Sophrologie et vie quotidienne

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Parce que le monde change et semble aller d'une marche forcée vers l'aveuglement et la dureté, mené de main de fer par une économie ultralibérale, il nous oblige à chercher consciemment dans notre quotidien des forces de ressources, de refuge et de résilience. Médecins, philosophes, psychologues cliniciens, mais aussi sociologues et sophrothérapeutes de terrain, tous animés du désir d'aider chacun à réenchanter sa vie jour après jour, s'expriment sur le quotidien et ses problématiques.
Publié le : lundi 1 avril 2013
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EAN13 : 9782296534728
Nombre de pages : 226
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eSOPHROLOGIE ET VIE QUOTIDIENNE XXXXV Congrès
de la Société Française de Sophrologie
Un thème qui pourrait sembler banal et sʼest révélé passionnant
pour cette édition 2012 des Actes du Congrès de la Société
Française de Sophrologie.
Parce que le monde change et quʼil semble aller dʼune
marche forcée vers lʼaveuglement et la dureté, mené de main
de fer par une économie ultralibérale, il nous oblige à chercher
consciemment dans notre quotidien des forces de ressource, de
refuge et de résilience. SOPHROLOGIE
Les conférenciers lʼont fait et ont proposé leur vision, leurs ET VIE QUOTIDIENNE
solutions.
Médecins, philosophes, psychologues cliniciens, mais aussi
sophrologues et sophrothérapeutes de terrain, tous animés
du désir dʼaider chacun à réenchanter sa vie jour après jour,
sʼexpriment ici autour des questions suivantes :
• Des principes de base à la « vivance » au quotidien
• Les relations à la maladie et au handicap
• Lʼexpérience vécue du sophrologue :
ses diffi cultés et ses ressources
• Sophrologie et plaisir de vie
Cet ouvrage a été dirigé par Claudie Terk-Chalanset, docteur de Sous la direction de
l’université René Descartes-Paris V, psychanalyste et sophrologue, Claudie Terk-Chalanset et Véronique Rousseau
Vice-Présidente de la SFS, et Véronique Rousseau, psychologue
clinicienne, psychanalyste, sophrologue, Présidente de la SFS.
ISBN : 978-2-343-00434-1
22
e
XXXXV Congrès de la Société Française de Sophrologie
SOPHROLOGIE ET VIE QUOTIDIENNESOPHROLOGIE
ET
VIE QUOTIDIENNE







eXXXXV Congrès de la
Société Française de Sophrologie





SOPHROLOGIE
ET
VIE QUOTIDIENNE




Sous la direction de

Claudie TERK-CHALANSET
et Véronique ROUSSEAU














Autres publications de la SFS aux éditions L’Harmattan :



La sophrologie face aux difficultés de la vie
Dépressions et chemins de vie
L’hystérie dans tous ses états
Les différents modes d’être au temps
L’amour au temps des thérapies
Violences…
Les images en sophrologie
La sophrologie face au changement
Sophrologie et Créativité t Addictions
La place de la Sophrologie dans l’avenir de notre société
Sophrologie et Estime de soi
Le sophrologue face aux attentes du sujet en crise
Sophrologie sans Frontières











© L'Harmattan, 2013
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00434-1
EAN : 9782343004341













J’ai décidé d’être heureux,
parce que c’est bon pour la santé.

Voltaire
INTRODUCTION

Il nous a paru opportun cette année de revenir aux principes
fondamentaux de notre pratique et notamment au principe
d’action positive, et aux moyens que le sophrologue peut
proposer pour aider chacun à vivre au mieux son quotidien.

Parce que le monde change et qu’il semble aller d’une
marche forcée vers l’aveuglement et la dureté, mené de main de
fer par une économie ultralibérale, il nous oblige à chercher
consciemment dans notre quotidien des forces de ressource, de
refuge et de résilience.

Paradoxalement, l’individu, le singulier y a une place
essentielle, car ce ne sont pas uniquement les institutions, les
structures privées qui vont nous délivrer de la souffrance sociale
que nous subissons aujourd’hui.

C’est aussi le chemin que nous allons parcourir en
nousmême, individuellement, au jour le jour, loin des dogmes et des
vérités toutes faites, qui aura valeur de vie. Expérimenter à
l’intérieur de soi que la destruction, la haine mènent à la perte
de la relation à l’autre et à soi est essentiel. C’est un premier
pas.

