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République jacobine - Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire 1792-1794. Nouvelle histoire d

De
370 pages
Nouvelle histoire de la France contemporaine1. La Chute de la monarchie (1787 – 1792), M. Vovelle2. La République jacobine (10 août 1792-9 Thermidor an II), M. Bouloiseau3. La République bourgeoise (de Thermidor à Brumaire, 1799-1815), D. Woronoff4. L’Épisode napoléonien. Aspects intérieurs (1799-1815), L. Bergeron5. La France napoléonienne. Aspects extérieurs (1799-1815), R. Dufraisse et M. Kérautret6 et 7. La France des notables (1815-1848)1. L’évolution générale, A. Jardin et A.-J. Tudesq2. La vie de la nation, A. Jardin et A.-J. Tudesq8. 1848 ou l’Apprentissage de la République (1848-1852), M. Agulhon9. De la fête impériale au mur des fédérés (1852-1871), A. Plessis10. Les Débuts de la IIIe République (1871-1898), J.-M. Mayeur11. La République radicale ? (1898-1914), M. Rebérioux12. Victoire et Frustrations (1914-1929), J.-J. Becker et S. Berstein13. La Crise des années 30 (1929-1938), D. Borne et H. Dubief14. De Munich à la Libération (1938-1944), J.-P. Azéma15 et 16. La France de la IVe République (1944-19858)1. L’ardeur et la nécessité (1944-1952), J.-P Rioux2. L’expansion et l’impuissance (1952-1958), J.-P Rioux17 et 18. La France de l’expansion (1958-1974)1. La République gaullienne (1958-1969), S. Berstein2. L’apogée Pompidou (1969-1974), S. Berstein et J.-P Rioux19. Crises et alternances (1974-2000), J.-J. Becker avec la collaboration de P. Ory20. La France du XXe siècle. Documents d’histoire, présentés par O. Wieviorka et C. Prochasson
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La République jacobine
Du même auteur
La Chouannerie OuestFrance, 1981, 1995
Les Résistances à la révolution Actes du colloque de Rennes (sous dir. de François Lebrun et Roger Dupuy) Imago, 1987
La Noblesse entre lexil et la mort OuestFrance, 1988
De la Révolution à la chouannerie Paysans en Bretagne (17881794) Flammarion, 1988
Pouvoir local et Révolution La Frontière intérieure Presses universitaires de Rennes, 1995
1795, une république sans révolution er Actes du colloque international 29 juin1 juillet 1995 (sous la dir. de Roger Dupuy et Marcel Morabito) Presses universitaires de Rennes, 1996
Les Chouans Hachette Littérature, 1997
Aux origines idéologiques de la Révolution Journaux et pamphlets à Rennes, 17881789 (textes présentés par Roger Dupuy) Presses universitaires de Rennes, 2001
La Politique du peuple e e XVIIIXXsiècle : racines, permanences et ambiguïtés du populisme Albin Michel, 200
La Bretagne sous la Révolution et lEmpire (17891815) OuestFrance, 2004
Roger Dupuy
La République jacobine
Terreur, guerre et gouvernement révolutionnaire 17921794
Éditions du Seuil
COLLECTION « POINTS HISTOIRE » FONDÉE PAR MICHEL WINOCK DIRIGÉE PAR MARTINE ALLAIRE
ISBN: 9782757839362
© Éditions du Seuil, janvier 2005
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Introduction
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Consacrer un ouvrage entier à lévocation de moins de deux années de la période révolutionnaire (10 août 179228 juillet 1794), cest bien sûr attribuer une importance majeure aux deux événements qui les délimitent – prise dassaut des Tuileries et arrestation de Louis XVI dune part, condamnation à mort et exé cution de Robespierre de lautre –, mais cest également considérer que lépisode ainsi défini offre suffisamment de matière à la réflexion de lhistorien pour lui consacrer un ouvrage. Pour aller dans ce sens, rappelons que la coupure du 9 Thermidor a été celle retenue par Michelet, qui arrête son Histoire de la Révolutionà lexécution de « lIncorruptible », son vécu personnel enrichi de sa biographie familiale, de sa sensibi lité et de sa culture dhistorien lincitant à estimer quavec la mort de Robespierre quelque chose dessentiel avait profondément changé dans le cours de la Révolution. Sentiment massivement partagé dans les témoignages des contemporains de lévénement quil avait pu connaître ou lire et quil a magnifié par lémotion profonde qui se dégage de la dernière page, fameuse, de son œuvre : « Peu de jours après Thermidor, un homme, qui vit encore et qui avait alors dix ans, fut mené par ses parents au théâtre, et à la sortie admira la longue file de voitures brillantes qui, pour la première fois, frappaient ses yeux. Des gens en veste, chapeau bas, disaient aux spectateurs sortants : “Fautil une voiture,mon maître ?” Lenfant ne comprit pas trop ces termes nouveaux. Il se les fit expliquer, et on lui dit seulement quil avait 1 eu un grand changement par la mort de Robespierre . »
1. Jules Michelet,Histoire de la Révolution française, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, 1952, tome 2, p. 990.
