Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Sortir de la société de consommation

De
218 pages
Serge Latouche, professeur émérite d'économie, est le penseur le plus connu de la décroissance. Il est l'auteur de nombreux livres dont "Le Pari de la décroissance", "Petit Manuel pour une décroissance sereine"... Dans ce livre, il explore les conditions de la construction d'une civilisation de sobriété choisie. Bref une alternative vitale à une société de consommation - et à son attribut principiel, le productivisme - vouée à l'impasse.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

SERGE LATOUCHE
Sortir dela société mmation conso de :HSMJLI=Z^\V[W: :HSMJLI=Z^\V[W: :HSMJLI=Z^\V[W: de:HSMJLI=Z^\V[W: :HI=Z^SMJL:V\W[L:JHMS^Z=IZ^I=HJ:LSM:W[V\[W\V: :HSMJLI=Z^\V[W: :HSMJLI=Z^\V:H[SW:MJLI=Z^\V[W: société conso la de mmation Sortir
L L LLES LIENS QUI LIBÈRENT
Sortirdelasociétédeconsommation
La voie de la décroissance repose sur un postulat partagé par la plu part des sociétés non occidentales : pour mystérieuse qu’elle soit, la vie est un don merveilleux. Il est vrai que l’homme a la faculté de la transformer en un cadeau empoisonné, depuis l’avènement du ca pitalisme, il ne s’en est pas privé. Toutefois, arrivé au fond de l’im passe, il n’est pas trop tard pour faire demitour et chercher un chemin praticable, guidé par d’autres voix que celles de la pensée unique et des discours progressistes de l’économie et de la technique. Dans ces conditions la décroissance qui passe par une sortie de la société de consommation est un défi et un pari. Un défi aux croyances les mieux installées, parce que ce slogan constitue une insupportable provocation pour les adorateurs du progrès et du développement. Un pari, parce que, pour nécessaire qu’elle soit, rien n’est moins sûr que la réalisation du projet d’une société autonome de sobriété. Toutefois, le défi mérite d’être relevé et le pari tenté. La voie de la décroissance est celle de la résistance face au rouleau compresseur de l’occidentalisation du monde, mais aussi celle de la dissidence à l’égard du totalitarisme rampant de la société de consommation mondialisée.
Ce livre explore la construction d’une civilisation de sobriété choisie et d’autolimitation alternative à l’impasse de la société de croissance. Par petites touches, comme dans un tableau impressionniste, il s’en dégage un dessein d’ensemble, une tonalité commune, unéthos.
Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, est l’auteur de nombreux livres parmi lesquels,La mégamachine,Le pari de la décroissance,Petit traité de la décroissance sereine.
mmation
conso de
société la de
Sortir
Sortir de la société de conso mmation
Du même auteur
L’Occidentalisation du monde : Essai sur la signification, la portée et les limites de l’uniformisation planétaire, La Découverte, Paris, 1989. L’autre Afrique, entre don et marché, Albin Michel, Paris, 1998. La déraison de la raison économique. Du délire d’efficacité au principe de précaution, Albin Michel, Paris, 2001. Justice sans limites, Fayard, Paris, 2003. L’invention de l’économie, Albin Michel, Paris, 2004. Survivre au développement : De la décolonisation de l’imaginaire économique à la construction d’une société alternative, Mille et une nuits, Paris, 2004. Décoloniser l’imaginaire. La pensée créative contre l’économie de l’absurde, Parangon, Lyon, 2004. Le pari de la décroissance, Fayard, Paris, 2006. Petit traité de la décroissance sereine, Mille et une nuits, Paris, 2007. Entre mondialisation et décroissance. L’autre Afrique, A plus d’un titre, Lyon, 2008. Le temps de la décroissance, (En collaboration avec Didier Harpagès), Thierry Magnier, Paris, 2010.
Serge Latouche
Pour sortir de la société de consommation :
Voix et voies de la décroissance
www.centrenationaldulivre.fr
ISBN :997789-2109-210895-90713250-49 © Les Liens qui Libèrent, 2010
Pourtant c’est à sa surface aussi que la terre nous offre les plantes médicinales tout comme les céréales, car elle est libérale et complaisante en tout ce qui nous est utile. Mais ce qui cause notre perte, ce qui nous mène dans les enfers, ce sont les matières qu’elle a cachées dans ses profondeurs et qui ne se forment pas en un jour. De la sorte, notre imagination, s’élançant dans le vide, cal cule quand, dans la suite de tous les siècles, nous aurons fini d’épuiser la terre et jusqu’où pénétrera notre cupidité. Combien notre vie serait innocente et heureuse, combien même elle serait raffinée, si nous ne convoitions que ce qui se trouve à la sur face de la terre, bref, que ce qui est près de nous. PLINEL’ANCIEN,Histoire naturelle(33, 13).
