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Souvenirs du Congrès de Vienne, 1814-1815

De
481 pages

Le prince de Ligne. — Son esprit et son urbanité. — Robinson Crusoé. — Le bal masqué de la Redoute. — Les souverains en dominos. — L’empereur de Russie et le prince Eugène. — Les rois et les princes. — Zibin. — Le général Tettenborn. — Coup d’œil sur sa vie militaire. — Grande fête militaire de la paix. — Intimité des souverains au congrès. — Le palais impérial. — Mort de la reine Marie-Caroline de Naples. — L’empereur Alexandre. — Anecdotes. — Cadeaux des souverains.

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À propos deCollection XIX
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LE COMTE AUGUSTE DE LA GARDE-CHAMBONAS (D’après un dessin de C. Carbonnier)
Auguste de La Garde
Souvenirs du Congrès de Vienne, 1814-1815
AM. LE MARQUIS DE CHAMBONAS
Hommage de l’Éditeur.
F.
NOTICE SUR LE Comte Auguste de LA GARDE-CHAMBONAS
Auguste-Louis-Charles de La Garde, littérateur et poète estimé en son temps, naquit à Paris en 1783. Son acte de baptême est ainsi conçu:
ANCIENNE PAROISSE SAINT-EUSTACHE
Année 1783
(GREFFE DE PARIS) Le mercredi cinq mars mille sept cent quatre-vingt-trois, a été baptisé Auguste-Louis - Charles, né d’avant hier, fils de Messire le comte Scipion-Chartes-Auguste de La Garde, Chevalier ; Capitaine de Dragons, et de dame Catherine-Françoise Voudu, son épouse, demeurant rue de Richelieu. Le Parrain Messire Jean de la Croix, Capitaine de Dragons, — la Marraine, dame Elisabeth Vingtrinien, femme de M. Etienne-Antoine Barryals, Bourgeois de Paris.
Sa mère mourut eh lui donnant le jour ; son père ne survécut que peu de temps à sa jeune femme qu’il adorait. A son lit de mort, M. de La Garde confiait l’orphelin au chef de sa famille, le marquis de Chambonas (Scipion-Charles-Victor-Auguste de La Garde), maréchal de camp, plus tard 1 ministre de Louis XVI . M. de Chambonas prit la charge de l’enfant, le cons idérant comme son second fils et lui témoignant la plus constante affection. Aussi, dans tous ses ouvrages et dans ses Notes inédites, Auguste de La Garde donne-t-il toujours le nom de « père » à celui qui 2 avait remplacé ses parents disparus . me Pendant sa petite enfance, il fut souvent confié à sa marraine, M de Villers ; celle-ci me était l’amie intime de M Bernard, femme du banquier lyonnais dont la fille, Juliette, me devait devenir si célèbre sous le nom de M Récamier. Élevés pour ainsi dire ensemble, ces deux enfants conçurent l’un pour l’autre une sincère affection qui, malgré l’éloignement, ne se démentit jamais. Lorsqu’au retour de l’étranger, Auguste de la Garde me vint à Paris en 1801, c’est chez M Récamier qu’il trouva l’asile d’abord, puis l’appui si nécessaire à sa jeunesse errante et dénuée de ressources. Aussi ne s’étonnera-t-on pas, dans cesSouvenirs du Congrès de Vienne,rencontrer des pages reconnaissantes à de me l’adresse de M Récamier. Le jeune de La Garde commença ses études sous la direction de l’abbé B..., puis fut envoyé au collège de Sens. (Son « père » avait été gouverneur de la ville en 1789 et e maire en 1791.) M. de Chambonas, après avoir un instant commandé la 17 division de l’armée de Paris, avait été appelé au Ministère des Affaires étrangères le 17 juin 1792, en remplacement de Dumouriez, démissionnaire. Son pass age aux affaires fut de courte durée ; dénoncé à la tribune comme ayant dissimulé la marche des troupes prussiennes, bientôt suspect, il se hâta de donner sa démission. Au Dix août, il fut de ceux qui essayèrent de défendre les Tuileries ; blessé, il fut même laissé pour mort. A la fin de l’année 1792 seulemen t, M. de Chambonas se décida à quitter Paris ; il n’émigra pas, mais gagna Sens où, dans une retraite bien cachée, il put 3 passer sans être molesté, les années de la Terreur. Il avait emmené avec lui son fils , (grand-père de M. de Chambonas actuel), et son fils d’adoption. Comment l’ancien ministre de Louis XVI put-il traverser la Terreur sans être réellement inquiété ? Ceci paraît invraisemblable. C’est là un e des exceptions dont lesMémoires