Pour transformer ce qui nous blesse il est primordial
d’observer ce qui nous y attache. Cet « attachement au
négatif »peut être contrebalancé par l’élimination des traumas et
de tout ce qui a permis de construire un regard, un ressenti, un
sentiment dévalorisant de soi-même et de nos relations à l’autre.

Les sophrothérapeutes savent faire cela. Ce sont les acquis
de la psychopathologie et de la métapsychologie
psychanalytique qui nous ont habitués à saisir comment
l’humain se défend bec et ongles pour la survie de ses
conditionnements négatifs, quitte à installer des systèmes de
défense « fous » aux yeux du moralisateur.
Nous sophrologues, savons aider du profond à la superficie.
Nos relaxations dynamiques permettent de mettre à l’extérieur
les tensions et les émotions envahissantes et de construire dans
le même temps le sentiment du moi et le plaisir de sentir le
schéma corporel se construire, s’enrichir de sensations,
perceptions nouvelles.

Nous savons aussi, par nos techniques de visualisation,
travailler avec l’image inconsciente du corps. Nous savons
également prendre de la distance face à nos états intérieurs, et
chaque jour nous constatons les bienfaits du deuxième degré.

Relancer la créativité et la dynamique psychique chez nos
patients grâce à nos pratiques d’anticipation, est de plus notre
combat quotidien.

De ce travail personnel, émergent des valeurs et un plaisir à
vivre qui ne demandent qu’à être partagés dans le respect de
notre individualité. Nous rentrons alors dans un « cercle
vertueux » où ces valeurs et ce plaisir à vivre facilitent à leur
tour le travail personnel.

Là aussi est la force de la sophrologie : avoir compris que le
groupe peut être sécurisant et épanouissant pour l’être si ce
dernier se sent exister individuellement, respecté et encouragé.
C’est là, la pertinence de nos relaxations dynamiques.

Ces journées nous permettront de partager nos expériences :

D’une part à un niveau personnel : comment chacune,
chacun a évolué dans sa pratique et sa compréhension des
principes de la sophrologie dont certains, comme le principe
d’action positive, sont repris aujourd’hui par le courant de la
psychologie positive.

Et d’autre part à un niveau collectif : dans quels courants la
sophrologie s’inscrit-elle aujourd’hui ? Comment peut-elle à la
fois, pour certains se reconnaître dans la psychanalyse et la
phénoménologie, pour d’autres dans les philosophies orientales,
10
pour d’autres encore rejoindre, de par les valeurs qu’elle
propose : liberté, dignité, respect, responsabilité, certaines
compétences de la psychologie positive comme l’aptitude à
savourer les plaisirs, l’optimisme et la motivation, l’espoir, la
gratitude, l’humour, l’empathie et la compassion, le pardon et
l’altruisme, l’optimisation du soutien social, ou encore
l’aptitude à donner un sens à sa vie et la spiritualité.

Ces questions seront discutées au plus près du quotidien des
participants.

Le congrès s’est déroulé en quatre demi-journées, abordant
quatre thèmes :

- Des principes de base à la « vivance » au quotidien
- Les relations à la maladie et au handicap
- L’expérience vécue du sophrologue :
ses difficultés et ses ressources
- Sophrologie et plaisir de vie


RÉSUMÉ DES COMMUNICATIONS


I. DES PRINCIPES DE BASE À LA
« VIVANCE » AU QUOTIDIEN

Dans ce cadre, une réflexion est menée pour comprendre
comment, en réélisant nos principes fondamentaux, il nous est
possible d’optimiser la vivance de notre quotidien, la vivance
de nos perceptions physiques, sensorielles, émotionnelles et
mentales, ainsi que celle de nos actions – des plus banales aux
plus porteuses de sens.
Sont repris ainsi les principes d’action positive, du schéma
corporel comme réalité vécue et de la réalité objective dans
leur implication concernant tous les aspects de notre vie…
11
familiale ou professionnelle, sociale ou solitaire, artistique ou
sportive, active ou « passive ».


Bénédicte de MONTENAY, lors de son intervention
« Activer les forces du dedans avec la sophrologie pour
dynamiser le quotidien » a montré comment l’approche
sophrologique permet d’éveiller la conscience au quotidien et
de lui donner une dimension plus pleine par une lecture
phénoménologique.
Nous verrons ici comment une action bénéfique peut avoir
lieu dans le mouvement incessant reliant ce qui est autour de soi
à ce qui est en soi, en s’appuyant sur les différentes forces
intérieures comme autant de possibles. Elle s’attache à étudier
la nature de ces forces et leurs interactions en l’illustrant
d’exemples cliniques.
Tout en interrogeant le rapport au temps et la présence à soi,
à l’autre… dans la vie de tous les jours. Enfin, est envisagé
l’allégement des pesanteurs quotidiennes pour cultiver ainsi
l’art de vivre au présent.
À travers ces différents aspects, les principes de base de la
sophrologie, principalement celui d’action positive, s’articulent.

