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Résonances

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L'atelier « Chemins d' écriture » dans le cadre du Centre d'Accueil Thérapeutique de Nogent-sur-Marne, réunit une fois par semaine des personnes en difficulté avec le projet d'offrir chacun une possibilité de se construire au fil de l'écriture. Le travail de l'écrivain, dans la recherche du mot juste, de l'agencement des phrases, du rythme, dans un style qui lui est propre, est celui des participants à cet atelier.

Écritures affirmées, trébuchantes, riches ou minimalistes, elles sont toutes livrées au groupe où chacun est écrivain de son texte et lecteur de ceux des autres dans un partage et un échange riche et émouvant.


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Résonances

Esquisse de soi…

 

L’Atelier « Chemins d’écriture »,

sous la direction de

Marisa Rossetti Gardon

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présention du livre : L'atelier « Chemins d' écriture » dans le cadre du Centre d'Accueil Thérapeutique de Nogent-sur-Marne, réunit une fois par semaine des personnes en difficulté avec le projet d'offrir chacun une possibilité de se construire au fil de l'écriture. Le travail de l'écrivain, dans la recherche du mot juste, de l'agencement des phrases, du rythme, dans un style qui lui est propre, est celui des participants à cet atelier.

Écritures affirmées, trébuchantes, riches ou minimalistes, elles sont toutes livrées au groupe où chacun est écrivain de son texte et lecteur de ceux des autres dans un partage et un échange riche et émouvant.

Table des matières

Avant-propos

Introduction

Table des illustrations

Bibliographie

 

Avant-propos

 

Ce livre a été réalisé grâce à la collaboration de Régine Malin, Jeanne Bihan-Poudec, infirmières et Marisa Rossetti Gardon, psychologue-psychanalyste, ainsi que les stagiaires psychologues, Valérie, Grace, Rachel, Elsa, qui ont participé à l’atelier « Chemins d’écriture ». L’équipe a travaillé au choix des textes et à leur mise en page avec l’accord de ceux qui parmi les participants ont bien voulu publier leurs écrits.

Nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont soutenus dans la réalisation de ce reueil et en particulier l’ASCEM et l’association «Vivre en ville».

 

Introduction

 

Une fois par semaine, l’atelier « Chemins d’écriture » réunit depuis trois ans environ une dizaine de personnes dans le cadre du CATTP (Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel de Nogent-sur-Marne, structure extra-hospitalière de l’hôpital « les Murets ») personnes en difficultés que nous accueillons une après-midi dans cet atelier avec le projet, non pas de « soigner », mais de leur offrir une possibilité, celle d’être écrivain à part entière et, comme tout écrivain, de se construire au fil de l’écriture.

Il s’agit d’une démarche qui veut se libérer de « l’interprétation » pour s’ouvrir à la créativité et plus particulièrement à la création dans l’écrit, trace d’une souffrance, ouverture à l’autre et plaisir d’une découverte.

Notre présence à nous « les soignants » n’a pas été une présence de spectateurs. Sortant de la réserve habituelle des « psy », nous nous sommes risqués à écrire nous aussi, mettant à nu nos faiblesses, nos réticences, nos résistances, mais avec, comme seul but, celui de la recherche d’une forme littéraire au plus près de nos sensations et de nos sentiments.

Le travail de l’écrivain, dans la recherche du mot juste, de l’agencement des phrases, du rythme dans un style qui lui est propre, est celui des participants à cet atelier qui, à travers la même recherche partagée, construisent leurs textes et se construisent par là même pour exister autrement : travail de deuil, d’arrachement à soi, de création et de communication ; écritures affirmées, trébuchantes, riches ou minimalistes mais toutes livrées au groupe où chacun a été écrivain de son texte et lecteur de ceux des autres dans un partage et un échange riche et émouvant.

L’atelier n’est pas le lieu de l’angoisse. L’angoisse est, en  quelque sorte, laissée au vestiaire avec les autres soucis du quotidien. Seule reste la place de l’écriture, passerelle obligée qui  permet à chacun de renouer avec ce qu’il y a de positif et de créatif.

