Sciences de la nature et sciences humaines

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Peut-on établir un parallèle entre les sciences de la nature et les sciences humaines comme l'économie ? La tentative est hardie et le résultat n'est pas garanti... Malgré tout, les immenses progrès réalisés depuis le début du XXe siècle, d'abord en physique, puis en biologie et enfin en neurosciences, ont eu un tel impact sur notre univers mental et sur notre manière de concevoir le monde que les sciences humaines ne pouvaient en sortir indemnes.
Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 9782296478923
Nombre de pages : 134
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SCIENCES DE LA NATURE
ET SCIENCES HUMAINES














Du même auteur :


L’économie. Méthodes, concepts, outils, Éditions L’Harmattan,
2011.
L’individu et la société, Éditions L’Harmattan, 2011.
La Justice dans la société, Éditions L’Harmattan, 2011.


























© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55939-4
EAN : 9782296559394
Jacques Blanchet








SCIENCES DE LA NATURE
ET SCIENCES HUMAINES


















Collection « L’esprit économique »

fondée par Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis en 1996
dirigée par Sophie Boutillier, Blandine Laperche, Dimitri Uzunidis

Si l’apparence des choses se confondait avec leur réalité, toute réflexion,
toute Science, toute recherche serait superflue. La collection « L’esprit
économique » soulève le débat, textes et images à l’appui, sur la face
cachée économique des faits sociaux : rapports de pouvoir, de production
et d’échange, innovations organisationnelles, technologiques et
financières, espaces globaux et microéconomiques de valorisation et de
profit, pensées critiques et novatrices sur le monde en mouvement...
Ces ouvrages s’adressent aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs
en sciences économiques, politiques, sociales, juridiques et de gestion,
ainsi qu’aux experts d’entreprise et d’administration des institutions.

La collection est divisée en six séries :

Dans la série Economie et Innovation sont publiés des ouvrages
d’économie industrielle, financière et du travail et de sociologie
économique qui mettent l’accent sur les transformations économiques et
sociales suite à l’introduction de nouvelles techniques et méthodes de
production. L’innovation se confond avec la nouveauté marchande et
touche le cœur même des rapports sociaux et de leurs représentations
institutionnelles.

La série L’économie formelle a pour objectif de promouvoir l’analyse des
faits économiques contemporains en s’appuyant sur les approches
critiques de l’économie telle qu’elle est enseignée et normalisée
mondialement. Elle comprend des livres qui s’interrogent sur les choix des
acteurs économiques dans une perspective macroéconomique, historique
et prospective.

Dans la série Le Monde en Questions sont publiés des ouvrages
d’économie politique traitant des problèmes internationaux. Les économies
nationales, le développement, les espaces élargis, ainsi que l’étude des
ressorts fondamentaux de l’économie mondiale sont les sujets de
prédilection dans le choix des publications.

La série Krisis a été créée pour faciliter la lecture historique des
problèmes économiques et sociaux d’aujourd’hui liés aux
métamorphoses de l’organisation industrielle et du travail. Elle
comprend la réédition d’ouvrages anciens, de compilations de textes
autour des mêmes questions et des ouvrages d’histoire de la pensée
et des faits économiques.

La série Clichés a été créée pour fixer les impressions du monde
économique. Les ouvrages contiennent photos et texte pour faire ressortir
les caractéristiques d’une situation donnée. Le premier thème directeur
est : mémoire et actualité du travail et de l’industrie ; le second : histoire et
impacts économiques et sociaux des innovations.

La série Cours Principaux comprend des ouvrages simples, fondamentaux
et/ou spécialisés qui s’adressent aux étudiants en licence et en master en
économie, sociologie, droit, et gestion. Son principe de base est
l’application du vieil adage chinois : « le plus long voyage commence par le
premier pas ».









