Regards croisés sur la Dominique et Sainte-Lucie

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Dans cet ouvrage, Arlette Bravo-Prudent nous livre sa vision de la Caraïbe, privilégiant la Dominique et Sainte-Lucie. Elle nous guide dans l'histoire des affrontements entre Amérindiens, ces frères ennemis que furent les Arawaks et les Karibs, éclaire les enjeux de la concurrence entre les puissances coloniales qui se disputèrent ces îles. L'auteure nous fait partager son savoir sur les identités et les cultures métissées de ces espaces.
Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782336391458
Nombre de pages : 168
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Arlette Bravo-Prudent
Projetcouv Bravo Caraibe_Mise en page 3 07/09/15 13:12 Page1
RegaRds cRoisés
suR la dominique et sainte-lucie
Ma Caraïbe anglophone, cette inconnue
Dans cet ouvrage, Arlette Bravo-Prudent nous livre sa vision de la
Caraïbe, privilégiant la Dominique et Sainte-Lucie. Elle nous guide dans
l’histoire des affrontements entre Amérindiens, ces frères ennemis que
furent les Arawaks et les Karibs, éclaire les enjeux de la concurrence
entre les puissances coloniales qui se disputèrent ces îles. Ces territoires
éclatés, témoins et porteurs de la souffrance des populations victimes
de la colonisation et de l’esclavage, ont donné naissance à une
communauté qui, en abandonnant le statut d'îles manioc, renforça les
mouvements d’intégration régionale et devint, en accédant à
l’indépendance, les îles-nations du Commonwealth.
L’auteure nous fait partager son savoir sur les identités et les cultures
métissées de ces espaces, son intérêt et sa passion pour ces terres "en RegaRds cRoisés
point-virgule", héritières d’un patrimoine unique qui marque de son
indélébile empreinte la société caribéenne d’aujourd’hui. suR la dominique et sainte-lucie
Arlette Bravo-Prudent, originaire de la Martinique, participa très tôt au
mouvement des jeunes contre les injustices et les discriminations. Elle choisit Paris pour ses
études universitaires où elle fréquenta le Cercle Frantz Fanon des intellectuels. Lors de
séjours en Angleterre, elle se prit d'intérêt pour la Caraïbe anglophone. En 1983, de retour Ma Caraïbe anglophone, cette inconnue
au pays, elle créa le "Carribean Contact" et mit la culture anglophone au cœur de son
enseignement. Puis elle intégra les collectivités territoriales, participa à la création de
l’Association des États de la Caraïbe et multiplia les rencontres à la découverte de l’archipel. Préface de Fred Constant
Enseignante et chercheuse, elle a soutenu en 2003 un doctorat sur la civilisation caribéenne
anglophone (Paris Sorbonne). Elle travaille actuellement à l’organisation d’une coopération
régionale et internationale de la santé.
© NuclearVacuum, Map of the Caribbean nations
Source : File:BlankMap-Word6.svg
17 € ISBN : 978-2-343-07323-1
Maquette : Isabel Lavina
Regards croisés sur la dominique et sainte-lucie - Ma Caraïbe anglophone A. Bravo-Prudent




REGARDS CROISÉS
SUR LA DOMINIQUE ET
SAINTE-LUCIE

Ma Caraïbe anglophone, cette
inconnue


















































© L’HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-07323-1
EAN : 9782343073231 Arlette Bravo-Prudent




REGARDS CROISÉS
SUR LA DOMINIQUE ET
SAINTE-LUCIE

Ma Caraïbe anglophone, cette
inconnue



Préface Fred Constant

























À mes Amours :
Gilles, mon mari, pour nourrir chaque jour notre Amour
Steven, Kelian, Gladys, mes enfants, prévenants et délicats
À ma famille, René, Cécile, Alain, Serge, Alex,
présente, discrète, et disponible !

