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TCHAD POUR MIEUX CONNAÎTRE LE TCHAD
Les partis politiques et les mouvements
d’opposition armés de 1990 à 2012
Bichara Idriss Haggar
Le multipartisme intégral, tel qu’il existe au Tchad, ne rime pas forcément
avec démocratie. Présenté comme un des apports phares du président
Déby, il a donné naissance à plus de 150 partis n’ayant aucune infl uence
sur la vie politique et à plus de 140 mouvements armés à base tribale ou
clanique, faisant du Tchad, « le record du monde des mouvements rebelles ». TCHAD
Devenue un véritable subterfuge pour confi squer le pouvoir aussi
longtemps que possible, la démocratie au Tchad est non seulement
Les partis politiques et les mouvements synonyme d’absence de toute possibilité d’expression libre, de dialogue,
et d’alternance politique mais a aussi affecté profondément l’unité d’opposition armés de 1990 à 2012
nationale et provoqué une terrible fracture sociale.
Afi n d’éviter que le pays ne sombre dans un chaos généralisé et
incontrôlable, l’auteur propose une démocratie éducative et constructive
en limitant le nombre des partis politiques. Une fois la démocratie
bien enracinée auprès des populations par la formation, l’éducation,
et le civisme et rendue possible l’alternance politique par les urnes, la
limitation se fera d’elle-même.

Le Dr Bichara Idriss Haggar est né le 22 juin 1952,
à Bakaoré, dans la préfecture de Biltine. Il est docteur en
droit public (Poitiers), diplômé de l’École nationale des
impôts (Clermont-Ferrand) et en commerce international
(Québec). Il a dirigé de 1984 à 1989 l’École nationale
d’administration et de la magistrature (ENAM) et enseigné
à la faculté des sciences économiques et juridiques de N’djaména
(19841992). Il a été directeur des impôts de 1991 à 1992. Ses engagements
politiques l’ont conduit à faire partie du comité central de l’UNIR (1984),
puis d’en être secrétaire exécutif (1988). Il a été membre fondateur et
dirigeant du RDP. Emprisonné en janvier 1992, relâché mais surveillé,
il s’évade du Tchad en juin 1992. Il fonde le Conseil national de
redressement du Tchad (CNR) et devient le responsable des relations
extérieures et de la coopération et porte-parole du mouvement, puis
président depuis 2004. Marié et père de quatre enfants, il vit actuellement
en exil au Canada.
En couverture : bulletins de vote
des élections présidentielles (2001).
ISBN : 978-2-343-04796-6
31
TCHAD
Bichara Idriss Haggar
Les partis politiques et les mouvements d’opposition armés de 1990 à 2012 LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page1LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page2
POUR MIEUX CONNAÎTRE LE TCHAD
C O L L E C T I O N D I R I G É E PA R M A R I E - J O S É T U B I A N A
Le but de notre collection est de contribuer à l’édification du Tchad moderne en permettant aux
Tchadiens de mieux connaître leur pays dans toute sa diversité et sa richesse. Nous avons publié
des travaux inédits, des documents d’archives, des traductions françaises d’ouvrages étrangers et
réimprimé des textes devenus introuvables.
D E R N I E R S O U V R A G E S PA RU S
2000 Baba Moustapha. Le souffle de l’harmattan. (PRIX ALBERT BERNARD DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES
D’OUTRE-MER)
Gérard Serre. Une nomadisation d’hivernage dans l’Ouadi Rimé (Tchad 1956).
2001 Géraud Magrin. Le sud du Tchad en mutation : des champs de coton aux sirènes de l’or noir.
(PRIX ALBERT BERNARD DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES D’OUTRE-MER)
Victor-Emmanuel Largeau. À la naissance du Tchad 1903-1913 (Documents présentés
par Louis Caron).
2002 Claude Durand. Les anciennes coutumes pénales du Tchad. Les grandes enquêtes de 1937 et
1938.
Joël Rim-Assbé Oulatar. Tchad. Le poison et l’antidote. Essai.
2003 Le Tchad au temps de Largeau 1900-1915 (photographies, dessins).
Al-Hadj Garondé Djarma. Témoignage d’un militant du Frolinat.
Bichara Idriss Haggar. Tchad. Témoignage et combat politique d’un exilé.
2004 Marie-José Tubiana. Parcours de femmes. Les nouvelles élites : entretiens.
2005 Les contes oubliés des Hadjeray du Tchad recueillis et édités par Peter Fuchs, traduits de
l’allemand par Hille Fuchs.
Alain Vivien. N’djaména naguère Fort-Lamy, histoire d’une capitale africaine.
2006 Zakaria Fadoul Khidir. Le chef, le forgeron et le faki.
Lidwien Kapteijns. Mahdisme et tradition au Dar For. Histoire des Massalit 1870-1930,
traduit de l’anglais par Geneviève d’Avout et Joseph Tubiana.
Mahmat Hassan Abakar. Chronique d’un enquête criminelle nationale.
2007 Oumar Djimadoum. Un vétérinaire tchadien au Congo.
Contes Toubou du Sahara recueillis au Niger et au Tchad par Jérôme Tubiana.
Antoine Bangui-Rombaye. Taporndal. Petites chroniques du pays gor et d’ailleurs.
Bichara Idriss Haggar. François Tombalbaye 1960-1975. Déja, le Tchad était mal parti.
Arnaud Dingammadji. Ngarta Tombalbaye. Parcours et rôle dans la vie politique du Tchad
(1959-1975).
2008 Hommes sans voix. Forgerons du nord-est du Tchad et de l’est du Niger. Textes réunis
par Marie-José Tubiana.
2008 Louis Caron. Au Sahara tchadien. L’administration militaire au moment de l’Indépendance.
Borkou - Ennedi - Tibesti 1955-1963.
2010 Jean Laoukolé. Les rebelles selon Monsieur le préfet.
François Besnier. Moussoro. Cent ans déjà.
2011 Jean Laoukolé. La démocratie humiliée. Le référendum de la République de Bekoï dans le
canton Hillé Chingnaka.
2013 Hissein Idriss Haggar. Des Grottes du Darfour à l’exil. Chronique d’une lutte inachevée.
2014 Ahmad Allam-Mi. Autour du Tchad en guerre : tractations politiques et diplomatiques
1975 - 1990.
D A N S L A C O L L E C T I O N B I B L I OT H È Q U E P E I R E S C
( e n c o l l a b o r a t i o n a v e c l ’ A R E S A E )
2006 Marie-José Tubiana. Carnets de route au Dar For 1965-1970.






TCHAD
Les partis politiques et les mouvements
d’opposition armés de 1990 à 2012


















Du même auteur

Tchad : Témoignage et combat politique d’un exilé, L’Harmattan, 2004
François Tombalbaye 1960-1975. Déjà, le Tchad était mal parti !, L’Harmattan, 2007




L’auteur de ce livre s’est exprimé ici librement et revendique la responsabilité de son texte.






La publication du présent ouvrage
a été décidée par l’Association
POUR MIEUX CONNAÎTRE LE TCHAD
qui a chargé Antoine Bangui, Khadidja Sahoulba et Marie-José Tubiana
de collaborer avec l’auteur pour en assurer l’édition.








CONCEPTION GRAPHIQUE & MISE EN PAGE – ANNE LEBOSSÉ





© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04796-6
EAN : 9782343047966
Bichara Idriss Haggar











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Les partis politiques et les mouvements
d’opposition armés de 1990 à 2012



Le multipartisme ou les fractures sociales






















LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page6
AVERTISSEMENT
L’étude des partis politiques, des mouvements d’opposition armés et plus généralement
du multipartisme au Tchad n’avait à ce jour pas fait l’objet de recherches approfondies.
Au cours de notre travail, nous nous sommes donc retrouvés confrontés à une carence de
documents et il nous a été difficile d’obtenir les rares écrits existants. Par ailleurs les
responsables des partis politiques légalisés, à l’exception de quelques-uns, ont montré de la
réticence à rendre publics leurs documents. C’est la raison pour laquelle nous avons dû
nous contenter de publications, textes statutaires et communiqués parus dans les journaux
et sur les sites WEB.
