Stop au mirage de la croissance

De

Plus les indices sont bas plus les incantations à la croissance redoublent d’ardeur. On consulte les oracles, les experts, qui l’annoncent pour demain, après-demain, croient l’apercevoir là-bas, au bout du tunnel. Mais rien n’y fait. La croissance montre, depuis la crise financière de 2008, de tels signes de faiblesse en France et en Europe qu’elle ressemble à un mirage. Que recouvre exactement ce terme ? Pourquoi la croissance fait-elle quasiment du surplace depuis des années ?

Jean-Pierre Brovelli et Claude Simon décortiquent ce que signifie le produit intérieur brut (PIB) et remettent en cause une idée reçue : croissance du PIB et progrès humain ne sont pas synonymes. Avec ce livre ils proposent une voie : parvenir, sans croyance magique dans la croissance, à un développement durable préservant la planète, à la juste répartition des richesses et à l’amélioration du bien-vivre de tous.

Jean-Pierre Brovelli est ancien professeur de classe préparatoire en économie et histoire économique. Professeur émérite à l’ESCP Europe, Claude Simon est membre du Collectif Roosevelt. Il est l’auteur de Stop à la dérive des banques et de la finance (Éditions de l’Atelier, 2014).


Publié le : jeudi 19 mars 2015
Lecture(s) : 4
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782708244603
Nombre de pages : 128
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Page de titre
Jean-Pierre Brovelli et Claude Simon
Stop au mirage de la croissance
Conception graphique de la couverture : Marie Pellaton
© Les Éditions de l'Atelier / Les Éditions Ouvrières, Ivry-sur-Seine, 2015 www.editionsatelier.com www.twitter.com/ateliereditions www.facebook.com/editionsatelier
ISBN : 978-2-7082-4460-3
À nos enfants et petits-enfants.
« Les deux vices marquants du monde économique où nous vivons sont le premier que le plein emploi n'y est pas assuré, le second que la répartition de la fortune et du revenu y est arbitraire et manque d'équité. » John Maynard Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie
« L'économie libre doit s'imposer des limites sur deux points. Le travail hebdomadaire dans les unités de production sera réduit par des dispositions légales pour systématiquement enrayer le chômage. La fixation des salaires minimasera établie pour faire correspondre le pouvoir d'achat du salarié avec la production. » Albert Einstein, Comment je vois le monde
« Nous devons substituer à l'impératif unilatéral de croissance un impératif complexe, déterminant ce qui doit croître mais aussi ce qui doit décroître. » Stéphane Hessel et Edgar Morin, Le Chemin de l'espérance
« La croissance n'est pas la solution, c'est un problème. » Jean Gadrey, Adieu à la croissance
Avertissement
Introduction
Sommaire
Première partie. – La croissance : De quoi ? Combien ? Comment ? Pourquoi ?
Chapitre 1. – De quoi ? Que mesure et ne mesure pas (ou mal) le PIB ? Le PIB : de quoi s'agit-il ? Ce que ne mesure pas le PIB PIB et richesse : la confusion
Chapitre 2. – Combien ? Un peu d'histoire et de prospective Longue rétrospective mondiale L'histoire récente pour la France
Chapitre 3. – Comment ? Les moteurs de la croissance Les ressources naturelles Capital et travail Les facteurs qualitatifs : progrès technique et innovations
Chapitre 4. – Pourquoi ? Les avantages de la croissance économique La croissance, un besoin humain naturel ? La croissance comme mode de régulation sociale
Deuxième partie. – Une croissance infinie ?
Chapitre 5. – Pourquoi la croissance forte ne reviendra plus La démographie Des niveaux d'éducation plafonnants Des inégalités en développement Une intervention économique des États en retrait Une mondialisation déstabilisante Une contrainte écologique Autres causes
Chapitre 6. – Une croissance équilibrée est-elle possible ? La croissance équilibrée entre les revenus du capital et ceux du travail : von Neumann (1933) La croissance équilibrée de Kaldor : le plein emploi par un niveau d'épargne adapté (1967) Vers la prise en compte de l'environnement : le problème des externalités La croissance équilibrée écologique : le développement durable
Chapitre 7. – Pourquoi il faut limiter la croissance La limite des ressources naturelles Les limites environnementales
Troisième partie. – Garantir à tous un présent et un avenir
Chapitre 8. – Réussir la transition écologique Réaliser la transition énergétique Réorienter les productions par l'action sur les prix et les coûts L'empreinte écologique comme indicateur pour une taxation des produits La mise en œuvre d'une taxation écologique Adapter les indicateurs aux exigences de la transition écologique Fixer des objectifs plus réalistes Dresser un bilan annuel environnemental, social et économique Accepter la fin de la croissance La fin d'une croissance soutenue signifie-t-elle la contraction de l'emploi ? Quel pourrait être le contenu d'une politique de relance en cas de choc dépressif ? Adapter l'organisation sociale Réduire le temps de travail Agir sur la répartition des revenus Développer les pratiques démocratiques
Chapitre 9. – Compter sur l'économie solidaire et sociale et les initiatives innovantes Qu'est-ce que l'économie sociale et solidaire ? Les contours de l'ESS L'ESS, domaine d'innovation et d'expertise sociale et sanitaire Au Nord, des initiatives écologiques ou sociales, certaines de portée mondiale Au Sud, l'ESS, atout pour le développement Des actions efficaces pour l'éducation et l'endiguement des épidémies tournées vers le Sud L'existence d'un Sud solidaire et innovateur Les nouvelles technologies sont-elles déterminantes pour un développement durable ? Les technologies nouvelles porteuses « d'intelligence collective » Les bases du capitalisme sapées par les technologies nouvelles L'affranchissement du travail pénible devenu possible Les nouvelles technologies ne permettront cependant pas de faire l'économie d'un nouveau pacte social L'ESS associée à un nouveau pacte social facteur déterminant pour le développement durable
