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Santé, jeunesse et société

De
174 pages
Cet ouvrage fait le point sur la santé des jeunes et propose une prise en charge, au sein du service de Médecine Préventive de l'Université Paris 7, des jeunes défavorisés de 18 à 25 ans des 10e et 18e arrondissements de Paris ainsi que l'évaluation d'une telle extension du Service ; en se basant sur un travail de recherche bibliographique et de terrain.
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SANTÉ, JEUNESSE
ET SOCIÉTÉ
La prise en charge des jeunes 18-25 ans
au sein d'un Service de Prévention
à l'hôpitalCollection Santé, Sociétés et Cultures
dirigée par Jean Nadal et Michèle Bertrand
Peut-on être à l'écoute de la souffrance, en comprendre les racines et y
apporter des remèdes, hors d'un champ culturel et linguistique, d'un
imaginaire social, des mythes et des rituels?
Qu'en est-il alors du concept d'inconscient?
Pour répondre à ces questions, la collection Santé, Sociétés et Cultures
propose documents, témoignages et analyses qui se veulent être au plus
près de la recherche et de la confrontation interdisciplinaire.
Dernières parutions:
Psychothérapie des femmes africaines, D. Lutz-Fuchs.
Les Racines criminelles, P. Delteil
Thérapies corporelles des psychoses, G. Pons
Carrefours sciences sociales et psychanalyse, B. Doray et 1M Rennes
La décision sur soi, A. Lacrosse.
Psychopathologie de la Côte d'Ivoire, D. Tchichi.
La perception quotidienne de la santé et de la maladie, Flick Uwe.
Le père oblitéré, L. Lese!.
La démiurgie dans les sports et la danse, N. Midol
Sujet, parole et exclusion, F. Poché
, L'interculturel de la psychosociologie à la psychologie clinique,
D.Paquette
Clinique de la reconstruction.. une expérience avec des réfugiés en ex-
Yougoslavie, A. Chauvenet, V. Despret, J-M. Lemaire.
Yo Garéï, G. Dorival.
Communication et expression des affects dans la démence de type
Alzheimer par la musicothérapie, S.Ogay
Adoption et culture:de la filiation à l'affiliation sous la direction de S.
Dahoun.
Thérapiefamiliale et contextes socioculturels en Afrique Noire, G. Dimy
Tchetche.
Médecine des philosophes et philosophie médicale, Jacques Chazaud.
Psychiatrie en Afrique, l'expérience camerounaise, Léon Fodzo.
@L'Harmattan, 1997
ISBN: 2-7384-5490-9Blanche Nirina RICHARD
,
SANTE, JEUNESSE
ET SOCIÉTÉ
La prise en charge des jeunes 18-25 ans
au sein d'un Service de Prévention
à l'hôpital
EditionsL'Harmattan L'Hannattan INC
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 55, rue Saint Jacques
75005 Paris Montréal (Qc) - Canada H2YI
LSOMMAIRE
AVANT-PROPOS 11
INTRODUCTION 17
LES JEUNES ET LA SANTE 21
Chap I. La perception de la santé des jeunes 25
1. Habitudes de vie et santé chez les ieunes 25
A. Santé et risques à l'âge juvénile 25
B. Les comportements à risques des jeunes 26
C. Les troubles somatiques des jeunes 33
2. Svécitlcité des ieunes défavorisés 35
35A. Les jeunes en difficultés scolaires ou sociales
B. La santé des jeunes ruraux et de banlieue 37
Chap II. Mesure de l'état de santé des jeunes 39
1. La mortalité iuvénile 39
A. La sunnortalité masculine 39
B. Les causes de décès des jeunes 40
2. La morbidité iuvénile 41
A. La hospitalière 41
B. La morbidité diagnostiquée 44
Chap III. La consommation de soins des jeunes 45
1. Le recours en cas de problème 45
A. La famille 45
B. La médecine libérale 45
C. Les centres de santé 46
D. Les et établissements de
planification familiale 47
E. L'hôpital 48
F. Le dispositif de soins en santé mentale 49
G. Les structures de prévention 50
H. Les associations caritatives 51
I. Les services téléphoniques 52
2. L'utilisahon des systèmes de soins 54
A. Les dépenses de consommation de santé des jeune