Nous avons également été confrontés à un autre problème, celui de l’authenticité des
communiqués diffusés par les mouvements armés. Pour cela, il nous fallait vérifier les
noms de leurs auteurs dans un pays où, pour des raisons de sécurité, l’anonymat reste de
règle. Aussi, dans un souci de vérité, avons-nous soumis nos écrits à quelques dirigeants de
partis politiques et mouvements armés qui nous paraissent dignes de foi, acteurs ou
témoins-clés de certains événements, pour demander leur avis et leur contribution. Qu’ils
en soient remerciés !
Grâce à cette étude, nous espérons avoir rassemblé suffisamment de documents utiles
qui pourront à l’avenir être mis à la disposition des Tchadiens et de tous ceux qui
voudront connaître et mieux comprendre l’imbroglio de la politique tchadienne, en
particulier les chercheurs désireux d’approfondir l’histoire peu connue des partis politiques
et mouvements armés tchadiens.
Mes remerciements vont à tous ceux qui, acteurs ou témoins, m’ont transmis leurs
observations et leurs témoignages sous anonymat, aux amis qui, de près ou de loin, m’ont
encouragé à poursuivre cette étude jusqu’au bout, aux lecteurs qui ont apporté leurs
contributions pour une meilleure compréhension de ce texte.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page7
INTRODUCTION
erLe 1 décembre 1990, le président Hissein Habré est chassé du pouvoir
par le colonel Idriss Déby, l’ancien chef d’état-major de l’armée, également
chargé des services de sécurité du territoire. Défaites dans les combats de
Tiné et de Biltine de novembre 1990 par les troupes du mouvement
patriotique du salut (MPS), les forces gouvernementales ne sont plus en
mesure de protéger le président Habré alors présent sur le théâtre des
opérations. En toute connaissance de cause, ce dernier sait le sort réservé aux
vaincus. Pour sauver sa vie, il quitte N’djaména et prend le chemin de l’exil.
Il ne fait pas de doute que la réussite de l’entreprise de son ancien bras droit
n’a été possible qu’avec l’aide efficace de certains pays, voisins ou d’ailleurs,
qui pour diverses raisons les concernant avaient intérêt à se réjouir de sa
chute. Ainsi, la Libye ne pouvait pardonner à Habré de s’opposer à sa volonté
d’hégémonie sur le Tchad en chassant ses troupes d’occupation du BET en
1987. Par ailleurs le Soudan, qui cherchait à implanter le fondamentalisme
religieux d’Al-Tourabi au-delà de sa frontière de l’ouest, était irrité, non
seulement par la farouche opposition du chef de l’État tchadien à son projet
d’expansion de l’islamisme, mais également par les fréquentes incursions sur
son territoire des unités de l’armée tchadienne lancées à la poursuite de leurs
compatriotes hostiles au régime de N’djaména. Quant à la France, elle n’était
pas mécontente du départ de ce chef d’État, membre turbulent et
incontrôlable de son pré-carré africain, lequel avait osé prendre ses distances
avec la Françafrique en affirmant lors de la conférence de La Baule de 1990
qu’il n’avait pas de leçon de démocratie à recevoir du président français, alors
François Mitterrand. D’autre part, l’amitié que Habré entretenait avec les
États-Unis d’Amérique était jugée trop serrée et apparaissait comme un défi
lancé à l’ancienne puissance coloniale.
Aussi, les troupes françaises stationnées au Tchad n’avaient-elles pas
hésité à fournir à Idriss Déby, l’ennemi de Habré, de précieux
renseignements militaires qui lui donnaient un net avantage sur les forces
gouvernementales.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page8
8 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
Le régime du président déchu est aussitôt remplacé par celui du
Mouvement Patriotique du Salut que dirige le nouvel homme fort du
pays, Idriss Déby. Désormais, la force primant le droit, les consultations
électorales ne sont plus qu’un faux-semblant pour couvrir une réalité dans
laquelle la voix du peuple et celles de ses représentants à l’Assemblée
nationale ne comptent plus. Le pays reste muselé. Tout continue comme
avant. Depuis l’indépendance rien ne change, la démocratie promise est
toujours absente, mais cette fois la violence commise contre le peuple
dure beaucoup plus longtemps. Elle est actuellement de plus de deux
décennies et tend à se pérenniser.
Les Tchadiens, lassés par une quarantaine d’années de guerres
incessantes et de privations, avaient à l’avènement du nouveau régime
espéré retrouver enfin la paix, la liberté et la démocratie longtemps
confisquées. Et l’on comprend leur ouf de soulagement poussé à grands
cris de youyous lorsqu’ils avaient appris par les ondes de la radio
ernationale, tôt dans la matinée du 1 décembre 1990, la fuite de leur
dictateur Habré. L’espoir renaît. La situation semble propice à un
renouveau politique et social. Ce sentiment est encore renforcé par le
premier discours d’apaisement prononcé le 4 décembre 1990 par Idriss
Déby aussitôt installé au palais présidentiel, discours dans lequel il disait
notamment, entre autres promesses : « …Je vous apporte un cadeau qui
n’est ni or ni argent, mais la démocratie… »
Hélas, au fil des jours l’espérance cède la place au désenchantement !
Le MPS ne répond malheureusement pas au changement espéré ! Une fois
assis sur le trône du pouvoir, Déby oublie délibérément ses promesses et
refuse de s’engager sur la voie du processus démocratique. À l’évidence, il
n’a pas de programme politique précis. Il se contente simplement de gérer
l’État au jour le jour. Pour lui, le concept de démocratie alors en vogue
n’est qu’une simple quête de la communauté internationale, des bailleurs
de fonds et des ONGs animés par une idéologie dont il ne se considère pas
partie prenante. Du bout des lèvres, il fait semblant d’y adhérer pour
donner le change, satisfaire à ces institutions et à l’opinion nationale, faire
croire qu’il répond, lui aussi, à cette exigence de valeur universelle.
Or, pour atteindre l’idéal de gouvernance que représente la démocratie,
il faudrait que le Chef de l’État en ait réellement la volonté et, par ailleurs,
qu’il possède suffisamment de culture pour avoir une vision claire de la
société à construire. C’est précisément ce que proposait le présidentLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page9
INTRODUCTION 9
François Mitterrand aux chefs d’État africains réunis à la conférence de la
Baule de 1990.
Idriss Déby, quant à lui, visiblement n’a pas la même conception de la
démocratie ! Une fois en main les rênes du pouvoir, il la préfère taillée sur
mesure, essentiellement à la manière de la « Françafrique foccardienne ».
Il sait que le multipartisme proposé aux Africains à la Baule n’est rien
d’autre qu’une copie du modèle donné pour application aux anciennes
colonies quand elles ont accédé à leur indépendance en 1960. Cette forme
de gouvernement n’est pas destinée à satisfaire le besoin de démocratie des
populations mais est réservée à quelques privilégiés préalablement choisis
par l’ancienne puissance coloniale. C’est la raison pour laquelle la plupart
des dirigeants des pays nouvellement indépendants, peu scrupuleux du
respect de la démocratie et du droit, comptent sur la reconnaissance et
l’amitié qui leur sont accordées pour créer légalement des partis uniques
avec des parents et proches amis pour mieux protéger leurs intérêts
personnels et défendre ceux des puissances qui les manipulent dans
l’ombre.
Après plus de vingt-deux années de pouvoir sans partage, le président
Idriss Déby vient de s’autoproclamer « président à vie », excluant de cette
(1)manière toute possibilité d’alternance politique par la voie des urnes .
Transformant la République en un État razzia, le premier magistrat du
pays, usé par un pouvoir de plus de vingt ans, perd ainsi tout contact avec
la réalité. Ce mépris affirmé pour ses concitoyens lui ôte toute légitimité.
Qu’importe ! Il pense qu’il n’a pas de compte à rendre aux Tchadiens mais
plutôt aux différents gouvernements français qui l’ont aidé à prendre le
pouvoir par les armes et à le conserver grâce à leurs interventions
militaires successives, notamment en janvier 1992, avril 2006 et février
2008. À chaque situation périlleuse pour lui, ses tuteurs lui accordent
soutien logistique, fournitures en armes, renseignements militaires et, plus
consternant, des aides efficaces dans l’organisation des fraudes électorales.