Pour le titre de son exposé, « Le Profond aime à se
masquer », profondeur, quotidienneté, vivance, Gérard
THOURAILLE reprend un aphorisme de Nietzsche. Experts
en oppositions et en dualismes, nous distinguons habituellement
les moments forts de l’existence et une vie quotidienne jugée
banale et routinière. Cette conception des choses n’a guère de
sens. En replaçant le sujet au contact de sa simple présence et
des données immédiates de sa conscience, la pratique
sophrologique abolit cette opposition. La notion de vivance, qui
ne doit pas être déformée par un positivisme facile à courte vue,
renvoie à l’existence dans ce qu’elle a de plus immédiat, de plus
charnel et de plus fondamental.



12
Jean-François FORTUNA, dans sa conférence
« Changement, changement d’habitudes : attitudes du
sophrologue, pistes de travail » souligne, comme nous le
savons tous en sophrologie, que le changement est permanent.
La phénoménologie le démontre.
Les gens qui viennent nous voir le recherchent au moins un
peu.
Le mot « changement » a fait tellement peur dans le monde
du travail que les spécialistes de la communication lui ont
préféré celui d’« évolution ». Évolution du travail, de
l’entreprise, des postes de travail, des tâches, du monde
professionnel, de la société toute entière, des mentalités, des
mœurs, etc.
Nous avons à nous adapter ? Oui. Ceci étant, entre le désir et
l’action pour atteindre nos objectifs de façon satisfaisante, nous
avons des habitudes.
De par les origines latines du mot « habitude » nous pouvons
envisager le changement d’habitude comme équivalent au
changement de manière d’être, au changement de l’état dans
lequel nous nous trouvons, au changement « d’habit »,
luimême comparable à un changement de « peau ».
Qu’est-ce que cela veut dire en clair ?
Comment faire ?

Richard ESPOSITO nous parle de « Principe d’action
positive et modernité, postmodernité, hypermodernité ».
Le principe d’action positive est-il une imposture de la
postmodernité ou une mise en perspective de la dimension
créatrice du bonheur ? Il s’agit de nous demander si le principe
d’action positive est un produit de l’histoire des sociétés
humaines à un moment précis de leur développement, contre
l’expérience d’un désenchantement du monde ; ou, compte tenu
de la forte normalisation des conduites dans notre monde
hypermoderne, s’il constitue une mise en perspective de la
dimension strictement individuelle et créatrice du bonheur.
En nous situant au cœur de la sophrologie, il propose en
l’occurrence une approche à la croisée de l’épistémologie, de la
sociologie historique et de la phénoménologie existentielle,
voire existentialiste.
13

En clôture de cette matinée, Jean-Luc COLIA rend
« Hommage à Jacques Raynal », disparu en octobre 2012,
1 2fondateur de l’ONIS , du GRAMPS et directeur de l’Ecole de
Sophrologie Poitou-Charente.


II. LES RELATIONS À LA MALADIE ET
AU HANDICAP

Est abordée dans cette demi-journée la façon d’utiliser nos
principes de base dans le but d’aider nos clients / patients dans
leur relation quotidienne à leur maladie.
Certaines maladies altèrent-elles la capacité à incarner les
principes, à développer les valeurs ?
Quel est l’impact de la maladie sur le vécu corporel, sur
l’état émotionnel ? Comment nos clients la considèrent-ils, quel
sens lui donnent-ils ?
Ce sens est-il facilitateur de guérison ? Comment
accompagner sans juger ?
Dans tous les cas, quels sont les outils que peut proposer le
sophrologue pour améliorer, accompagner ou développer une
relation adaptée à sa maladie ? Ou bien lui donner un nouveau
sens ? Ou encore l’utiliser comme une possibilité de grandir ?
Ou encore… ?

