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Souvenirs d'Italie

De
106 pages

Des routes assez nombreuses conduisent de France en Italie ; les deux plus fréquentées sont celles qui, passant par le mont Cenis ou suivant le bord de la Méditerranée, aboutissent, la première à Turin, la seconde à Gènes. C’est cette dernière que je pris la veille des Rameaux en 1876 et en 1877, dans l’espoir de trouver plus vite quelques chauds rayons de soleil.

Ce fut d’abord la pluie que je trouvai en arrivant à Marseille, et la pluie disposant médiocrement à l’admiration, je commis l’inconvenance, les Marseillais diraient le crime, de rester froid devant la Cannebière si vantée.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Édouard Alexandre Sain

Souvenirs d'Italie

Impressions de voyage

DÉDICACE

 

 

 

A MA MÈRE,

 

En faisant ce petit ouvrage sur l’Italie, j’ai voulu retracer de mon mieux les souvenirs ineffaçables qui remplissent le cœur quand on a une fois admiré les beautés naturelles et artistiques de ce merveilleux pays. Mais en traçant ces lignes, je me suis souvenu qu’un fils ne doit pas oublier sa mère, et c’est pourquoi, ma mère, je vous dédie ce livre qui sera auprès de vous, je l’espère, un gage précieux de mon affection. Un fils ne peut rien faire de mieux que de consacrer ses travaux à celle à qui il doit le jour. De loin comme de près, à l’étranger comme en France, je ne passe jamais un jour sans penser à vous. Permettez-moi donc de vous offrir ce livre comme le témoignage de ma constante et vive affection.

 

ÉDOUARD DE SAIN.

CHAPITRE PREMIER

DE PARIS A GÊNES

Des routes assez nombreuses conduisent de France en Italie ; les deux plus fréquentées sont celles qui, passant par le mont Cenis ou suivant le bord de la Méditerranée, aboutissent, la première à Turin, la seconde à Gènes. C’est cette dernière que je pris la veille des Rameaux en 1876 et en 1877, dans l’espoir de trouver plus vite quelques chauds rayons de soleil.

Ce fut d’abord la pluie que je trouvai en arrivant à Marseille, et la pluie disposant médiocrement à l’admiration, je commis l’inconvenance, les Marseillais diraient le crime, de rester froid devant la Cannebière si vantée. C’est sans contredit une belle rue, bordée de hautes maisons telles que nous en voyons chaque jour sur nos boulevards et de riches cafés. D’un côté elle se continue par des allées plantées d’arbres qui conduisent au jardin botanique décoré d’un château d’eau un peu théâtral ; de l’autre, elle se termine à la mer, ou plutôt au vieux port, car la mer ne sent pas mauvais, et le vieux port est un véritable égout collecteur. La rue de la République, qui aboutit au même point, a les mêmes qualités et les mêmes défauts que la Cannebière : de la régularité, mais rien de saillant qui fasse sur l’esprit une profonde impression. Marseille, cette cité si antique, est avant tout par son aspect une ville moderne. Combien plus intéressante doit être pour le touriste cette ville du moyen âge, que j’ai aperçue le matin, Avignon, qui a conservé toutes ses murailles crénelées, ses tours et ses portes gothiques, et dont les ruines grandioses attestent encore le glorieux passé !

J’aurais bien voulu monter à Notre-Dame de la Garde et placer sous sa protection le voyage, vrai pèlerinage, que j’allais faire en Italie ; le temps me manqua et je ne pus que saluer de loin son église qui domine la mer, comme il sied à la Vierge divine qui, parmi tous ses titres, porte celui de Maris stella.

De Marseille à Toulon, quelques heures suffisent par une route des plus pittoresques, tantôt longeant des murailles de rochers, tantôt traversant des tunnels interminables.

Toulon est une ville fort sale et mal bâtie, aux rues étroites et tortueuses ; mais c’est un port militaire de premier ordre, avec une très belle rade, moins grande, mais plus agréable à l’œil que celle de Brest.

A partir de Toulon et jusqu’à Gênes, la route est un enchantement perpétuel. On a presque constamment d’un côté la mer qu’on côtoie souvent de si près qu’il semblerait qu’avec un peu d’effort elle pourrait lancer ses vagues à la tête des voyageurs : de l’autre, ce sont tantôt de hautes montagnes ou des rochers à pic, tantôt de riantes vallées où courent de rapides torrents. De distance en distance, de coquets villages apparaissent, ou des villes élégantes où viennent se réfugier tous les frileux ou ceux qui font semblant de l’être.

Quelle jolie ville que Cannes ! Comme elle est propre et coquette avec ses maisons neuves, qui sont presque des palais ! Partout ce ne sont que villas blanches aux volets verts, chalets accrochés au flanc des montagnes, au milieu de figuiers, d’orangers, d’aloès et de plantes de toutes sortes. N’était la proximité de Monaco et de ses salles de jeu, Cannes dépasserait bientôt Nice, la ville cosmopolite par excellence, le Trouville d’hiver de la France. Monaco est perché sur un rocher qui fait une pointe dans la mer ; tout près se trouve Monte Carlo avec ses magnifiques terrasses et son fameux tripot dont les bénéfices alimentent. le trésor du prince, qui juge sans doute, comme Vespasien, que l’argent n’a pas d’odeur.

Un peu plus loin, c’est Menton, ville admirablement située, appelée, je crois, à un grand avenir. C’est la dernière ville française sur la frontière du sud-est ; on traverse un pont et on est à Vintimiglia où l’on s’empresse d’aller échanger sa monnaie française contre le papier graisseux qui en tient lien en Italie.

San Remo ; Porto Maurizio, Oneglia, sont des villes d’agréable aspect. Il faisait déjà nuit quand je passai à Savone, où l’infortuné Pie VI passa les trois premiers mois de sa captivité, et il était près de onze heures du soir quand j’arrivai dans la gare monumentale de Gênes.

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