D’ailleurs, Déby ne clamait-il pas à qui voulait l’entendre : « Tant que la
France me soutient, je n’ai cure des Tchadiens » !
(1) Comme disait, à juste titre, Ibni Oumar Mahamat Saleh : « les entraves au processus démocratique
au Tchad s’expliquent par le fait que le groupe au pouvoir a conquis celui-ci par la force des armes. Il a
accepté de jouer le jeu démocratique parce que c’est l’air du temps, mais il n’est pas prêt à accepter
l’alternance ». Éléments de réflexion pour un « dialogue constructif pour un pacte national au Tchad »,
N’djaména, le 31 août 2001.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page10
10 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
La France demeure effectivement le principal allié du régime tchadien.
Elle lui fournit un soutien efficace en intervenant à ses côtés dans toutes les
situations politiques périlleuses, aussi bien sur le plan intérieur qu’au niveau
international. Elle n’hésite pas à déployer sur le sol tchadien ses forces
armées contre les mouvements armés ou à utiliser le service de ses agents
contre les partis de l’opposition démocratique. Elle se manifeste de façon
insidieuse, voire humiliante, dans la presse « libre ». Elle intervient au cours
des séances de la Commission internationale des droits de l’homme à
Genève pour empêcher toute condamnation du gouvernement tchadien
qui pourtant ne cesse de violer les droits humains ; elle fait de même auprès
de la Banque mondiale et du FMI pour soutenir des projets de
développement sans impact sur les populations, et auprès du Conseil de
Sécurité des Nations Unies elle appuie des résolutions autorisant
l’intervention des forces européennes au Tchad. Ses démarches effectuées
auprès des chefs d’État africains sont destinées à donner à Idriss Déby un
semblant de « légitimité » afin de le rendre fréquentable. Certains
« opposants du ventre » sont également corrompus ou intimidés pour les
amener à participer aux différentes mascarades électorales ou encore à
s’asseoir autour des tables de prétendus dialogues nationaux ainsi que cela
s’est vu lors des accords du 13 août 2007. En outre, toutes ces démarches
politiques et diplomatiques lui apparaissant peut-être insuffisantes, la
France ne ménage pas ses efforts pour inciter ses alliés européens,
américains, africains et autres à dénigrer les opposants tchadiens qu’elle
qualifie d’incapables, de « pro-islamistes », de fauteurs de troubles,
d’antiOccidentaux, de responsables de déstabilisation de la sous-région d’Afrique
centrale. En vérité, elle cherche à camoufler l’échec, pire, les dérives de Déby
qu’elle porte à bout de bras depuis son arrivée au pouvoir et à faire oublier
le rejet que lui porte la presque totalité des communautés tchadiennes.
La politique antinationale poursuivie par Idriss Déby depuis 1990 a
provoqué une cassure entre son régime et les populations. Celles-ci ne
croient plus à la « démocratie made in La Baule » et encore moins à
l’homme qui n’a cessé de leur mentir depuis bientôt vingt-cinq ans.
N’estce pas lui qui leur promettait le 4 décembre 1990 « un cadeau qui n’est ni
or, ni argent, mais la démocratie » ? N’est-ce pas encore lui qui, en 1996 lors
de son investiture à la présidence, disait : « La kermesse des désordres est
terminée ? » N’est-ce pas encore le même président qui déclarait, le 4 juin
2001 dans le journal Le Monde : « Je ne serai pas candidat à l’élection
présidentielle de 2006. Je ne modifierai pas la constitution quand bien
même j’aurai une majorité de cent pour cent. Je le dis haut et fort : ce quiLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page11
INTRODUCTION 11
me reste à faire au cours de mon dernier mandat, c’est préparer le Tchad à
l’alternance du pouvoir, une alternance démocratique, pacifique, sans
rupture. Je veux que ce pays passe d’une étape à une autre, en douceur, sans
déchirure. Voilà la responsabilité qui sera la mienne. Je l’assumerai ».
L’abîme qui sépare cette déclaration de la réalité est devenu
infranchissable. Aujourd’hui, pour la majorité de la population
tchadienne, il n’existe aucune perspective de changement politique sous la
présidence d’Idriss Déby. Plus personne ne croit à la démocratie. Et, dans
les circonstances actuelles, toute élection, qu’elle soit municipale,
législative ou présidentielle n’a aucun sens puisque tout est joué d’avance.
Les citoyens tchadiens connaissent mieux que quiconque leur « officier »
sans parole, ni honneur, ni dignité qui, depuis 1990, leur fait vivre l’enfer.
Au lieu de la démocratie, de la paix, de la liberté, de la justice promises,
les Tchadiens sont promus à une dictature familiale, cruelle et barbare,
humiliante et méprisante, avide de richesse, qui institutionnalise le
népotisme et le racket du pays. Cette gouvernance surannée, digne des
sultanats d’antan, se perpétue à une époque dite moderne et amène à la
déresponsabilisation des agents à tous les échelons de l’État, à une
corruption érigée en système de gestion, à une désagrégation des
structures socio-économiques et éducatives, à la désorganisation totale de
l’administration et à l’abandon des régions, à une course effrénée à
l’enrichissement, à une justice embrigadée, corrompue et partisane. Les
maux engendrés, déculturation des populations, recrudescence de la
criminalité, de la prostitution et de l’alcoolisme, aggravation du chômage
des jeunes, paupérisation des masses populaires de plus en plus miséreuses
face à l’enrichissement arrogant d’une petite minorité, seront difficiles à
endiguer, à guérir. On assiste en outre à une désagrégation de la cohésion
nationale mettant à rude épreuve le « sentiment du vouloir vivre ensemble
sur le même territoire » avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Bref,
les Tchadiens survivent sous une dictature oligarchique et transmissible et
non plus au sein d’une République devant leur assurer un meilleur avenir.
Idriss Déby a trahi son peuple, ses compagnons de lutte, ses parents, ses
amis, ses alliés, ses partenaires. Il se maintient au pouvoir par la force en
armant une milice privée dirigée par ses propres enfants et ses proches
parents lesquels sont épaulés par des mercenaires étrangers. Il prend les
Tchadiens en otage et accapare la totalité des ressources du pays. Principal
employeur du pays, il contrôle totalement la nomination des
fonctionnaires dans l’administration publique. Pour trouver du travail,
bénéficier d’une promotion à un poste ou même d’une bourse d’étudiant,LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page12
12 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
obtenir un marché ou faire des affaires, se faire élire, et pour certains,
chercher simplement à « vivre et respirer », il faut faire allégeance à celui
qui a fait de ce pays sa propriété privée et des Tchadiens ses obligés.
Hostile à tout débat d’idées, il a complétement dénaturé la démocratie
en la banalisant, en la caricaturant à l’extrême pour ne retenir que le seul
aspect multipartiste. Ce multipartisme qui sert de paravent à sa dictature
a donné naissance à une prolifération de formations politiques, plus de
160 ! Mais pas d’opposition réelle car dépourvus de moyens, tant
intellectuels que matériels et financiers, les partis politiques sont
dépendants du pouvoir MPS et sont amenés à des compromissions et des
collaborations affligeantes.
On se pose alors des questions. Quels types de partis ou mouvements
politiques ont pu être ainsi créés ? Par qui l’ont-ils été ? À quoi
serventils ? Contribuent-ils à la consolidation de la démocratie ou à sa négation?
Ou servent-ils uniquement à promouvoir l’ascension de quelques
individus au détriment des populations ?
D’ores et déjà, on peut affirmer que le multipartisme conçu à la Déby
a détruit l’unité nationale et la cohésion du pays car, faute de programme,
de visées nationales et de moyens, force est de constater que les partis
politiques, comme également les mouvements armés, recrutent
principalement leurs adhérents, non en fonction des idées mais en
fonction de l’appartenance ethnique. Cela s’explique par le sort réservé
aux populations. Abandonnées à elles-mêmes ou violentées, désespérées,
elles sont poussées à des réflexes communautaires pour trouver protection
et sécurité au sein de leurs ethnies, de leurs clans, de leurs familles. Les
partis politiques et les mouvements armés reflètent ces repliements
préjudiciables à l’unité du pays qui se déchire, s’émiette, se disloque.