Chapitre 10. – Engager la société sur un programme de développement durable Regrouper les mesures à prendre dans un programme global Intégrer dans le programme national des propositions pour l'Europe Agir à l'international pour le développement durable À quel type de système économique et social le programme conduit-il ? Un nouveau pacte social : une question de survie La mobilisation des salariés mais aussi des citoyens est nécessaire La prise de conscience de l'urgence est porteuse d'espoir Ne répétons pas les erreurs du passé
Conclusion
Avertissement
Celivre a été écrit à la demande du Collectif Roosevelt, il traite de sujets et questions fondamentales pour nos sociétés et qui font l'objet de débats en son sein. Les idées ici exprimées ne reflètent donc que celles de leurs auteurs. Nous invitons tous ceux qui, comme nous, les considèrent également essentielles à nous rejoindre pour en débattre.
Bruno Lamour, Président du Collectif Roosevelt
Introduction
La crise de 2007, déclenchée Dar les banques et le monde de la finance, a eu des conséquences sociales gravissimes, dont toute une génération sacrifiée dans des Days tels que la Grèce, l'Italie ou l'EsDagne et un chômage de masse dans la DluDart des Days déveloDDés. Mais l'un des effets les Dlus néfastes Dour les générations à venir est que cette crise a redonné la Driorité au temDs court (Comment sortir vite de cette crise ?) Dar raDDort au temDs long (Quelle société voulons-nous vraiment construire ?). Tout débat osant seulement déDasser le Droblème de la recherche de la croissance à court terme est considéré comme Dolitiquement incorrect et même relevant d'un véritable tabou. Seuls ceux Dortant sur les modalités (Quel dosage d'austérité convient-il d'adoDter ? Faut-il faire une relance Dar l'offre ou Dar la demande Dour la retrouver ?) sont acceDtés. Ces faux débats occultent les véritables défis que sont, d'une Dart, l'exclusion de l'emDloi et, d'autre Dart, le réchauffement climatique. Pour ce qui concerne le chômage, il existe un consensus des économistes sur le fait qu'un niveau comDris entre 1,5 et 2 % de croissance ne fait que maintenir l'emDloi. En effet, cette fourchette de taux corresDond à Deu Drès à celle des gains de Droductivité, la Droduction d'une Dersonne Dendant une Dériode donnée (heure, mois ou année). Or ce niveau de croissance est élevé et nous verrons qu'il n'a été que rarement atteint dans l'histoire : l'incantation au retour de la croissance Dour rétablir un taux d'emDloi satisfaisant constitue donc un leurre. Cela ne signifie bien entendu Das qu'il faille acceDter le taux de chômage actuel et s'en satisfaire mais que les solutions doivent être trouvées Dar d'autres moyens. Pour ce qui concerne le climat, il existe un autre consensus, celui des climatologues, lesquels s'exDriment notamment Dar l'intermédiaire du Giec (GrouDe d'exDerts intergouvernemental sur l'évolution du climat, créé sous l'égide de l'ONU). Chacun des raDDorts de cette institution est Dlus affirmatif et Dlus inquiétant que le Drécédent. Un réchauffement moyen de la Dlanète de l'ordre de 4 ou 5 oC au cours du siècle fait Dartie des hyDothèses le Dlus souvent avancées. Il en résulterait des dérèglements Drofonds, accomDagnés de manifestations de divers ordres : élévation du niveau des mers (menace Dour des Days tels que le Bangladesh ou les îles du Pacifique) et Douvant affecter les courants marins ; augmentation du taux d'acidité des océans, danger Dour des Dans entiers de la vie marine ; imDact sur la Droduction agricole de Dar la multiDlication des ouragans, de celle des sécheresses, et de la fonte des glaciers des montagnes, réduisant le débit estival des fleuves, etc. Si la réalité du réchauffement climatique et son origine humaine ne sont Dlus véritablement contestées, ses conséquences sont en revanche beaucouD Dlus difficiles à Drévoir. ComDte tenu des enjeux, nous ne Douvons les ignorer et Drendre le risque de laisser une terre aux fragiles équilibres menacés. Pour la Dremière fois dans l'histoire de l'humanité, l'homme n'est Dlus tributaire de la Terre. C'est au contraire elle qui l'est devenue de l'homme. Les géologues ont donné un nom à ce fait en considérant que nous sommes entrés dans l'ère de l'AnthroDocène. Il faut revenir aux véritables enjeux et comDrendre Dourquoi l'incantation Dermanente au retour de la croissance n'est Das la solution à tous les Droblèmes sociaux et constitue la mauvaise réDonse à un Droblème mal Dosé. Pour autant on ne Deut, on ne doit Das remettre en cause la croissance sans s'interroger sur ce qu'elle recouvre. C'est Dourquoi, dans une Dremière Dartie abordant ce conceDt, nous tenterons de réDondre aux questions : e quoi ? Combien ? Comment ? Pourquoi ? Cela nous conduira, dans une deuxième Dartie, à nous demander si la croissance Deut être infinie, comme le laissent imDlicitement Denser la DluDart de nos resDonsables Dolitiques, en France certes, mais aussi dans le reste du monde. Car si nous exigeons un comDortement resDonsable, il nous faut l'être nous aussi ; c'est Dourquoi, dans une troisième Dartie, nous DroDoserons une nouvelle forme de déveloDDement comme
alternative à la fuite en avant actuelle et une réflexion sur son intégration dans le système économique et social.
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