Salomé et son psychiatre

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Salomé (pseudonyme) raconte dans ce livre sa décompensation psychotique (durant sa psychanalyse avec le Dr X) et les vécus les plus intimes qui sont inhérents à cette expérience. La précision de son témoignage et son honnêteté absolue constituent un matériel clinique extraordinairement éclairant. Cette écriture à quatre mains, avec le Dr Chaperot, son psychiatre, inscrit ce travail dans le mouvement de sa psychothérapie.
Publié le : samedi 15 août 2015
Lecture(s) : 26
EAN13 : 9782336387574
Nombre de pages : 208
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Salomé
et le Dr Christophe ChaperotSalomé et son psychiatre
Récit d’une expérience psychotique
Salomé (pseudonyme) raconte dans ce livre sa décompensation Salomé
psychotique (durant sa psychanalyse avec le Dr X) et les vécus les
plus intimes qui sont inhérents à cette expérience. La précision de et son psychiatre
son témoignage et son honnêteté absolue constituent un matériel
clinique extraordinairement éclairant. Cette écriture à quatre
mains, avec le Dr Chaperot, son psychiatre, inscrit ce travail dans Récit d’une expérience psychotique
le mouvement de sa psychothérapie.
Ainsi, les chapitres alternent, se commentant mutuellement à la
façon d’un dialogue, entre ceux écrits par Salomé et ceux écrits
par son médecin. Ce livre s’adresse aux professionnels, étudiants,
mais aussi à tout lecteur intéressé par les ressorts les plus enfouis
du psychisme, puisque ne comportant que très peu de termes
« techniques ».
Salomé est une jeune femme en recherche perpétuelle, qui a connu
et qui décrit l’envers du décor : la psychose.
Le Dr Christophe Chaperot est psychiatre, psychanalyste,
médecin-chef de service à Abbeville, rédacteur en chef de l’Évolution
psychiatrique, membre correspondant national de la Société
médicopsychologique et psychiatre de Salomé.
Couverture : dessin de Salomé intitulé
« Le labyrinthe », 2014.
ISBN : 978-2-343-06536-6
20,50 €
Salomé
SALOMÉ ET SON PSYCHIATRE
et le Dr Christophe Chaperot







Salomé et son psychiatre



Mouvement des savoirs
Collection dirigée par Bernard Andrieu
L’enjeu de la collection est de décrire la mobilité des Savoirs entre
des sciences exactes et des sciences humaines. Cette sorte de
mobilogie épistémologique privilégie plus particulièrement les
déplacements de disciplines originelles vers de nouvelles disciplines.
L’effet de ce déplacement produit de nouvelles synthèses. Au
déplacement des savoirs correspond une nouvelle description.
Mais le thème de cette révolution épistémologique présente aussi
l’avantage de décrire à la fois la continuité et la discontinuité des
savoirs :
un modèle scientifique n’est ni fixé à l’intérieur de la science qui l’a
constitué, ni définitivement fixé dans l’histoire des modèles, ni sans
modifications par rapport aux effets des modèles par rapport aux
autres disciplines (comme la réception critique, ou encore la
concurrence des modèles). La révolution épistémologique a instauré
une dynamique des savoirs.
La collection accueille des travaux d’histoire des idées et des sciences
présentant les modes de communication et de constitution des savoirs
innovants.
Déjà parus
Anaïs BERNARD, Immersivité de l’art, Interactions, Imsertions,
Hybridations, 2015.
Cécile CROCE, Performance et psychanalyse. Expérimenter et
(de)signer nos vies suivi de Le Moi en jeu, 2015.
Marie-Florence ARTAUX, La maison sur la tête, Écriture et
position clinique en art-thérapie, 2015.
Dana DUMOULIN, Le supplice de tantale, Apprivoiser la
rectocolite hémorragique, 2014.
Edmond DESBONNET, Ma gymnastique des organes, 2014.
Matthieu QUIDU (dir.), Les Sciences du sport en mouvement,
Innovations théoriques en STAPS et implications pratiques en
EPS, 2014.
Françoise LABRIDY, Hors-corps, Actes sportifs et logique de
l’inconscient, 2014.
Gérard FATH, Essai sur la laïcité postchrétienne, 2012.
Benoit GRISON, Bien-être / Être bien ?, 2012. Salomé et le Dr Christophe Chaperot







