Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 24,75 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Télévision française la saison 2006

De
400 pages
La Saison 2006 propose un panorama raisonné et critique d'une année de télévision à travers fictions et documentaires, avec de nombreuses photos en noir et blanc. On y trouve aussi une rubrique télévision en livres, revues et DVD, un index des réalisateurs, auteurs et compositeurs, les listes complètes des fictions et documentaires et des fiches et notes les concernant.
Voir plus Voir moins

télévision française:
la saison 2006
une analyse des programmes
du 1 er septembre 2004 au 31 août 2005 En couverture :
Kaamelott © Pascalito, M6
Clara Sheller © Gifles Schrempp, France 2
Dans la tête du tueur © Patrick Rocen, TF1
Nuit noire © Thierry Ozil, Canal+
Les Grahonautes © Amuse films, Millimages, France 2
Plus belle la vie © Charlotte Schousboe, France 3
Le Rossignol © Agat Films et Cie, ARTE France
Le Voyageur sans bagage © Philippe Besnard, France 3
Simone Veil, une histoire française © DR, AMP, France 5
Eurasia © NHK, France 5
Profils paysans © Raymond Depardon, Canal+
Élodie Bradford BB Films, M6
© L'Harmattan, 2006
ISBN : 2-296-00101-7 Dirigé par
Christian Bosséno
télévision francaise :
la saison 2006
une analyse des programmes
du 1 er septembre 2004 au 31 août 2005
L'Harmattan L'Harmattan Inc.
5-7, rue de l'École-Polytechnique 55, rue Saint-Jacques
75005 Paris — FRANCE Montréal (Qc) — CANADA H2Y 1K9
Les 5 jours de Pékin... et les 15 ans de la Saison
Les 5 jours de Pékin... et les 15 ans de la Saison
Pour la seconde fois, La Saison a été appelée à sélectionner les films de télévision
présentés à l'occasion d'une importante manifestation internationale se proposant
de faire connaître et d'illustrer la fiction française dans ce qu'elle a de creatif et
d'original. La première fois, ce fut pour la Semaine de la fiction française organisée
par le Groupe 25 Images, regroupant la majorité des grands réalisateurs français
de télévision et baptisee Télétek, qui s'était tenue à New York en septembre 2002.
C'est à Pékin, au Centre culturel français, inauguré il y a moins d un an, le seul
centre culturel ouvert en Chine par une nation étrangère, que le même Groupe
25 Images mettait sur pied, avec le concours des services del ambassade de France
et le soutien de la SACD, une seconde Semaine de la fiction française, une seconde
Télétek, du 21 au 25 octobre 2005 (voir le compte rendu dans le chapitre Que la
fête commence).
Cette manifestation suscita un formidable engouement chez un public, en ma o-
rité jeune, qui se pressait à chaque séance, et des étudiants de cinéma et d'audio-
visuel, qui assistèrent également à six « master classes » organisés dans les uni-
versités.
A l'heure où La Saison bouclait son quinzième opus, nous avons éprouvé un
grand honneur à être une nouvelle fois désignés pour choisir, parmi un corpus
d'environ 600 programmes, les huit films récents qui seraient proposés au public
chinois. Un très belle consécration pour notre équipe, mais une très grande res-
ponsabilité aussi. Nous avons consacré à cette sélection, après que chacun de nous
eut réfléchi et établi sa liste personnelle, un comité de rédaction spécial au cours
duquel nous avons — longuement — confronté nos points de vue, en nous efforçant
de rendre compte de la richesse des oeuvres.
Les fictions que nous avions élues délivrent un message sur l'état de la société
française et de son histoire, sur notre rapport à cette histoire, et sur la réflexion
esthetique des auteurs de téléfilms, leur qualité, leur originalité, leur regard, leur
poésie parfois.
Cette richesse et cette diversité font que, quinze ans après la création de La Sai-
son, notre curiosité et notre enthousiasme à scruter le petit écran et à en proposer
un recensement critique le plus exhaustif possible restent intacts.
Ce qui anime la vingtaine d'auteurs bénévoles qui font La Saison, qu'ils soient
issus de la critique cinematographique, de l'enseignement ou d'autres milieux pro-
fessionnels, c'est la conviction partagée que la télevision, champ de création, vivier
d' oeuvres et d'auteurs, mérite, tout autant que le cinéma, un regard analytique sans
complaisance, un véritable dispositif critique, illustré par ce travail de réflexion et
de mémoire que propose notre Saison.
Christian BOSSÉNO
5 I IERE ED I T ION N° 743 E 1_1 D I 3 MARS 0
Le dernier «Léviathan » de Hobbes, écrit en latin, sort en français,
L'écume des jours
L'ÉCUME DES JOURS
petite chronologie du 1" septembre 2004
au 31 août 2005)
par Christian Bosséno, Jean-Pierre Piton, Nicolas Schmidt.
compte beaucoup sur le ton et le dispositif nouveaux 2004
qu'il apportera au journal face à l'insolente supré-
matie du JT de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 (50 %
d'audience contre 17 à 18 % pour France 2). Hebdo.
er septembre : Maternelles. Karine Le Mar- Le magazine, Les 109, de Paul Ainar, change de
chand est la nouvelle animatrice de Maternelles, le titre et devient D'un monde à l'autre. Diffusé le
magazine que France 5 a destiné aux parents et fu- samedi à 13 h 35 sur France 5, son dispositif reste
turs parents, produit par Néria et réalisé par Pascal identique : chaque semaine, un invité est interrogé
Hendrick. Elle succède à Maïtena Biraben qui re- par un groupe de jeunes, 12 garçons et filles âgés de
joint Canal+. Karine Le Marchand a débuté en 1966 18 à 25 ans et issus de tous les milieux.
sur M6, a bénéficié d'une expérience variée sur TV5
et France 2. Elle présentait jusqu'en juin À vos quar- 10 septembre : Fauteuil. Yves Bigot (49 ans)
tiers, magazine de proximité de France 3 Île-de- est nommé directeur des programmes de France 3
France. en remplacement de François Tron.
2 septembre : Mode Télé-docu réalité nou- 13 septembre : Maïtena. « Découverte » en
velle tendance, Le Pensionnat de Chavagnes, sur Suisse par Thierry Ardisson qui lui confiait alors le
M6, participe de l'engouement pour les émissions magazine estival Vue sur la mer, engagée il y a trois
de télé-réalité. On y voit 24 gamins (12 garçons, ans par France 5, Maïtena Biraben a connu le succès
12 filles de 14 à 16 ans), tous en uniforme, trans- (et le 7 d'Or de la meilleure émission éducative)
portés dans le contexte d'une institution scolaire des avec Les Maternelles. Elle cède aujourd'hui aux (in-
années 50, caractérisée par une discipline sans faille. sistantes) sirènes de Canal+, où elle présente Nous
Tous les objets si familiers aux bambins d'au- ne sommes pas des anges, émission de la mi-journée
jourd'hui comme les téléphones portables, bala- qui veut apporter une réponse pratique à toutes les
deurs, calculatrices, CD, ordinateurs et téléviseurs questions que tout un chacun peut se poser. Docu-
sont évidemment bannis et la prise quotidienne mentaires. Et si l'on programmait des documentai-
d'huile de foie de morue est obligatoire ! Dans le res en « prime time » ? C'est le pari, sur France 3
rôle de l'adjudant, pardon du surgé, le redoutable avec la collection Histoires d'aujourd'hui, qui en-
Bernard Navoron. Scrogneugneu ! visage le monde où l'on vit à travers des personna-
ges du quotidien. Première, ce soir, avec Les Anges
6 septembre : Décider ? Encore une émission gardiens de l'été (Les maîtres nageurs, guides de
cocooning ? Première sur France 3 du magazine J'y montagne, patrouilleurs d'autoroutes, etc.) réalisée
vais, j'y vais pas présenté par Valérie Benaïin qui par Amélie Gonzalez. Dans la même case, on pourra
reçoit chaque jour à 13 h 55 un(e) invité(e) ayant un découvrir des programmes exceptionnels comme
choix personnel ou professionnel à faire. L'anima- des docu-fictions. Une initiative à suivre ! Bocal.
trice lui indique les voies qui s'ouvrent et des spé- Guy Carlier a d'emblée réussi, avec son imperti-
cialistes ou des proches viennent débattre avec l'in- nente chronique Carlier dans le bocal, son entrée
décis(e). Bizuth. Premier JT de 13 heures sur dans On ne peut pas plaire à tout le monde, le cé-
France 2, pour Christophe Hondelatte qui succède lèbre magazine de Marc-Olivier Fogiel où il succède
à Daniel Bilalian. Depuis l'atrium de France 2, nou- à Ariane Massenet. Minorité ethnique visible. Au-
veau décor pour le plateau de tournage, Christophe drey Pulvar, présente avec Louis Laforge, le JT de
Hondelatte qui a acquis ses lettres de noblesse à la la nuit de France 3. Aussi ravissante que profession-
télévision avec, sur la même chaîne, la passionnante nelle, cette excellente journaliste et romancière est
collection Faites entrer l'accusé, bénéficie déjà la première femme noire à présenter régulièrement
d'une grande pratique du direct à la radio. On les informations sur une grande chaîne.