La vie politique tchadienne, après trente années de parti unique et de
régimes militaires, a donc débouché sur un multipartisme qui montre ses
limites lorsqu’il s’agit d’instaurer la démocratie et de réaliser l’unité
nationale. C’est le principal défi à relever à tout prix !
Que sont devenues les vertus du multipartisme tellement chantées à la
conférence de La Baule ?
Mais ceux qui ont choisi la voie des armes, ont-ils fait un meilleur
choix que leurs concitoyens ayant préféré la voie de l’opposition
démocratique ? Sinon, quelles sont les véritables causes de leur échec ?
Comment en est-on arrivé à cette situation politique d’une ampleur
aussi dramatique ? Que faire devant cette impasse politique où aucune
règle du jeu n’est respectée ? Que reste-t-il aux citoyens comme moyensLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page13
INTRODUCTION 13
d’opposition, sinon la lutte armée, devenant non seulement une exigence
politique et morale mais un devoir ? Est-ce l’unique raison pour laquelle
de nombreux Tchadiens abandonnent la voie pacifique et s’engagent dans
la rébellion ?
On sait maintenant que bon nombre de déçus entrés en dissidence
contre le pouvoir central, influencés par les méthodes de Déby, n’ont pas
su transcender leur tribalisme et se révèlent à leur tour tout aussi
opportunistes que revanchards, reléguant au second plan l’intérêt
national. C’est également l’une des principales causes de la multiplication
des fractions armées et des partis politiques légalisés qui, sans exception
notable, on l’a vu, prennent une tournure clanique. En se masquant
derrière une phraséologie nationaliste, la plupart des opposants ont pour
objectif non pas d’apporter un réel changement à la vie politique mais
uniquement de prendre la place de Déby. En faisant du Tchad l’un des
pays au monde où prolifèrent tant de mouvements armés, ils créent ainsi
une situation où se creuse, s’approfondit et s’aggrave la fracture nationale.
Notre étude essayera dans un premier temps de recenser les
innombrables partis politiques créés de 1991 à 2012 tout en laissant le
soin à d’autres, politologues ou historiens, de les étudier en profondeur
par la suite, d’autant plus que nous n’avons pu obtenir tous les documents
nécessaires à leur analyse, aussi bien sur leurs origines historiques que sur
leurs objectifs, leur organisation et leur implantation.
Dans un second temps, nous étudierons plus en détails les partis
politiques ayant pratiqué une opposition active depuis la prise du pouvoir
par Idriss Déby en mettant l’accent sur leur formation et leur évolution.
Puis, nous évoquerons les obstacles rencontrés par les mouvements
d’opposition armés dans leurs diverses et malheureuses tentatives d’union
face au régime répressif en place et tenterons de proposer une politique
différente de celle avec laquelle la plupart d’entre eux ont été initiés, ont
grandi et évolué.
Au cours de cette approche, nous mentionnerons l’ingérence
intempestive du Soudan dans la crise tchadienne dont l’objectif inavoué
était de satelliser et de contrôler les mouvements armés tchadiens pour
mieux asseoir son influence sur le Tchad.
En conclusion, nous donnerons quelques pistes de solutions en vue de
résoudre la crise politique tchadienne et ferons des propositions concrètes
pour que puisse s’instaurer dans notre pays une démocratie éducative et
constructive.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page14
El-Fasher
GeneinaLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page15
I
Les partis ou groupements politiques légalisés
Avant son accession à l’indépendance le 11 août 1960, le Tchad a
connu, à l’instar des autres pays d’Afrique colonisés par la France, un
(1)système de multipartisme « parrainé » . Mais rapidement le pays a évolué
vers des pouvoirs politiques durs et autoritaires étouffant toute liberté. Ce
type de gouvernance conduit infailliblement vers un cycle infernal où à la
violence et aux répressions répondent d’autres violences. Il en résulte une
instabilité politique chronique comme nous connaissons depuis lors où la
dictature perdure, en étant néanmoins menacée par des mouvements
rebelles qui naissent, meurent et renaissent sans cesse. Au Tchad, les
premiers mouvements armés apparaissent en 1963, dont le Frolinat.
Pourtant, avant l’indépendance du Tchad, durant la période dite de la
(2)Loi-cadre, existait et se pratiquait un multipartisme de bonne augure
avec le PPT-RDA, Parti Progressiste Tchadien, section locale du
Rassemblement Démocratique Africain ou RDA qui en 1962, deux ans
(3)après l’indépendance, devint parti unique . En 1973, le PPT-RDA fut
(1) La majorité des partis politiques tchadiens étaient créés avec l’aide des colons, partis affiliés à ceux
de la métropole, ainsi L’Union démocratique tchadienne (UDT) affilié au Rassemblement du Peuple de
France (RPF), le Parti progressiste tchadien (PPT), section du Rassemblement démocratique africain (RDA)
affilié au Parti communiste français d’abord, puis à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance
de François Mitterrand ensuite, le Mouvement socialiste africain (MSA) affilié à la Section française
internationale ouvrière (SFIO).
(2) Il y avait entre autres : le PPT/RDA, le Parti National Africain (PNA) une coalition regroupant l’Union
Démocratique et Indépendante du Tchad (UDIT) de Jean Baptiste, le Groupement des Indépendants et
Ruraux du Tchad (GIRT) de Djibrine Kherallah, le Mouvement Socialiste Africain (MSA) de Ahmed
Koulamallah, l’Action Tchadienne de Mahamat El Goni, le Mouvement pour l’Émancipation Sociale de
l’Afrique Noire (MESAN) de Kodébri Nagué et l’Union Nationale Tchadienne (UNT)…
(3) « Je rappelle ici le rôle de la primauté du parti sur les organes du gouvernement et du législatif,
primauté qui se définit par le pouvoir de conception et de contrôle de toute la politique économique,
sociale et culturelle de notre pays (…) car le PPT/RDA est l’incarnation de la Nation et de la volonté
populaire ». Président François Tombalbaye, au Congrès de Fort-Lamy, 27 février 1967. Tous les partis
politiques furent interdits à l’exception du PPT/RDA par une ordonnance du 19 janvier 1962.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page16
16 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
remplacé par le Mouvement National pour la Révolution Culturelle et
Sociale, MNRCS, également parti-État
Un coup d’État perpétré en 1975 mit fin à cette première dictature.
Toutes les institutions politiques furent dissoutes, remplacées par un
régime militaire dirigé par le général Félix Malloum. Trois ans après, au
début de l’année 1979, ce régime fut à son tour balayé pour céder la place
à une coalition hétéroclite connue sous le nom de GUNT, Gouvernement
d’Union nationale du Tchad, dirigée par le président Goukouni
Weddeye, lui-même président du Frolinat, la branche la plus importante
des mouvements armés. De 1984 à 1990, un nouveau parti unique fit son
apparition : l’Union Nationale pour l’Indépendance et la Révolution,
UNIR, placée sous la présidence d’Hissein Habré. Et enfin de 1991 à nos
jours, un régime dit de multipartisme s’est installé au Tchad sous la férule
du général Idriss Déby. On compte ainsi plus de 160 partis ou
groupements politiques dominés et contrôlés par le Mouvement
patriotique du Salut, MPS, parti-État.
Idriss Déby n’a pas perdu de temps. Dès sa prise de pouvoir en 1990, sous
prétexte de démocratie, par l’ordonnance du 4 octobre 1991 portant le
numéro 015/PR/91, il permet le multipartisme au Tchad. Cette ordonnance
fixe les conditions de création, de fonctionnement et de dissolution des partis
et permet à quiconque d’en créer un. Aussi, a-t-on assisté à une prolifération
des partis qui ne sont souvent que « la manifestation d’ambitions et
d’appétits mal définis et de fonds de commerce que leurs chefs dissimulent
sous un prétendu souci d’intérêt public. »
Le plus souvent, les partis politiques ne servent donc que de paravents
pour d’autres activités plus lucratives ou encore pour assouvir la soif
d’honorabilité de leurs chefs sur la place nationale. Comment en est-on
arrivé à cette situation d’une ampleur inquiétante où force est de constater
que l’intérêt individuel prime sur l’idéologie et l’exigence de servir le
pays ? LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page17
I. LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES LÉGALISÉS 17
I. Liste des partis politiques légalisés au Tchad de 1990 à 2012
(Art. 49 de l’ordonnance 15/PR/95).