Salomé et son psychiatre :

Récit d’une expérience psychotique




















Ouvrages du Dr CHAPEROT :

1. L’anhédonie – l’insensibilité au plaisir. Ouvrage de 172
pages de G. Loas avec la collaboration de C. Chaperot,
V. Kapsambelis, A. Legrand - Editions Doin

2. Structuralisme, clinique structurale, diagnostic différentiel Névrose
Psychose, C. Chaperot, Paris, L’Harmattan, 2003, 346 p.

3. Le rire à l’épreuve de l’inconscient, A. Bourgain, C. Chaperot
et C. Pisani, Hermann Editeurs, 2010, 188 p.

4. Formes de transfert et schizophrénie, C. Chaperot, Collection
« Des travaux et des Jours » Editions Erès, 2014, 255 p














© L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06536-6
EAN : 9782343065366














À mon père,
À ma famille,
À mon fiancé,
À mon docteur.



Salomé


























Petite note liminaire :



Cet ouvrage comporte deux préfaces, ce qui n’est pas
habituel. Il nous a semblé intéressant à Salomé et moi-même
que Laurence Tardieu, romancière et amie de Salomé, fasse
la première afin de soutenir la dimension littéraire de
l’écriture de Salomé, de même que Pierre Delion, Professeur
de Pédopsychiatrie à Lille que j’ai l’honneur de compter
parmi mes amis et qui est particulièrement averti du travail
psychothérapique avec les personnes qui traversent une
expérience psychotique, fasse la seconde.













PRÉFACE
Laurence Tardieu
J’ai été contactée par Salomé, que je ne connaissais pas, il
y a quelques mois, via ma page facebook. Salomé avait lu le
journal de création que je venais de faire paraître, L’Écriture et
la Vie (éditions des Busclats, janvier 2014), et suite à cette
lecture, elle avait eu envie de m’écrire et de me proposer de
lire son journal d’hospitalisation.
Il se trouve que j’ai mené il y a deux ans, pendant
dix mois, un travail d’écriture avec des personnes souffrant
de maladies psychiatriques. Je n’avais jamais rencontré
Salomé, mais j’ai senti dans la lettre qu’elle m’adressait une
urgence, une nécessité, une sincérité telle, que j’ai accepté de
la lire. J’ai découvert un texte brut, intense, poignant. Je lui ai
répondu et lui ai fait part de ce que j’avais ressenti.

Quelques semaines plus tard, Salomé m’a écrit pour
m’exprimer son émotion à la lecture d’Une Vie à soi, le
roman autobiographique que je venais de faire paraître
(éditions Flammarion, août 2014). C’est à ce moment-là
qu’elle m’a demandé si j’accepterais d’écrire une préface pour
le livre qu’elle et son médecin étaient en train d’écrire. Il m’a
semblé évident de lui répondre oui.

Salomé exprime à maintes reprises, dans ce texte, sa
souffrance, physique et morale et son combat quotidien,
depuis si longtemps, pour tenter d’habiter sa vie et de
« retrouver les contours de son corps ». Et, parmi ces pages
bouleversantes qui sont une traversée de sa nuit depuis
11 l’enfance pour tenir enfin debout, des fulgurances sur ce que
représente l’écriture pour elle : « L’écriture, pour moi, c’est une
tentative pour me rassembler », « J’ai l’impression que mes mots sont
ma chair ».
Et c’est bien ce qui m’a tant émue dans les mots de
Salomé et ce que j’y ai si bien reconnu : ce qu’elle exprime à
la fois de son sentiment de vide, de dispersion et, dans le
même temps, la foi immense qu’elle place en l’écriture. Je
crois profondément qu’écrire, c’est aller à la recherche de sa
propre voix, celle que chacun possède au-dedans de soi,
unique, singulière, irremplaçable. Et se reconnaître une voix
unique, c’est avoir fait déjà l’immense premier pas de se
savoir appartenir au monde des vivants. Tenter de plonger
au-dedans de soi pour aller saisir cette voix et la faire
doucement émerger et entendre, c’est bien, au moment
même de l’écriture, se rassembler, puisqu’on ne peut saisir sa
propre voix en étant éclaté en mille morceaux. Elle se tient
bien là, la belle et patiente et bouleversante quête de
l’écriture : dans cette plongée, mot après mot, au cœur de ce
tumulte que chacun porte en soi, pour tenter « d’attraper »
son propre son. Faire entendre ce son-là, qui nous
appartient, c’est déjà, même si on n’en a pas conscience,
s’unifier, se rassembler, dans son corps, dans sa vie.
Combien de malades avec qui j’ai eu la chance de mener ce
travail si fort il y a deux ans, m’ont exprimé eux aussi, à leur
manière, combien l’écriture leur permettait d’aller à
l’encontre de l’immense coupure qu’ils ressentaient entre eux
et eux depuis si longtemps ?