B. Les séances de médecin et de dentiste 54
C. Les soins d'auxiliaire médical 56
D. La consommation de biologie 57
E. La de biens médicaux 58
F. l'hospitalisation 58
G. Le recours à des non-médecins 59
7Chap IV. L'identification des problèmes expliquant
les comportements et l'état de santé des jeunes 61
1. L'inadéquation des prises en charge 61
A. Echec du système traditionnel 61
B. Echec de la prévention 62
2. Cas particulier des jeunes en difficulté 64
A. Le mal-être des défavorisés 64
B. La difficulté financière d'accès aux soins 65
C. La prévention chez les jeunes défavorisés 67
Conclusion 69
LA CONSULTATION NATIONALE 71
Chap V. La mise en oeuvre de la consultation 75
1. Les or[!anes de la consultation 75
A. Le comité pour la 75
B. les moyens de communication de la consultation 75
2. Les formes de la consultation 76
A. Les modalités du questionnaire
« Faites agir vos idées» 76
B. Les rencontres locales 76
C. Les auditions de personnalités 78
Chap VI. Le bilan de la consultation 79
1. Les résultats de l'opération 79
A. Les questionnaires et les courriers retournés 79
B. Les rencontres locales 79
C. Les auditions de personnalités 80
2. Place de la santé dans la consultation 80
A. L'ensemble des réponses des jeunes 80
B.Lasanre 82
Chap VII. Les propositions du comité en faveur des jeunes
et les suites envisagées par le gouvernement 85
1. Des 57 aux 100 propositions du comité 85
A. Les deux rapports du comité 85
B. Les 100 propositions du comité 85
2. Les mesures gouvernementales 87
A. Les propositions sans objet 87
B. Les non retenues 87
C. Les réponses gouvernementales
plus ou moins positives 88
D. Bilan sur la question de la santé 89
8Chap VIII. Validité de la consultation 91
1. Polémique d'experts autour de la consultation 91
A. Du nombre des réponses reçues 91
B. De la qualité des réponses 91
C. De la représentativité des réponses 92
2. Les conclusions de l'équipe du premier ministre 93
A. Le point de vue des scientifiques 93
B. Le point de vue des Politiques 94
Conclusion 95
UNE EXPERIENCE PILOTE 97
Chap IX. Le service de médecine préventive
101de l'Université Paris 7
1011. Description
A. Implantation, Objectif et mission 101
B. Financement et activités 101
2. La population concernée 102
A. Les étudiants bénéficiaires du service 102
B. La couverture sociale des étudiants 103
Chap X. Extension du service à la population locale 105
1. Cas du 10 ème et du 18 ème
arrondissements de Paris 105
105A. La population totale
B. La active 106
C. Les étrangers 106
2. La population ciblée 99
A. Les sites de recrutement 107
B. La protection sociale de cette population 107
Chap XI. La prise en charge des jeunes défavorisés
du 10 ème et du 18 ème arrondissements de Paris
1. ObjectifS 113
A. Offrir une écoute et des informations 113
B. Etablir un modèle 114
2. Activités 114
A. La prise en charge individuelle 114
B. La prise en collective 114
Chap XII . Evaluation du service 117
1. quantitative 117
A. Les activités offertes par le service 117
B. Les recours aux soins 117
92. Evaluation qualitative 118
118A. Analyse de la satisfaction vis-à-vis du service
B. Promotion du service 118
Conclusion 120
CONCLUSION 121
127LISTE DES GRAPHES ET DES TABLEAUX
ANNEXES 131
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 163AVANT-PROPOS,----Dans une France où la population vieillit, la jeunesse ou
les jeunes constituent le couplet mythologique obligé de tout
discours politique, social ou religieux qui se respecte.
On s' intéresse aux problèmes de la jeunesse, à ses défauts ou à
ses difficultés à exister ou à se situer dans la société.
Actuellement, non seulement des acteurs de santé mais la
communauté tout entière mettent au centre des préoccupations la
santé des jeunes.
