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Si Lomé m'était conté...

De
306 pages
Les derniers dialogues de l'émission radiodiffusée de 1987 à 1991, l'histoire de la capitale du Togo à travers les souvenirs croisés de ses habitants : Le Port autonome de Lomé, Le Collège protestant, l'Hôtel du Golfe et le tourisme, le CHU de Lomé-Tokoin, L'Union des métis, une grande compagnie commerciale : la CFAO, la Régie nationale des Eaux du Togo, le Collège Saint-Joseph, les débuts de la recherche scientifique au Togo...
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Yves M Tchétchékou P
Si Lomé m’était conté… Dialogues radiophoniques avec des habitants de la capitale du Togo (1987-1991)
TOME IV Si Lomé m’était conté…
Si Lomé m’était conté…
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-polytechnique, 75 005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12523-7 EAN : 9782343125237
Yves MARGUERATTchétchékou PELEISi Lomé m’était conté… Dialogues radiophoniques avec des habitants de la capitale du Togo (1987-1991) TOME IV
Volumes précédents
(aux Presses de l’Université de Lomé)
Radio Lomé
ORSTOM/IRD
Si Lomé m’était contée1992, 247 p.… Tome I,
Si Lomé m’était contée307 p.… Tome II, 1993,
Si Lomé m’était contée… Tome III, 1996, 355 p.
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Université de Lomé
PREFACE
Passionné par l’histoire de la capitale togolaise à l’étude de laquelle il consacra de nombreuses années, Yves Marguerat peut être considéré comme le père de son historiographie. Son livreune brève histoire de la capitale du Togo Lomé, (Haho et Karthala, 1992) a été le premier à être consacré à cette ville. De 1 l’historien, en poste au Centre ORSTOM de Lomé de 1978 à 1994, précédèrent et suivirent de nombreuses autres publications.Si Lomé m’était contéest sûrement la plus riche et la plus originale d’entre elles. C’était à l’origine une émission de radio qu’Yves Marguerat anima chaque jour durant quatre années, de 1987 à 1991. Avec l’aide irremplaçable de Tchétchécou "Daou" Péléi, journaliste chevronné de Radio-Lomé, grand connaisseur de la ville et de ses habitants, infatigable pour assurer les contacts avec eux, il interrogeait des Loméens sur leur vie, leur époque, leur car-rière, leur métier. Tour à tour, médecins, éducateurs, commerçants, jardiniers, phar-maciens, géomètres, magistrats, chauffeurs de taxi, photographes, cuisiniers, tail-leurs, avocats, ingénieurs, policiers, sages-femmes, imprimeurs, joueurs de football, vendeuses de tissus, banquiers, maçons, religieux, boxeurs et bien d’autres encore se succédèrent au micro de Radio-Lomé pour répondre aux questions avisées d’Yves Marguerat et lui livrer leurs témoignages du passé. A l’issue de cette série d’émissions qui avait passionné tous les Loméens, Yves Marguerat entreprit la publication de ces dialogues (dont Daou Péléï avait as-suré la retranscription à partir des bandes magnétiques). Les textes, saisis au secré-tariat de l’Université de Lomé, ont tous été relus et validés par les participants, afin d’être aussi rigoureux que possibles. Après la parution au Togo des trois premiers tomes deLomé m’était conté Si , nous sommes heureux que le quatrième et dernier tome soit aujourd’hui publié par L’Harmattan. Ces trois premiers, depuis longtemps introuvables, vont de même être réédités, c’est-à-dire rendus disponibles à la fois en version "papier" et en version "numérique". Des plus de cent cinquante personnes interrogées voici déjà trente ans, le plus grand nombre n’est plus parmi nous aujourd’hui. Sans l’initiative du chercheur, elles nous auraient quittés en emportant avec eux leurs précieuses connaissances. Ceux qui s’intéressent à l’histoire des villes africaines mesurent tout l’inté-rêt et toute l’originalité de l’œuvre accomplie par Yves Marguerat en regrettant pro-bablement l’absence de publications équivalentes dans d’autres pays. Rien cepen-dant n’empêche quiconque de suivre la voie tracée.
1 L’institut français pour la recherche en coopération, rebaptisé IRD en 2000.
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 Nous sommes certains que l’accueil du public à ce quatrième et dernier tome de ce que l’on appelle déjà « Le Marguerat » sera au niveau des trois pre-miers. Il s’agit d’une mine d’informations incontournable pour tous ceux qui s’inté-ressent à l’histoire de Lomé. L’association Images & Mémoires, qui prépare sa troi-sième exposition iconographique consacrée à la capitale togolaise, a largement pui-sé dans les ouvrages d’Yves Marguerat les renseignements qui lui étaient nécessai-res, afin de les rendre accessibles à tous. Richemond Stéphane  Président d’Images & Mémoires
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n° 1LE PORT AUTONOME DE LOMEavec le commandant Siegfried OTTINGERcommandant du port. (né en1939 en Allemagne) M. AHODIKPEadjoint au commandant du port, [commandant du port depuis le 1er août 1994] (né en 1946 à Lomé) M. SIMONS DE FANTIchef du Service de la manutention du port (né en 1944 à Lomé) M. Mabissinéwè Christian BODJONAchef du Service de la mécanique (né en 1938 à Atakpamé, décédé en 1995 à Lomé) M. MENSAHchef du personnel du port autonome de Lomé (né en 1936 à Lomé) M. Dovi AZIADZONOUopérateur-radio à la capitainerie (né en 1939 à Noépé, Préfecture de l’Avé)  Nous voici à la capitainerie du Port de Lomé, dans une grande salle qui donne sur le port, avec une vue superbe sur la rade et les bateaux, ou plutôt qui serait superbe s’il n’y avait pas, en ce moment même, une violente tornade qui balaye des bourrasques de pluie sur les bateaux et interrompt le trafic. Nous sommes réunis pour parler de l’histoire du port avec des gens qui sont là dès l’origine, et même avant son origine... Nous avons avec nous le commandant Ottinger, un citoyen allemand qui est le chef de la capitainerie du port, et donc s’occupe de tous les problèmes de la navigation maritime, de la circulation de bateaux, etc., et plusieurs cadres du port : M. Simons De Fanti est le chef du Service de la manutention, M. Bodjona est le chef du Service de la mécanique, M. Mensah est le chef du personnel, M. Aho-dikpè est adjoint au commandant du port et M. Aziadzonou est opérateur-radio à la capitainerie : il assure les liaisons avec les bateaux dans le port ou au large.