Dates de légalisa-Nombre Sigles - Dénominations Responsables Observations
tion & n° de folio
1. ACTUS - Action Tchadienne Dr Abdelkerim 051-31/10/92 Ce parti a connu une
pour l’Unité et le Socialiste Fidel Moungar scission.
2. AD - Al-Djama Gaourang Ngarmirti 073-15/01/02
3. ADF - Alliance Djérareou Bakita Raymond 019 bis 08/07/94 Parti fédéraliste.
Démocratique Forte
4. ADR - Alliance des Younous Ibédou Awat 179-14/04/09 Légalisée à la suite
démocrates résistants d’un accord de paix.
5. AFP - Alliance des Forces Gapili Barne Gondebgue 139-10/03/08
du Progrès
6. Al-Nar - Alliance Nationale Acheikh Abdallah Saleh 173-26/01/09
républicaine
7. Al-Nassour - Parti Alnassour Mahamat Annadif Youssouf 159-18/09/08 Création encouragée
par le MPS.
8. Al-Wassat - Alwassat Dr Abdérahim Younous
9. ANC - Alliance nationale Yacoub Abderaman Il a réintégré le MPS.
pour le changement
10. AND - Alliance nationale Salibou Garba 031-23/05/92
pour la démocratie
11. AND/R - Alliance nationale Joseph Yodoyman, 004-09/01/93 Dissidence de l’AND.
pour la démocratie et le Ndjekornondé Tapounbaye
Renouveau Josué
12. ANP - Alliance nationale Fatimé Naguid 97-11/04/06
pour le Progrès
13. ANSD - Alliance nationale Mang Igri Taïda 061-16/06/98
pour la Solidarité et la
Démocratie
14. APUD - Action du peuple Béchir Bisco Hama 047-27/03/96 Il a réintégré le MPS.
pour l’Unité et le
développement
15. ARD - Action pour la Mbailaou Naimbaye 065-22/02/01 Parti fédéraliste
République, la démocratie Lossimian modéré.
et le développement
16. ARDETT - Action révolution- Issa Abdallah 83-15/08/03
naire pour la
démocratisation totale du Tchad
17. ART - Action pour le Oumar Boukar 057-22/04/93 Allié du MPS.
Renouveau du Tchad
18. ASRI - Alliance socialiste pour Nadji Madou 133-26/12/07 Une scission du
un renouveau intégral. Viva-RNDP
encouragée par le MPS.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page18
18 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
19. ATD - Alliance Tchadienne Abderaman Djasnabaye 029-25/06/92 Une scission de
pour la Démocratie et le l’AND encouragée
Développement par le MPS
20. Caméléon - Parti Caméléon Kram Abel Ali 115-26/12/06
21. CDF - Convention pour la Golhor Ali Gabriel 077 Un fédéralisme
Démocratie et le d’abord radical puis
Fédéralisme modéré
22. CNDS - Convention Adoum Moussa Seïf, 023-15/06/92 Il se réclame de la
Nationale Démocratique et Adoum Daye Zere et social-démocratie.
Sociale Hassan Ahmat Patcha Adoum Moussa Seïf
est entré en
dissidence en 1997.
23. CNT - Concorde nationale Ousman Al-Fal Hamid 199-26/3/2010
tchadienne
24. CONAPO - Convention Mahamat Nour Moustabechir 153-13/08/08
nationale populaire
25. CNPDT - Convention natio- Mbaïlelem Ndoko Manassé 095-05/04/06
nale pour la paix et le
développement au Tchad.
26. CNPDT/ACTION - Mberkoubou Hyppolite 125-10/01/07
Convention nationale pour
la paix et le
développement au Tchad/Action
27. CSDT - Convention des Younous Ibédou, 043-27/05/92 Sensibilité
socialeSociaux-Démocrates Poddi Djimet démocrate.
Tchadiens Ibédou entré en
dissidence s’est rallié.
28. CSNPD - Comité de Ketté Nodji Moïse Légalisé à la suite
Sursaut National pour la d’un accord de paix.
Paix et la Démocratie Parti fédéraliste.
Ketté a été exécuté
extra-judiciairement.
29. CTPD - Convention tcha- Laoukein Kourayo Médard 139 bis-28/03/08 Laoukein Bardé fut
dienne pour la Paix et le exécuté par le
développement pouvoir.
30. FAR/PF - Fédération Action Yorongar Ngarléjy Folio sans n° Parti fédéraliste
pour la République/Parti Le Moïban
31. FAR/PD - Fédération Action Adoum Mahamat Konto 157-17/09/08 Scission de la
pour la République/Parti FAR/PF encouragée
démocratique par le MPS.
Fédéraliste.
32. FPD - Front patriotique pour Djédouboum Reouro 051-04/09/96
la Démocratie
33. LANAD - La Nouvelle Kodio Luaderim
Alliance Démocratique
34. LINGUI Dr. Madani Mahamat Oumar 049-23/04/96LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page19
I. LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES LÉGALISÉS 19
35. MCD - Mouvement pour le Moussa Mahamat Idriss 183-04/06/09
Changement démocratique
36. MDD - Mouvement pour la Brahim Mallah Mahamat 175-13/03/09 Légalisé à la suite
démocratie et le dévelop- d’un accord de paix.
pement au Tchad
37. MDN - Mouvement pour la Laoukissam Nissala 87-26/03/04
démocratie et le
Nationalisme
38. MDS - Mouvement pour la Hissein Hassan Haroun Créé en 2011
Démocratie et le
Socialisme
39. MDST - Mouvement pour la Ngarbaye Tombalbaye, 031-25/06/92 Favorable au
fédéraDémocratie et le Hamit Dahalob lisme après un
refeSocialisme au Tchad rendum.
40. MDU - Mouvement pour la Mahamat Badawi Annour 201-16/04/2000
Démocratie et l’Unité
41. MJPT - Mouvement pour la Nadjingaye Toura Ngaba 141-14/04/08
Justice et la Paix au Tchad
42. MLPC - Mouvement pour la Oumarou Kaou Abderaman 189-08/07/09
Liberté, la Paix et le
changement
43. MNR - Mouvement National Brahim Mahamat Tideï Il a réintégré le MPS.
de Redressement
44. MNRRD - Mouvement Abderaman Baba Souki 005-13/02/93
National pour la
Reconstruction et le
Rassemblement
Démocratique
45. MORENAT - Mouvement Bangui Antoine, 025-créé en 1995
pour le Redressement Seguembaye Nakiri
National du Tchad
46. MPDT - Mouvement pour la Mahamat Abdoulaye, 002-12/01/93 Mahamat Abdoulaye
Paix et le Développement Dr Hassan Souleyman a rejoint l’opposition
du Tchad Moussa armée, en 2011.
47. MPS - Mouvement Idriss Déby 001-04/01/91 Il se réclame de la
Patriotique du Salut social-démocratie.
48. MPT - Mouvement populaire Youssouf Moussa Youssouf 193-15/10/09
tchadien
49. MPTR - Mouvement des Brice Mbaïmon Guedmabaye 137-25/02/08
Patriotes Tchadiens pour la
République
50. MRN - Mouvement pour la Enoch Djondang créé en 2003
renaissance nationale
51. MRP - Mouvement révolu- Biré Titinian, René 021-08/07/94 Parti fédéraliste
tionnaire du Peuple DougnengarLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page20
20 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
52. MRS - Mouvement pour le Djimadoumadji Ngarodjel, 165-24/12/08
réveil et la révolution sociale Malloum Yoboidé Nderaki
53. MSA/R - Mouvement socia- Ibrahim Ahmed Koulamallah 079-10/02/03 Allié du MPS
liste africain/rénové
54. MSDT - Mouvement Mbaiteyo Makasmbaye 039-15/07/92 Il se définit comme
Socialiste pour la une gauche
humaDémocratie au Tchad niste et populiste.
55. MUD - Mouvement pour Maraby Julien, 021-14/06/92 Il se dit un parti de
l’Unité et la Démocratie au Kai Deglemine gauche.