Oui, écrire, c’est se reconnaître unique, donc vivant ; c’est
se rassembler. C’est aussi ce qu’on ne sait pas toujours, mais
qu’on éprouve de manière si intense en vivant
l’écriture : pénétrer plus avant la vie. Car le voilà, le grand
bouleversement de l’écriture : on emploie des mots, qu’on
cherche patiemment, des heures durant, pour tenter d’être au
plus près de sa propre voix, et au moment même où
12 l’écriture se fait, ces mots se transforment, devenant de la vie
et nous entraînant avec eux dans l’expérience unique et
puissante de la vie. Écrire, c’est vivre. C’est ainsi que moi,
qui ai vécu longtemps avec un sentiment profond de peur et
d’irréalité, je me suis jetée à corps perdu dans l’écriture,
depuis l’enfance, pour peu à peu habiter « mon propre
royaume », pour reprendre les beaux mots de la photographe
américaine Diane Arbus, et pénétrer enfin ma vie, mon
corps.

Et lorsque je lis les mots de Salomé, je sais au plus
profond de moi qu’elle parcourt, à sa manière, ce même
cheminement. Elle sait cela, de tout son corps, de tout son
être. Elle l’a su sans doute d’abord de manière intuitive,
lorsqu’elle a découvert l’écriture. Elle le sait désormais de
manière consciente : l’écriture est devenue un rempart.
Comment ne pas être touché en plein cœur par la force de
ses mots, à la fois lorsqu’elle exprime sa douleur et son
combat, mais aussi lorsqu’elle exprime la vie qui
l’emporte : « Fendre l’air de mon rire, percer le voile sans états d’âme,
briser tous les miroirs, cesser de s’observer, se sentir juste exister.
Laisser la nature reprendre ses droits et lui ressembler, vitalité.
S’émerveiller, déconcertée par tant de nouveautés, vivre oh oui vivre,
faire sauter les verrous, plus aspirée par ce trou, béance d’amour,
chanter en chemin plus apeurée par mon vide intérieur, croquer la cerise
du rouge de mes lèvres, temps coulant que je cesse de contrôler, liberté
retrouvée, sourires, nudité harmonieuse, ouverture d’elle et amour
infini », « Courir sous la pluie, corps en mouvement qui se bat, s’ébat.
Une force en soi. Une force en moi ! Sentir l’herbe coupée, de nouveau
incarnée. Profondeur incroyable de l’âme qui cherche à s’envoler.
Volupté. Transparence de mon cœur. Bonheur. Oui Bonheur. Quitter
le morose et la mélancolie, cette bête qui ronge tout et se nourrit du vide,
toujours avide » ? Comment ne pas éprouver, au-travers de ces
mots, la force de vie de Salomé et son extrême singularité,
tout ce qui la rend unique, vivante, debout parmi nous ?
PRÉFACE
Pierre Delion
Salomé a vécu une descente aux enfers en décompensant
sur le mode psychotique. Ses angoisses précédant cette
décompensation l’ont amenée à trouver une personne,
psychanalyste de surcroît, avec laquelle elle pensait pouvoir
les transformer en une expérience sublimée, littéraire,
scénique, théâtrale, bref, artistique au sens le plus large. Mais
voilà ! Certains psychanalystes ne font pas suffisamment
attention au diagnostic et la cure-type n’est pas à utiliser avec
n’importe qui sous le prétexte qu’il la demande. L’histoire
nous montre même que dans certains cas, cette proposition
va déclencher chez l’analysant une facilitation de ses
possibilités transférentielles sur les modes érotomaniaque ou
persécutif, accentuant encore l’émergence d’angoisses
archaïques difficilement supportables.