7 La Saison Télévision, édition 2006
tion : Éléphant et compagnie), magazine « très ancré 15 septembre : Bluff. Essai d'un nouveau
sur l'actualité », présenté en direct, et organisant des concept d'émission de divertissement avec Bluff im-
face à face avec des personnalités diverses. Ce soir... possible, sur M6, cocktail de jeu, de caméra cachée
Cécilia Sarkosy (entre autres). Un handicap : la mise et de télé-réalité dans lequel des candidats doivent
à l'antenne de cette nouvelle émission à 23 h 30. piéger leurs amis en leur faisant gober des histoires
farfelues. Ces impostures sont présentées par Jérôme
25 septembre : Et de trois ! Début sur Ca-Anthony et Virginie Efira. Audience décevante pour
nal+ de la troisième saison de 24 heures chrono avec une première avec 2,6 millions de téléspectateurs.
son héros, Jack Bauer, et son équipe du CAL (Cen-
tre Antiterroriste de Los Angeles), à qui rien ne sera 17 septembre : Patrimoine. Paris Première,
épargné pour, une fois de plus, sauver le monde. avec le soutien de l'INA, organise La Nuit du pa-
Suspense échevelé garanti. Homo. TFJ programme trimoine audiovisuel. On y verra notamment un nu-
Queer, 5 experts dans le vent, un divertissement méro d'Apostrophes diffusé le ler avril 1977, consa-
dans lequel 5 gays prennent en charge un quidam cré aux farceurs. Au menu de cette longue (mais
hétéro. La « victime » sera métamorphosée. riche) nuit, huit autres programmes de divertisse-
ment dont un Collaro show de 1985. Une plongée
Santé. Michel Cymes et Ma-27 septembre : passionnante dans les archives du petit écran.
rina Carrère d'Encausse proposent chaque jour de
semaine Le Magazine de la Santé au quotidien réa-
19 septembre : Banque. Philippe Gautreau lisé par Bernard Faroux et co-produit par 17 Juin
en a fait, dans la dernière Saison, une fixation quand Prod. et France 5.
il déplorait que les banquiers, dans les fictions, sont
toujours représentés comme des affreux. Le Crédit 28 septembre : Daniela. Daniela Lutnbroso
du Nord doit penser comme notre raisonneur n'a- remplacera Michel Field pour présenter Comme au
t-il pas, ce soir, en référé, fait déprogrammer Cau- cinéma (France 2) qui change de formule et
un téléfilm de Serge Meynard qui tion personnelle, conserve sa chroniqueuse Élisabeth Quin, une véri-
mettait en scène, dans le Nord, un banquier indélicat table cinéphile qui n'a pas sa langue dans sa poche.
qui, par carriérisme, grugeait son ami d'enfance et Tout le cinéma et rien que le cinéma.
le poussait à la faillite. Sous le prétexte que la ban-
que sans scrupule du film portait le nom de Crédit 6 octobre : Témoin (passage du). Eva Darlan
Rural du Nord. Encore heureux que le Crédit Agri-
succède à Charlotte de Turckheim dans le rôle du pro-
cole ne se soit pas senti visé ! (voir fiche Une bonne viseur du lycée Belgrand (en fait, les locaux du lycée
affaire). Jean-Baptiste Say, Paris XVY), dans Madame la Pro-
viseur (France 2). Premier épisode de la nouvelle sé-
22 septembre : Esthétique ? Si vous avez rie : La Loi du silence réalisé par Philippe Bérenger.
envie de vous livrer aux mains de spécialistes de la
chirurgie esthétique, gardez-vous bien surtout de re- 8-10 octobre : Cheval. Saviez-vous qu'il
garder la décapante série américaine Nip/Tuck sur existe un festival uniquement consacré aux meilleu-
Paris Première, qui relate crûment les aventures dra- res productions françaises et étrangères consacrées
matico-burlesques de deux praticiens aux caractères au cheval ? C'est Epona, qui tenait à Cabourg sa
et philosophies opposés mais associés, pour le meil- 1 le édition. Le premier prix dans la catégorie docu-
leur et pour le pire, le Dr Christian Troy et le mentaires est revenu à L'Homme, le cheval et l'oi-
Dr Sean McNamara. Sexe, mafia, hémoglobine, im- seau, dans la série Histoires naturelles (TF1 ) de
plants, liposuccions, ratages, rien ne nous sera épar- Jean-Pierre Fleury et Christophe Resse, consacré à
gné. Réjouissant. un fauconnier à cheval.
24 septembre : Culture. Directrice de France 10 octobre : Manèges. Premier numéro, sur
Culture, ancienne animatrice du Cercle de Minuit France 5, de Fête foraine, magazine hebdomadaire
sur France 2, Laure Adler revient à l'antenne sur proposé par Ardisson & Lumières et Téléparis ; Fré-
Arte avec Permis de penser, assistée d'un trio de déric Taddeï s'entretient, dans un parc d'attraction,
jeunes chroniqueurs : Nicolas Demorand, Cécile avec une personnalité du monde artistique, sportif
Ladjali, Ali Badou, dans un décor original conçu par ou culturel.
Patrick Bouchain. Coproduite par ARTE France et
MK2 TV. cette émission mensuelle propose un dé- 13 octobre : Bougies. C'est pas sorcier, le pas-
bat (le troisième vendredi de chaque mois) avec sionnant magazine pédagogique, mais aussi ludique
un(e) des plus grand(e)s intellectuel(le)s d'au- et inventif, de France 3, célèbre aujourd'hui ses
jourd'hui. Ce soir, le premier invité sera l'écrivain 10 ans soit 320 numéros, 2 240 maquettes réalisées et
israélien Amas Oz. Retour. Après une année à Ca- 1 000 personnalités (scientifiques, historiens...) inter-
nal+ où il animait Merci pour l'info, Emmanuel viewées. Les « sorciers » et leur célèbre camion-la-
Chain retrouve M6 avec Soyons directs (produc- boratoire ont parcouru de 1994 à 2004, 240 000 km !
8 L'écume des jours
Ce soir, ils sont à Atacama et à Chuquicamata, au nès et André Bourvil, sorti en 1966 et diffusé pour
Chili, et découvrent le télescope européen dit le VLT la première fois le 1" janvier 1976 !
(Very Large Telescope). Un nouveau personnage ac-
compagne Fred, Sabine, une cousine délurée. Rendre 25 octobre : Homo. Naissance de Pink TV,
ludique la science et répondre aux questions que cha- une espace de liberté cathodique pour les homo-
cun se pose est l'ambition de ce magazine, passion- sexuel(le)s, dirigée par Pascal Houzelot : « La
nant, vivant et très drôle. Bon anniversaire. Résonnez chaîne gay ouverte à tous. »
musettes. Premier numéro de C'est notre affaire,
nouveau magazine économique grand public de 1 er novembre : Pic. Record d'audience 2004
France 5 dont Carole Gaessler assure à la fois la co- pour M6 avec la diffusion du film Le Masque de
rédaction en chef et la présentation. Tous les mercre- Zorro qui réunit 7,5 millions de téléspectateurs
dis à 10 h 35. L'économie vue du point de vue du (29,7 % de Pda). Les records d'audience sont déte-
consommateur ou du citoyen. Ce programme « s'in- nus pour M6 par trois soirées de Loft story (1' et
téressera à l'économie de proximité, telle que chacun 20 éditions). Avec 6,9 millions, TF1 piétine (tout est
de nous la vit et la perçoit au quotidien, par le prisme relatif) avec sa fiction Premiers secours, téléfilm de
de la consommation ». Didier Delaître.
14 octobre : Abyme. M6 présente une émis- 14 novembre : Bougies. Le magazine Ripos-
sion, Gloire et fortune, parodiant les émissions de tes fête son 200' numéro. Magazine vedette de
téléréalité, dont elle est l'un des principaux initia- France 5 (plus de 10 % d'audience, soit 1,2 million
teurs. Un vrai candidat est persuadé de participer à de spectateurs fidèles), lancé en octobre 1999, cette
un vrai jeu, alors que ses concurrents sont neuf émission de débat, animée par Serge Moati, grand
comédiens professionnels. Pierre Dhostel est vrai- passeur cathodique, qui, visiblement, se régale, ges-
faux animateur. Cette imposture est l'adaptation fran- tes à l'appui, et se distingue de toutes les autres par
çaise du Joe Schmo show, diffusé aux États-Unis. sa liberté et son absence de langue de bois. L'ani-
mateur et producteur veille scrupuleusement à ce
16 octobre : Création. Un nouveau magazine que la confrontation soit réelle mais reste « frater-
de 26 minutes consacré à la mode s'inscrit tous les nelle » et respectueuse de la parole de chacun. À La
samedis à 9 h 40 sur la grille France 5, L'Atelier de Saison, on aime beaucoup.
la mode. Virginie Mouzat, ex mannequin, y reçoit
un invité dans le décor d'un atelier photo. 20 novembre : Bougies. Pour célébrer son
50 0 anniversaire, Télé Monte-Carlo fait la fête : un
20 octobre : Ras l'bol. Trop c'est trop et l'ou- week-end regroupe quelques animateurs qui ont dé-
trecuidance des tenants de la caméra cachée est de buté sur la chaîne, comme Sophie Garel, Nagui ou
moins en moins tolérable. Pour l'émission On a tout Jean-Pierre Foucault. Une émission, TMC Stroy
essayé (France 2) un sketch tourné par le chroni- (v. notule) est diffusée à cette occasion.
queur Thierry Marquet a frôlé l'agression pure et
simple. Une mère de famille, Chantal Goldstein (qui 24 novembre : Flics, etc. Arrivée sur M6 de
a porté plainte) est interpellée dans une petite quin- nouveaux héros récurrents. Deux flics d'abord, Jeff
caillerie par deux faux gorilles qui l'accusent d'avoir et Léo, tous deux flics, et un juge d'instruction,
volé des bijoux et la passent au détecteur à métaux. Alice. Un double rôle pour Olivier Sitruk et, entre
Ancienne candidate aux élections municipales de les deux, Emma Coberti (Alice) dans une série bap-
2001 dans le 10' arrondissement de Paris, la victime tisée tout simplement Jeff et Léo, flics et jumeaux !
a voulu condamner une pratique de plus en plus cou- Étienne Dhaene et Olivier Guignard signent ce « pi-
rante consistant à effrayer ou humilier des quidams lote » (y. fiche).
