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Spécificités n°9. Expérimentations et innovations pédagogiques en Pologne et en France.

De

Présentation du numéro : Après avoir consacré le numéro 6 de la revue à l’actualité de la pauvreté en France et, pour une part, en Algérie, SpécifiCITés propose une livraison sur les expérimentations et les innovations éducatives en Pologne et en France. C’est la première fois que la revue propose une approche explicitement binationale. La décision de choisir un regard croisé pour traiter les dynamiques du changement socioéducatif s'explique aisément. Nous sommes dans un contexte de construction européenne, mais des approches systématiques restent encore à faire sur cette thématique. Afin de présenter un exemple limité, mais significatif, nous proposons de cibler plus spécialement la Pologne et la France, avec deux options de recherche.


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Revue Spécificité 9

 

Expérimentations et innovations pédagogiques en Pologne et en France : regards croisés et décroisés

Działania innowacyjne w zakresie pracy społecznej, wychowawczej i edukacyjnej. Perspektywa porównawcza na przykładzie Polski i Francji.

 

Présentation du numéro : Après avoir consacré le numéro 6 de la revue  à l’actualité de la pauvreté en France et, pour une part, en Algérie, SpécifiCITés propose une livraison sur les expérimentations et les innovations éducatives en Pologne et en France. C’est la première fois que la revue propose une approche explicitement binationale. La décision de choisir un regard croisé pour traiter les dynamiques du changement socioéducatif s'explique aisément. Nous sommes dans un contexte de construction européenne, mais des approches systématiques restent encore à faire sur cette thématique. Afin de présenter un exemple limité, mais significatif, nous proposons de cibler plus spécialement la Pologne et la France, avec deux options de recherche.

Sommaire

Éditorial

LISTE DES AUTEURS

Creation of educational inequalities between the system of education, the school and the teacher

Les pédagogies nouvelles : quel apport pour l’école d’aujourd’hui ?

Quelle place pour l’innovation dans l’enseignement relatif aux religions ? Une comparaison France-Pologne

Mobilization of youth to cooperate in solving common problems and satisfying shared needs in practice of Local Community Organizing, participatory budgets and other community actions.

Participation, autonomie et espace public : Perspective comparative des pratiques éducatives innovantes.

Du concept d’innovation et de son application en protection de l’enfance.

La pédagogie sociale de Helena Radlinska

Innover à l'échelle d'une ville

"John Paul the Second House” Community Center in Piastów as an example of good educational-caring practices

TPD Ombudsman for Children, between law and reality

InNOvation. Supporting children and youth threatened with social exclusion –  the example of  the Foundation for Poland

DÉBATTRE POUR PENSER PAR SOI-MÊME ET AGIR

Les contributions de la pédagogie institutionnelle à l'éducation inclusive :  le cas d'une école de Seine-Saint-Denis

Paul et Pavlik, deux figures de la pédagogie soviétique

DOCUMENTS POUR LA RECHERCHE

DOCUMENT n°1

DOCUMENT n°2

DOCUMENT n°3

 

Éditorial

Ewelina Cazottes

Alain Vulbeau

 

Après avoir consacré le numéro 6 de la revue{1} à l’actualité de la pauvreté en France et, pour une part, en Algérie, SpécifiCITés propose une livraison sur les expérimentations et les innovations éducatives en Pologne et en France. C’est la première fois que la revue propose une approche explicitement binationale. La décision de choisir un regard croisé pour traiter les dynamiques du changement socioéducatif s'explique aisément. Nous sommes dans un contexte de construction européenne, mais des approches systématiques restent encore à faire sur cette thématique. Afin de présenter un exemple limité, mais significatif, nous proposons de cibler plus spécialement la Pologne et la France, avec deux options de recherche.

D’abord, il s’agit d’une confrontation de pratiques issues de deux pays, très différents au regard de leurs réalités sociales. La Pologne est un pays ex-communiste de l’Europe de l’Est où la pauvreté et les inégalités de revenus sont incomparablement plus fortes qu’en France, ce qui permet de se décentrer de la seule situation française. Ensuite, il nous apparaît que les pratiques socio-éducatives polonaises se référent à la pensée de Janusz Korczak (père spirituel de la Convention internationale des droits de l’enfant), ce qui a été – et est toujours – une source d'inspiration pour les éducateurs français. En France, il peut être mis en perspective, en France, avec son quasi contemporain Célestin Freinet, figure emblématique de l’innovation pédagogique.