SOMMAIRE




INTRODUCTION 11


RE1 PARTIE : LES SCIENCES DE LA
NATURE : LA PHYSIQUE ET LA CHIMIE 15
Chapitre I : une nouvelle révolution copernicienne 17
A. Équilibre et déséquilibre 19
B. Évènements et régularités 19
C. Le cadre de l’analyse 20
D. Le temps 20
E. Le champ de la science 20

Chapitre II : l’ordre et le chaos – économie et
politique 23

Chapitre III : les économistes et le chaos 29
A. FAURE et le chaos 29
B. David RUELLE et le chaos 29

CHAPITRE IV : physique et économie 33
A. Le parallèle entre la physique et l’économie
politique 33
B. La physique moderne et l’économie 35

Conclusion 43



7
E2 PARTIE : LA BIOLOGIE
ET LES SCIENCES DE LA VIE 45

Introduction 45
Chapitre I : l’essor de la biologie au XXe siècle 47
Chapitre II : BERGSON, TEILHAR DE
CHARDIN et les biologistes 53
Chapitre III : l’économie au service du vivant selon
René PASSET 57
A. L’économie, une science multidimensionnelle 57
B. Évolution et destruction créatrices 60
C. L’évolution du monde 61

Chapitre IV : une vision biologique de la réalité
économique 63
A. L’économie et la vie 63
B. Réapprendre la valeur 66
C. Refonder l’économie 67
D. La pépite d’or et le grain de blé 70
E. Les échanges et la vie 72


E3 PARTIE : LES THEORIES
BIOLOGICO-ECONOMIQUES 75

Chapitre I : la biologie et le fonctionnalisme 75
A. Le fonctionnalisme, science des fonctions 75
B. Les différentes formes du Fonctionnalisme 76


Chapitre II : la biologie et l’Évolutionnisme 79
A. Les principes de l’Évolutionnisme 79
B. L’évolutionnisme et la thermodynamique dans la
société 80
C. L’Évolutionnisme contemporain en économie 82
D. Le système financier : un système évolutionniste 87



8
Chapitre III : les systèmes vivants et les systèmes
économiques. L’analyse systémique 89
A.Introduction 89
B. Les origines de la théorie des systèmes 90
C. Les grands courants de la pensée systémique 94

Conclusion 101

E4 PARTIE : LES SCIENCES DE LA NATURE.
LES SCIENCES DU VIVANT 103

Introduction 103

Chapitre I : les miracles de l’évolution 105

Chapitre II : les neurosciences 113

Chapitre III : une nouvelle société 117

Conclusion 121


CONCLUSION GENERALE 123

9









INTRODUCTION




1Dans l’effacement du savoir, Olivier FERRAND
évoque l’évolution qu’a connue le savoir dans la société
occidentale au cours des derniers siècles.
Jusqu’au XVIIème siècle, le savoir constitue sous ses
différentes déclinaisons le servant, l’auxiliaire de la théologie.
Les phénomènes naturels ne s’éclairent qu’à la lumière des
principes transcendants, que l’esprit, grâce à la foi et à la
croyance, doit tenter de dévoiler.
La réalité sensible, immanente, doit être appréhendée
comme la déclinaison ou la transposition ici-bas d’une réalité
supra-sensible qui lui sert en quelque sorte de modèle et dont il
s’agit de se procurer une intuition intellectuelle par une sorte de
révélation. Comprendre les différents phénomènes du
microcosme humain, c’est donc comprendre comment ceux-ci
s’insèrent dans le macrocosme divin. Ainsi existe-t-il une
distinction entre les différents registres de l’expérience humaine
soudés entre eux par leur commune participation à la source
invisible de toute chose.
« Lorsqu’il s’agit du Moyen-Âge » souligne ainsi
l’historien Aaron J. GOUREVITCH, il est pratiquement
impossible d’isoler des sphères culturelles vraiment
différenciées, telle que l’esthétique, la philosophie, la
2connaissance historique, la pensée économique .
Toute spéculation, tout art est imprégné de la marque
du sacré. Quoique possédant leurs propres spécificités, les