pour la plus grande joie des téléspectateurs. Pris de
cours, beaucoup, hélas, acceptent sans réfléchir de 2 décembre 2004: Édition. Sortie de l'ou-
signer l'autorisation de diffusion qu'on leur propose vrage Un film comment (voir compte rendu in Sai-
dès la fin de la séquence. son 2005), attractif, ludique et illustré, publié par le
groupe 25 Images pour interpeller davantage le pu-
24 octobre : Compte à rebours. Pour mar- blic et la profession sur les conditions de réalisation
quer les jours qui la séparent encore de son 20° an- des films de télévision.
niversaire, la chaîne cryptée Canal+ a la bonne idée
de rediffuser des programmes marquants de son his- 3 décembre : Musique. Nouveau rendez-vous
toire. À J-7, elle rediffuse Mémoires d'immigrés sur Canal+, consacré à des artistes de variété peu
(1997) de Yamina Benguigui, le premier film dans médiatisés, à l'occasion d'un concert, tourné sur
lequel la réalisatrice entamait, en donnant la parole cinq scènes différentes, dans les conditions du di-
aux immigrés, une passionnante quête d'identité. rect, et rythmé par des interviews ; cela s'appelle La
Marronnier. 14° rediffusion sur TF1 du film de Gé- Musicale, et nulle ne pouvait être plus habilitée
rard Oury, La Grande vadrouille, avec Louis de Fu- une véritable « enfant du qu'Emma de Caunes,
9 La Saison Télévision, édition 2006
rock ». Il est prévu deux émissions mensuelles. Pour la ligue I de football, pour la période 2005-2008.
la première, Cali, Mickey 3D, Miossec, Tryo, Laeti- Pour redevenir la chaîne du football, Canal+ (que
tia Cherijf Tété et Franck Monnet. d'aucuns disent avoir été piégée par TF I ) avait fait
cette offre qui laisse loin derrière elle TF1, qui avait
7 décembre : Lauriers. IL édition du Prix du offert 327 millions d'euros. Le prix a sextuplé de-
producteur français de télévision, décerné par le puis 2001-2002, il était alors de 106 millions.
Procirep. Étaient nominés : Zed, créée en 1996 et
dirigée par Manuel Catteau ; Les Films du Tambour 16 décembre : Les Montana (sont là). Une
nouvelle série policière et familiale arrive sur TF1 : de Soie, créée en 1987 et dirigée par un quatuor :
Muriel Sorbo, Cecilia Maldera, Dominique Gribail Les Montana. Cela ressemble un peu aux Cordier.
En effet, le concept et les personnages de Franck et Alexandre Cornu ; Pampa Productions, créée en
2000 et dirigée par Nicolas Traube ; Kuiv Produc- 011ivier placent la famille (corse) au centre de l'in-
tions, créée en 1979 et dirigée par Michel Rotman trigue : la fille, Laetitia (Anne Caillon) est comman-
Telfrance, la plus ancienne, dant de la Brigade criminelle. Charles, son père (Di-et Marie-Hélène Ranc ;
créée en 1949 et dirigée par Michelle Podroznik et dier Flamand), ancien patron de la PJ s'est recon-
verti dans la restauration. Voici Dérapage, le pilote, Christophe Marguerie ; Alphanim, créée en 1997 et
dirigée par Christian Davin ; K'ien Productions, réalisé par Benoît d'Aubert, sur un scénario de Ro-
créée en 1986 et dirigée par David Kodsi en 1986 ; bin Barataud, Jean Raynard et Franck 011ivier (sur
Quark Productions, créée en 1994 et dirigée par Pa- Les Montana, v. fiche Recherche enfant disparue).
trick Winocour et Juliette Guigou ; Flach Film,
23 décembre : Dérapage. Le tribunal correc-créée en 1983 et dirigée par Jean-François Lepetit
et enfin, Roche Productions, créée en 1994 et diri- tionnel de Dunkerque a condamné l'agresseur de Syl-
gée par Dominique Tibi. Le prix du producteur fran- vie, une invitée du magazine de Bataille et Fontaine,
çais de télévision 2004 est attribué à David Kodsi Y'a que la vérité qui compte. Le 3 mai précédent, elle
de K'ien Productions, le prix du jury à Patrick Wi- n'avait pas répondu à l'appel de son ex fiancé, qui
prétendait vouloir renouer avec elle, et avait laissé le nocour et Juliette Guigon de Quark Productions.
rideau fermé : 5 ans de prison fermes pour l'agression
sexuelle que Sylvie a subie peu de temps après. 9 décembre : Moulin ! Avec l'épisode inédit,
intitulé le « Commissaire Mou-Les Lois de Murphv,
lin », a réalisé, avec 9,5 millions de téléspectateurs, 27 décembre : Plongeon. Lancement, sur
France 2, d'un magazine, avec six numéros prévus, sa meilleure audience depuis 11 ans.
animés par Caroline Gaessler, Immersion totale, dont
le principe est de plonger durant un mois 24 heures 11 et 12 décembre : Bougies. Née le 13 dé-
sur 24, trois équipes de télévision dans un lieu public. cembre 1994, France 5, la chaîne éducative, fête ses
dix ans. Elle se nommait à l'origine La Cinquième et Le premier numéro a été tournée dans une maternité.
a réussi son pari d'être un facteur essentiel de partage
La Nourrice, de de la connaissance. Dès l'origine, sous la direction 28 décembre : Audience.
Renaud Bertrand et Claude Scasso (voir Saison de Jean Mino, de nouveaux programmes de 13 mi-
2005), présenté en août en avant première sur Fes-nutes, Les Écrans du savoir, étaient diffusés dans la
matinée. En août 2000, elle intègre France Télévi- tival a battu, à son passage sur France 3, le record
d'audience pour 2004 de la chaîne pour une fiction. sions et devient France 5, cependant que, peu après,
avec 7,1 millions de téléspectateurs. Le public a eu François Cottet succède à Jean-Marie Cavada à la
très bon goût. direction générale. Le succès d'émissions comme Les
Maternelles, puis de Ripostes de Serge Moati et de
C dans l'air d'Yves Calvi donnent à la chaîne, dont
l'audience ne cesse de croître, passant de 3,5 % à
7,5 % en dix ans. Parmi d'autres émissions phares de 2005
la chaîne, qui se partage entre documentaires et ma-
gazines, citons encore Debout les zouzous, L'Œil et
la main (à l'attention des sourds et malentendants), 4 janvier : Bougies. Musiques au coeur.
D'un monde à l'autre de Paul Amar, Le Bateau livre L'émission musicale d'Ève Ruggieri, aujourd'hui
de Frédéric Fernet et le magazine de réflexion et réalisée par Madeleine Simoni, fête ses 20 ans avec
d'analyse de l'image télévisée, Arrêt sur images de un florilège de grands moments du magazine. Au
Daniel Schneidermann. La chaîne est aujourd'hui di- programme, Vladimir Horowitz, Herbert von Kant-
rigée par Daniel Goudineau, un ancien cadre du Cen- jan, Pierre Boulez, Elizabeth Schwarzkopf, etc.
tre national du cinéma.
6 janvier : Bougies. Troisième année et tren-
12 décembre : Fricum. 600 millions d'euros, tième numéro de Double je (France 2), produit par
c'est ce qu'il en coûtera par saison à Canal+ pour Stéphane Lebon, l'exigeant magazine de Bernard Pi-
l'exclusivité des droits de télévision des matchs de vot consacré à celles et ceux qui ont ajouté la culture
10 L'écume des jours
française à leur culture originelle. Notre « passeur » dre une certaine liberté pour consacrer davantage de
avait eu, dès l'époque d'Apostrophes et de Bouillon temps et d'énergie à des activités plus directement
de culture, l' idée de ce magazine, en constatant com- artistiques ».
bien d'écrivains étrangers maîtrisaient notre langue.
Pour cette trentième émission réalisée par Bérangère 22 janvier : Embellie. Avec une audience
Casanova, sont invités : l'écrivain italien Umberto soit une pro-moyenne de 3,8 % de parts de marché,
Eco, la chanteuse grecque Angéline Ionatos, le pia- gression de 9 % par rapport à 2003, Arte a réalisé
niste libanais Abdel Rahman El Bacha. Contre- sa meilleure audience depuis sa création. Parler
point. Pour contrebalancer les cocoricos lancés par d'art. La télévision est trop parcimonieuse en ma-
TEl à l'occasion de ses écrasantes performances au tière d'émissions consacrées à l'art. On ne peut donc
palmarès des audiences où la chaîne occupe la quasi- qu'applaudir à cette initiative d' Arte qui propose une
totalité des cent premières places, le supplément nouvelle série L'Art et la manière en début d'après
télécinéradio du Nouvel Obs consacre, sous la plume midi, le samedi. Neuf émissions sont programmées.
de Véronique Broussard, trois pages sous le titre La Il s'agit, selon un concept proposé par Serge Moati
Petite boutique des horreurs de TF1 , un panorama et produit par Jean-Paul Boucheny, de présenter en
des magazines de deuxième partie de soirée de la 26 mn un artiste contemporain dans son environne-
chaîne. De Confessions intimes à Incroyable mais ment quotidien. Ainsi seront montrés, dans leur uni-
vrai, de Y 'a que la vérité qui compte à la bien grasse Christine Spengler, photographe, Xa-vers créatifs,
Méthode Cauet, neuf magazines vedettes sont pas- vier Veilhan, plasticien, Guy Pellaert, dessinateur
sés à la moulinette (supplément au numéro 2096 du s'étant illustré dans la BD, affichiste, notamment
Nouvel Obs). pour le cinéma.
10 au 14 janvier : Persévérer. Sur la se- 23 janvier : Dictée. Dernière finale des Dicos
maine, le feuilleton Plus belle la vie (20 h 20, d'or, émission co-produite par France 3, le Crédit
France 3) a rassemblé, en moyenne, 3,1 millions de Agricole et Lire, créée et animée par Bernard Pivot.
téléspectateurs (12,4 % de part d'audience), avec un Une ultime dictée « spéciale » aura lieu en automne
pic le 13 février de 3,3 millions : le meilleur résultat de cette année et verra s'affronter les 19 finalistes des
depuis le lancement de ce programme. Longévité. 19 années précédentes. Fugit irreparabile tempos !
