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Réponse à M. Dupanloup

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37 pages

MONSIEUR L’ÉVÊQUE,

Un de vos plus illustres confrères de l’Académie, prodigue comme vous des richesses d’un admirable talent pour couvrir les infirmités d’une orthodoxie sénile, et condamné comme vous à épuiser les dernières forces d’un esprit superbe et passionné à retenir les dieux qui s’en vont, M. Guizot, premier ministre d’un roi qu’on ne confessait pas, selon le mot d’un autre académicien, M. Dupin, aîné, mort jeune d’esprit à plus de quatre-vingts ans ; M.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Paul-Mathieu Laurent, Adolphe Guéroult, Barthélémy-François Arlès-Dufour, Henri Fournel, Arthur Enfantin

Réponse à M. Dupanloup

Sur sa lettre à un cardinal dénonçant les écoles professionnelles de filles, la Ligue de l'enseignement, les cours publics autorisés, les saint-simoniens, etc.

MONSIEUR L’ÉVÊQUE,

Un de vos plus illustres confrères de l’Académie, prodigue comme vous des richesses d’un admirable talent pour couvrir les infirmités d’une orthodoxie sénile, et condamné comme vous à épuiser les dernières forces d’un esprit superbe et passionné à retenir les dieux qui s’en vont, M. Guizot, premier ministre d’un roi qu’on ne confessait pas, selon le mot d’un autre académicien, M. Dupin, aîné, mort jeune d’esprit à plus de quatre-vingts ans ; M. Guizot jeta un jour (le 21 mai 1844), du haut de la tribune de la chambre des pairs, à la face du plus éloquent interprète des alarmes de l’épiscopat de ce temps, M. de Montalembert, ces paroles amères dans lesquelles, malgré tout le vernis parlementaire dont l’orateur savait si bien orner sa phrase, le nouveau clergé catholique de France pouvait apercevoir sans trop d’efforts, une intention de dénigrement bien transparente :

« Comment se recrutait, s’écria M. Guizot, comment s’élevait autrefois le clergé ?

Il se recrutait dans toutes les classes de la société, dans les plus élevées comme dans les plus humbles. Il s’élevait au milieu de toutes les classes de la société, en commun avec elles, sous le même toit, respirant le même air, nourri du même lait. Il recevait une éducation aussi forte, plus forte que celle des classes laïques.

Voilà comment se recrutait et s’élevait autrefois le clergé ! Comment se recrute-t-il et s’élève-t-il aujourd’hui ?

Il se recrute à peu près exclusivement, dans les classesles plus obscures de la société ; il s’élève, depuis le début jusqu’au terme de la carrière, séparément, isolément, loin de tout contact avec le reste du pays. Il n’ose pas, il ne croit pas pouvoir accepter, pour sa propre éducation, les garanties, les conditions, les épreuves de capacité exigées pour l’éducation, commune des classes laïques.

QUEL CHANGEMENT ! QUEL DÉCLIN ! »

 

M. Guizot était à coup sûr dans le vrai, monsieur l’évêque, quand il constatait ce déclin ; mais il se trompait grandement lorsqu’il en signalait les causes. Stylite héroïque sur les ruines de la science antique, bornant sa vue philosophique et religieuse aux horizons de la Bible, persistant à incliner son grand esprit, en matière de foi, devant la théologie de Luther ou de Calvin, acceptant la cosmogonie hébraïque comme si Galilée, Descartes, Newton et Laplace n’avaient rien changé pour lui à la notion primitive de la formation de l’univers, admettant sur ce point fondamental la croyance de ce clergé dont il proclamait la décadence, il n’osa pas élever sa pensée assez haut pour découvrir que la source du mal qui rongeait le monde catholique n’était pas dans l’affaiblissement du corps doctoral, mais dans l’insuffisance même de la doctrine.

I

LE CATHOLICISME, L’ATHÉISME ET LE SAINT-SlMONISME.

 

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