Si la psychothérapie institutionnelle a fait son apparition
dans l’histoire de la psychiatrie, c’est précisément pour
répondre de ces problématiques complexes, supportées
notamment par des structures psychotiques. Chez certains
d’entre eux, la souffrance psychique est au rendez-vous. Elle
peut prendre une forme névrotique plus ou moins classique.
La solution semble être une psychanalyse et puis l’expérience
de la cure met le feu aux poudres affectives, et rapidement la
suite devient incontrôlable sur le plan pulsionnel. Tosquelles,
lorsqu’il réalise, très vite après sa psychanalyse personnelle
avec Sandor Eminder que la cure-type n’est pas adaptée aux
personnes psychotiques, apprend du même coup que
15 l’institution d’un groupe de prise en charge est nécessaire, au
moins pour y être accueilli pendant les moments,
quelquefois passagers, quelquefois plus longs, nécessitant des
soins psychiatriques. Cette quasi-surface de réparation à
géométrie variable en fonction de l’état clinique de chaque
patient, constitue l’ossature de la prise en charge et ses
variations sont référées à une personne en position de
psychiatre-consultant-thérapeute, chargée de construire au
fur et à mesure le setting optimal. Dans l’histoire de Salomé,
le Dr Chaperot, psychiatre-psychanalyste, prend la
précaution d’organiser une fonction d’accueil collective dans
laquelle il joue certes un rôle déterminant, mais souvent avec
l’aide des soignants qui constituent pour elle, sa constellation
transférentielle. Le suivi ambulatoire et les hospitalisations se
succèdent en fonction des avatars de la vie de Salomé, mais
avec l’avantage inégalable que permet la psychiatrie de
secteur lorsqu’elle est bien comprise, celui de la continuité
des soins assurée par le même référent et, si besoin, les
mêmes référents.

Mais cette belle aventure clinique et thérapeutique est
également intéressante à plusieurs autres titres : le processus
de sublimation spécifique, la relation d’écriture à deux et la
sortie de l’expérience psychotique aiguë avec
réinvestissement de la vie « ordinaire ».