A compter du 10 janvier et pour deux semaines, Des
chiffres et des lettres (France 2) fête son 40' anni-
25 au 27 janvier : Anniversaire. À l'occa-versaire en organisant une rencontre entre dix de ses
sion du 60e anniversaire de la libération du camp meilleurs compétiteurs depuis 20 ans.
d'Auschwitz, TFI présente Auschwitz, la solution
finale, du documentariste Laurence Rees, impres-1 1 janvier : Audience. Avec 30,4 % de Pda,
sionnante réalisation, en deux parties de long mé-Homo Sapiens, de Jacques Malaterre a réuni, sur
trage, sur l'évolution du camp, depuis son élabora-France 3, plus de 8 millions de téléspectateurs, une
tion jusqu'à sa destruction, en suivant la carrière du belle performance pour un feuilleton documentaire
commandant, Rudolph Hôss, et ses mémoires, écrits à l'heure de plus grande écoute (prime time).
avant son exécution.
13 janvier au 3 mars 2005: Docs. L'as-
28 janvier : Défaillance. À la suite de plu-sociation Documentaire sur Grand Ecran a pour but
sieurs articles de presse, notamment le portrait du d'organiser et d'animer un espace de diffusion de
jour de dernière page du quotidien Libération, programmes documentaires par la présentation en
présentateur du JT de Christophe Hondelatte, salles de films d'auteurs, d'oeuvres du répertoire et
13 heures de France 2, décide brutalement, quelques de productions récentes, françaises et étrangères pas
heures avant de prendre l'antenne, de ne plus pré-ou peu diffusés. Elle est présidée par Simone Van-
senter le journal, disant subir de plus en plus de nier. Elle présente notamment sur plusieurs semai-
pressions médiatiques, notamment concernant sa vie nes au Cinéma des Cinéastes (7, avenue de Clichy,
privée. Benoît Duquesne prend « au débotté » sa 75017) des cycles originaux. Ce dernier, Petites
succession. L'article de Libération intitulé Faculté conversations avec les dieux, regroupe des films
cathodique, avait comme sous-titre, « Christophe (dont plusieurs inédits) sur le thème du mysticisme
Hondelatte, 42 ans, tente d'imposer son style boy-à travers les religions et le monde.
scout au 13 heures de France 2 et fait le grand écart
entre sa foi et sa vocation précoce d'animateur ». 17 janvier : Adami. Philippe Ogouz, artiste
dramatique, metteur en scène et auteur, succède à
Pierre Santini qui ne souhaitait pas, après six années 29 janvier : Sous le soleil. Bernard Menez,
de présidence, se représenter à ce poste comme Pré- dans l'épisode Jessica's song, rejoint l'équipe de
sident du conseil d'administration de l'Adami. Sous le soleil, dans le rôle de monsieur Marbalo,
directeur d'une entreprise de surgelés (chaud et Pierre Santini, nommé à la direction d'un théâtre
municipal parisien, exprimait le besoin de « repren- froid !).
11 La Saison Télévision, édition 2006
C'est en général un rendez-vous de qualité avec un 3 février : Bougies. Envoyé spécial (France 2)
26 minutes, chaque numéro traitant d'un nouveau fête ses 15 ans. Créée par Paul Nahon et Bernard
sujet. C'est le plus souvent intéressant et fort bien Benyamin, héritière lointaine de Cinq colonnes à la
fait. La 900' émission est consacrée aux bébés pré-(1959), l'émission popularisait le reportage une
maturés. Émouvant. d'investigation. Un genre appelé à un bel avenir :
Complément d'enquête (France 2), Pièces à convic-
1" mars : 261. C'est le nombre des épisodes de tion (France 3), Lundi investigation (Canal+), Se-
NYPD blue, lancée en 1993, par la formidable série crets d'actualités (M6), Sept à huit (TF1), etc. Avec
le génial Steven Bochco auquel on doit également ses codes et son écriture, le rythme, la dramatisation
Hill Street blues et qui se termine aujourd'hui. L'ins-de l'information, le dosage des sujets.
pecteur bougon Sipowicz, Andy de son prénom, de
la 15' brigade, aura été l'un des héros les plus po-5 février : Avatar. Encore une déclinaison de
pulaires de la télévision aux États-Unis, où 16 mil-la télé-réalité. Mise à l'antenne sur TF1, 1 Compa-
lions de téléspectateurs ont assisté à cette dernière gnie est une version soft du concept anglo-saxon
précédée d'une rétrospective d'une heure. Crapahutages et vie militaire en Guyane Boot camp.
aux marges de la forêt vierge, caractérisent ce jeu
5 mars : Séries. Démarrage sur Jimmy de la casernicole animé par Laurence Boccolini. Avec le
4' saison de Six feet under, ou les mésaventures de lot habituel de « pipoles » en quête de notoriété. À
la famille Fisher, croque-mort à Pasadena en Cali-côté de cette pitrerie, la série cinématographique
fornie. Sa fin, cependant, est annoncée au terme de consacrée aux exploits de la 7' Compagnie fera fi-
la prochaine et cinquième saison. Adieu à Ruth, la gure de chef-d'oeuvre absolu ! C'est d'un mou, d'un
veuve fofolle ; Nat, le fils aîné, repreneur de l'en-ennui, bref impossible à regarder !
treprise ; David, son frère homo et son compagnon
Keith ; Claire, la soeur imprévisible et déprimée ; Bougies. Les Z'amours, l'une des 14 février :
Frederico Diaz, l'associé de la famille, « thanatho-émissions de jeu les plus populaires, diffusée en fin de
praxeur » virtuose.
matinée sur France 2, fête ses 10 ans. Inspiré par le
concept du magazine The Newly wed (Les Nouveaux
6 mars : Bougies. Le groupe de presse Prisma mariés), né sur la chaîne américaine ABC en 1966,
célèbre le dix-neuvième anniversaire de son hebdo-l'émission s' était d'abord appelée Les Mariés de l'A2
madaire Télé Loisirs lancé le 6 mars 1986 et qui avant de revenir en 1995 sous son nouveau nom.
publiera le 25 avril son numéro 1000. Associant pro-
grammes télé et loisirs, il atteint dix mois plus tard
15 février : Concept. Du nouveau dans les ma- le million d'exemplaires et dépasse en janvier 2000
gazines politiques ? C'est le pari de Canal+ qui a le cap de deux millions d'exemplaires vendus.
donné carte blanche à Ruth Elkrief pour imaginer
C'est déjà demain, un magazine prospectif de début 7 mars : Tirages. L'enquête de l'AEPM (Au-
de soirée qui confronte des hommes politiques à une dience étude sur la presse magazine) indique, pour
situation à venir. Une fiction est réalisée pour faire 2004, un recul global. Ce tassement serait la consé-
réagir l'invité. François Hollande essuie les plâtres quence des bouleversements qui ont agité la presse
sur le thème de la fin du pétrole bon marché. de télévision avec l'arrivée des « quinzomadaires »
à prix cassés, Télé 2 semaines (6,6 millions de lec-
16 février : Annie. Revoici Annie Cordy, fi- teurs) et Télé Grandes chaînes. Dans ce seul secteur,
gure populaire de la chanson française, interprétant (plus de 14 millions de lecteurs) ré-si TV Magazine
le rôle d'une chanteuse des rues devenue amnésique siste et accroît même d'un demi point son audience,
après un accident dans un nouveau téléfilm de la Télé Loisirs (6,8 millions de lecteurs) a chu de
série Le Tuteur, réalisé par François Velle à Mar- 10,5 %, Télé 7 jours (7,3 millions de lecteurs) a
seille. Belle composition. perdu 9 % et Télé Z (7,3 millions), 9,9 %. Pour cer-
tains groupes (Prisma), la perte enregistrée sur un
17 février : L'Ami Santelli. Réception à la Bi- titre est plus que contre-balancée par la sortie d'un
bliothèque Nationale de France (site Richelieu) à quinzomadaire. Mais à quel prix.
l'occasion du don des importantes archives de
Claude Santelli au département des Arts du specta- 12 et 13 mars : RITV. CinéCinéma Auteur
cle de la BNF, par sa compagne Prune Berge. Mises propose trois fictions et une série révélées et primées à
en scènes, scénarios, photos, écrits divers sont à la l'occasion de précédentes Rencontres internationales
disposition des étudiants et des chercheurs. Bougies. de télévision de Reims : Tomorrow la Scala, de Fran-
Guillaume Durand fête la 100' de son émission cesca Joseph, Care et Rehah, toutes deux d'Antonia
culturelle, Campus (France 2). Bird, et Cambridge Spies (série), de Tim Fywell.
26 février : 900e. La case Reportages, sur TF1, 23 mars : Récompenses. Remiss des lauriers
le samedi après le journal, boucle son 900' numéro. de la Radio et la Télévision placés sous le haut
12 L'écume des jours
Serge Moati célèbre la 200' de Ripostes
Le couple de l'année : Julien Lepers et Guy Carlier présentent ensemble
le 50' concourseurovision en direct de Kiev
13 La Saison Télévision, édition 2006
Patrick de Carolis, élu le 6 juillet directeur général de France Télévisions
Alain Carrazé chronique les séries tout
l'été sur Europe 1
14 L'écume des jours
patronage de M. Christian Poncelet, Président du chas, qui le présente une dernière fois ce soir.
Sénat. Outre deux Lauriers d'honneur, à Pierre Bou- Culture Pub constitue, avec ses 504 émissions, une
tron pour Le Voyageur sans bagage (voir fiche) et riche anthologie pour les chercheurs de demain et
à Patrick Rotman pour L'Été 44 et L'Ennemi intime un regard singulier sur notre époque.