Mais qu'est-ce que la jeunesse ?
Peut-on définir les jeunes?
L'image médiatique de la jeunesse tend à se confondre à
celle de l'étudiant de 15 à 25 ans surtout depuis mai 1968.
En fait, les étudiants ne sont guère qu'un sixième de la classe
d'âge alors qu'un tiers des jeunes sont déjà sortis du système
scolaire sans aucun diplôme ou avec le seul certificat d'études
[I]. L'image emblématique de la jeunesse devrait-elle être en
réalité beaucoup plus l'employée ou l'ouvrier que l'étudiante ou
l'étudiant?
Définir la jeunesse suscite bien de débats.
L'aspect politique qui fait que l'on ne s'intéresse à la
jeunesse que dans une conjoncture particulière et le monde de la
recherche où la jeunesse est souvent un sujet de chercheurs
«jeunes» , la sociologie de la jeunesse étant en voie d'
institutionnalisation seulement en France contrairement à ce qui
existe dans d'autres pays comme la Grande-Bretagne et
l'Allemagne; ne facilitent pas les choses d'après Gérard
Mauger*.
Il distingue trois types de définitions qui se complètent:
- les définitions ordinaires dont le dictionnaire donne trois
approches:
* Au cours d'un débat animé par Dominique ROUSSET ROUSSET (D. ).
« Deux ou trois choses que je sais d'eux... » , p18. In : « parler des jeunes,
parler aux jeunes» / sous la direction de Bambuck Roger. Paris: CID], 13
Décembre 1989
13. jeune s'oppose à vieux, par exemple la nouvelle vague
du cinéma, qui évoque le thème du conflit de génération dans la
famille ou dans un espace social,
. est jeune quelqu'un qui est doté des attributs de la
jeunesse: l'insouciance, la témérité, l'impétuosité, la générosité,
. la jeunesse comme « entre deux» , c'est à dire une
étape du cycle de vie, un âge de la vie;
-les définitions politiques ou administratives,
qui correspondent aux seuils et aux âges qui sont synonymes de
droits, par exemple la majorité civile, la scolarité obligatoire;
- les définitions savantes:
. de type psychologique ou biopsychologique,
qui sont des tentatives de périodisation du cours de la vie,
. de type sociologique, qui fait apparaître souvent
l'artefact du « jeune moyen» : le monstre théorique un peu
homme, un peu femme, un peu élève, un peu chômeur, qui tire sa
cohérence des définitions de type biopsychologique; et le
caractère métonymique de la définition qui vient du fait que l'on
a en tête tel ou tel jeune selon le problème social de la jeunesse
du moment: le gauchiste des barricades, le blouson noir ou le
jeune chômeur de banlieue (qui est le jeune archétype
d'aujourd'hui).
Plusieurs auteurs raisonnent en terme de cycles de vie
c'est à dire considèrent la jeunesse comme une période de
transition de l'enfance à l'âge adulte [1]-[8].
Si la limite inférieure de cette période est arrêtée au début de
l'ado1escence* ( moyenne filles 11-13 ans, garçons 12-14 ans );
l'ensemble des évolutions démographiques et sociales spécifiques
aux jeunes aboutit globalement à un prolongement croissant de
cette période «jeune» et à une limite supérieure de cette
génération très floue [2][4].
Mais on parle aussi bien des jeunes comme adolescents et
inversement.
On parle actuellement de plusieurs périodes [4] : pré-adolescence
(10-15 ans), adolescence (16-19 ans), post-adolescence (18-24
ans).
* INSERM, Dossier Documentaire, 1993. Adolescence: physiologje,
épidémiologie, sociologie. Paris / INSERM, Nathan, 1993, 63p.
14Les jeunes correspondent à des classes d'âge qui ont
tendance à avoir des effectifs plus réduits: les jeunes de 12 à 24
ans étaient au 1er janvier 1994 plus de 10 millions (10 565 000),
ce qui représente 18% de la population totale française (Sources
INSEE). La répartition par classes d'âges des moins de 25 ans
souligne « l'érosion sensible» des générations liée à une
diminution de la fécondité: il y a, en chiffre absolu, de moins en
moins de jeunes.