Tchad
56. MUR - Mouvement pour Saleh Bourma Ali 123-09/01/07
l’Unité et le Renouveau
(1)57. PAP/JS - Parti Africain pour Néatobeye Bidi Valentin 003-13/02/93 Parti fédéraliste
la Paix et la Justice sociale
58. PCDD - Parti pour la Ali Sossal 151-23/07/08 Création
encouCitoyenneté, la ragée par le MPS.
Démocratie et le
Développement
59. PCN - Parti pour la Mahamat Térap 145-02/06/08
Convention Nationale
60. PDA - Parti démocratique Dr Guetti Mahamat 067-31/01/01 Après la disparition
africain mystérieuse du
Dr Guetti, le parti
disparaît.
61. PDAM - Parti démocratique Laoure Laoumeur Gondeye 121-04/01/07
pour l’Afrique moderne
62. PDCP/R - Parti démocrati- Monodji Ndeimian 109-13/11/06
que et culturel pour la paix
et le renouveau
me63. PDDL - Parti pour le M Doudjé née Ildjima 113-27/11/06
Développement Koumatou
Démocratique et les
Libertés
64. PDDT - Parti pour la Abdoulaye Issaka Adikher 057-11/03/97
Démocratie et le
Développement du Tchad
65. PDPT - Parti démocratique Djimet Clément Bagaou 177-14/04/09
du peuple tchadien
(1) Le PAP/JS propose de découper le Tchad en sept États fédérés : « 1 - État du Nord/Ouest comprenant
le Lac, le Kanem et les regions du Tibesti et du Borkou ; 2 - État du Centre-Ouest avec uniquement le
Mayo-Kebbi. 3 - État du Nord-Est comprenant le Ouaddai, le Biltine et l’Ennedi. 4 - État du
CentreEst avec le Batha, le Guera et le Salamat. 5 - État du Sud-Ouest comprenant la Tandjile, le Logone
oriental et le Logone occidental. 6 - État du Centre comprenant l’ensemble du Chari-Baguirmi. 7 - État
du Sud-Est avec uniquement le Moyen-Chari. N’djaména, ville neutre, serait le district fédéral abritant
la capitale de l’État fédéral du Tchad » Congrès ordinaire du 4 au 6 avril 2003, Moundou.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page21
I. LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES LÉGALISÉS 21
66. PDPST - Parti démocratique Gougou Abdoulaye 091-27/03/06
pour le progrès social au
Tchad
67. PDI - Parti pour la démocra- Beassoumda Djebaret Légalisé par une Parti fédéraliste
tie et l'indépendance inté- Julien décision de justice
grale
68. PDRT - Parti pour la Abderaman Adoum 103 bis - 02/06/06
Démocratie et la Mahamat
Réconciliation au Tchad
69. PDRT/U - Parti pour la Ahmat Mahmoud Khamis 155-17/09/08
Démocratie et la
Réconciliation au
Tchad/Uni
70. PDSA - Parti démocratique Malloum Yoboïdé Nderaki 191-03/08/09
et socialiste pour
l’alternance
71. PDPST - Parti démocratique Gougou Abdoulaye 91-27/03/06
pour le progrès social au
Tchad
72. PDT - Parti Démocrate du Dr Mahamat Abdoulaye 053-09/12/92 Une création du MPS
Tchad Dig-Djag disparaît ensuite.
73. PEDT- Parti Écologiste pour Djimadoum Joseph 205-26/05/2010
le Développement au Saringarti
Tchad
74. PJDA - Parti des Jeunes Djargolo Jairus 167-24/12/08
Démocrates tchadiens
pour l’alternance
démocratique
75. PLD - Parti pour les Libertés Pr. Ibni Oumar Mahamat 017-24/12/93 Pr. Ibni fut assassiné
et le Développement en 2008 par le régime.
76. PLT - Parti Libéral du Tchad Mika Lelita Yondoloum, 101-21/04/06
Dr Keleypetté Dono
77. PLUS - Parti Libéral pour Abbas Mahamat Ambadi Abbas a réintégré le
l’Unité et la Solidarité MPS, les autres
militants le PLD.
78. PMJD - Parti du Milieu pour Ahmat Mahamat Abdallah 185-08/06/09
la justice et le
développement
79. PND - Parti National pour le Idriss Haman Bello 011-24/12/93 Création
encouDéveloppement ragée par le MPS.
80. PNDR - Parti National pour Ahmat Abdoulaye Ogoum 75-01/02/02 Une dissidence de
la Démocratie et la l’UNDR encouragée
République par le MPS.
81. PNDT - Parti National pour Pallaye Seryabe 149-10/06/08
pour la démocratie au
TchadLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page22
22 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
82. PNGT - Parti Nouvelle André Bondo Kaïkoula 19/04/06
Génération Tchadienne
83. PNRD - Parti National pour Nadingar Djélassem
le Redressement Emmanuel
Démocratique
84. PPC - Parti du Peuple pour Mahamat Abba Absakine 103-21/04/06
le Changement
85. PPD - Parti Populaire Ahmadaye Hassan
Démocratique Aboul-Koussar
86. PPJE - Parti Populaire pour Issa Baba Hassan 199-26/3/2010 Création encouragée
la Justice et l’Égalité par le MPS.
87. PPRD - Parti Populaire pour Mora Touimbaye 195-18/03/2010
le Renforcement de la
Démocratie
88. PPRDT - Parti du Peuple Bergui Teddy Fidel Fondé en 2011
pour la Reconstruction et
la Démocratie au Tchad
89. PRT - Parti pour la Ahmat Nassour Affine 017-18/04/94
Renaissance du Tchad
90. PSD - Parti socialiste-démocrate Abdelsalam Idriss Yaya 135-25/02/08
91. PSDT - Parti socialiste - Mianbé Romian 033-30/06/92 Parti
social-démodémocrate du Tchad crate et fédéraliste
92. PSI - Parti socialiste indé- Ngadoua Cyriaque 181-22/04/09
pendant
93 PST - Parti socialiste tchadien Nguero Reniko 171- 24/12/08
94. PTRD - Parti Tchadien pour Absakine Haroun
le Renouveau et la
Démocratie
95. PUNDD - Parti d’Union Dr Mt. Oumar Al-Djazouli 031-01/06/95 Proche du MPS.
Nationale pour la
Démocratie et le
Développement
96. PUND/DDT - Parti d’Union Yaya Battit Ali 009- 21/09/93 Yaya est entré en
Nationale pour la dissidence puis s’est
Démocratie, le Dialogue et rallié.
le Développement du
Tchad
97. PUR - Parti pour l’Unité et la Mahamat Saleh Makki 013-04/11/93 Une création du
Reconstruction MPS et son allié.
98. PURN - Parti pour l’Unité et Naïm Sabit, Ahmat Adam 015-24/12/93 Naïm Sabit décédé.
la Reconstruction nationale Hachim
99. RAPAD - Rassemblement Nobo Djibo 163-17/10/08
du Peuple pour
l’AlternanceLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page23
I. LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES LÉGALISÉS 23
100. RAFOVIDENT - Rassemble- Hoinati Honimadji 037-24/11/95
ment des Forces vives
pour la Défense de
l’Environnement au Tchad
101. RDA - Rassemblement pour Mbainougam Alphonse 071-02/05/01
la Démocratie et
l’Alternance
102. RDC-PT - Rassemblement Zourmba Na-Mongoulkou 055-09/12/92
Démocratique Culturel Haram
pour la Paix et le Travail
103. RDCPR - Parti Monodji Ndéimian
Démocratique et Culturel
pour la Paix et le
Renouveau
104. RDD - Rassemblement Abakar Djidda Saleh 143-21/04/08
démocratique pour le
Développement
105. RDDT - Rassemblement Mohe Ngabo 063-29/12/00
pour la Défense de la
Démocratie au Tchad
106. RDJST - Rassemblement Tchanandé Helrégué
pour la Démocratie et la Mamadou, Jacob Tobio
Justice sociale au Tchad. Bourkinawa
me107. RDJST - Rassemblement M Ngaradoumri Bourkou 119-28/12/06
pour la Démocratie et la Louise, Jacob Tobio
Justice sociale au Tchad Bourkinawa
108. RDP - Rassemblement pour Lol Mahamat Choua 01bis-10/03/92
la Démocratie et le
Progrès
109. RDPJT - Rassemblement Mbainakoura Taro 129-12/12/07
des Démocrates pour la
Paix et la Justice au Tchad
110. RDP/P - Rassemblement Alhadji Issa 117-28/12/06 Une dissidence du
pour la Démocratie et le Abakar Mahamat RDP encouragée par
Progrès du Peuple. le MPS.