Cela se passe dans un espace-temps qui est parenthèse du quotidien, espace de l’atelier, espace imaginaire de chacun, lieu de travail solitaire et commun à la fois dans un mouvement qui est celui de tous, celui qui va du dedans au dehors et dans un temps suspendu : le temps de l’atelier.

Dans cet espace-temps partagé, toute souffrance a pu résonner en chacun comme souffrance existentielle, souffrance que le plaisir de l’écriture et de la création a permis très souvent de déjouer.

Le plaisir et le bonheur sont essentiels pour pouvoir créer. Germaine de Staël, dans Corinne, montre bien que la souffrance quand elle est massive n’est pas productive :

«Corinne peignait ce qu’elle souffrait ; mais ce n’était plus ces idées générales, ces sentiments universels qui répondaient au vécu de tous les hommes, c’était le cri de la douleur, cri monotone à la longue comme celui des oiseaux de la nuit (…). C’était le malheur mais ce n’était plus le talent. »

Écrire, c’est une manière d’aborder sa souffrance à travers la fiction, la mettre à distance et ne pas en être détruit. Fernando Pessoa, en parlant du poète, souligne l’importance de la fiction :

«Le poète est un menteur, il ment de manière si totale qu’il arrive à feindre la douleur qu’il ressent véritablement. »

Voilà que la fiction est le glissement nécessaire qui permet à la douleur d’être rattrapée par le jeu :

«Je suis en grande partie la prose même que j’écris : Je m’articule en phrases et paragraphes, je me déguise avec du papier journal, ou bien, rythmant une succession de mots, je me pare comme les fous, avec des fleurs séchées qui ne sont fraîches que dans mes rêves. »

« Papier journal », « fleurs séchées », c’est dans le jeu subtil de l’illusion entre le vrai et le faux que l’écrivain lui-même s’articule au fil des mots et des phrases, résonances de son rythme intérieur, représentation de soi et ouverture au monde.

La fiction littéraire et les multiples facettes de son expression, par le biais de textes d’auteurs qui nous inspirent dans cet atelier, nous accompagnent et nous éclairent dans un parcours qui est parcours initiatique, celui des participants à l’atelier « Chemins d’écriture ».

Marisa Rossetti Gardon

Écrire…

 

               pourquoi ?

 

              comment ?

…Là où d’autres proposent des œuvres je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit.

La vie est de brûler des questions.

Je ne conçois pas d’œuvre comme détachée de la vie.

Je n’aime pas la création détachée. Je ne conçois pas non plus l’esprit comme détaché de lui-même. Chacune de mes œuvres, chacun des plans de moi-même, chacune des floraisons glacières de mon âme intérieure bave sur moi…

Antonin Artaud, Le pèse-nerfs, 1927

Aujourd’hui, plus qu’à d’autres moments, écrire pour moi      c’est avant tout satisfaire un certain besoin de me reconquérir. Trop influencée et perturbée par les uns et les autres, je me désorganise vite : l’écrit, en me canalisant, me délivre. C’est un cri au secours et une réponse à ce cri avec un retour sur moi. Je dois, à ce travail d’écriture, mon équilibre.

Outre cette nécessité fonctionnelle de reconstitution de mon être, j’ai besoin comme tout un chacun de me faire plaisir et ce plaisir je le trouve dans les mots, leur consonance, leur résonance. Les images et concepts qu’ils véhiculent, circulent agréablement dans ma tête et m’enrichissent.

Les mots

me ravissent, me séduisent,

me fascinent, m’ensorcellent,

me font vibrer,

me font exister

pleinement,

passionnément…

Je m’enracine et atteins d’autres horizons. Je joue avec, je reprends souffle, reconstitue mes réserves. Et ces mots bout à bout, par miracle parfois, je ne sais trop comment, forment des phrases qui m’interpellent.

L’écrit va au-delà de ma parole et prend une tout autre dimension. Les mots me bousculent, me mettent en communication avec la nature, le mystère, l’univers.

Jaccqueline Dupuis, jeudi 29 mars 2001

Je ne suis convaincu de rien.

Les deux...