(voir Saison 2003 et 2005), ont été récompensés,
pour le documentaire : Patrick Jeudy pour Dien Bien 9 avril : Retour. Née en 1993 et concoctée par
Phu : le Rapport secret (France 3). Enfin, pour le le réalisateur Gérard Pullicino et le présenta-
programme culturel : Un livre, un jour (France 3), teur-concepteur, Nagui, Tarata, la meilleure émis-
magazine présenté par Olivier Barrot. sion live du PAF, renaît sur France 3. Elle s'achevait
le 19 juin 1997 après 169 émissions. Superbe nou-
31 mars : Starting Blocks. Ouf, c'est fait ! velle, elle revient (l'émission a été diffusé hier,
Pour une partie du territoire et moyennant l'achat 8 avril, sur la jeune France 4, sur la TNT). Pop,
d'un adaptateur, la TNT (ou Télévision numérique chanson française pour ce premier rendez-vous, au-
terrestre) est arrivée. Elle propose, outre TFI, tour de Zazie qui, déjà, faisait partie de la première
France 2, France 3, M6, France 5, Arte toute la jour- émission, alors sur France 2, en janvier 1993. 100e.
née et de nouvelles chaînes, TMC, Public Sénat, Avec une émission consacrée au pays de la Petite-
NT 1, NRJ 12, LCP, France 4 (anciennement Festi- Pierre, en Alsace, La Ruée vers l'air, magazine de
val), Direct 8, 14 chaînes gratuites au total. 35 % des France 3, découvrant la France multiple et de ses
Français peuvent, d'ores et déjà accéder à la TNT. 500 « pays », présentée par Hélène Lorca, fête son
centième numéro, après 3 ans d'existence et la dif-
1" avril : Gavés. Chaque téléspectateur a passé fusion de plus de 330 reportages.
(en moyenne) 3 h 24tnn par jour devant le petit
écran en 2004, soit deux minutes de plus qu'en 2003, 15 avril : Jouez hautbois ! Un nouveau maga-
selon l'étude conduite par Médiamètre. Facile d'être zine culturel, Club Majipoor, programmé à 20 h 55
téléphage, plus dur d'être téléphile ! sur France 5. Autour de Nicolas Demorand (France
Culture), son modérateur, une « petite bande » de
2 avril : Fringale. Grâce à la TNT, France 5 dif- jeunes chroniqueurs enthousiastes, critiquent, com-
fuse aussi en soirée désormais. Belle occasion pour mentent et polémiquent autour des actualités cultu-
imaginer des concepts nouveaux et quelques « pilo- relles de la semaine. Dans Chroniques de Majipoor,
tes » ou extensions d'audience en perspective. Ainsi, roman de Robert Silverberg, Majipoor est une pla-
Dossier Scheffer, produit et animé par Arnaud Poi- nète géante où se côtoient humains et espèces étran-
gères. vre d'Arvor. Scheffer avait été, en 1902, le premier
criminel confondu par ses empreintes digitales rele-
vées, lors d'une précédente arrestation, par leur in- 16 avril : Retour. Revoici Isabelle Giordano
venteur Bertillon. Une référence opportune pour un aux commandes d'un nouveau (mais hélas tardif :
magazine consacré au monde de la criminologie. 23 h 55 !), magazine mensuel de France 3, Culturel-
les, dédié à toutes les expressions artistiques : expo-
sitions, musiques, littérature, cinéma. Elle s'est en-3 avril : Culture. Métropolis, le magazine
culturel européen et pluridisciplinaire produit et tourée d'une équipe essentiellement féminine.
animé par Pierre-André Boutang, change d'horaire,
pour ses dix ans, dans la grille d' Arte. Désormais 18 avril : Courts. Entre divertissement et fic-
programmé le dimanche à 18 heures, ce magazine, tion, mise à l'antenne sur France 2 d'Une journée
le seul qui soit autre chose qu'une émission de pla- Dehouf (y. notule) « feuilleton » d'un monde en fo-
teau et propose une série de petits documentaires, lie, constitué dans des lieux récurrents de courtes
devrait augmenter son audience. Il bénéficie, à son séquences jouées par des personnages imprévisibles,
ancienne place (le samedi à 23 h 30) d'une seconde dans des situations loufoques et invraisemblables.
programmation. Re-localisations ? Alors que de Moins de cinq minutes, quotidien, produit par Mar-
nombreux tournages de fictions télévisées se dérou- tange Productions.
lent à l'étranger (Portugal, Slovaquie, Roumanie,
Bulgarie...), les producteurs de télévision ont droit 28 avril : Lionel. Record d'audience, depuis sa
désormais à une réduction d'impôt sur les tournages création en septembre 2001 pour Questions ouvertes
des téléfilms en France, tout comme le cinéma en sur France 2. Lionel Jospin, interrogé par Alain Du-
bénéficie déjà. hamel autour du référendum sur la constitution eu-
ropéenne a capté plus de 5,3 millions de téléspecta-
5 avril : Koniec. C'est un monument du PAF teurs, soit une part de marché de 22 %. Filature.
qui disparaît aujourd'hui avec le 504e (et dernier) Bruno Gaccio, le plus médiatique des auteurs des
numéro de Culture Pub, installé sur M6 (le maga- Guignols aurait été espionné, pour le compte de Ca-
zine s'était d'abord nommé Onde de choc) voici nal+, par un ex agent de la DGSE, Pierre Martinet.
18 ans. Consacré, non sans distanciation, à la publi- Le patron des Guignols répond aux questions de
cité, le magazine avait pour auteur Christian Bla- Jean-Michel Maire dans le quotidien Le Figaro.
15 La Saison Télévision, édition 2006
vantes et recevant à la fois des auteurs connus et des 30 avril : Abyme. Arte propose, en coproduc-
tout nouveaux talents. tion avec Point du Jour, un nouveau rendez-vous
hebdomadaire de 26 minutes, Toutes les télés du
15 mai : Deuxième ! Guillaume Durand, fils monde (voir fiche), destiné à découvrir la télévision
d'un marchand de tableaux, présente pour la se-d'un pays étranger. Et l'on commence par la Russie.
conde fois, son Exposition impossible, depuis le Mu-Histoire. Nouveau magazine, Les Carnets d'histoire
sée d'Orsay à Paris. parallèle, propose les moments forts de la célèbre
émission de Marc Ferro et Louisette Neil, Histoire
21 mai : Paradoxe. Un duo inattendu ! C'est Didier Deles-parallèle (1994-2004). Réalisation :
avec Julien Lepers, sa tête de turc favorite, que le kiewicz. Ce soir : la sécurité sociale.
chroniqueur Guy Carlier, présente depuis le Palais
des Sports de Kiev (Ukraine) le concours Eurovision 8 mai : Débats. Mise à l'antenne sur France 5
de la chanson, 50 » '» du nom (France 3). Ils se sont d'un nouveau magazine interrogeant les grandes
bien amusés et ont fait oublier, du moins à ceux questions qui concernent notre avenir, La Planète
pour qui cela pouvait avoir de l'importance, la ca-des autres, présenté par Yves Calvi et réalisé par
lamiteuse place (avant-dernière) de la France repré-Jean-François Verzele. Produit par Maximal Poduc-
sentée par la chanteuse Ortal. tions, le magazine organise des débats autour de
deux reportages. Premiers sujets : « la fin du pé-
24 mai : Série. Coup d'envoi sur Canal+, dé-trole ? », puis dans la prochaine émission : « Le
calé de la seconde Saison de The Shield, avec Mi-xxr siècle sera spirituel ou ne sera pas. »
chael Chiklis, Golden Globe et Emmy Award du
meilleur acteur, dans le rôle glauque du lieutenant
9 mai : Neuf. Serge Moati relève le défi de faire « borderline » Vic Mackey, champion de la lutte
de la XIX' Nuit des Molières un vrai spectacle. Fou
contre les criminels mais super ripou, lui-même, aux
de théâtre, ce boulimique de l'image est à la fois
manières expéditives pouvant aller jusqu'au meur-metteur en scène et le producteur de la cérémonie
tre !
avec l'ambition de proposer un « vrai spectacle de
télévision » qui rende compte de ce qu'est le théâtre 28 mai : Mistraliens. L'essai est transformé !
aujourd'hui, qui en restitue la diversité, l'efferves-
Cette semaine, France 3 fête le 200' épisode de Plus
cence, le dynamisme et la jeunesse.
belle la vie, le feuilleton quotidien qui, après quel-
ques tâtonnements au démarrage, notamment au ni-
Mea culpa ? Canal+ est tancé, par une 10 mai : veau de l'écriture, connaît aujourd'hui un large suc-
majorité des membres du Conseil supérieur de l'au- cès, avec 3,5 millions de fidèles passionnés par les
diovisuel, en raison d'un sketch des Guignols mon- aventures dans le quotidien d'un quartier populaire
trant Benoît XVI faisant une bénédiction « au nom de Marseille, autour du bar Le Mistral, de person-
du Père, du Fils et du 11F Reich », rappelant ainsi nages aussi attachants que Rachel, Mélanie, Ninon,
l'appartenance du nouveau pape aux jeunesses hi- Mirta, Blanche, Vincent, Léo, François et... les au-
tlériennes. La chaîne cryptée a présenté ses excuses, tres. Depuis son lancement, en septembre 2004, le
ce qui n'a pas empêché une menace de sanction en feuilleton a plus que doublé son audience.
cas de récidive.