111. RDP/R - Rassemblement El Hadji Mahamat Seïd 89-31/10/05 Une dissidence du
pour la Démocratie et le RDP encouragée par
Progrès /Rénové le MPS.
112. RDPST - Rassemblement Samafou Baba 161-28/09/08 Parti proche du MPS.
pour la Démocratie et la Hassane Babikir
Paix Sociale au Tchad
113. RDR - Rassemblement des Dr Bena Kir Josué 081-17/07/03
Républicains
114. RDST - Rassemblement Martin Félix Kodjiga 169-24/12/08
pour la Démocratie et le
Socialisme au TchadLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page24
24 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
115. RDT - Rassemblement Dr Djebeté Le Soromian, 019-29/05/92 Création encouragée
Démocratique du Tchad Déoukari Nanimirai Yoik par le MPS.
116. RFDT - Rassemblement des Bangmadi Bernard, Bégué Parti créé par le MPS
Forces Démocratiques Alexandre Bouguidi mais son fondateur
Tchadiennes est décédé.
117. RFV - Rassemblement des Nakour Alatchi Fode Rallié au MPS
Forces Vives
118. RFVDET - Rassemblement Hoinathy Honimadji
des Forces Vives pour la
Défense de
l’Environnement au Tchad
119. RPJS - Rassemblement Ngaradoumri Bourkou 039
pour le Progrès et la Louise
Justice Sociale
120. RNDD - Rassemblement Mbaioumassem Esrom 147-10/06/08
des Nationalistes pour la
Démocratie
121. RNDA - Rassemblement Djibrine Alifa Il a réintégré le MPS.
National pour la
Démocratie en Afrique
122. RNDT/Le Réveil - Pahimi Padacké Albert 053-19/09/96 Une dissidence du
Rassemblement des Viva-RNDP
encouraNationalistes et gée par le MPS.
Démocrates tchadiens, le
Réveil
123. RNT - Rassemblement des Issaka Ramat Al Hamdou 011-20/05/92 Une création du MPS,
Nationalistes Tchadiens devenu un allié fidèle.
Il se réclame du
socialisme.
124. RPR/Lingui Mersilé Atti Mahamat 069-09/04/01 Une dissidence de
Rassemblement pour la LINGUI.
République et le Lingui
125. RPT - Rassemblement des Dangdé Laobélé Damaye, 007-30/04/92 Création soutenue par
peuples du Tchad Gang-non Mbaibal le MPS mais se dit
contre le bilinguisme.
126. RTL - Rassemblement des Issa Lone Mahamat 085-06/07/04
Tchadiens Libres
127. SONOR - Souffle Nouveau Kosmadji Merci 187-30/06/09
pour la République
128. T.A - Tchad Avenir Jôel Rimasbé Oulatar 047-26/09/92 Il se dit de gauche et
contre le bilinguisme.
129. UDP - Union pour la Hassan Younous
Démocratie et la Paix
130. UDPS - Union Mouta Talman Mbodou Ali 105-11/08/06 Création du MPS.
Démocratique pour le
Progrès SocialLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page25
I. LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES LÉGALISÉS 25
131. UDPT - Union Elie Romba Un fidèle allié du
Démocratique pour le MPS.
Progrès du Tchad
132. UDR - Union pour la Jean Bawoyeu Alingué 009-30/04/92 Parti libéral devenu
Démocratie et la allié du MPS en 2009.
République
133. UDT - Union Démocratique Abderaman Koulamallah, 035-04/07/92 Création encouragée
Tchadienne Mahamat Blama, modifié 035 du par le MPS. Son leader
Abderaman Koulamallah 05/03/2007 entré en rébellion s’est
rallié.
134. UET/Les Verts - Union des Badono Daigou 93-05/04/06
écologistes tchadiens/Les
Verts
135. UFD - Union des Forces Dr Nahor Ngawara Dr Nahor entré en
Démocratie Mahmoud rébellion puis s’est rallié
136. UFD/PR - Union des Forces Gali Ngoté Gatta 045-04/08/92 Un parti plus féministe
Démocratiques/Parti que les autres.
Républicain
137. UN - Union Nationale Abdoulaye Lamana 025-25/06/92 Devenu allié du MPS,
il se réclame du
libéralisme économique.
138. UNAT - Union Nationale Djagbi Mba Mbe puis 111-10/11/06
pour l’Alternance au Tchad Kourmadji Mariam Djelar
139. UNCT - Union pour le Adoum Hassan Issa 035-10/10/95 Créée par MPS, il a
Changement au Tchad pris ses distances.
140. UNDD/PP - Union Nationale Allakéré Arthomas 019-25/06/94
pour la Démocratie et le
Développement/Parti
Progressiste
141. UNDP - Union Nationale Abdel Khadre Yacine Bakhit Parti fédéraliste, il a
pour la Démocratie et le réintégré le MPS.
Progrès
142. UNDR - Union Nationale Saleh Kebzabo 041-21/07/92
pour le Développement et
le Renouveau
143. UPRCD - Union républicaine Mahamat Gadaye Nassour
des rénovateurs pour la
consolidation de la démocratie
144. UPTRN - Union du peuple Abakar Oumar, Son fondateur est
Tchadien pour la Abdoulaye Saleh entré en rébellion puis
Reconstruction Nationale s’est rallié.
145. UPD - Union pour la Paix et Hassan Younous Moussa 053-09/12/93
la Démocratie
146. UPTRN - Union du peuple Abdoulaye Saleh 017-29/05/92
tchadien pour la
reconstruction nationaleLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page26
26 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
147. USND - Union pour le Djokdelang Angobona
Sursaut national
démocratique
148. UR - Union républicaine Dr Tiebey Dalou Abdoul 131-12/12/07
149. URD - Union pour le Kamougué Wadal 013-20/05/92 Partisan du
libéralisRenouveau et la Abdelkader me et d’une
fédéraDémocratie tion par étape.
150. VIVA-RNDP - Rassemble- Dr Delwa Kassiré 005-02/04/92 Il se réclame d’une
ment National pour la Coumakoye Nouradine « démocratie
humaDémocratie et le Progrès niste et participative ».
Cette liste des partis politiques légalisés n’est ni complétement exacte ni
exhaustive puisque au fil des jours certains naissent ou disparaissent.
Toutefois, on estime à cent soixante environ ceux qui sont effectivement
répertoriés. Remarquons au passage que ce nombre dépasse de loin les 110
groupes ethniques recensés à travers le pays. En outre, il existe des partis
dont les responsables ont fui le pays pour continuer la lutte à l’extérieur.
Tableau des partis politiques en exil
Sigles - Dénominations Noms et PrénomsNombre Pays d’asile Observations
des Partis des Présidents ou SG
1. ACTUS/PRPE - Action Dr Ley-Ngardigal France Le seul parti communiste
Tchadienne pour l’Unité et Djimadoum tchadien.
le Socialisme/Parti
Révolutionnaire Populaire
et Écologique
2. CDC/PR - Convergence Jean-Didier Nandiguim Sénégal La CDC/PR est un parti de
Démocratique pour le Kamnadji droite dirigée par un ancien
Changement/Parti de la consultant international
Renaissance
3. FER - Front Extérieur de Le doyen Antoine Bangui France Bangui a été plusieurs fois
Rénovation ministre, retiré de la vie
politique active.
4. RDPL - Rassemblement Michelot Yogogombaye Suisse Yogogombaye fut ministre
Démocratique pour la Paix sous le président Habré.
et les Libertés au Tchad Son parti se reclame du
Centre gauche.
5. RNR - Rassemblement Dr Facho Balam France Balam a été plusieurs fois
National Républicain ministre.