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- Question - De vous tous, Messieurs, qui est le plus ancien à s’occuper de ce port ?(M. Bodjona) - Le plus ancien, c’est moi. Je suis arrivé au port le 5 juin 1967, et j’y suis jusqu’à ce jour. - Q - Quel était l’état du port au 5 juin 1967 ? Qu’y avait-il de construit ?- En 1967, le port était en finition ; il y avait le premier môle qui était presque fini. Sur ce môle, deux magasins-cales : l’un achevé, l’autre en finition. - Q - Et il y avait déjà la grande digue ?- Oui, il y avait la grande digue, puis une partie de la seconde. - Q - Quand avait-on commencé les travaux ?- Les travaux ont commencé, je crois (je n’étais pas là en ce moment ; j’étais en Allemagne), en 1964. - Q - Vous aviez été envoyé là-bas pour y être formé ?- Oui, j’y avais été envoyé pour être formé. C’est à mon retour au Togo que je suis affecté au port. - Q - Donc le port, à l’origine, c’était uniquement une jetée et un môle ?- Il y avait deux jetées : une jetée principale et une partie de la contre-jetée, plus le môle. - Q - Quand le port a-t-il été ouvert au trafic ?- Le port a été ouvert au trafic après son inauguration - Q - C’est-à-dire ?- En 1968. - Q - Vous rappelez-vous la date exacte ?- Le 26 avril 1968. Le port a été inauguré ce jour-là par le général Eyadema, à la veille de la fête nationale. - Q - Est-ce du jour au lendemain que les bateaux ont cessé d’utiliser l’ancien 1 wharf , et sont venus accoster au port ?1 Sur le fonctionnement du wharf, voir ci-dessous, dialogue n° 7.
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- Pendant une période, en 1967 et 1968, les bateaux accostaient déjà au port auto-nome de Lomé, parce qu’il fallait former les agents : il fallait les habituer à l’amarra-ge et aux travaux portuaires proprement dits. Donc en 1967-68, les bateaux accos-taient déjà au port. Mais ils accostaient avec leurs propres moyens : il n’y avait pas de remorqueurs. - Q - Mais alors, ceux qu’il fallait former, c’étaient d’abord les capitaines des bateaux, qui devaient accoster à quai au lieu de rester en rade. Ce n’était pas les gens du port eux-mêmes qu’il fallait former !(rires) - Si ! Les gens du port devaient être formés dans les domaines suivants : a) l’amarrage (il fallait pouvoir amarrer le bateau à quai), b) la sécurité (il y avait, par exemple, les pompiers), c) la conduite des engins, d) le domaine administratif. Donc il fallait former tout ce monde au cours de cette période-là, avant l’inaugu-ration. - Q - Est-ce que la gestion d’un port est très différente de celle d’un wharf ?- Je n’ai pas connu le wharf, donc je ne peux pas faire de comparaison. Mais je pen-se que oui, puisqu’un wharf, c’était un appontement qui s’allongeait dans la mer et qui utilisait beaucoup d’embarcations. Donc je crois que c’est tout à fait différent techniquement. Au wharf, c’était l’administration du Chemin-de-fer qui s’occupait de la manutention, et pratiquement de tout. Alors qu’au port, c’est une organisation purement portuaire, avec un autre statut, avec d’autres méthodes de travail. Au wharf, les rails étaient prolongés jusqu’au quai. La cargaison qui arrivait était chargée dans les chalands ; les chalands étaient aussitôt traînés avec des chaloupes jusqu’au wharf et, là, les grues du wharf remontaient la cargaison sur le pont et la posaient sur les wagons de chemin de fer. Tout ça, c’était fait par des agents du Chemin-de-fer. Au port, c’est fait autrement. - Q - Le personnel du wharf a-t-il été licencié, ou a-t-on pu le récupérer au port ?- Une partie du personnel a été prise en charge par la nouvelle Direction du port, et une partie affectée au Chemin-de-fer, parce qu’ils avaient besoin de leur personnel pour d’autres activités. - Q - Par exemple, les grutiers, ceux qui manoeuvraient les grues du wharf, ont-ils été récupérés pour les grues du port ?- Oui, nous avons récupéré les grutiers du wharf, que nous avons recyclés. Nous avons formé à nouveau ces grutiers sur les grues du port, qui n’étaient pas les mêmes que celles du wharf, parce que, au port, ce sont des grues mobiles, qui rou-lent sur pneumatiques. Nous leur avons appris à les conduire, à les manipuler.
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