Réussir le placement des mineurs en danger

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Le placement des jeunes en difficulté représente parfois l’ultime solution pour redonner une chance d’avenir à des jeunes que des difficultés familiales, scolaires ou sociales handicapent. L’auteur qui s’appuie sur les recherches qu’elle a effectuées pour l’éducation spécialisée, analyse successivement les facteurs de réussite d’un placement, de l’entrée à la sortie d’un jeune dans un établissement spécialisé, jusqu’aux premières années de sa vie adulte.
Publié le : dimanche 1 mars 1998
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EAN13 : 9782296314023
Nombre de pages : 174
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REUSSIR LE PLACEMENT DES MINEURS EN DANGER

TECHNOLOGIE DE L'ACI10N SOCIAlE Collection dirigée par jean-Marc DUIRÉNrr

Les pays francophones, européens n0t2mment, sont très carencés en outils scientifiques et techniques dans l'intervention sociale. Il importe de combler ce retard. -Technologie de l'Action Sociale. met ~ la disposition des organismes, des praticiens, des étudiants, des professeurs et des gestionnaires les ouvertures et les réalisations les plus récentes. Dans cette perspective, la collection présente divers aspects des questions sociales du moment, rassemble des informatons précises, garanties par une démarche scientifique de référence, permettant au lecteur d'opérationnaJiser sa pratique. Chaque volume présente des méthodes et techniques immédiatement applicables. Au-delà, la collection demeure ouverte à des ouvrages moins techniques, mais rendant compte d'expériences originales, pouvant servir de modèle d'inspiration. Méthodes de diagnostic social, individuel ou collectif, modalités efficaces de l'accompagnement social et de la rééducation, techniques. d'insertion, modèles d'évaluation et d'organisation des services et établissements du secteur sanitaire et social, en milieu ouvert ou fermé sont les principaux centres d'intérêt de cette collection. Améliorer l'expertise sociale pour faciliter l'intégration des handicapés de tous ordres à la vie quotidienne, tel est en résumé l'objectif visé. Ceux qui pensent~que leurs travaux peuvent trouver place dans cette collection peuvent contacter: Jean-Mare Dutrênit c/o L'Harmattant s- 7 rue de l'École Pol'ytechn1que 75005 Paris

1996 ISBN: 2-7384-3961-6

@ L'Harmattan,

Collection Techllo1ogie de l'actiol1 sociale dirigée par Jean-Marc Dutrénit

Michèle Lepage-Chabriais

RÉUSSIR LE PLACEMENT DES MINEURS EN DANGER
Manuel à l'usage des éducateurs

Éditions L'Harmattan 5-7 rue de l'École-Polytechnique 75 005 Paris

Collection Technologie de l'action sociale dirigée par Jean-Marc Dutrenit

- Philippe Caspar, L'accompagnement des personnes handicapées mentales, 1994. - Jean-Marc Dutrenit, Evaluer un centre social, 1994.

- Collectif,

Diagnostic et traitement de l'enfant en danger, 1995. - Jean-Claude Gillet, Animations et animateurs, 1995.

SOMMAIRE

Pages Introduction Pour que l'éducation spécialisée soit une chance 9
Chapitre I Les aspirations essentielles A. L'éthique des institutions B. Les attentes des jeunes L'arrivée 17 17 21 23 47 47 52 77 88 95 105 105 110 116 121 121 141 156 161 165 167

Chapitre II

Chapitre III Les outils de l'éducateur A. Les motivations des jeunes B. L'équipe éducative C. Le groupe D. Le rattrapage scolaire et formation professionnelle E. Les loisirs Chapitre W Les handicaps à maîtriser A. "L' étiquette" B. L'hétérogénéité des pensionnaires C. La surprotection institutionnelle Chapitre V La sortie A. La vie dans la cité et l'insertion professionnelle B. Le mariage C. Comment préparer les jeunes à leur vie d'adulte