L’idée de créer un dialogue à deux voix pour raconter
cette expérience est une riche idée. En effet, lorsque
Paul Ricœur évoque l’importance dans toute vie humaine de
la fonction narrative, il ne fait que nous aider à comprendre
un aspect essentiel de la flèche du temps chez les
humains : celui de la narrativité en première personne. Dès
l’instant où le sujet devient le narrateur de son histoire, il la
prend en main d’une façon active et peut dès lors accentuer
le rôle qu’il joue dans sa propre existence continue. De ce
point de vue, lorsqu’une personne psychotique peut accéder
16 à cette mise en récit d’elle-même, elle tient un fil de sa sortie
de crise psychopathologique. J’ai entendu beaucoup de ces
personnes me dire combien cette expérience de la
déshérence psychotique les entraînait dans un maelström
dans lequel l’impression la plus angoissante était précisément
de perdre le contrôle total du récit de sa propre vie. Faut-il
pour autant parler de sublimation ? Sur un plan strictement
psychopathologique, la sublimation ne semble pas
correspondre exactement au concept qui décrit ce travail de
transformation des éléments bruts de la psychose en
éléments « raffinés » acceptables pour soi et pour autrui.
Toutefois, je considère que nous pouvons voir dans le travail
réalisé dans cette expérience de Salomé, une sublimation
fragile, peut-être même une proto-sublimation. Mais nous
sommes dans une ambiance proche de celle de la Gradiva de
Jensen reprise par Freud pour évoquer ce problème
complexe du rapport à la réalité et au monde social, et
Salomé nous dit : « Je travaille, je m’investis, car faire ce travail
d’écriture me parle, me plaît. Cette ouverture, cette aventure qui, je le
souhaite, aura des vertus délivrantes ». Il apparaît que ce qui
entraîne Salomé dans ce sens, c’est justement le second
point, celui de la relation d’écriture à deux. Si pour le
premier, son psychanalyste pur sucre, elle nous donne à voir
les mails qu’elle lui a adressés, sans pouvoir faire autre chose
que nous laisser imaginer les réponses à l’aune des quelques
éléments dont nous disposons, et qui sont, je dois le dire,
assez sidérants ; en ce qui concerne le dialogue entamé avec
le second, le Dr Chaperot, il s’agit d’une toute autre façon de
procéder, une sorte de dialogue écrit par les
deux personnages de l’histoire rapportée. Je reconnais bien là
le style du Dr Chaperot qui ne tombe jamais dans le travers
qui consiste à raconter ce que l’autre pense sur fond de petits
arrangements entre amis : il souhaite que Salomé s’exprime
en première personne pour des raisons évidemment éthiques
et aussi par souci d’efficacité symbolique, en lien avec le
premier point développé, celui de la rendre actrice de son
17 propre récit de vie. Et elle saura d’ailleurs le faire à plusieurs
reprises avec un grand talent littéraire. Mais ce qui m’importe
ici, c’est le fait que les éléments de ce dialogue ne sont pas
organisés autour de l’idée que cet exemple clinique pourrait
illustrer une théorie, fût-elle celle d’un psychanalyste de
renom entouré d’épigones envieux de son talent et pensant
en reproduire les démonstration supposée à bon compte. Ils
tentent de décrire ce qui se passe, ce que chacun « fout là »
(Oury avec sa fameuse question : « Qu’est-ce que je fous là ? »)
dans cette aventure à nulle autre pareille, mais sans travestir
la réalité de ce qui se passe vraiment. La relation est marquée
d’une authenticité qui ne trompe pas, et la liberté de dire
s’assortit de celle d’entendre sans a priori, sans préjugés, en
appui sur une tabula rasa (Bick) souhaitable lorsque l’on
prétend écouter la souffrance psychique d’un autre. Or, dans
cette histoire, nous voyons se produire les transformations
du transfert en autant d’éléments historiaux de Salomé et
nous assistons à une des « vertus délivrantes » tant recherchée
par elle, celle de la sortie de la relation d’emprise dans
laquelle le psychanalyste précédent s’était engouffré sans
vergogne. Enfin, j’ai été très touché par la sortie progressive
du processus psychotique aigu dans ce dialogue portant sur
le voyage avec le fiancé et les réflexions sur le désir d’enfant.
Il ne s’agit pas d’affirmer que les aléas de la
psychopathologie de Salomé sont finis une fois pour toute,
ce ne serait pas lui rendre service que de le lui faire penser.
Mais en revanche, cette écriture à deux va lui permettre de
retrouver une vie quotidienne avec le style qui est le sien,
avec les personnes qu’elle a choisies et qui ne fantasment pas
sur elle des projets d’asservissement quels qu’ils soient. Cela
peut faire penser à Salomé qu’elle a, certes traversé une
expérience, en l’occurrence psychotique, - et qui aurait pu
revêtir bien d’autres formes, - mais que dans cette traversée,
elle a été accompagnée de façon phorique, avec ses
corollaires sémaphoriques et métaphoriques, par un
Dr Chaperot et son équipe sous la forme d’une constellation
18 transférentielle, dont elle n’est pas près d’oublier le mode de
présence. Et c’est cela qui compte le plus, que si jamais
d’aventures « je décompensais à nouveau, je sais sur qui je peux
compter vraiment ».

Ce récit à deux voix, en bravant les canons habituels des
histoires cliniques racontées par ceux qui les publient, vient
nous dire que la psychothérapie des psychoses comporte des
dispositifs singuliers qui obligent à repenser la
métapsychologie des psychoses et les formes qu’y prend le
transfert, à inventer des institutions qui les contiennent et les
transforment et à s’entourer de soignants qui acceptent de
créer des formes nouvelles d’accompagnement en perdant
parfois quelque peu la maîtrise des cadres pré-pensés qui
éloignent trop souvent des initiatives de vivances partagées.

Je vous laisse maintenant en compagnie des deux
protagonistes de cette histoire pour qu’ils vous la racontent
enfin…

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