1 O. FERRAND, L’effacement du savoir, Le Débat, De quoi l’avenir
intellectuel sera-t-il fait ?, Gallimard, Paris, 2010.
2 Aaron J. GOUREVITCH, Les catégories de la culture médiévale, Gallimard,
Paris, 1983, p 14.
11
activités de l’esprit font partie d’un même ensemble, le savoir
qui offre un accès au phénomène du lien entre les hommes.
eÀ compter du XVII siècle, l’émergence du pouvoir
politique change la donne. En scellant l’autonomie du monde
humain, en s’imposant comme le principal facteur de la
cohésion collective, celui-ci contribue à battre en brèche le
cadre de pensée médiéval. Affranchie de son lien à l’au-delà, la
société trouve désormais sa raison d’être à l’intérieur d’elle-
même. Elle acquiert son autonomie. Dès lors, la connaissance
consiste à comprendre la manière dont cette société fonctionne,
évolue, se transforme dans le temps à partir de ses lois
immanentes, c'est-à-dire sans se référer à un monde la
surplombant. Cette novation donne naissance à une
Gelehrtentrepublikk en Allemagne et à la Republic of Learning
en Angleterre. En France, elle suscite l’apparition de la
République des Lettres qui comprend les savants et les hommes
d’étude, même s’il s’élève alors de vives controverses sur ses
contenus exacts. Les premières revues savantes sont créées au
cours de l’année 1660 à l’image du Journal des Savants ou de la
Philosophical Transaction, mais elles se développent surtout à
partir de 1680. Cependant, la République des Lettres ne survit
pas à la Révolution Française, la conception unitaire et
objective du savoir volant en éclats.
À la République des Lettres se substitue, à compter du
XIXème siècle un espace public de la connaissance assurant la
représentation des différents savoirs. Ceux-ci ne vont cesser de
se séparer et de s’autonomiser.
La fin du XIXème siècle constitue une étape charnière.
Comme l’indique Marcel GAUCHET « L’univers des
phénomènes éclate et la connaissance se démembre. Elle se
subdivise en disciplines spécialisées, enfermées chacune dans
son domaine d’être propre, dans sa zone ou sa strate spécifique
du monde et, rendant la perspective d’une synthèse d’ensemble
1toujours plus problématique » .
Max WEBER, prenant acte de l’échec d’Auguste
COMTE pour faire de la sociologie la science des sciences,
dans sa célèbre conférence prononcée en 1919, « Wissenschaft
als Berüf » conclura que l’on ne peut produire des œuvres
significatives qu’à la condition « de se mettre pour ainsi dire

1 Marcel GAUCHET, L’avènement de la démocratie, t II, La crise du
libéralisme, Gallimard, Paris, 2007, p 46.
12
des œillères ». « De nos jours », ajoute-t-il, « l’œuvre vraiment
définitive et importante est une œuvre de spécialiste ».
Les tentatives menées au XXème siècle pour trouver
une philosophie « englobante », unificatrice, transcendant les
travaux spécifiques, assez générale pour pouvoir accueillir en
son sein toutes les disciplines, a de toute évidence échoué et,
depuis lors, la fragmentation s’est confirmée sous la poussée de
deux phénomènes principaux que dénonce Olivier FERRAND
dans son article précité : la détraditionalisation qui a transformé
le savoir hérité en patrimoine et l’hyper individualisme qui, en
défaisant le lien social, a condamné toute forme d’englobant
collectif.
En fait, on peut dire qu’il n’y a jamais eu véritablement
de science globale ou totale.
On doit même se poser la question de savoir s’il n’y a
pas des domaines consacrés à la science qui sont, par leur
nature même, si différents les uns des autres qu’ils ne peuvent
pas être confondus.
Nous partirons – au moins provisoirement – de ce
constat pour distinguer la science physique, la biologie, les
sciences du vivant et les neurosciences et tout notre effort
tendra à rechercher si ces diverses sciences, qui appartiennent
au domaine des sciences de la nature, n’exercent pas sur les
sciences humaines des influences qui, pour être discrètes, n’en
sont pas mois décisives.
La cosmogonie de COPERNIC vient contredire celle de
PTOLEMEE. L’église chrétienne en a compris rapidement les
implications pour sa doctrine. Mais cette nouvelle conception
de l’univers ne nous oblige-t-elle pas à penser autrement ?
Autre exemple : peut-on raisonner de la même façon
avant et après EINSTEIN et la remise en cause de la physique
newtonienne ?
Les sciences humaines (économie, sociologie,
philosophie …) subissent directement l’influence du caractère
aléatoire de l’action de l’homme. Elles sont (et resteront
toujours) approximatives. C’est un peu le maillon faible de
notre épistémè. Personne n’a tort, personne n’a raison. Toutes
les opinions, pour autant qu’elles soient plausibles, sont
respectables. Personne n’a jamais démontré que la théorie de la
phénoménologie était fausse, car il s’agit d’une théorie non
falsifiable pour employer les termes de Karl POPPER. Les
sciences humaines sont donc dans une situation d’infériorité par
rapport aux sciences de la nature qui sont ni vraies ni fausses
13

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