La question des innovations dans le champ des pratiques socioéducatives est aujourd’hui très actuelle. Cette notion est d’ailleurs parfois instrumentalisée pour constituer un label prestigieux, et servir de caution à des positions idéologiques dénuées de questionnements critiques. Cette dérive a été tellement forte que la nature scientifique de ce concept est depuis longtemps sujette à caution{2}. Malgré ces réserves, retenons que l’innovation est synonyme de changement et qu'on peut la définir avec Dominique Fablet, comme « développement de pratiques différentes, alternatives, adoptions de nouvelles démarches, expérimentations, émergences de dispositifs novateurs… »{3}. Il faut également noter que l’innovation se rapproche de la notion d’invention et porte en elle l'idée d'un antagonisme voire d'une rupture avec le système établi. Comme le souligne Norbert Alter : « on ne peut pas ainsi penser l’innovation sans se référer au cadre réglementaire ou coutumier dans lequel elle se développe : la rencontre entre l’innovation et les pratiques sociales établies est toujours antagonique. »{4}. La plupart des articles ont ainsi mobilisé le concept d’innovation à partir de trois domaines : le travail social, le travail de jeunesse et l'éducation scolaire. 

Notre intention de départ était de présenter la question des pratiques d’expérimentation dans une approche comparative ; c'est ce que nous appelons les regards croisés. Mais cela s’est avéré impossible puisque seulement trois articles portent un regard comparatif. D'où la mise en œuvre de regards décroisés. Le numéro présente des articles polonais et des articles français qui traitent chacun la question de l'expérimentation au sens d'une recherche de normes alternatives{5} sur leurs terrains respectifs. 

Ce dossier est structuré en trois grandes parties. La première partie, « Cadres théoriques et institutionnels du changement éducatif », présente des éléments politiques et cognitifs structurant l’innovation. Cette partie contient des contributions polonaises et françaises de chercheurs. La seconde section, « Pratiques et acteurs en terrains innovants », contient des contributions polonaises et françaises de professionnels, intervenants ou formateurs ainsi que de chercheurs. Enfin la troisième partie, « Documents pour la recherche », reprend des extraits de travaux de chercheurs qu'il nous a semblé pertinent de présenter même s'ils n'ont pas été élaborés pour ce numéro. En effet, ces textes abordent la question de l’innovation, du changement éducatif et enfin des pratiques socio-éducatives et socioculturelles.

Ce dossier s’inscrit dans un projet de développement d’échanges entre chercheurs et professionnels en Pologne et en France, mais plusieurs références l'ont jalonné en amont. Du côté de la recherche, il y a la thèse en cours d’Ewelina Cazottes, co-coordinatrice de ce numéro, portant sur les politiques de prévention en Ile-de-France et dans la région de Mazovie en Pologne. En France, certains travaux nous ont été très utiles : en particulier ceux d’Anna Rurka{6} sur les interventions en protection de l’enfance en Pologne et en France et ceux de Daniel Cueff{7} sur le travail avec les enfants dans la rue, également en Pologne et en France{8}. En Pologne, il faut souligner les recherches d’Ewa Marynowicz-Hetka{9} sur la réflexivité et le travail social en Pologne et en France{10}.

Il reste à remercier très chaleureusement Anna Rurka qui nous a mis en contact avec des chercheurs et des professionnels dans les deux pays et qui a accepté d'évaluer des articles. Nous exprimons aussi toute notre gratitude à Marta Zahorska{11}. C’est à la suite de son invitation et de celle de Marek Rymsza{12}, qu'Alain Vulbeau, co-coordinateur de ce numéro, a participé au colloque « Le développement des services d’intégration et des professions d’assistance » qui a eu lieu à Varsovie, les 10 et 11 juin 2013. La qualité de leur accueil a amené les deux coordinateurs de ce numéro à poursuivre la réflexion et la découverte réciproque des politiques publiques socioéducatives en Pologne et en France.