Par ailleurs, des phénomènes sociaux prolongent
durablement la période précédant l'entrée des jeunes dans la vie
active. L'évolution depuis 1962 des courbes de scolarité et
d'activité chez les 17-24 ans le montre bien* : la scolarité est de
plus en plus prolongée et l'entrée dans la vie active de plus en
plus tardive. A noter que pour la première fois en 1993, on a
observé une diminution sensible de la poursuite des études pour
certains niveaux scolaires (l'année de terminale des brevets de
techniciens). Il est possible d'expliquer cette évolution par le fait
que le bénéfice des poursuites d'études en matière d'insertion
professionnelle semblant de plus en plus incertain, et les chances
d'obtenir un diplôme d'un niveau supérieur limitées, certains
choisissent donc de tenter une entrée dans la vie active plus
précoce. Pourtant en huit ans (1982-1990), la baisse du taux
d'activité a éloigné 770 000 jeunes de moins de 25 ans du
marché du travail. C'est seulement à partir de 22-23 ans que
plus de 50% de la population des jeunes travaillent**.
Enfin, un pourcentage élevé des jeunes vivent chez leurs
parents et leur mariage est tardif [4][8] .
* MARCHAND (O.). L'évolution récente de la population active. Paris:
Les cahiers Français, janvier-février 1993, p.69-76.
Ministère de l'Education Nationale, Note d'infonnation, Direction de**
l'évaluation et de la prospective. L'insertion professionnelle des jeunes au
1er Février 1993. Paris: Ministère de l'Education Nationale, 1993 - 50 p.
15Les jeunes correspondent à une population minoritaire
dont l'indépendance résidentielle et financière est de plus en plus
inaccessible, à qui les adultes demandent d'être responsables.
En revanche, la question de la succession des générations n'est
jamais envisagée.Cette incapacité de la société à gérer le passage
de l'enfance à l'âge adulte pourrait-il, de fait, constituer une
nouvelle définition?INTRODUCTION
I
I
I
J1--La-précarité qui domine la vie d'une majeure partie des
jeunes, surtout mesurable sur le marché du travail, a des
conséquencës dans tous les -domaines et fait des jeunes des
mécontents de tout. Les jeunes constituent une population «de
tous les dangers» dont les adultes redoutent les réactions
souvent déroutantes [1].
Mais « mieux vaut être mécontent de tout, ce qui est une
preuve de combativité, que de n'être content de rien, ce qui est
une preuve de résignation» (Henri Troyat, de l'Académie
Française).
Se dire, se reconnaître, se comporter comme malade
c'est afficher une marginalité supplémentaire dans une situation
déjà assez chargée. Les jeunes agissent ainsi de façon que leurs
problèmes de santé passent inaperçus [1].
Ils ne se soignent pas. Est-ce donc qu'ils sont en bonne
santé? Ou, ne sont-ils pas plutôt, par conséquent, en mauvaise
santé? Mais s'ils ne se soignent pas, par ailleurs n'est-ce pas
parce qu'ils n'ont pas accès aux systèmes de soins? Et alors,
enfin, ne faut-il pas prendre soin d'eux?
Ces questions ont été posées par le Pr. Jean-Pierre Deschamps
dans un article paru en 1987 dans la Revue française des
Affaires Sociales [2] , et restent toujours d'actualité voire
urgentes pour les jeunes défavorisés.
Nous nous proposons d'étudier la possibilité de la prise
en charge, au sein d'un service de prévention, des jeunes
défavorisés de 18 à 25 ans dans le cas du 10 ème et du 18 ème
arrondissements de Paris.
Nous tâcherons de montrer que:
- d'une part, c'est utile et nécessaire, puisque des classes
défavorisées importantes existent dans ces arrondissements, il
s'agit en priorité de s'attaquer à l'accumulation de leurs
accablements;
- d'autre part que c'est faisable, en s'appuyant sur une structure
de prévention, préexistante, tournée vers les étudiants, au sein de
l'hôpital Fernand Widal; qu'il est intéressant d'étendre vers la
population locale.
19