologie d'analyse commune, selon laquelle le monde serait l'objet d'un jeu à somme nulle imposant la disparition d'une entité pour toute création d'une autre. Or, les mutations contemporaines témoignent, au contraire, que l'adaptation est le facteur clef des évolutions. En effet, conformément au modèle naturaliste, seuls les plus aptes à s'adapter survivent, fussent-ils plus faibles. Ainsi, les territoires et leurs Etats n'ont pas disparu car ils ont su s'adapter aux évolutions de leur environnement. Il s'agit donc d'une forme de « darwinisme institutionnel » permettant aux organisations politiques de traverser les périodes de grands changements sociétaux. On observe d'ailleurs que l'interventionnisme public largement décrié à la fin des années 1990 est aujourd'hui plébiscité par la communauté internationale. Sans doute que le sauvetage public des banques, des marchés financiers puis des économies, opéré entre 2008 et aujourd'hui, a contribué à porter un nouveau regard sur les organisations publiques. La comparaison entre la gestion d’un pays et celle d’une entreprise est un réflexe naturel, mais une différence de taille demeure : en effet, pour équilibrer les comptes ou trouver de nouvelles recettes, il ne suffit pas d’augmenter les tarifs ! Mais en rester là serait très réducteur, car, à y regarder de plus près, les questions du vivre ensemble, du partage des richesses, du mode de gouvernance, de l’innovation, de la formation, de l’anticipation, des territoires sont finalement très proches de celles de la conduite d’un Etat. Osons tout simplement nous poser la question de savoir au service de qui un Etat ou une entreprise, sont supposés être. Et, sachant qu'aucune entreprise
1Kenichi Ohmae, De l'Etat-nation aux Etats-Régions, 1996, Touchstone, 224 p.
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ne prospère dans le désert, quel degré d'interdépendance l’Etat et l’Economie doivent-ils entretenir ? La solidarité fait partie de l' « ADN » de l'Etat et des entreprises, car elle permet de parvenir à la réalisation d'un objectif commun. Trés tôt, la solidarité d'entreprise prend la forme de ces hordes de chasseurs préhistoriques qui se réunissent pour traquer le mammouth. Ils ont compris, instinctivement, le pouvoir que procure une stratégie de solidarité. On imagine qu’une fois le gibier abattu, ils se le partageaient équitablement, car la pérennité du clan dépendait aussi de la bonne santé de chacun. Par la suite, l’avènement d’une civilisation majoritairement agricole, conserve un esprit d’entreprise pensé comme une action collective où chacun est perçu et se perçoit comme un élément nécessaire au fonctionnement de l’ensemble. A l’époque, même si la redistribution était inégale, chacun avait sa place et son utilité au sein du groupe. Il existait une solidarité de fait, par laquelle on partageait des rites et des rythmes, et où l’on faisait partie d’une même communauté. Le basculement de la modernité a commencé avec l’avènement de l’ère industrielle et s’est accéléré avec le taylorisme. La parcellisation et la mécanisation des tâches ont rendu les individus interchangeables. Dès lors, le système n’avait plus besoin d’hommes, mais de bras anonymes répétant les mêmes gestes à l’infini, sans avoir à se soucier de ce que faisaient les autres. Les travailleurs n’étaient plus reliés entre eux. Le besoin de solidarité s’est alors re-centré dans les grands mouvements ouvriers. Aujourd’hui, l’organisation scientifique du travail s’est poursuivie avec l’informatisation de la société. Si le cerveau est désormais plus sollicité que les bras, chaque individu demeure souvent seul devant son ordinateur, concentré sur sa tâche, sans lien visible avec les autres. La performance individuelle s’évalue au moyen d’indicateurs essentiellement quantitatifs, permettant de stimuler la compétition interne. Dans ce contexte, l’entreprise n’est plus pensée comme une association de personnes qui s’entraident en vue de réaliser un projet commun,
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