Tchadien
Dans ce paysage politique tchadien, un fait saillant retient l’attention :
depuis 1996, quelles que soient les consultations électorales, le
Mouvement Patriotique du Salut, le MPS, rafle tous les suffrages et détientLES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page27
I. LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES LÉGALISÉS 27
en permanence la majorité absolue à l’Assemblée nationale. L’opposition
démocratique est donc reduite à la portion congrue. Peu écoutée, très
faiblement représentée, elle n’a pas les moyens d’infléchir la politique du
gouvernement. On est donc en droit de se demander si dans ces
conditions, les élections organisées au Tchad ont encore un sens.
II. Les partis représentés au moins une fois aux différentes assemblées nationales
(1997, 2002, 2011)
Nombre Sigles du Parti, Responsables Dates de légali- Nbre des Nbre des Nbre des
dénominations sation & n° de membres membres membres
(1) (2)folio à l’AN à l’AN à l’AN
(125) (155) (188)
en 1997 en 2002 en 2011
1. MPS- Mouvement Patriotique Idriss Déby 001-04/01/91 65 113 117*
du Salut
2. ACTUS - Action Tchadienne Dr Abdelkerim Fidel 051-31/10/92 2 1
pour l’Unité et le Socialisme Moungar
3. Alnassour - Parti Al Nassour Mahamat Annadif Youssouf 159-18/09/08 1
4. Alwassat - Alwassat Dr Abdérahim Younous 1
5. AND - Alliance Nationale pour la Salibou Garba 031-23/05/92 2 1
Démocratie et le développement
6. AND/R - Alliance Nationale pour Ndjekormondé Josué 004-09/01/93 1
la Démocratie et le dvt/R rénové
7. ART - Action pour le renouveau Oumar Boukar 057-22/04/93 1
du Tchad
8. CNDS - Convention Nationale Adoum Moussa Seïf, Adoum 023-15/06/92 1
Démocratique et Sociale Daye Zere, Hassan Ahmat
Patcha
10. CTPD - Convention tchadienne Laoukein Kourayo Médard 139bis-28/03/08 1 1 2
pour la Paix et le développement
11. FAR/PF - Fédération Action SEN. Yorongar Ngarléjy Le Folio sans n°
pour la République/Parti Moïban 4
Fédération – FAR
12. MDST - Mouvement pour la Ngarbaye Tombalbaye puis 031-25/06/92 1 10 1
Démocratie et le Socialisme Hamid Dahalob
au Tchad
13. MPDT - Mouvement pour la Mahamat Abdoulaye, 002-12/01/93 1
Paix et le Développement du Dr Hassan Souleymane
Tchad Moussa
14. MPTR - Mouvement des Brice Mbaïmon Guedmabaye 137-25/02/08 1
Patriotes Tchadiens pour la
République
(1) L’Assemblée nationale de 2002 a été prorogée jusqu’en 2011.
(2) Sur les 188 membres, il y a 164 hommes et 24 femmes soit 12,77 %.LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page28
28 TCHAD - LES PARTIS POLITIQUES
15. PAP/JS - Parti Africain pour la Néatobeye Bidi Valentin 003-13/02/93 1
Paix et la Justice sociale
16. PD - Parti pour la démocratie et Beassoumda Djebaret Légalisé par une 1 1
l'indépendance intégrale Julien décision de la justice
17. PDPT - Parti démocratique du Djimet Clément Bagaou 177-14/04/09 1
peuple tchadien
18. PDSA - Parti démocratique et Malloum Yeboïdé Nderaki 191-03/08/09 2
socialiste pour l’alternance
19. PLD - Parti pour les Libertés et Pr Ibni Oumar Mahamat 017-24/12/93 3 Boycott des 1
le Développement élections
20. PPJE - Parti politique pour la Issa Baba Hassan 199-26/3/2010 1
Justice et l’Égalité
21. PUR - Parti pour l’Unité et la Mahamat Saleh Makki 013-04/11/93 2
Reconstruction
22. RAPAD - Rassemblement du Nobo Djibo 163-17/10/08 1
Peuple pour l’Alternance
23. RDP - Rassemblement pour la Lol Mahamat Choua 01bis-10/03/92 3 10 9
Démocratie et le Progrès
24. RFDT - Rassemblement des Bangmadi Bernard, 1
forces démocratiques au Bégué Alexandre Bouguidi
Tchad
25. RNDT/Le Réveil - Rassemblement Pahimi Padacké Albert 053-19/09/96 1 8
des nationalistes et démocrates
tchadiens – le Réveil
26. RPR/Lingui = La paix Mersilé Atti Mahamat 069-09/04/01 1
Rassemblement Pour la
République et le Lingui
27. SONOR - Souffle nouveau pour Kosmadji Merci 187-30/06/09 1
la République
28. UDR - Union pour la Jean Bawoyeu Alingué 009-30/04/92 4 Boycott des 2
Démocratie et la République élections
29. UDT - Union Démocratique Abderaman Koulamallah, Mahamat 035 – 04/07/92 1
Tchadienne Ousmane Ngar Gnargue
30. UET/Les Verts - Union des éco- Badono Daigou 93-05/04/06 1
logistes tchadiens/Les Verts
31. UFD/PR - Union des Forces Gali Ngoté Gatta 045-04/08/92 1
Démocratiques/ Parti
Républicain
32. UN - Union Nationale Abdoulaye Lamana 025 – 25/06/92 1
33. UNDR - Union Nationale pour Saleh Kebzabo 041-21/07/92 15 5 10
le Dvt et Renouveau
34. URD - Union pour le Kamougué Wadal 013-20/05/92 29 3 8
Renouveau et la Démocratie Abdelkader
35. USND - Union pour le Sursaut Djokdelang Angobona 1
national démocratique
36. VIVA-RNDP - Rassemblement Dr Nouradine Delwa Kassiré 005-02/04/92 5 5
national pour la démocratie et Coumakoye
le progrès LES PARTIS POLITIQUES-1erDEC.14_LES PARTIS POLITIQUES 01/12/14 06:08 Page29
I. LES PARTIS OU GROUPEMENTS POLITIQUES LÉGALISÉS 29
Au total, 36 partis ou groupements politiques sur les 160 ont eu au
moins un représentant à l’Assemblée nationale pendant les trois
législatures successives de 1997, 2002 et 2011.
Contrairement au vent de démocratie qui souffle sur presque tous les
pays de la planète et permet à des peuples longtemps bâillonnés de
retrouver l’usage de la liberté, le multipartisme au Tchad prend plutôt la
tournure d’une farce, avec un nombre pléthorique de petites formations
politiques qui n’ont de réalité que leurs noms. Elles se caractérisent par
leurs tendances mouvantes, leurs fréquentes scissions, le retournement de
veste de leurs dirigeants et militants, la similitude de leurs programmes
politiques. Ces diverses données rendent complexe l’examen de leur
histoire et difficile leur analyse. Il reste que, parmi la cent-soixantaine de
partis et groupements politiques tchadiens, à peine une quinzaine
parvient à exister sur la scène politique et à y acquérir une audience qui
dépasse parfois le cadre ethnique, régional et confessionnel. Une telle
réussite s’explique soit par leur implantation locale et la fidélité de leurs
électeurs, soit par le bon vouloir du président Idriss Déby, très attentif à
leur niveau d’opposition à son pouvoir ainsi qu’aux alliances électorales
nouées avec le MPS.
Notre éloignement du terrain, la difficulté d’obtenir des informations
tant sur les partis ou groupements politiques que sur leur
fonctionnement, nous ont amené à ne présenter que de manière succincte
ceux qui ont joué un rôle important dans l’animation et la gestion de la
vie publique. Passons-les donc en revue :
1. Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme (ACTUS)
du docteur Abdelkerim Fidel Moungar
Abdelkerim Fidel Moungar est né vers 1948 à Doba dans le
Logone oriental. Il est médecin-chirurgien et vit en France. Il
fait partie de la génération des jeunes Tchadiens des années
1970 ayant fait des études universitaires. Engagé dans le
militantisme estudiantin au sein de l’AESTF, association des
étudiants et stagiaires tchadiens en France, en 1978 il en devient le président.
Quelques années plus tard, il s’engage dans des activités politiques en créant à
Amiens en 1981, avec le soutien de quelques intellectuels du Sud-Tchad
résidant en France, l’ACTUS, parti d’orientation communiste dont il devient le