****

Numer 9 periodyka « Specificités » poświęcony jest działaniom innowacjnym w zakresie pracy społecznej, wychowawczej i edukacyjnej w Polsce i we Francji. Zagadnienie innowacyjności jest kwestią palącą zwłaszcza w kontekscie pracy z dziećmi i młodzieżą. Istotne jest, by temat ten mógł być poruszony w perspektywie porównawczej
i międzynarodowej. Numer ten powstał dzięki pomocy pani profesor Marty Zahorskiej i pana profesora Marka Rymszy, pracownikom wydziału Socjologii i Instytutu Stosowanych Nauk Społecznych Uniwersytetu Warszawskiego, na ktorych zaproszenie, pan profesor Alain Vulbeau z Université Paris Ouest Nanterre uczestniczył w Seminarium „Rozwój usług reintegracyjnych i zawodów pomocowych” organizowanym w dniach 10-11 czerwca 2013r. w Warszawie. Spotkanie to zaowocowało dalszą wspołpracą i powstaniem tego numeru. W numerze oprócz tekstów polskich specjalistów z dziedziny polityki społecznej, systemu szkolnictwa, mysli historii pedagogicznej; widoczny jest też głos polskich organizacji pozarządowych podejmujących działania innowacyjne w zakresie pracy z dzieckiem
i rodziną.

 

LISTE DES AUTEURS

 

BURITY SERPA Marta-Helena, docteure en sciences sociales, professeure de Psychologie, Université fédérale de Campina Grande, Brésil.

CAZOTTES Ewelina, doctorante, allocataire de recherche, Département de Sociologie, Université Paris 8.

CHARLET Colette, enseignante, Association Française Janusz Korczak.

DAMBUYANT-WARGNY Gisèle, maître de conférences de sociologie à l’Université de Paris 13, rattachée au laboratoire de l’IRIS (UMR 8156).

DLUGLOSZ Piotr, chercheur, Institut de Sociologie, Université de Rzeszow.

GLOWACKA Barbara, Association Nationale des Amis d’Enfants TPD, Varsovie.

HUGON Marie-Anne, professeure en Sciences de l’Education, équipe « Crise, École, Terrains sensibles », CREF (EA 1589), Université Paris Nanterre.

JARRY Bruno, philosophe et psychothérapeute, directeur de l’association Cultures, Loisirs, Animations d’Issy-les-Moulineaux (CLAVIM, Hauts-de-Seine).

MAJ Stéphanie, doctorante en Sciences de l’éducation, Université Paris Nanterre, équipe EFIS, CREF (EA 1589), enseignante vacataire, éducatrice spécialisée à l’Aide Sociale à l’Enfance.

MANDRYSZ Witold, docteur en Sociologie, enseignant-chercheur en Sociologie, Social Work Unit, Université de Silésie.

NOWAK Mariusz, Foyer Educatif Jean-Paul II, Varsovie.

SAWCZUK Agnieszka, présidente de la Foundation for Poland, diplômée en Sciences politiques, Université de Varsovie.

SZCZUKA Joanna, Foyer Educatif Jean-Paul II, Varsovie.

URBANSKI Sébastien, post-doctorant, chargé de cours ISPEF, Université de Lyon II.

VULBEAU Alain, professeur en Sciences de l'éducation, équipe « Crise, École, Terrains sensibles », CREF, Université Paris Nanterre.

WOJCIKOWSKA Katarzyna, Foyer Éducatif Jean-Paul II, Varsovie.

ZAHORSKA Marta, professeur, Département de Sociologie, Université de Varsovie.

 

Creation of educational inequalities between the system of education, the school and the teacher

Marta Zahorska

 

My paper presents the initial conclusions from research, which is being conducted at elementary and grammar schools in several cities and towns in Poland. The aim of the project is to present the opinions of teachers with regard to possibilities of reducing inequalities by the school. I am interested in the views of the teachers on the efficiency of changes being introduced, which are aimed at diminishing inequalities. I will compare the statements made by teachers of various classes and schools located in smaller and bigger towns. The research methodology is based on observation of selected classes, interviews (IDI) with teachers, school principals, school counselors.