4 récemment mis au jour nous révèlent la trace . Sous le Directoire, M. de Chambonas revint même tout à fait sur l’eau et l’on songea un instant à l’envoyer en Espagne comme ambassadeur. Le projet n’eut pas de suite, et, ne se sentant plus en sûreté après le Dix-huit Fructidor, M. de Chambonas quitta précipitamment Paris pour ne pas être arrêté. Voilà les voyageurs à Hambourg, puis en Suède et en Danemark ; Auguste de la Garde, de sa muse un peu « brodeuse », nous contera des anecdotes amusantes ; en revanche, le bombardement de Copenhague par la flotte anglaise, en 1801, lui laissera un douloureux souvenir. Peu après, l’enfant, devenu un adolescent de dix-hu it ans, est envoyé en France par M. de Chambonas pour obtenir sa radiation de la lis te des émigrés (pendant qu’il vivait « terré » à Sens, on le considérait comme émigré), et répéter les biens que la Nation lui me avait confisqués. Auguste de la Garde est recueilli par M Récamier qui, tout en prenant en main les intérêts du « père », s’occupe de perfectionner l’éducation du fils. Grâce à elle, le jeune homme est mis à même de recevoir les conseils de La Harpe et les leçons des meilleurs professeurs. Quant aux biens d ont son « père », établi en 5 Angleterre , réclamait la restitution, il n’y fallait pas song er, et force fut au jeune de La Garde, mûri par l’exil, de songer à se créer une situation indépendante. Son charme personnel, les dons dont la nature l’avait doué, enfin et surtout les amitiés utiles qu’il parvint rapidement à se créer, lui pro curèrent bientôt occupations et levier d’existence. Par le prince Eugène d’abord, il obten ait des missions en Italie, auprès de Marmont eh Dalmatie, à Naples ensuite a la cour du roi Joseph, enfin à Rome où la famille de Lucien Bonaparte l’accueillit avec faveur. A lire, soit dans sesNotes inédites, soit dans lesSouvenirs du Congrès de Vienne, les pages consacrées à ses premiers bienfaiteurs, on ne saurait taxer le narrateur d’ingratitude, car il dépense pour eux toutes les fleurs de sa rhétorique : presque toutes du moi ns, car l’abondance de sa reconnaissance va surtout au feld-maréchal prince de Ligne, qui fut son protecteur, son parent bienveillant et... fort utile (un Chambonas, nous l’avons dit, avait épousé une princesse de Ligne). La Garde a rencontré le prince de Ligne dans la Vil le éternelle ; admis dans son intimité, il recevait de ce Mécène généreux une inv itation pressante à venir s’installer auprès de lui à Vienne. Le jeune homme ne se déroba pas à des instances qui lui assuraient le bien-être et une existence régulière après des années d’incertitude. Il s’établit donc à Vienne auprès de son bienfaiteur, subissant du reste le charme de cet homme supérieur, lui vouant une affectueuse vénération qui ne fit que croître avec les années. Toute la première partie desSouvenirss’offre en témoignage indiscutable d’une reconnaissance sans bornes ; si cet ouvrage forme le plus beau fleuron de la couronne littéraire de notre auteur, il constitue en même te mps le plus complet panégyrique du prince devenu « son idole ». De Vienne, le comte de La Garde passa en Russie, où la société élégante de Saint-Pétersbourg l’accueillit cordialement. En 1810, il y faisait paraître un livre de poésies qui obtint le plus grand succès. Appelé ensuite en Polo gne par le comte Félix Potocki, il y recevait une hospitalité généreuse qui lui permit d e se livrer à de nombreux travaux littéraires ; dans le but de témoigner sa reconnais sance à ses hôtes, il traduisit en vers français le poème que Trembecki avait dédié à l’épouse bien-aimée du comte, la célèbre Sophie Potocka. De la superbe Sophie, née dans le faubourg du Fanar, à Constantinople, et qui eut une singulière « carrière de beauté », il est souvent question dans lesSouvenirs du Congrès de Vienne.Elle épousa d’abord le comte de Witt (de la famille du Grand Pensionnaire de Hollande et au service de Russie), qui l’enleva à un secrétaire de l’ambassade de France