Emmanuelle DESJARDINS nous parle de ses expériences
pratiques en « Sophrologie et oncologie ».
Infirmière en service d'Oncologie, elle a appris à écouter et
aider les patients. Elle a découvert les différents types de
cancers, leurs traitements et leurs effets secondaires. Au contact
des patients, elle a compris les difficultés pour faire face à cette
maladie. Aujourd’hui en tant que sophrologue, elle accompagne
différemment les patients dans leur parcours de soins. La
sophrologie les aide progressivement à ressentir leur corps

1 Office National de l’Information en Sophrologie
2 Groupe de Recherche et d'Applications en Médecine Psychosomatique et en
Sophrologie
14
différemment, en acceptant les transformations liées aux
opérations ou aux traitements. Ne plus percevoir celui-ci
comme le reflet unique de la maladie, retrouver des sensations
agréables, une prise de conscience du corps dans sa réalité. Les
patients ressentent beaucoup d'angoisse, provoquant des
troubles du sommeil, des questions existentielles sur la vie, les
valeurs… La sophrologie les aide à garder un équilibre et à
prendre de recul pour mener à bien des réflexions difficiles.
Au cours de l'exposé sont présentés 8 cas de patients atteints
de cancer (sein, prostate, ORL, ovaire, pancréas), les différentes
étapes vécues à travers cette pathologie et la façon dont la
sophrologie les a aidés à faire face.

Dans « Sophrologie et acouphènes en équipe
pluridisciplinaire », Michel VERTALLIER nous transmet son
expérience d’ORL, longtemps confronté à la difficulté d’aider
les personnes souffrant d’acouphène chronique. La sophrologie
lui a ouvert des perspectives jusque-là ignorées, et est
aujourd’hui reconnue comme l’une des dynamiques les plus
efficaces pour aider les patients à venir à bout de la souffrance
engendrée par ce symptôme, en vivant autrement avec leur
acouphène. Elle s’inscrit tout naturellement dans des équipes
pluridisciplinaires, en association avec ORL et audioprothésiste,
et permet de mettre en résonnance les compétences de chaque
praticien.
Au-delà des questions que cette évolution amène le
sophrologue à se poser, la sophrologie propose des outils pour
développer une relation nouvelle adaptée à la pathologie :
l’adaptation, qui permet de donner un sens nouveau à ce
symptôme, et d’utiliser l’acouphène comme une façon de
grandir. Apprendre à aider ces patients au sein d’équipes
pluridisciplinaires est l’une des belles opportunités d’évolution
de la sophrologie clinique moderne.

Ensuite, Nathalie GAUZENTES sur le thème de
« Sophrologie, maladie et handicap », témoigne de son
intervention en tant que Sophrologue au sein du service de
Gestion de la Douleur de l’hôpital Bretonneau de Tours. Elle
propose de percevoir toute la portée de notre métier au service
15
de la maladie, de la douleur et du handicap. Et elle décrit la
mise en place d’un projet de 10 séances hebdomadaires pour un
groupe de patients.
Les patients, la pratique, leurs rencontres, l’évolution de
chacun, l’appropriation de la méthode pour un outil, un
redéploiement au quotidien.
C’est une réflexion sur l’intégration de la sophrologie au
sein des équipes pluridisciplinaires, les champs d’action de la
méthode, les fondamentaux qui donnent sens et force à la
pratique de la sophrologie comme approche complémentaire.
Enfin des témoignages « on live » qui donneront toute la
variété, l’authenticité de cette expérience. Un univers très
adapté à la pratique sophrologique avec les équipes médicales
classiques et au service des patients douloureux et souffrants.

Jean-Pierre HUBERT avec « La sophrologie adaptée au
handicap psychique » rend compte de l'expérience d'un atelier
de sophrologie dans un institut médico-professionnel. Cela tend
à démontrer que la sophrologie permet de prendre en compte la
qualité de vie et les mesures sociales d'accompagnement afin de
compenser le désavantage et éviter l'exclusion dans une
approche holistique : développer les communications et
exprimer son état intérieur. Au-delà du clivage
maladiehandicap il est essentiel de considérer l'enfant, l'adolescent et
l'adulte dans sa globalité. Ces objectifs d'abord généraux
s'engagent ainsi dans une voie spécifique en tenant compte des
symptômes de chaque patient.