À Gérard, ce grand ami,
pour m’avoir tant encouragée et accompagnée !!
SOMMAIRE

PRÉFACE 11
INTRODUCTION 13

PREMIÈRE PARTIE
UNE SOCIÉTE CARIBÉENNE ANGLOPHONE ORIGINELLE
MÉCONNUE 17

CHAPITRE I.
La Caraïbe une géographie éclatée et attractive 19

CHAPITRE II.
Arawaks et Caraïbes les frères ennemis insulaires 29

CHAPITRE III.
Colons et caraïbes l’affrontement 35

CHAPITRE IV.
Des foyers identitaires remarquables 57

DEUXIÈME PARTIE
LA CONCURRENCE ENTRE EMPIRES COLONIAUX 71

CHAPITRE I.
Les îles caribéennes prélude à la conquête espagnole
du continent sud-américain 73

CHAPITRE II.
La France entre hésitations et contrariétés 79

CHAPITRE III.
La colonisation anglaise : une organisation inscrite
dans la durée 91

TROISIÈME PARTIE
UNE SOCIÉTÉ CARIBÉENNE NOUVELLE
ET MODERNE 97

CHAPITRE I.
L’expression des îles nations 99

9
CHAPITRE II.
Les particularismes caribéens 115

CHAPITRE III.
Des territoires aux identités métissées 129

CONCLUSION 143
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUES 145
10
PRÉFACE

Tous ceux qui, dans et hors de la Caraïbe, appellent à une
meilleure connaissance mutuelle des pays et des peuples qui la
composent, se réjouiront du livre très personnel d’Arlette
BravoPrudent qui dans une langue simple, claire et accessible, apporte
au lecteur – notamment francophone – une contribution originale
sur ce sous-ensemble anglophone.
À l’évidence, cette initiative éditoriale emporte plusieurs
mérites. Tout d’abord, celui d’offrir au grand public un condensé
de l’évolution des Indes Occidentales de la période précoloniale à la
période postcoloniale, soulignant le poids des héritages mais aussi
la marque des choix contemporains.
Ensuite, celui d’avoir ciblé en particulier deux pays, la
Dominique et Sainte-Lucie, qui pour être limitrophes de la
Guadeloupe et de la Martinique, n’en restent pas moins mal
connus réciproquement de leurs populations respectives.
Enfin, celui d’être résolument tourné vers l’avenir, en montrant
bien les bénéfices mutuels auxquels pourrait conduire une
coopération régionale volontariste, complémentaire aux
appartenances institutionnelles à des ensembles plus larges,
notamment européens ou nord-américains.
Pour toutes ces raisons, cette publication est utile et réussie.
Elle peut être aussi lue comme une profession de foi en faveur
d’un renforcement, lucide et méthodique, des relations de la
Guadeloupe et de la Martinique avec les autres pays – notamment
anglophones – de la Caraïbe.
Fred Constant
Professeur des Universités


11

INTRODUCTION GÉNÉRALE


Toute l’histoire de la Caraïbe est faite d’une succession de
traumatismes. Le premier trauma est causé par l’agressivité des
Caraïbes à l’égard des Arawaks, tous deux descendants des
Amérindiens et habitants de la région : c’est le choc des communautés.
Le deuxième est consécutif à l’arrivée de Christophe Colomb et au
1massacre des Indiens Caraïbes : c’est le choc des civilisations . Le
troisième est directement lié à la mise en place de l’esclavage pour
l’exploitation des colonies : c’est le choc des systèmes ethno-économiques.
Le quatrième est l’accession à l’indépendance de certains des pays :
c’est le choc de la souveraineté.

La première partie de l’ouvrage : Une société caribéenne
anglophone originelle, méconnue replace tout d’abord cette
chaîne d’îles dans son environnement physique et géographique.
Elle décline les saisons, donne vie aux paysages et immortalise les
criques et les baies. Elle présente la Dominique, pays qui a cette
particularité de posséder sur son territoire autant de rivières que
de jours dans l’année, qui laisse découvrir d’intéressantes
formations végétales avec des forêts luxuriantes et des geysers
surprenants. Elle révèle plus loin Sainte-Lucie, avec ses plages, ses
anses et ses pitons, si différente de sa voisine, la Dominique. Cette
section s’adresse également aux Karibs ou Caraïbes, peuple féroce,
agressif qui extermina les Arawaks et dont quelques descendants,
les Taïnos, se retrouveraient surtout dans les Grandes Antilles
hispanophones. Mais, un jour d’octobre 1492, au détour d’un
sentier, ces guerriers croisèrent Christophe Colomb. La rencontre
provoqua une onde de choc qui ébranla tout l’archipel Caraïbe. La
destinée des Karibs changea de cours partout et singulièrement à
la Dominique et à Sainte-Lucie. Après maintes batailles, des
alliances, des tueries, marquées de quelques trêves, sans omettre le
travail forcé et l’esclavage dont les Karibs furent victimes, leur
nombre diminua, leurs territoires leur furent ravis. Qu’importe, ils
furent vite remplacés par des Noirs aussitôt mis en esclavage.
Toutefois, les éléments essentiels des foyers identitaires des Karibs

1 Samuel P. Huntington, “The Clash of Civilizations and the Removal of the World
Order”, New York, First Touchstone Editions, 1997. Extrait du titre de l’ouvrage.
13
survécurent : le manioc y occupa une place de choix et leurs
modes de vie purent être reconstitués.