à Constantinople ; le comte Félix Potocki l’enleva à son tour à M. de Witt et l’épousa, grâce à une annulation complaisante du premier mariage. La comtesse Sophie, célèbre dans toute l’Europe — elle avait fait admirer ses b eaux yeux à Versailles — menait un train royal dans ses terres de Tulczim, et y recevait les émigrés français avec un faste qui éblouit plusieurs d’entre eux. (Voir notamment lesMémoiresgénéral comte de du Rochechouart et les présentsSouvenirs).Le succès deSophiowkafut tel que l’auteur fut proclamé à la fois membre des Académies de Varsovie , Cracovie, Munich, Londres et Naples. Un autre témoignage flatteur devait être donné plus tard au comte de La Garde en 6 Pologne : quand parut son poème sur lesFunérailles de Kosciusko, dont plusieurs éditions n’avaient pas ralenti le succès, le Sénat de la République de Cracovie le déclara citoyen polonais, cependant que les rois de Bavière, de Prusse et de Saxe le félicitaient par lettres autographes. Auteur de nombreuses romances que se disputaient le s compositeurs les plus renommés de l’époque, il en dédia un grand nombre à la reine Hortense qu’il connut à Augsbourg en 1819. Ainsi M. de La Garde se trouve-t-il avoir collaboré àLoi d’exil et à Partant pour la Syrie — qui devint sous le second empire l’air national. En 1853 parut l’Album artistique de lareine Hortense, recueil précieux qui contient les romances alors inédites du comte de La Garde, avec la musique de l a Reine et de charmantes 7 reproductions de petites peintures émanant également d’elle. Ce fut la dernière fois que le nom du comte de La G arde paraissait sur une feuille typographique. Peu de temps après, il terminait sa vie errante à Paris (il habitait tantôt Angers et tantôt Paris dans ses dernières années). « Ma vie est un combat », avait-il pris pour devise ; on aurait pu ajouter : « et un éternel voyage », car Auguste de La Garde ne pouvait se fixer nulle part. Il ne s’était jamais m arié ; le peu de papiers qu’il possédait, quelques souvenirs à défaut de fortune furent légué s à son cousin M. de la Garde, marquis de Chambonas. Indépendamment des œuvres mentionnées jusqu’ici, et desFêtes et Souvenirs du Congrès de Vienne,parus en 1820 à Paris, on possède du comte de la Garde : Une traduction de Dmitri-Douskoy(Moskou, 1811) ; Coup d’œil sur le Royaume de Pologne(Varsovie, 1818) ; Coup d’œil sur Alexandre Bade(Bavière, 1819) ; Laure Bourg,roman dédié au roi de Bavière (Munich, 1820) ; Les Monuments grecs delaSicile(Munich, 1820) ; Traduction des Mélodies de Thomas Moore(Londres, 1826) ; Voyage dans quelques parties de l’Europe(Londres, 1828) ; Brighton, Voyage en Angleterre(1830) ; Tableau de Bruxelles(prose envers), dédié à la Reine ; Projet pourla formation d’une colonie belge à la Nouvelle-Zélande,etc. Dans toutes ses œuvres, et principalement dans les plus importantes,Brighton, Voyage en Angleterre, et lesSouvenirs du Congrès de Vienne, M. de La Garde fait preuve d’observation et de savoir-faire ; on peut r egretter que sa bienveillance sans seconde ne permette pas à la note critique de rompre parfois la gamme louangeuse. Dans cesSouvenirs,cherchons pas de révélations capitales sur les conférences ne diplomatiques qui départagèrent l’Europe en 1815, m ais de charmantes anecdotes, des portraits de grandes dames, de souverains. et de ha uts personnages :des figures bien oubliées ou méconnues nous apparaîtront en silhouette et nous sembleront dignes de
remarque. Apportons à les lire la qualité qui présida à leur rédaction, et pour cet homme aimable et indulgent, soyons bienveillants. Depuis leur apparition en 1820, cesSouvenirsparfaitement oubliés. Il nous a étaient semblé, il a semblé aussi à M. le marquis de Chambo nas-La Garde, à qui nous devons les éléments principaux de cette notice, comme les portraits dont nous avons orné notre volume, que ces chapitres, où l’anecdote mondaine s e marie à l’imprévu des dessous politiques, méritaient de sortir de l’ombre. Tout e n allégeant cesSouvenirsquelques de dissertations un peu surannées ou sans intérêt aujo urd’hui, nous avons constamment respecté et la pensée et le style de l’auteur, ajou tant seulement au récit les notes nécessaires sur les principaux personnages de l’action. F.