Chapitre VI Conclusion Index des sigles Bibliographie

INTRODUCTION

POUR QUE L'EDUCATION SPECIALISEE SOIT UNE CHANCE

Des jeunes en difficulté font d'un placement spécialisé le tremplin d'une vie sociale réussie. Pour d'autres, cette étape ne sera jamais qu'un évènement qui les stigmatisera un peu plus dans un parcours déjà chaotique. Alors quelles sont les conditions de la réussite du placement d'un jeune dans un établissement spécialisé, qu'il s'agisse d'un foyer, d'un internat ou d'un centre de formation professionnelle? Dans ces institutions qui, grosses ou petites, observent, écoutent, réfléchissent, varient les formules d'accueil pour répondre au mieux aux besoins de ces adolescents qui, un peu perdus, arrivent un jour chez eux, blessés trop tôt par la vie, parfois cassés déjà. Depuis près de 20 ans, nous avons accompagné des éducateurs dans leurs combats, observé des groupes de jeunes, effectué des recherches auprès d'institutions qui se consacrent à l'éducation de jeunes en difficulté sociale ou scolaire. Parfois, certains de ces derniers semblaient saisir -9-

l'opportunité du placement comme la perche du salut pour rebondir dans la vie, fonder une famille et être heureux, d'autres, au contraire, ne tiraient aucun bénéfice apparent de leur séjour parfois même en repartaient nourris de refus et de révoltes. Une recherche-action récente, menée en 1993-1994 au CEFPHR de Goincourt avec une équipe de professionnels, et l'école de Service Social de la CRAMIF, montre que les observations faites en 1982 auprès de 653 anciens d'établissements spécialisés gardent toute leur actualité. Les besoins existentiels auxquels ces jeunes cherchent réponse, avec un bonheur variable, restent les mêmes. Cela nous conduit aujourd'hui à une réflexion plus globale sur les conditions de la réussite d'un placement spécialisé. Qui sont ces jeunes? Quelles est leur quête fondamentale, leur demande par rapport aux adultes qui les entourent? Et les adultes sont-ils à même d'y répondre? Qui sont-ils? Des jeunes entrés dans la spirale de la malchance sans l'avoir voulu, par héritage. Plus de la moitié d'entre eux cumulent les difficultés, issus de familles éclatées, recomposées, familles labyrinthes dira un éducateur, l'argent rare, les conflits, les difficultés quotidiennes rendent difficile le travail scolaire. Souvent l'échec en classe, ou quelques actes asociaux, ou les trop grandes difficultés des parents, seront les symptômes qui amèneront les travailleurs sociaux à les rencontrer, ou, dans la moitié des cas, les juges pour enfants à intervenir et à prendre des mesures d'assistance éducative.
Jeunes sans repère, leurs racines sont fragiles, leur affectivité blessée, ils sont en quête d'identité et de cohéren ce. Cohérence, voici un terme important, clef de compréhension des attentes variées qu'ils expriment, clef de voûte

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du système d'éducation auquel ils aspirent. Ils ont besoin de la cohérence externe, apparente, des adultes pour trouver leurs marques, leurs repères et construire leur propre cohérence interne, leur identité. Voilà pourquoi ils la traquent autour d'eux, auprès de tous les adultes proches, parents, éducateurs, enseignants, et pour l'atteindre, souvent ils provoquent, poussent les adultes à se contredire les uns les autres. Ils "manipulent" diront des éducateurs, "jouent des UlIScontre les autres". Jeu d'adolescents qui pour exercer leur pouvoir naissant essaient de damer le pion aux adultes en s'infiltrant dans les failles, ou, peut-être, test de fiabilité de jeunes, au rempart des adultes pour vérifier sa solidité avant de prendre appui sur lui pour se construire. De nombreux anciens, des garçons surtout, évoquèrent de telles actions; il s'agissait pour eux de provoquer l'adulte pour tester ses réactions et se situer par rapport à elles. La réussite d'un placement n'est pas acquise d'emblée, la cohésion des adultes autour du jeune la favorise. Ainsi dans "Les anciens d'établissements spécialisés, Une réponse positive!" trouvions-nous parmi les facteurs favorables:

- la préparation. Un placement doit se préparer et se penser; il faut s'assurer que le jeune que l'on désire placer correspond bien à la clientèle pour laquelle l' établissement est équipé et compétent. De fait, chaque établissement tend à se spécialiser dans l'accueil de certains types de population en excluant les autres, car les demandes d'admission excèdent les possibilités d'accueil, ce qui permet aux équipes de donner la priorité aux parents et aux enfants qui
M. Lepage-Chabriais, Les anciens des établissements spécialisés? Une réponse positive. in Sauvegarde de l'enfance novo déco 1982.
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d'emblée acceptent de collaborer avec elle2 . En effet, le premier artisan de la réussite d'un placement est le jeune lui-même. C'est pourquoi son adhésion ou au moins l'acceptation de son placement, sont essentielles. Cela implique souvent de passer du temps avec lui, pour l'écouter et répondre à ses questions. - la collaboration entre les éducateurs et les familles. Certains établissements ont une telle conscience de l'importance de ces relations qu'ils y attachent un poste d'éducateur à temps plein. Il peut s'agir d'un simple dialogue qui peut devenir collaboration des parents autour d'un projet partagé, voire aller jusqu'à engager une thérapie familiale. - la collaboration avec les autres services concernés. Il peut se faire que d'autres acteurs sociaux connaissent la famille ou le jeune: éducateurs d' AEMO, assistants sociaux, juges, inspecteurs. La cohérence de la prise en charge globale passe par la concertation entre ces personnes et la convergence des actions qu'elles mettent en œuvre. Les participants de la recherche-action de Goincourt vérifièrent combien la collaboration avec des partenaires extérieurs pouvait favoriser l'évolution d'un jeune et de ses relations avec son milieu; tandis qu'à l'opposé, incompréhensions et conflits entre acteurs sociaux, contribuent à renforcer les blocages: "llOUS aVOllS pu vérifier l'im portance de la collérellce elltre tous les adultes qlli entourent l'enfallt, par exenlple : Goincourt fut dans l'incapacité de travailler avec une famille opposante qui en fin de semaine détruit tout le travail fait ici, mais la
b01'll'le collaboration avec l'éducateur extérieur a permis de

garder Corinne pendaltt l'année". Autre exemple:
2

"les

M. Lepage-Chabriais, Ces jeunes au cOlnportement déviant grave dits "cas lourds," qui sont-ils? Quelles sont nos réponses? , in Sauvegarde de l'Enfance, Nov-Déc. 1988. -12-

bOllS rapports et la cO/lérence entre le système falnilial et Goincourt Il' ont pu que favoriser la bonne évolution de Ginette, elle a de tellement bonnes bases, qu'elle est armée pour faire face à des situations difficiles, etc...".

Ainsi nous pouvons considérer que l'ensemble des personnes qui évoluent autour du jeune constitue un système de relations, dans lequel les adultes jouent un rôle essentiel. Ils donnent des références, proposent des modèles à imiter. Leurs comportements, leurs propos, leurs attentes à l'égard des jeunes sont pour eux autant de messages à capter ou à rejeter pour se forger leur propre identité. La cohérence des messages leur facilite grandement la tâche. Malheureusement, toutes les familles ne peuvent se prêter à une telle collaboration, cela demande de leur part un minimum de compréhension de la démarche de l'établissement; et souvent les familles les plus cultivées les moins handicapées sont les plus capables de cet effort. Il faut aussi savoir reconnaître à temps des liens familiaux trop pathogènes ou des adultes dangereux susceptibles d'entraîner les jeunes vers des comportements délictueux. En ce cas la rupture ou l'éloignement s'avère un moindre mal que la recherche d'une collaboration impossible. Mais il n'y a pas que les familles, il arrive aussi que les acteurs sociaux eux-mêmes, n'aient pas la même perception de la réalité et ne partagent pas les mêmes analyses. L'expérience montre que les risques d'échec sont alors importants. - la durée du placement, est également un facteur de cohérence pour le jeune. La première année du placemenf serait une année d'adaptation et d'accoutumance durant laquelle, telle une jeune plante déracinée pour être replantée ailleurs, le jeune particulièrement vulné3