Le deuxième axe, la concurrence entre Empires coloniaux,
expose les logiques de colonisation qui prévalurent dès la fin du
eXV siècle. Ces puissances européennes mirent au point une
exploitation des îles qui fit de la région une véritable mosaïque,
genèse de la Caraïbe contemporaine. Avec les échanges et les
transactions de produits et de personnes entre plusieurs
continents, elles inventèrent la mondialisation ou mieux sa forme
primitive. Cette approche se plaît ainsi à retracer les grandes
stratégies européennes, particulièrement celles déployées par
l’Espagne, la France et l’Angleterre convaincues des opportunités
d’enrichissement à saisir. Chaque pays développa sa propre
méthode. Pour l’Espagne, ces îles servirent de terres
d’expérimentation pour les contrées plus vastes de l’Amérique du
Sud. Christophe Colomb permit de concrétiser cet objectif, les
Karibs d’être réduits à l’esclavage, la religion de troubler quelques
consciences et les Noirs d’être embarqués pour les îles afin de
remplacer les Karibs défaillants. La France plus hésitante,
contrariée par moments, guidée par des hommes d’influence,
réglementa tout : les colonies, les colons et les esclaves. Mais, elle
finit par perdre de beaux territoires, se familiarisa avec l’esclavage
au point de le maintenir plus longtemps que ses alliés. La
domination anglaise, elle, paraît plus méthodique, plus structurée,
plus tolérante. Elle fit de la conquête coloniale une philosophie et
une politique qui transportèrent l’Angleterre dans une course
frénétique à l’accumulation de territoires et qui laissa en héritage
une organisation inscrite dans la durée.

La troisième orientation s’attache à décrire, à comprendre et à
identifier la nouvelle société caribéenne anglophone
moderne. Elle évoque le cheminement des îles vers la
souveraineté pour se muer en îles nations indépendantes. Elle pose
un regard croisé sur les parcours propres de la Dominique et de
Sainte-Lucie. Elle retrace les premiers pas du régionalisme
caribéen jusqu’à maturité, ainsi que ses particularismes. Elle fait de
la Dominique et de Sainte-Lucie, pays anglophones et membres de
droit du Commonwealth, des invités permanents à la cour de la
Francophonie. Elle aborde les identités et les cultures métissées
14
pour révéler au monde des rythmes musicaux uniques et variés qui
1enchantent, qui créent des instruments, inventent le steel band
libèrent des sonorités douces et dégagent des harmonies fines.
Cette Caraïbe est celle qui s’appropria le Rastafari, acte de révolte,
qui imposa son art de penser, de chanter et de danser avec le
reggae, en un mot, de vivre, pour toute la région. Aujourd’hui,
dans cet arc-en-ciel d’îles, le ragamuffin et le dancehall, danses
chorégraphiques modernes, animent les rues populaires ou les
salles des banlieues. Quant aux œuvres littéraires, riches et
diverses, elles parvinrent à se hisser au rang des Nobel, un de
littérature avec Derek Walcott, pour la petite Sainte-Lucie, un
autre pour N.S Naipaul, l’émigré londonien de Trinidad. Sans
oublier celui d’économie décerné auparavant à Sainte-Lucie avec
Arthur Lewis. Cette écriture caribéenne parfois se confond aux
valeurs d’émancipation, de liberté ou tout simplement à
l’esthétique. On y savoure des expressions métissées, tantôt
sombres, tantôt colorées, mais toujours uniques qui révèlent la
Caraïbe.

Enfin ma Caraïbe fut, tour à tour, îles manioc avec les Karibs
puis, îles à sucre avec les esclaves, ensuite îles régionales avec la
régionalisation, avant de se parer du manteau d’îles nations avec les
indépendances et ses expressions identitaires et culturelles.

Mais, désormais, cette Caraïbe-là semble vouloir se dévoiler !






1 Orchestre qui joue sur des fûts en acier.
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