1marquisat avait été érigé en 1663 et enregistré au Parlement de Languedoc en Le faveur de Louis-François de La Garde, chevalier, seigneur de Chambonas, fils d’Antoine de La Garde, marié à Charlotte de la Baume de Suze. Le titre passa à son neveu, Scipion-Louis-Joseph, brigadier des armées du Roi, en 1744, mort le 25 février 1765, qui épousa:1° Claire-Marie, princesse de Ligne ; 2° Louise-Victoire-Marie de Grimoard de Beauvoir du Roure, fille du comte du Roure, lieutenant général des armées du Roi, et de Marie-Antoinette-Victoire de Gontaut-Biron. Du seco nd lit vinrent deux garçons, dont Scipion-Charles-Victor-Auguste, marquis de Chambona s, baron de Saint-Félix et lle d’Anberque, comte de Saint-Julien, marié le 26 avri l 1774 à M de Lespinasse de Langeac. (Archives administr. du Dépôt de la Guerre , et La Chesnaye des Bois, 3° édition, article La Garde.)
2Dans les quelques passages desSouvenirs du Congrès de Vienne,où l’auteur parle de son enfance et de sa famille, il laisse sur ces sujets régner une obscurité voulue ; sans lesNotes inéditesdont le chef actuel de la famille, M. le marquis de Chambonas, a bien voulu nous communiquer les pages qui intéressaient notre publication, nous ne serions jamais parvenu à déchirer les nuages qui entourent certaines parties de la vie de notre écrivain. lle 3de la Vernade.Qui épousera plus tard à Sens M
4Je prépare la publication desMémoires du général marquis d’Hautpoul,qui passa toute son enfance, en pleine Terreur, aux environs de Ver sailles avec sa famille, dont son père, ancien colonel. Il est vrai qu’un conventionnel les avait fait se dissimuler sous des habits de jardiniers.
5ne fort mal sur le marquis departir de ce moment, M. de La Garde nous renseig  A Chambonas. Dans sesNotes inédites,adresse bien à son « père » une phrase de il gratitude, mais c’est tout. Quelles difficultés de caractère les séparèrent pour jamais ? on ne sait. Tout ce que l’on connaît de M. de Chambonas est tiré, de son Dossier du Dépôt de la Guerre. Il semble s’être définitivement établ i en Angleterre ; malade et même paralysé, c’est de là qu’il pétitionne en 1816. Fin alement il obtint une modique pension avec le grade supérieur de lieutenant général. Il m ourut à Paris, non pas en 1807, comme le dit une biographie, mais en février 1830.
6Paris, 1830, chez Treuttel et Würtz.
7 CetAlbume, des lettres d’elle contient en outre une courte biographie de la rein
adressées à M. de la Garde, un fac simile de son écriture, le tout sur papier velin encadré d’ornements d’or. Ce livre est devenu fort rare. M. le marquis de Chambonas en tient un de son oncle. J’ai la bonne fortune d’en posséder un.
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