M. Lepage-Chabriais, Les anciens des établissements spécialisés?
positive. in Sauvegarde de l'enfance op. cit.

Une réponse

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rable doit comprendre ce qui lui arrive, la nature de son drame familial, observer le nouveau milieu qui l'entoure, ses lois, ses possibilités, découvrir la vie du groupe pas toujours facile, les attentes des éducateurs, leur rôle, percevoir qu'ils ne sont pas là pour le réprimer ou le brimer mais pour l'aider à grandir et devenir lui-même pleinement adulte. Bref, durant la première année du placement l'enfant s'apprivoisera et posera les jalons des relations qui, durant la seconde année, s'approfondiront et se consolideront; il pourra alors, sûr des adultes qui l'entourent, amorcer une évolution qui pour être solide devra se poursuivre durant une troisième année, voire une quatrième année de placement. - la nécessité d'acquérir une certaine maturité pour se lancer seul dans la vie. Une analyse factorielle sur 653 anciens d'établissements spécialisés4 n10ntrait que les jeunes qui s'insérèrent le mieux dans la société quittèrent tardivement l'établissement, après 18 ans et souvent plus tard encore, séjournèrent en moyenne trois ans dans leur établissement. Signe de leur stabilité psychologique, ils restèrent en bon terme avec leur famille tout en aimant revenir assez régulièrement rendre visite à l'établissement. Ils venaient y retrouver des adultes qui jouèrent un rôle important dans leur vie, avec lesquels ils établirent des relations privilégiées, sur lesquels ils s'appuyèrent pour se reconstruire et se restructurer. Rompre ces liens brutalement, sous prétexte que l'on a atteint l'âge fatidique de la sortie, équivaudrait pour eux à une sorte de deuil ou, pire, au sentiment d'être brutalement rejetés et risquerait d'ébranler leur équilibre récent.

..

M. Lepage-Chabriais, Les anciens des établissements spécialisés?
positive, in Sauvegarde de l'enfance op. cil.

Une réponse

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- l'importance des services de suite. Les observations précédentes montrent l'importance des services de suite, ils existent dans certains établissements. A 18 ans, même majeurs, bien des jeunes restent fragiles, et lorsqu'ils entrent dans le monde des adultes, du travail et de l'indépendance, l'assurance d'avoir un lien solide et chaud vers lequel se tourner en cas de difficulté leur est indispensable. Rien de plus légitime. En fait, les jeunes qui grandissent dans des familles normales.bénéficient tout naturellement de cet appui discret et sûr.
Là se situe peut-être le rôle privilégié que peut remplir un établissement spécialisé lorsqu'il est bien utilisé. Sans se substituer à la famille naturelle, dont il n'a pas la structure, il permet à des jeunes en difficulté de rencontrer d'autres adultes qui s'intéressent à lui, lui proposent un modèle de vie. Si l'adolescent accepte de rentrer par cette porte ouverte elle le mènera à découvrir des adultes qu'il pourra choisir pour modèles d'identification. Et dans une relation de confiance adulte-jeune, qui par certains aspects, mais jamais totalement, pourra rappeler une relation normale de parents à enfant, le jeune se structurera et se socialisera. Ces relations pourront parfois devenir très fortes et importantes pour lui, il aura besoin de prendre doucement et progressivement son autonomie par rapport à elles. Nous avons vu que souvent, il faut attendre six ou sept ans après la sortie, pour que d'anciens pensionnaires qui avaient beaucoup profité de leur placement se détachent réellement de l'établissement, le temps de fonder euxmêmes un foyer, de devenir parents et d'établir au sein de leur nouvelle famille les relations privilégiées auxquelles ils aspirent. En définitive, un placement, soigneusement choisi en fonction des difficultés de l'enfant, bien préparé, dédramatisé, à ses yeux et à ceux de ses parents, suffisamment -15-

long, peut lui rendre un service inestimable et lui permettre de mener plus tard une vie d'adulte normal. Alors l'établissement spécialisé pourra être chance pour le jeune s'il sait utiliser les outils de l'éducateur.