Key words: teachers, school, educational inequalities

 

 

One of the most important goals of educational systems, or the goal which often appears in documentation and declarations, is to equalize the chances of children from lower social status backgrounds. Justifications are obvious though diverse, they go back to the following values: ethical, social, political and also educational, such as social justice, importance of integration and social cohesion, prevention of social dissatisfaction when the roads of social advancement are blocked; fear of losing potential which might be the attribute of young people, including those living in less favorable conditions.

Despite numerous indications, studies carried out for at least half a century, inexorably point to persistent differences in opportunities between children from families that belong to upper levels, and those brought up at lower levels of the social ladder. In addition to status factors there are also differences based on gender, ethnicity, or cultural circles. The level of educational inequality is measured using various indicators which reflect the inequalities occurring in the "input" and "output" of the educational system or during the educational process. To show an example of an alarming research: children with supreme levels of intelligence, coming from environments with lower levels of cultural capital, during the subsequent years of study score worse results in comparison to their less talented peers, coming from "better" families (Feinstein 2006).

Years of research allow us to indicate the factors responsible for the level of educational inequality. On the one hand, it is the educational system structure, and most of all such elements as: the number of years of compulsory schooling, the length of single and unitary education, selectivity at different stages, etc. On the other - the social span, the larger - the chances of those living in worse conditions are smaller. Both of these factors, therefore, the social structure, and the school system are in many ways interconnected.

For educational inequality researchers Poland is an interesting case. Since the turning point of 1989, after the collapse of the communist system the gap between rich and poor, between the educated and uneducated began to grow. After structural changes in the economy, many groups of professionals have lost their jobs. The increase in unemployment caused reduction of standards of living in a large part of the population. In contrast, other professional groups, especially people with higher education, or even those who have gained a significant social position during previous years, obtained career opportunities, that didn't exist under the former system. These processes contributed to the fragmentation of the society, which resulted in the growth of inequalities, educational inequality included. At the same time, the educational system in Poland, especially after the very wide-ranging educational reform of 1998, has become incredibly open and low selective.  The result of these changes was the influx of young people to high schools, the completion of which gave the opportunity to seek admission to higher education. Whilst in the late 80s, only approx. 10% of the relevant age group received a student's personal grade book, at the beginning of the twenty-first century the proportion has grown to almost 50%. Number of students quadrupled, studies were completed by young people from different social groups, and often they were the first generation in the family with a university degree.

Therefore, we are witnessing two processes, one of which increases inequalities while the other decreases them. These two contradictory trends have generated changes in the educational system. Schools were differentiated into good and poor schools. Of course, even during the communist era some schools were better or worse than others. However, divisions that have been formed in the last 10 years, have a much more fundamental nature. Initially, universities most of all of the schools were affected by this division. Responding to the demand, caused by a huge onslaught of young people to universities, a great number of private colleges has been created, however many of them represented a very low level. In contrast, traditional schools maintained their old requirements using sharp selection procedures. Differentiating divisions has also affected secondary schools: you could distinguish the good from the poor. These divisions are gradually "going down", now they also affect middle schools, and even elementary schools, especially in cities where it is easier to choose a school (Dolata 2008). The inequalities have taken horizontal nature (Zahorska 2007; Zawistowska 2010). "Good" pupils enter the educational path of good schools, which leads to good studies, "bad" pupils have to settle for schools with inferior reputation, and provided that they receive a university degree, it would not give them the same opportunity of getting a good job, as a degree from a good school.

Differentiation processes of educational paths apply to the entire educational system, but they are reinforced by what is happening at the school level. Good schools are mainly an objective of middle-class parents who are even ready to relocate to ensure a good school for their children{13}. More frequent procedure is a fictitious change of the residence address of the child, moving it to the neighborhood where the desirable school is situated. Schools are also able to take pupils from outside the district, provided they have vacancies. It is easy to predict that in such situations they will admit only good students, which usually means children of middle-class parents.