30 mai 2005: Fronde. Impressionnant tir
12 mai : Jamie ! Nouveau record d'audience groupé de l'ensemble des auteurs de télévision et de
pour Julie Lescaut avec 1 095 2960 téléspectateurs cinéma français (Union Guilde des Scénaristes,
(44,7 % de Pda), meilleur score d'audience 2005. SACD, Club des Auteurs, Groupe 25 images, SFR,
Société Civile des Auteurs-Réalisateurs-Produc-
13 mai : Insomniaques. Sept heures de direct, teurs) qui écrivent à Dominique Baudis pour lui faire
chaque vendredi, de 23 heures à 6 heures du matin part de « leur très vive préoccupation à la suite de
dans Toute la nuit ensemble, en compagnie de Mi- la mise en demeure par le Conseil Supérieur de
runa Coca-Cozma et Frédéric Bénudis. Rencontres l'Audiovisuel, que vous présidez formulée à l'encon-
variées, rendez-vous, découvertes, humour, étrange tre de Canal+, le 13 mai dernier, concernant l'émis-
et échanges avec les téléspectateurs qui, par visio- sion Les Guignols de l'Info suite à un sketch sur le
phone, téléphone, SMS ou webcam, peuvent s'ex- pape Benoît XVI ».
primer à tout moment. C'est sous l'impulsion de
Marc Tessier, Président de France Télévisions, que 1" juin : Faîte. Ou fête ! En effet, France 5 a
France 5 innove ainsi et crée l'événement. TNT. En- réalisé sa journée la plus suivie depuis sa création
core un bon point pour la TNT. Grâce à elle, avec 9,7 % de Pda. Champion de la journée, C dans
France 5 peut, en début de soirée (prime time), ins- l'air, d'Yves Calvi, qui établit un nouveau record
taller un magazine littéraire enregistré au Café Char- avec 16,7 % d'audience. Belle performance égale-
bon : Café Picouly, animé par l'écrivain Daniel Pi- ment du Magazine de la santé au quotidien, avec
couly, découpé en sept séquences originales et vi- 11,9 % de Pda.
16 L'écume des jours
crutées pour une tournée en Europe du Nord initiant 4 juin : Bougies. Seule émission bilingue, lan-
une carrière de danseuse. En fait, elles rentrent dans gue des signes-français, aussi bien destinée aux ma-
une spirale infernale qui les conduit à la prostitution, lentendants qu'aux entendants, L'OEil et la main est
sous le contrôle de réseaux mafieux qui n'hésitent né sur France 5, voici 10 ans. Pour célébrer cet évé-
pas à battre à mort, voire à exécuter, les récalcitran-nement, ses présentateurs, Isabelle Voizeux et Da-
tes. La qualité de cette série et son réalisme ont niel Abbou, investissent le JT de 20 heures, avec la
conduit Amnesty International à le projeter sous complicité de David Pujadas. Au cours des années,
forme d'extraits dans les lycées d'Europe de l'Est L'OEil et la main est passé de la formule magazine
afin de sensibiliser les jeunes filles aux risques avec sujets courts et présentateurs à une formule do-
qu'elles encourent. cumentaire de 26 minutes, encadrée en début et fin
d'émission par des présentateurs.
27 juin 2005: 25 Images. Assemblée géné-
rale du Groupe 25 Images et élection du nouveau 15 juin : Musique. Assemblée générale de la
conseil. Jean-Pierre Marchand est élu Président Sacem, société civile qui réunit près de 110 000 au-
d'honneur et Maurice Frydland Président. Il suc-teurs, compositeurs et éditeurs de musique. Domini-
cède à Michel Sibra et à Roger Kahane qui assu-que Lemesle, auteur, est élu Président du conseil
raient à deux la présidence. Roger Kahane ne se d' administration et succède à Laurent Petitgirard ar-
représentait pas et Michel Sibra, élu au conseil d'ad-rivé au terme de son mandat et non renouvelable.
ministration de la SACD était inéligible. Ont été Dominique Lemesle, né à Paris en 1945, se consacre
également élus Christophe Andrei, Vice-président, après des études littéraires supérieures à sa passion
Charlie Beleteau, vice-président chargé du suivi du pour la musique. Entré à la Sacem en 1967, il en était
projet Teletek et co-trésorier, Gilles Katz également Secrétaire général depuis 1991. Son engagement mi-
vice-président ainsi que Philippe Laik et Philippe litant s'est toujours exprimé par son implication en
Venault, William Cotesman est élu co-trésorier. faveur de la création dans différentes structures pro-
Amateurs. France 2 programme Un fil à la patte, fessionnelles de la musique : Président du Syndicat
de Feydeau, mis en scène par Francis Perrin, et national des auteurs et compositeurs, Vice-président
interprété, ce qui en fait l'originalité, par trente ani-du Fonds pour la création musicale, etc. Il est l'au-
mateurs de France 2. Ève Ruggieri est la baronne ; teur de plus de 2 000 chansons pour de très nom-
Sophie Davant, une cocotte ; Gérard Holtz, un ma-breux interprètes (Serge Reggiani, Michel Fugain,
jordome ; Patrice Lafont, un général mexicain, etc. Gilbert Bécaud, Michel Sardou, Johnny Hallyday,
A part quelques outrances dans le jeu, les néophytes Isabelle Aubret, Sacha Distel, Sylvie Vartan, Dalida,
s'en sont plutôt bien sortis. Mais qu'en pensent les Alice Dona, Henri Salvador, etc. !). L'une des plus
intermittents du spectacle ? célèbres est L'Été Indien écrite pour Joe Dassin.
30 juin : Lauriers. 6' édition des Ithèms, après
16 juin : SA CD. Assemblée générale de la So- deux années d'absence. Organisée au Bataclan, par
ciété des auteurs et compositeurs dramatiques l'agence Rue du Louvre, les Ithèms 2005 récompen-
(SACD) et élection du nouveau conseil d'adminis- sent les meilleurs programmes et animateurs des
tration et des membres des commissions spéciali- chaînes du câble et du satellite. 16 Ithèms ont été
sées. Francis Girod, réalisateur, est élu Président. attribués cette année, dont 11 par les lecteurs de Télé
Sophie Deschamps est élue Présidente de la com- câble satellite, et 6 000 internautes. Nagui, pour
mission Télévision qui comprend également Marie- France 4, est couronné par le prix de « l'homme ou
Anne Le Pezennec, Michel Sibra, Luc Béraud, foëne la femme préféré(e) à l'écran ». Le prix téléfilm est
Goron, Caroline Huppert, Nicole Jarret, Jean-Louis revenu à la série anglaise Hercule Poirot, pour TMC.
Lorenzi, Alain Scoff. Un siège nouveau est crée pour
l'animation. Benjamin Legrand est élu. Il fait éga- 3 juillet : 2000e. Arte fête sa 2000e soirée thé-
lement partie de la commission Télévision. matique intitulée : Au nom de Bouddha : le XIV Da-
laï-Lama, avec, comme invité, le Dalaï-Lama. Au
17 juin : SF. 2005, le .futur en face, magazine- programme, Kundun, fiction de Martin Scorcese ins-
fiction concocté par Jean-Lue Delarue (Groupe Ré- pirée par la biographie du Dalaï-Lama. Inventée par
servoir) à partir d'un film d'anticipation, réunit un La Sept-Arte, la soirée thématique, nouveau concept
plateau pour analyser les menaces encourues demain télévisuel, a été, depuis, imitée un peu partout.
par notre environnement. Pour stimuler la responsa-
bilité collective. 4 juillet : Record. 12 108 800 téléspectateurs,
soit 49 % de part d'audience (source Médiamat-Mé-
23 juin : Mise en garde. M6 met à l'antenne diamétrie) pour le 4' épisode du feuilleton de l'été
Matrioshki : le trafic de la honte, une série belge de de TF1, Dolmen (voir fiche).
fiction créée et réalisée par Marc Punt et Guy Goos-
sens, sur l'exploitation d'une dizaine de jeunes filles 4 et 5 juillet : Grand oral. Auditions par le
lituaniennes, crédules, qui imaginaient avoir été re- CSA des cinq candidats à la présidence de France
17 La Saison Télévision, édition 2006
Télévisions. Les deux favoris sont : Marc Tessier, des réalisateurs et des acteurs. Les séries cultes « vin-
polytechnicien, énarque, président sortant, qui a tra- tage » bénéficient d'un sujet dans chaque émission
vaillé à Canal+ avant de diriger le Centre national avec un commentaire d'un autre orfèvre en la matière,
de la cinématographie ; Patrick de Carolis, journa- Martin Winckler : Chapeau melon et bottes de cuir
liste. Les autres candidats étaient José Freches, Si- (The Avengers), X Files, Star Trek, Le Prisonnier (The
mone Halberstadt-Harari et Norbert Balit. France Prisoner), Les Mystères de l'Ouest (The Wild wild
Télévisions regroupe neuf chaînes (France 2, West). Les séries françaises ne sont pas oubliées, avec
France 3, France 4, France 5, RFO, Euronews, Pla- notamment la présentation d'une nouvelle série pro-
nète Thalassa, Ma Planète et Mezzo) et emploie duite par Canal+ qui devrait être diffusée à la fin de
10 000 personnes dans 37 sociétés. l'année : Engrenage réalisé par Philippe Triboit. Une
série non conventionnelle qui devrait décoiffer. Dol-
6 juillet : L'élu. Le CSA a rendu son verdict et men, la saga de l'été de TF1, etc. Les programmes
a préféré l'homme du métier au haut fonctionnaire. courts de Samantha à Kaamelott ont fait l'objet d'un
C'est donc Patrick de Caroli.s, qui devient Président sujet dans la dernière émission du 27 août. Cette ou-
verture (y. également à la date du 6 août) était pas-directeur général de France Télévisions. Il a été élu,
dès le premier tour, par 5 voix sur 9, contre 3 à Marc sionnante et l'on voudrait qu'Europe 1 renouvelle
Tessier, président sortant, et une à Simone Halbers- cette initiative. L'idéal serait qu'elle ouvrit sur ce sujet
tadt-Harari, productrice. Après une école de journa- un rendez-vous régulier toute l'année. À noter cepen-
dant qu'Alain Carrazé collabore régulièrement à lisme, Patrick de Carolis, aujourd'hui 52 ans, marié,
l'émission quotidienne de Jean-Marc Morandini (tous 4 enfants, a déjà derrière lui une longue carrière à
la télévision. Il n'a que 21 ans lorsqu'il présente le les jours de 10 h 30 à 12 h 00, sur Europel).