III. L’EXPÉRIENCE VÉCUE DU
SOPHROLOGUE : SES DIFFICULTÉS ET
SES RESSOURCES

La table ronde explore différents thèmes : le sophrologue
dans sa vie quotidienne privée et professionnelle.
La parole est ici donnée à tous ceux qui veulent partager
leur expérience : nous avons tous des préférences dans notre
art… des petits trucs que nous avons plaisir à confronter.
16
Notamment a pu être abordée la question de savoir comment
le sophrologue pratique la sophrologie (avec les patients et/ou
en dehors ?)
Dans la vie professionnelle, c’est une chance de pouvoir
échanger sur nos difficultés et nos façons de les gérer, nos
banalités et nos moyens pour les optimiser, mais aussi nos
bonheurs et la jouissance que nous pouvons parfois tirer de
notre pratique.
La table ronde, les débats et dialogues avec la salle ont été
animés par Chantal BIWER, Michèle FREUD, Alain
GIRAUD et Jean-François MAILLARD.

Puis Luc AUDOUIN, formateur en entreprise, introduit la
sophrologie dans le monde du travail pour « Gérer la pression
du quotidien »
Il définit là un champ propre : lutter contre la fatigue
intellectuelle, gérer la pression du travail, réintroduire le plaisir
des lieux comme ressource.
Pédagogie annexe, exercices adaptés, style de lien au sujet
sont partagés.


IV. SOPHROLOGIE ET PLAISIR DE VIE

Après-midi consacrée aux liens que peut avoir la
sophrologie avec les principes du mouvement de psychologie
positive.
C’est l’occasion de passer en revue les différents outils,
explicites ou implicites proposés par notre art dans ce domaine.
Des questionnements multiples sont au rendez-vous : quand
définir l’opportunité de cette approche, en poser les
indications, en définir les limites, voire les contre-indications…
Après avoir décrit ce qui se construit actuellement dans
l’univers de la psychologie positive, la question se pose de
notre positionnement vis-à-vis de ce courant, de ce que nous
pouvons en intégrer et de ce que la sophrologie peut proposer
pour l’enrichir encore.

17

Théodore-Yves NASSÉ nous présente une « Étude
expérimentale sur l’application de la sophrologie à un groupe
de jeunes adolescents souffrant d’épilepsie ». Cette étude de
deux ans de recherche concerne des garçons âgés de 14 à 17
ans, présentant une épilepsie réelle, visible à
l’électroencéphalogramme, récalcitrante aux antiépileptiques.
Cette étude a été réalisée en collaboration avec les
neurologues spécialisés dans cette maladie, dans le but
d’essayer de diminuer les crises de ces adolescents par des
méthodes de relaxation.
On constate à l’issue de cette étude des résultats forts
surprenants sur les 15 cas suivis.

Pascal GAUTIER propose de s’intéresser dans « Bonheur
et Sophrologie » au lien entre la sophrologie et l’un des thèmes
de la psychologie positive avec la notion de bonheur, qu’il
définit, avec Tal BENSHAHAR, comme la sensation globale de
plaisir chargé de sens.

Dans « Sophrologie et psychologie positive », Gilles
PENTECÔTE analyse leurs enrichissements mutuels.
Après avoir présenté ce nouveau courant, son
positionnement, ses indications et ses limites ainsi que les
différentes compétences qu’il vise à développer, il reprend les
diverses techniques de sophrologie qui, explicitement ou
implicitement favorisent le même chemin. Il présente ensuite
une réflexion sur d’autres façons d’optimiser nos pratiques,
voire d’en imaginer de nouvelles.


Cette opportunité de rencontre a permis de croiser nos
expériences et de partager, chacun dans nos domaines
respectifs, les moyens que nous privilégions.


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e
OUVERTURE DU XXXXV CONGRÈS




Véronique ROUSSEAU


Le monde change, nous changeons, j’ai changé. Il y a 27
ans, je donnais une conférence sur « Doute et Positivité ».
J’attaquais alors le principe d’action positive, symbole pour moi
d’une psychologie de masse et du déni du négatif. Cette action
positive, selon moi et mes pairs psychanalystes prêtait le flanc
au faux self, à la persona et enfermait l’individu dans
l’obligation du toujours mieux, toujours plus acteur de sa propre
vie, héros malheureux de l’injonction à réussir à tout prix.
Aujourd’hui, la positivité, l’empathie, le bien-être corporel sont
admis comme des principes de base indispensables à la vie de
l’humain.
Pourtant, jamais l’avenir ne nous a semblé si incertain pour
notre planète Terre et pour nous-mêmes.