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Autant dire que le présent ouvrage va obligatoirement sacrifier à lévénement car un plan thématique ne rimait pas à grandchose, compte tenu de la brièveté de la durée concernée, ou plutôt, comme toujours, la thématique se pressent à létat récurrent sous lécorce des faits. Cest la similitude des pro blèmes à résoudre de façon répétitive, cest la résurgence per manente de certains types de comportements des acteurs sociaux qui signalent les lignes de force de la période et suggèrent une possible scansion de lépisode. Événements marquants, mais aussi personnalité marquée de certains acteurs collectifs (Girondins, Montagnards, vendéens) ou indi viduels (Brissot, Danton, Marat, Robespierre), sans parler des batailles (Valmy, Jemmapes, Neerwinden, Fleurus), font de cette entreprise un retour à lhistoire la plus désespérément désuète, telle quon nose plus la faire depuis les condamna tions sans appel de lécole des Annales. Mais la place de cet épisode dans notre culture politique nationale, la présence tou jours vivante dans notre vocabulaire actuel de certaines des dénominations que nous allons évoquer (Jacobins, Girondins, thermidoriens, chouans), nous ont incité à consacrer à lévo cation des faits lessentiel du présent ouvrage pour aider son lecteur eta fortioritout étudiant dhistoire à situer toutes les références, tous les emprunts symboliques auxquels cet épi sode a donné lieu depuis deux siècles. Il va de soi que lévocation des événements fera sa place aux débats interprétatifs suscités par cet épisode majeur de notre histoire nationale. La commémoration scientifique du bicentenaire de la Révolution française, voilà quinze ans, a prouvé que la plupart des questions posées par des historiogra phies antagonistes, mal libérées des enjeux idéologiques qui les motivaient, restaient toujours en suspens, tout en évoluant par le biais dun questionnement inspiré par le renouvellement récent de lhistoire politique. Le poids des circonstances, qui constitue une des explica tions majeures de la violence extrême des antagonismes sociaux et politiques de cet épisode nous obligera à analyser les contraintes imposées par la subsistance de populations, surtout urbaines, et par la nécessité de nourrir au même instant une armée considérable quil faut également équiper et dont le coût sajoute aux déficits accumulés depuis lAncien Régime et aux
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dépenses nouvelles assumées désormais par la nation. Le tout pèse sur le cours de lassignat, dont linflation permanente ne peut être que limitée temporairement par le fameux maximum qui devient un « foutu maximum » quand louvrier saperçoit quil entraîne de fait une baisse des salaires et lempêche de recourir au marché noir, dont les prix sont prohibitifs. Le malaise économique entretient la colère populaire et pousse les militants à agir et à exiger de la Convention quelle proclame la terreur à lordre du jour, alors que dans le pays la rébellion girondine sajoute aux refus paysans des levées dhommes, principalement dans lOuest bocager et sur les hautes terres méridionales du Massif central. Et donc par delà les premiers rôles et leurs projets politiques supposés, pardelà lindéniable efficacité et le centralisme autoritaire du gouvernement révolutionnaire, il sagira surtout de sinter roger sur la politisation populaire dans les deux camps. Comment expliquer lenthousiasme révolutionnaire dune par tie des couches populaires, notamment à Paris, et la lassitude militante qui finit par prévaloir ? En face, peuton dire que ce que les républicains appellent lobstination fanatique des vendéens ne serait due quà leur fidélité à Dieu et au roi ? Ces paysans sontils vraiment des contrerévolutionnaires au même titre que les nobles qui les commandent ? Et que dire de ces fédéralistes que le Comité de salut public considère également comme des contrerévolutionnaires alors quils affirment ne vouloir que défendre la Convention contre les injures et les coups de force des militants populaires ? Enfin noublions pas la masse, peutêtre prépondérante par le nombre, de tous ceux qui, surtout au fond des campagnes, ne se prononcent pas clai rement en faveur de la politique imposée par Paris, font le gros dos et cherchent surtout à survivre ou à tirer le meilleur parti possible dévénements hors du commun. Reste à dégager, sous le foisonnement de ces événements, les logiques qui semblaient les justifier aux yeux des contem porains, les lignes de force sousjacentes qui nous paraissent les organiser en profondeur. Logique de la guerre et mobilisa tion populaire, efficacité croissante de laction gouvernemen tale et spontanéité révolutionnaire, avec, dominant le tout, conciliant les contraires, la sinistre silhouette de la guillotine, gage de lunité dopinion et daction.
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