journal de France 3 Champagne-Ardennes. En 1975,
il rejoint TF1 où il présente le journal du soir. Il 11 juillet : Nouveau record. 12 879 360 télé-
entre à Antenne 2 en 1984 comme grand reporter, spectateurs ont suivi le 6' et dernier épisode de Dol-
puis, en 1987, crée, sur La Cinq de Berlusconi, un men ; c'est la meilleure audience de l'année. Quatre
magazine de reportage de début de soirée, Reporter, épisodes de cette saga signée Didier Albert se pla-
avant de lancer sur M6, son nouveau magazine, Zone cent aux quatre premières marches du TOP 100 de
interdite. En 1997, il dirige, sur France 3, le secteur l'année (100 meilleures audiences).
des magazines et coiffe aussi celui des documentai-
res. Il a alors le courage de programmer en début 13 juillet : Retour sur images. Chaque se-
de soirée certains longs métrages documentaires, maine et jusqu'au 31 août, le mercredi, vers 21 h 40,
dont La Chacone d'Auschwitz. Enfin, il crée Des A rte revient, en 52 minutes, dans Après la une (Coup
racines et des ailes, magazine de prime Lime, qui ARTE GEIE) sur des événements qui ont fait
réunit aujourd'hui une audience de près de 5 mil- la une des journaux ces dernières années. Le premier
lions de spectateurs et entré maintenant dans sa numéro, réalisé par Philippe Molins, est dédié à la
8' année, traitant d'abord des sujets de société et de catastrophe aérienne de Charm-El-Cheikh, qui, le
plus en plus versé dans les sujets culturels et d'il- 3 janvier 2004, en Égypte, fit 161 victimes, dont
lustration du patrimoine artistique. Peu rompu aux 134 Français.
arcanes de la gestion, bien qu'ayant dirigé plusieurs
années Le Figaro Magazine, et singulièrement d'une 15-16 juillet : Estivales. France 4 se met au
maison de cette importance, il comptera sur la col- service des grandes manifestations et festivals de
laboration de Patrice Duhamel. Patrick de Carolis l'été auxquels la chaîne consacrera des heures de
vient de publier un roman historique, Les Demoisel- direct avec l'ami Ray Cokes, pour les commenter.
les de Provence (Pion) et Conversation, livre d'en- On commence aujourd'hui par les Francofolies de
tretien avec Bernadette Chirac. Il prône une télévi- La Rochelle ; suivront Les Vieilles charrues, 22 et
sion qui concilierait l'audience et la qualité. 23 juillet, le Festival du bout du monde, 13 et
14 août, etc.
9 juillet au 27 août : Séries. Belle initiative de
la station de radio Europe 1, dirigée par Jean-Pierre 17 juillet : Concept. Laurent Joffrin, auteur,
Elkabbach, qui ouvre son antenne durant les vacances présente Les Détectives de l'histoire, sur France 5,
d'été, pendant 30 minutes, le samedi, de 12 h à un nouveau magazine abordant l'histoire par le biais
12 h 30, à un grand spécialiste des séries, Alain Car- d'une enquête policière. « L'assassinat de John Ken-
razé. Huit émissions sont consacrées à l'actualité des nedy » est le premier sujet traité par ce magazine
grandes séries américaines et des nouvelles venues, qui veut susciter, dans le décor d'un commissariat
parmi lesquelles : FBI, portés disparus (Without ultra-moderne, la tension d'un polar. Bureaux en-
trace), Lost, Les Experts Miami (CSI : Miami), Nip/ combrés de documents, écran holographique, Lau-
Tuck, Six feet under, New York unité spéciale (Law rent Joffrin mène les investigations cependant que
& order special victims unit), etc. Un certain nombre l'historien, Jean-Michel Gaillard évoque le contexte
de ces sujets ont été enregistrés au Festival de Monte- historique et politique, et que planchent les détecti-
Carlo et sont enrichis d'entretiens passionnants avec ves journalistes, Peggy Olmi, Eric Lemasson, Co-
18 L'écume des jours
rinne Vaillant (production MFP, réalisation de Ni- saga estivale de France 2, 3 femmes... un soir d'été
colas Ferraro). (y. fiche) arrive en tête des audiences, devant TF1,
28,5 %, qui diffusait un épisode d' Une femme
21 juillet : Et de trois ! Politique et médias font d'honneur. Renouveau. Alain Carrazé salue, dans
bon « ménage ». Béatrice Schônberg, la cinquan- son rendez-vous estival hebdomadaire consacré sur
taine. divorcée, épouse Jean-Louis Borloo, divorcé, Europel aux séries télévisées (v. 9 juillet), le « nou-
ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale. vel élan » des séries françaises : « On les dit prévi-
Après Christine Ockrent et Bernard Kouchner, Anne sibles et trop formatées, sans insolence, ni ambition
Sinclair et Dominique Strauss-Kahn, c'est la troi- (...) on disait difficile d'écrire comme les Anglais et
sième journaliste vedette qui s'unit à un ministre. pourtant Nom de code DP (y. fiche) est sombre et
sans concession, comme une série britannique et
25 au 29 juillet : Brasil ! Belle initiative de Clara Sheller, si irrévérencieuse, comme une Ally
France 5 TNT dans le cadre de l'année du Brésil : McBeal ; un chemin à suivre. »
présenter le feuilleton, La Cité des hommes (Cidade
dos homens), réalisé notamment par César Char- 19 août : Bidon (ou bide ?). Présenté par Del-
loue, Katia Lund et Paulo Lins (2003), très libre- phine de Turckheim, Mon incroyable fiancé, est une
ment inspiré du film culte La Cité de Dieu (Cidade nouvelle émission canular, dans laquelle une candi-
de Deus). Une opportunité rare de découvrir à tra- date, cherchant à se marier, rencontre Laurent, un
vers les deux premières saisons de ce feuilleton très homme gras et vulgaire : c'est un comédien en fait,
populaire, réalisé pour Télé Globo, la chaîne des ainsi que ses parents envahissants et forts en gueule.
grandes télé-novelas, le meilleur de la télévision bré- Pour 100 000 €, durant 7 épisodes, la jeune fille va
silienne. subir affronts en tous genres, au grand désespoir de
ses parents consternés. C'était une (mauvaise) bla-
1er août : Vie aquatique. Non, ce n'est pas gue. Décidément, le spectacle affligeant de gens qui
dans le rôle de Français au bonnet rouge, mais le se laissent berner plaît de plus en plus. O tempora,
vrai commandant Cousteau qui, du 1" au 26 août, o mores.
revit, sur Arte, avec L'Odyssée Cousteau, des docu-
ments exceptionnels qui ont marqué l'histoire de la 22 août 2005: Casquettes. Une nouvelle
télévision française. Avec pour commencer, inédit à
équipe a été nommée à la direction France Télévi-
la télévision française, L'Aventure Précontinent sions « coaché » par Patrick de Carolis et Patrice
(1966). Court. Parodie de l'univers du PAF, Fré-
Duhamel.
dérique Bel, alias « La Blonde », interviewe chaque
jour, dans un « peo-Le Grand journal de Canal+,
27 août : Télénovelas. France 5 diffuse, à l'oc-ple » en carton. Imaginé par Laurent Sarfati et Marc
casion de l'année du Brésil, entre fiction et docu-G ibaja. Avec une réjouissante niaiserie.
mentaire, les neuf épisodes (36 minutes chacun) de
la célèbre série brésilienne, La Cité des hommes (Ci-3 août : Résonnez musettes. La relève est de
dade dos homens), produite par TV Globo, et qui mieux en mieux assurée. Sera-ce un futur Saison-
narre les aventures d'Acerola et de l'Aranjinha, deux neur ? En tous cas, Erivan Vallée est venu au monde
jeunes garçons d'une favela de la banlieue de Rio, pour la grande joie de Réjane, Stéphane et Kelyan.
clôturant ainsi la programmation estivale que la Un nouvel héros dans la saga de l'été ?
chaîne éducative avait consacré au Brésil.
4 août : Mémoire. Diffusion sur TFI du docu-
fiction, Hiroshama, produit et réalisé par Paul 29 août 2005 : Projos. Sous l'appellation gé-
Wylmshurst, une reconstitution précise et impres- nérique Comment ça marche, le Groupe 25 Images
sionnante de ce terrible événement survenu le 6 août organisera la saison prochaine, du 23 septembre
1945. Le film composé d'images d'archives, d'ef- 2005 au 26 mai 2006, à la Maison des auteurs de la
fets spéciaux, de témoignages de rescapés et d'an- SACD, neuf projections-rencontres qui abordent des
ciens militaires, a été co-produit par la BBC, TF1 genres nouveaux ou en évolution et qui caractérisent
la fiction télévisée aujourd'hui : le documentaire-ZDF et Discovery Channel. Le commentaire fran-
çais est dit par Bernard Giraudeau. fiction, la saga de l'été, le feuilleton de début de
soirée, la série de 52 minutes, etc. « Un film, un
6 août : En tête. Avec 7,5 millions de téléspec- échange, un buffet pour réfléchir ensemble aux évo-
tateurs (37,7 % de Pda), le premier épisode de la lutions de la fiction française à la télévision. »
19 La Saison Télévision, édition 2006
Peter Kosminsky couronné au 18' FIPA
À chacun son moniteur au Fipatel
20 Que la fête commence
QUE LA FÊTE COMMENCE
Chronique des festivals et manifestations
(du 1" septembre 2004 au 10 novembre 2005) par Christian Bosséno, Jean-Pierre Piton, Nicolas Schmidt.
diovisuels à Biarritz présentée par son délégué gé-16 au 19 septembre 2004: Sixième édi-
néral, Pierre-Henri Deleau, comme « une sorte de tion du Festival de la fiction de Saint Tropez (voir
télévision idéale que nous ne pouvons pas voir ail-Saison 2005).