Avantpropos
« Pourquoi prendraisje soin de la postérité ? disait Marx (non pas Karl, mais Groucho). Estce que la posté rité s’est préoccupée de moi ? » Effectivement, on peut penser que l’avenir ne vaut pas de se tracasser pour s’assurer qu’il advient et qu’il vaut mieux en finir au plus vite avec le pétrole et les ressources naturelles plu tôt que de s’empoisonner l’existence en se rationnant. Ce point de vue est assez répandu chez les élites, et on le comprend, mais on le trouve aussi implicitement chez un grand nombre de nos contemporains. Ou bien, comme l’écrit Nicholas GeorgescuRoegen, « peutêtre le destin de l’homme estil d’avoir une vie brève mais fié vreuse, excitante et extravagante, plutôt qu’une exis 1 tence longue, végétative et monotone ». Certes. Encore faudraitil que la vie des modernes surconsommateurs soit vraiment excitante et que,a contrario, la sobriété soit incompatible avec le bonheur, voire avec une cer taine exubérance joyeuse. Et puis même… Comme le dit très bien Richard Heinberg : « Ce fut une fête formidable. La plupart d’entre nous, du moins ceux ayant vécu dans les pays industrialisés, n’ont pas connu la faim, ont apprécié l’eau chaude et froide au robinet, les machines à portée de main permettant de nous déplacer rapide ment et pratiquement sans effort d’un endroit à l’autre, ou encore d’autres machines pour laver nos vêtements, nous divertir et nous informer, ainsi de suite. » Et après ? Aujourd’hui que nous avons épuisé la dot patrimoniale, « devonsnous continuer à nous complaire jusqu’à la
1. Nicholas GeorgescuRoegen,La Décroissance. Entropie, écologie, écono re mie, Sang de la terre, Paris, 2006 (1 éd. 1979), p. 149.
9
POUR SORTIR DE LA SOCIÉTÉ DE CONSOMMATION
triste fin, et entraîner l’essentiel du reste du monde dans la chute ? Ou alors fautil reconnaître que la fête est finie, nettoyer après nous et préparer les lieux pour ceux qui 1 viendront ensuite ? » On peut aussi justifier l’incurie du futur par toutes sortes de raisons pas forcément égoïstes. Si l’on pense, comme le philosophe Arthur Schopenhauer (17881860), et plus encore comme notre pessimiste contemporain, Emil Cioran (19111995), que la vie est une affaire qui ne couvre pas ses frais, c’est presque une forme d’altruisme que d’épargner à nos petitsenfants le mal de vivre. En ce cas, il est inutile de poursuivre la lecture de ce livre. La fin prévisible de la société de consommation sera la fin de l’histoire et de l’aventure humaines. Inutile de chercher des voies pour sortir de l’impasse où nous sommes coincés ou d’écouter les voix de l’espérance pour construire un après de la croissance, du développe ment, de la modernité et de l’Occident. Continuons à nous goinfrer dans la grande bouffe du consumérisme jusqu’à en crever et rejoignons ainsi ceux qui crèvent déjà d’inanition, victimes de notre démesure. Ce n’est pas la voie de la décroissance. Celleci repose sur le postulat inverse, partagé par la plupart des cultures non occidentales : pour mystérieuse qu’elle soit, la vie est un don merveilleux. Il est vrai que l’homme a la faculté de la transformer en un cadeau empoisonné et, depuis l’avènement du capitalisme, il ne s’en est pas privé. Toutefois, arrivé au fond de l’impasse, il n’est pas trop tard pour faire demitour et chercher un chemin de sortie praticable, guidé par d’autres voix que celles de la pensée unique et des discours progressistes de l’écono mie et de la technique. Dans ces conditions, la décrois sance est un défi et un pari. Un défi aux croyances les
1. Richard Heinberg,Pétrole, la fête est finie ! Avenir des sociétés industrielles après le pic pétrolier, DemiLune, Coll. « Résistances », Paris, 2008, p. 330.
10
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin