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Repenser la femme musulmane et le port du voile

De
76 pages
Cet ouvrage propose une critique intelligente et énergique de la vision populaire occidentale sur le voile en tant que symbole de l'oppression de la femme musulmane. En traitant la plupart des principales questions sociopolitiques que ce débat soulève, l'auteur examine la rigidité historique de l'Occident sur cette question. Elle évalue le discours féministe et propose enfin une alternative théorique sur le sujet du voile.
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Citoyenneté et pluralité :«Livres-en-bref»
Collection dirigée par Beddy Ebnou et Osama Khalil
Sous-collection de «Citoyenneté et pluralité», «Livres-en-bref » est une série de textes courts qui présentent et récapitulent les principales publications de l'International Institute of Islamic Thought (IIIT).
Écrits sous une forme qui se veut à la fois condensée et accessible au grand public, ces textes offrent une vue d'ensemble proche de la publication originale.
« Livres-en-bref » nourrit l’ambition de diriger les lecteurs vers une exploration plus poussée des versions intégrales.
Maquette de la couverture : Osama Khalil
Katherine Bullock Repenser la femme musulmane et le port du voile Défier les stéréotypes historiques et modernes
IESE - Institute for Epistemological Studies - Europe Avenue Louise 500 Louizalaan -b, 1050 Bruxelles, Belgique Tél : + 32 2 646 13 95 Email : iese.europe@gmail.com Site : www.ieseurope.net
© Le Scribe l’Harmattan © IESE - Institute for Epistemological Studies Texte original publié en anglais par The International Institute of Islamic Thought, 2002 Sous la direction du Dr. Anas S. al-Shaikh-Ali et Shiraz Khan ISBN : 978-2-336-29947-1
INTRODUCTION En 1991, j’ai vu, lors d’informations télévisées, des femmes turques qui revenaient au port du voile. Je me suis sentie choquée et triste pour elles. Les pauvres, me disais-je, elles se font laver le cerveau par leur culture. Comme beaucoup d’Occidentaux, je pensais que l’islam oppressait les femmes et que le voile en était le symbole. Mais imaginez-moi donc, quatre ans plus tard, occupée à regarder la vitrine d’un magasin reflétant mon image, étant habillée exactement comme ces femmes soi-disant oppressées. Entre temps, je m’étais embarquée dans un voyage spirituel, qui commença pendant mon Master et qui, quatre années plus tard, aboutit à ma conversion à l’islam. Ce voyage incluait de partir d’une haine, plus ou moins consciente, vers son acceptation avant d’arriver à son respect. Naturellement, en tant que femme, la question du voile me parut essentielle. Avant cela, malgré mon attirance envers les fondations théologiques de l’islam, j’étais très troublée par ce que je pensais être une forme d’oppression à l’égard des femmes. J’avais l’impression que le port du voile était une tradition culturelle que les femmes musulmanes devaient et pouvaient
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sûrement réussir à éliminer. On me montra les versets du Coran qui (selon une opinion répandue chez une partie des musulmans) invitent les femmes à se couvrir. Je rentrai alors chez moi, déprimée et désolée pour ces femmes musulmanes. Si les versets étaient clairs, il n’y avait pas de recours: la couverture était requise pour une femme musulmane pratiquante. Je devais laisser ce problème de côté, afin de décider si j’allais accepter l’islam. Ce qui comptait dans mon analyse finale, c’était le message théologique fondamental de la religion. Il n’y a qu’un seul Dieu, etMuḥammad étaitSon Dernier Serviteur et Messager. Après plusieurs années de recherche, je n’avais plus de doute à ce sujet. Ah, si seulement il n’existait pas la difficulté liée au port du voile par les femmes… Lorsqu’un an et demi après le début de mon doctorat (juillet 1994) je pris enfin la décision aussi bien de me convertir que de me couvrir. J’ai alors prévenu certains collèguesde mon département, de ma conversion à l’islam, en leur annonçant que la prochaine fois qu’ils me verraient je serais couverte. Inutile de dire que certains d’entre eux furent choqués. Pendant que la nouvelle se répandait et qu’ils me voyaient dans ma nouvelle tenue, je pris conscience que j’étais devenue la cible de certaines hostilités.
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