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Sites de résistance - Stratégies textuelles

De
371 pages
Cet ouvrage rassemble les articles faisant suite au colloque « Sites de résistance – Stratégies textuelles » organisé à l’Université Stendhal à Grenoble les 23 et 24 juin 2005, sous l’égide du CEMRA, Centre d’Étude sur les Modes de la Représentation Anglophone (équipe d’accueil 3016). Ce colloque, basé sur le pouvoir du « contre-discours » s’appuie sur les travaux de Michel Foucault et analyse les discours de résistance qui se sont construits face au discours dominant. La problématique que développent les articles de cet ouvrage se répartit entre quatre « sites de résistance » : l’ethnicité, principalement celle des Amérindiens, le post-colonialisme, le corps féminin et la marge.
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Sites de résistance Stratégies textuelles
Madhu Benoit Susanne Berthier-Foglar Linda Carter
Sites de résistance Stratégies textuelles
Sites of Resistance – Textual Tactics
MANUSCRITUNIVERSITÉÉditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7475-5 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748174755 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-7474-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748174748 (livre imprimé)
Remerciements Les articles de ce recueil font suite à un colloque organisé les 23 et 24 juin 2005 à l’université Stendhal, Grenoble 3, sous l’égide duCEMRA(Centre d’études sur les modes de la représentation anglophone), équipe d’accueil 3016. Les trois auteurs de ce volume tiennent à remercier Patrick Chézaud, directeur duCEMRA et président de l’université de Grenoble 3, ainsi que Susan Blattès, directrice de l’UFRanglophones, pour d’Études leur soutien et leur aide. Nous remercions également Agnès Vérè, secrétaire chargée de la recherche, nos collègues et le comité de lecture duCEMRA pour le concours qu’ils ont bien voulu nous apporter.
Avant-Propos
Avant propos
La volonté explicite de Foucault était de faire oeuvre instrumentale. Chacun, à ses yeux, devait pouvoir se servir de son travail, en fonction de ses besoins, d’une manière éventuellement inédite et imprévisible. 1 Roger-Pol Droit Dans sonHistoire de la folie, Michel Foucault rappelle que l’Hôpital général créé en 1656 par LouisXIV, maison de détention plus qu’hôpital, avait pour vocation de recueillir les déments, les malades, les délinquants et les chômeurs, tous mêlés. Comme il le souligne : « Dans son fonctionnement, ou dans son propos, l’Hôpital général ne s’apparente à aucune idée médicale » (p. 61). De plus, relève Foucault, comme « il faut aussi veiller à la subsistance, à la bonne tenue, à l’ordre général de ceux qui n’ont pu y trouver place, mais pourraient ou mériteraient d’y être » (p. 60), le directeur de l’Hôpital, nommé à vie, est donc investi dans et hors de l’hôpital, de « tout pouvoir d’autorité, de direction, d’admi-nistration, commerce, police, juridiction, correction et châtiment sur tous les pauvres de Paris ». Foucault souligne le grand succès qu’eut ce nouveau concept. Dans l’année qui suivit la création de l’Hôpital général, un pour cent de la population de Paris s’est retrouvé confiné et marginalisé par l’autorité royale. Les 1.Le Monde, « Dossier », 19-20 septembre 2004, p. ii.
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Sites de résistance – Stratégies textuelles
pensionnaires (ou détenus) étaient nourris, logés, mais au prix de leur liberté physique et morale. En outre, ils étaient contraints de travailler. « On tient le compte exact de la valeur de leur ouvrage, et on leur en donne le quart », observe Foucault (p. 79). L’hôpital est donc aussi un atelier de travaux forcés. Foucault ajoute que les Directeurs des asiles jouissaient d’un pouvoir absolu sur leurs pensionnaires (ou prisonniers), usant à volonté des « poteaux et carcans, prisons et basses-fosses » pour punir les récalcitrants (p. 86). Le pouvoir a cessé de reposer sur des procédés aussi brutaux, analyse Michel Foucault. Le pouvoir monarchique absolu a été remplacé par le « pouvoir pastoral », ou code « éthique » que toute société impose à ses membres. Le berger/pasteur guidait et menait son troupeau, et ce dernier acceptait d’être soumis au pasteur, parce qu’il était censé agir dans le but d’assurer son salut dans l’autre monde. Le pouvoir pastoral suppose que le berger/pasteur puisse pénétrer dans l’âme et la conscience de ses brebis, source de son pouvoir. Le contrôle exercé devient à la fois individuel et collectif, individuel car exercé avec le consentement de chaque individu, collectif car il opère au niveau de la e société tout entière. Foucault note que depuis leXVIIIsiècle, l’aspect religieux du « pouvoir pastoral » s’est peu à peu effacé, et porte non plus sur le salut dans l’autre monde mais sur le bien-être dans celui-ci. Dans ce contexte, le motsalutprécise Foucault, un prend, nouveau sens : santé, bon niveau de vie, sécurité. Et le rôle du « pasteur » passe des institutions ecclésiastiques aux multiples institutions, publiques et privées, qui règlent la société moderne (Foucault, Dreyfus et Rabinow, p. 208-216). Dans notre lecture de Foucault, le pouvoir pastoral équivaut au discours dominant dans une société. C’est
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