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Chapitre I

LES ASPIRA TI ONS ESSENTIELLES

Comment l'éthique professionnelle des institutions rencontre-t-elle les besoins existentiels des jeunes? Question importante puisque, si les deux convergent, l'adolescent le sentira et en lui naîtront un sentiment de sécurité et de confiance car il trouvera là un élément de cohérence interne important. Nous allons tenter d'examiner l'un et l'autre en nous appuyant sur les travaux que nous avons menés dans divers établissements et services spécialisés auprès de la jeunesse en difficulté. A. L'ETHIQUE DES INSTITUTIONS

L'analyse d'une quarantaine de projets d'établissements spécialisés5 dans Radioscopie d'établissements et services spécialisés, des entretiens approfondis auprès d'une vingtaine de responsables font apparaître les idées
5 M. Lepage-Chabriais, Radioscopie d'établissements et services spécialisés.- AFSEA 1986.

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forces des professionnelsde l'éducation spécialisée6 dans
tlCes jeunes déviants au comportement grave, dits lcas lourds' ".

.

L'écoute

des jeunes

Ils veulent comprendre ce qui anime le jeune et sa famille; pour cela ils écoutent, se renseignent, se concertent. Partout les réunions occupent une place très importante. Elles sont lieu d'échange, de réflexion, de régulation, de soutien mutuel, de prises de décisions. Selon les lieux, leur composition varie. Mais, peu importe, le principe est le même, les professionnels ne veulent pas agir seuls, mais avec l'aval d'une équipe et l'on se donne des lieux de relecture des événements et des actions menées. Lorsqu'ils parlent des jeunes, "écoute" est un maître mot. Ils veulent s'adapter à chacun, ajuster l'action au mieux des besoins décelés. Cela demande de la souplesse, de la créativité, une aptitude à imaginer des solution inédites, à se concerter et à négocier avec les intéressés.

. Collaboration

et participation

Pourtant, l'ouverture sur l'extérieur et le partenariat, ouvertement souhaités, restent timides dans les faits, marqués d'ambivalence. Car si les responsables souhaitent collaborer au maximum avec les partenaires sociaux, les autres services et établissements spécialisés, les juges des enfants et les inspecteurs DDASS, en réalité, le partenariat reste modéré, plus développé dans les discours que sur le terrain. Ici, chacun avance avec prudence, en gardant ses distances avec ceux qui purent, par le passé, donner l'impression d'imposer des décisions à une équipe qui n'en
M. Lepage-Chabriais, Ces jeunes déviants au comportement grave, dits 'cas lourds'- in Sauvegarde de l'Enfance 1988.
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voulait pas. Mettre en place un partenariat efficace, entre acteurs sociaux, suppose que la position de chacun et que les enjeux de pouvoir soient clairs pour tous. C'est en effet avec les thérapeutes, les médecins ou d'autres travailleurs sociaux qui agissent au titre de mandats parallèles ou complémentaires, mais sans lien de dépendance administrative ou économique, que la collaboration s'avère la plus aisée. Seul un établissement sur trois évoque spontanément les familles des jeunes qui lui sont confiés et les relations qu'il entretient avec elles. Pourtant quelles que soient les relations entretenues aujourd'hui par un jeune avec son milieu d'origine, c'est là qu'il est né, qu'il plonge ses racines et que se trouvent les clefs de compréhension de nombre de ses réactions. Parmi les établissements qui évoquent les parents dans leurs projets pédagogiques on trouve deux types de représentations d'où découleront deux types de relations: - Pour les premiers, les parents sont perçus avant tout comme des personnes en difficulté, à aider. En ce cas, on maintient le maximum de relations avec les familles et l'on prévoit la possibilité de leur ménager des entretiens, une aide psycho-sociale ou un soutien financier selon leurs besoins. - Pour les seconds, familles, éducateurs et enfants sont partenaires à part entière, tous participent pleinement aux décisions qui concernent le jeune, la famille garde là un pouvoir de décision. Nous sommes dans un système qui se veut démocratique où l'on considère l'existence de trois pouvoirs à harmoniser, celui de la famille, celui de l'enfant, et celui de l'institution. Cette dernière estime en fait qu'elle doit surtout jouer un rôle de médiation entre le jeune et ses parents. -19-

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