« Tu es étonné parce que le monde touche à sa fin ?
Etonnetoi plutôt de le voir parvenu à un âge si avancé. Le monde est
comme un homme : il naît, il grandit et il meurt. (…) Dans sa
vieillesse, l’homme est donc rempli de misères, et le monde
dans sa vieillesse est aussi rempli de calamités. (…) Le Christ
te dit : Le monde s’en va, le monde est vieux, le monde
succombe, le monde est déjà haletant de vétusté, mais ne crains
rien : ta jeunesse se renouvellera comme celle d’un aigle. »
Saint Augustin, sermon 81, chapitre 8, décembre 410.

Pendant que notre civilisation judéo-chrétienne ne cesse de
s’éteindre, la mutation de l’individu est en cours. Le voici, non
pas guerrier et conquérant, mais aspirant à plus de vérité,
d’authenticité par rapport à lui-même.
Il sait aujourd’hui qu’à se déprécier, se violenter, il n’arrive
à rien. Parfois, souvent même, les jeunes vont jusqu’à l’absurde
pour se trouver. À force de se mirer dans le miroir des autres, ils
s’y perdent pour revenir, ensuite à plus d’humain.
Alors, bien sûr, nous les Anciens sommes surpris :
« Comment ils ne veulent plus travailler quand c’est trop dur ?
Ils ne s’accrochent plus à tout prix à leur boulot ? Mais ils
rêvent ou quoi ? Ils sont devenus si peureux… jamais ils ne s’en
sortiront dans ce monde si dur… et quel monde leur
laissonsnous ? Ils sont accrochés à nos basques… alors si nous n’étions
plus là… »

Les Anciens sont une base de sécurité quand ils accueillent
la mutation qui les effraie et qu’ils ne comprennent pas : « ils ne
veulent plus se battre pour réussir ». Mais qu’ils consentent à
livrer leur savoir et le Jeune s’en empare aussitôt pour en faire
autre chose, si l’Ancien le respecte et le gratifie d’autonomie et
de compétences.

Il y a aussi les jeunes, notre avenir, qui demeurent dans un
rapport de soumission à la vieille autorité. Alors se perpétuent
l’engrenage de la souffrance, du sadisme et de la maltraitance :
« j’en ai bavé, que les autres aussi en bavent ! J’ai le pouvoir,
je le garde ! »
C’est vrai, on n’en est pas encore mort de la loi du plus fort,
quoique… l’argument est-il suffisant pour continuer à faire un
modèle de la relation dominant/dominé, faible/fort,
capable/incapable, fais ce que je te dis mais ne fais pas ce que
tu me vois faire !

Des découvertes formidables ont lieu quant à la richesse
humaine !
La suspension des préjugés, exercice éreintant mais
indispensable, permet un regard nouveau sur les souffrances
actuelles. Que de trouvailles ont les humains pour traverser les
frontières grâce au virtuel !
Notre regard a commencé à changer avec les addictions :
arriver à comprendre que l’addiction est le meilleur remède à un
moment donné pour le sujet révolutionne le jugement négatif
que nous portions sur ces êtres si « faibles ».
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Toutes ces guerres autour de nous, ces familles en péril, ces
enfants esseulés nous montrent – neurosciences à l’appui – les
effets nocifs, à long terme, des traumas qui augmentent le
stress, la violence, l’isolement et la dureté envers soi-même et
les autres.
C’est au quotidien que la mutation s’opère, dans le calme de
nos retraites intérieures, à respirer à l’unisson des vibrations
neuronales.
L’image musicienne me ravit : imaginer ce concert neuronal
pour faire passer les informations est un opéra en soi.
Nous savons faire parler l’inconscient, nous savons aussi
qu’à trop le faire parler, le sujet ressasse et se chronicise dans
des comportements négatifs conduisant à l’impasse, nous
savons aussi qu’en faisant fi de l’inconscient, et en imposant
des schémas comportementaux, la souffrance demeure et est
vécue comme un échec.
Nous sophrologues avons des outils permettant à l’être de
trouver la route vers soi, prendre contact et s’installer dans notre
corps, notre maison unique et indivisible depuis toujours. Nous
avons un savoir-faire pour nous installer dans notre maison, y
respirer, la décorer dans une ambiance émotionnelle positive et
accueillante.
Des chemins, des chemins sophrologiques sont là à
construire, consolider pour que l’environnement bénéficie aussi
des bienfaits des alliances du sensitif, de l’affectif, pour une
conscience de soi élargie aux autres, pour plus de confiance, de
créativité et de bonheur au quotidien : voilà le programme de
ces deux jours !


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