leurs ». Le paradoxe étant que les productions pré-
sentes sont, hélas, peu diffusées sur les chaînes fran-20 au 22 octobre 2004: MIMPI. Sous ce
çaises et que le formidable travail de ce festival n'est curieux sigle se cache, nouveau et unique en son
que très peu relayé par des chaînes souvent timo-genre, le Marché International de la Musique pour
rées. Ainsi, pendant cinq jours, 133 programmes en l'Image. À la fois forum et compétition, carrefour
provenance de 45 pays furent proposés concernant d'affaires et espace de rencontre et de réflexion, il
tout à la fois les fictions, les séries et feuilletons, les a été organisé, à Auxerre, parallèlement au Festival
documentaires de création, les grands reportages et International Musique et Cinéma organisé chaque
faits de société, les programmes musicaux et de année par la Sacem. Des débats et conférences ani-
spectacles et les programmes courts, tous se voulant més par Stéphane Lerouge, Gildas Lefeuvre et Serge
« imperméables » aux phénomènes de mode. Siritsky sont proposés. Par exemple : Comment faire
de la musique un élément à part dans le développe- À cela, s'ajoutaient des rencontres avec des éco-
ment d'une fiction télévisuelle. Plusieurs prix sont les internationales d'audiovisuel, véritables pépiniè-
décernés dans le cadre de la manifestation. Le prix res mettant en avant les tendances de la création
récompensant le thème d'une fiction pour la télévi- contemporaine, et les bourses Louis Lumière récom-
sion a été attribué à Une vie (France 2, voir fiche) pensant les cinéastes de demain. Une façon de se
d'Élisabeth Rappeneau dont la musique a été com- voir déjà « en haut de l'affiche » comme le chante
posée par Pierre Adenot. Charles Aznavour venu présenter en ouverture du
festival, Le Père Goriot (voir fiche) de Jean-Daniel
9 au 14 novembre : Escales documentaires Verhaeghe. Autre adaptation littéraire, et film en
à La Rochelle, organisées par Didier Rotten, avec costume, Bel Ami de Philippe Triboit d'après Guy
notamment une nuit du documentaire musical. de Maupassant, soumis à l'appréciation d'un jury
présidé par la comédienne Lisa Kreuzer, interprète
2 décembre 2004: Grand prix SACEM. notamment de Wim Wenders, et où la France était
Les prix de la SACEM sont remis à Neuilly-sur-Seine encore présente avec La Parenthèse interdite de Da-
dans le magnifique auditorium Debussy-Ravel qui vid Delrieux (voir fiche) et le formidable film de
domine la Seine. Le prix de l'auteur-réalisateur de Maurice Failevic, Jusqu'au bout, histoire d'une
l'audiovisuel est attribué à Don Kent, un téléaste grève dans une usine de textile mise en liquidation
complet qui, s'il s'est spécialisé dans le direct et les judiciaire, doublement récompensé par le FIPA d'ar-
captations d'opéras, de pièces de théâtre, de concerts gent de la meilleure fiction et le prix d'interprétation
et de variétés où il excelle, a aussi engrangé, dans masculine décerné à Bernard-Pierre Donnadieu. Les
une filmographie impressionnante, des documentai- autres récompenses allèrent à Mein Voter, meine
res originaux et des fictions. C'est avec Chorus Frau und meine Geliebte de l'Autrichien Michael
(1975-1980) qui succédait à POP 2 de Claude Ven- Kreishl (FIPA d'or) et à Belonging (F1PA d'or du
tura qu'il avait affirmé son style. Émission musicale meilleur scénario, de la meilleure actrice pour
d'un style nouveau où les groupes étaient enregistrés Brenda Blethyn et de la meilleure musique à Martyn
live sans play-back. Des caméras multiples autori- Swain), un film anglais autour d'une femme
saient des recherches stylistiques de mise en scène confrontée à la fois au départ de son mari la quittant
de la musique, des interprètes et du public. pour une fille plus jeune et à sa belle-famille. Des
cinq films de la catégorie « séries et feuilletons », le
18 au 23 janvier 2005: Festival Interna- jury présidé par l'Espagnol Fernando Mendez-Leite
tional des Programmes Audiovisuels (FIPA). Serrano, tout à la fois réalisateur, scénariste et écri-
Pluie et vent étaient au rendez-vous de cette 18e édi- vain, opta pour Gunpowder, treason and plot (BBC)
tion du Festival International des Programmes Au- de Gilles MacKinnon, un film historique, genre dans
21 La Saison Télévision, édition 2006
Aide de la Sacem à la musique originale
Laurent Petitgirard, président du conseil d'administration la Sacem, a choisi le FIPA pour dévoiler
le système d'aide que cette société vient de mettre en place. Il s'agit de stimuler, en la 'soutenant, la
production de musique originale de certains programmes de télévision, les fictions et les documentaires
de grand format. Laurent Petitgirard précise que le HP.1 donne l'occasion aux professionnels de
rappeler leur attachement à ce que lu composition (le musique originale pour la fiction et pour le
création documentaire soit encouragée et soutenue, car elle constitue une composante essentielle de la
pour l'image ». Auparavant, avaient été restituées deux études dont les observations avaient servi à
bâtir le système d'aide mis en place. La première. de Béatrice de Mondenard, enquêtait sur la musique
de films en France ; la seconde donnait les résultais d'une investigation semblable faite sur la musique
de film en Allemagne par l'Institut de Recherche pour l'innovation Culturelle de Hambourg. Elle était
présentée par Reinhard Flender.
Le montant des aides, dont le budget total est plafonné à 330 000 € pour deux ans (2005 et 2006),
est de 3 500 € pour une fiction unitaire de 52 à 80 minutes, de 5 000 € pour une fiction de 80 minutes
et plus de 6 000 € pour une mini-série d'au moins 2 fois 52 minutes. Sont éligibles les oeuvres audio-
visuelles non encore diffusées à la date de la demande, de production exclusivement française, ou de
co-production majoritairement française. La musique originale doit avoir fait l'objet d'un contrat de
commande signé après le r janvier 2005 avec un compositeur membre de la Sacem, stipulant sa
rémunération. La musique originale doit représenter 75 Ve de la durée totale de la musique de l'oeuvre.
Si les conditions d'éligibilité sont remplies, l'aide est automatique. L'aide de la Sacem est destinée au
producteur audiovisuel qui engage un réel investissement sur le poste de la musique originale ; elle lui
est exclusivement versée après que la musique originale ait été déposée à la Sacem. Les dossiers sont
reçus toute l'année. Pour plus de détails, s'adresser à la Division culturelle de la Sacem, Gaël Marteau ;
action.culturelle@ sacem.fr
lequel les Anglais sont depuis longtemps passés Yves Vandeweerd (Belgique) sur la guerre au Sou-
maîtres, retraçant, en deux parties, les rivalités op- dan vue d'un petit village, à Piré Mord va baghé
posant les cours d'Écosse et d'Angleterre au sangui ash de Parviz Kimiavi (Iran) sur un berger
ayant ramassé une météorite et planté un arbre sec xvi' siècle. Les deux acteurs principaux, Clémence
Poésy et Kevin McKidd se voyant également récom- près de sa tente et enfin à Noord Korea, een dag uit
pensés. Le FIPA d'argent alla au film italien de het levers de Pieter Fleury (Pays-Bas) racontant le
Leone Pompucci, La Fuga degli innocenti qui, quotidien d'une famille de Corée du nord. Le FIPA
d'or de la section « grands reportages et faits de so-comme son titre l'indique, raconte un fait histori-
que : en 1941, 73 enfants juifs fuirent l'Allemagne, ciété» récompensa Ricardo Ortega, film collectif
la France, les Balkans pour la Palestine et, traversant consacré à une enquête sur la mort d'un envoyé spé-
les combats, trouvèrent refuge au nord de l'Italie où cial d'une chaîne de télévision espagnole tué en
ils apprirent les bases de leur future vie dans un Haïti, le FIPA d'argent à Inchiodato de Fulvio Ma-
kibboutz jusqu'à ce que, deux ans plus tard, les trou- riani et Elvira Dones de la télévision suisse italienne
pes allemandes les rejoignent. Catégorie « documen- sur les fondements historiques et sociaux de certai-
taires de création et essais », s'illustrèrent Min Mor- nes lois archaïques dans le nord de l'Albanie et une
fars Morder (FIPA d'or) des Danois Soren Fauli et mention spéciale à Le Retour de l'oncle belge (Bel-
Mikala Krogh où le premier veut rencontrer l'assas- gique) de Philippe Dutilleul revenant sur la situation
sin de son grand-père, dernier officier SS des forces au Congo, 44 ans après son indépendance. Catégorie
d'occupation au Danemark encore vivant, pour lui « musique et spectacles » dotée par la Sacem, le
pardonner. Écrit et réalisé par Remi Manger, Paul FIPA d'or distingua Le Rossignol (voir fiche) du
dans sa vie (France, FIPA d'argent) traite des trans- Français Christian Chaudet, le FIPA d'argent, Los
formations dans la société agraire. Devant l'excep- Guardianes del Angel d'Adria Lorenzo et Juan Pa-
tionnelle qualité des oeuvres en compétition, le jury blo Martinez consacré au compositeur de tangos,
que présidait Éva Zaoralova-Hepnerova, journaliste Anibal Troilo et accorda une mention pour Scoala
et directrice artistique du Festival de Karlovy-Vary, de Venise de Sabina Pop (Roumanie) sur une école
tint à décerner quatre mentions : à Ha Hagoura chel de danse. Côté « programmes courts », dont le jury
était présidé par Dracula, pardon par Sir Christopher Naomi (Israël) de Gérard Allon, sur une jeune fille
atteinte d'une maladie génétique rare obligée de por- Lee, 83 ans, bon pied, bon oeil « l'icône du cinéma
ter un corset orthopédique depuis l'âge de 10 ans et fantastique », c'est l'Américaine Karen Friedberg
filmée par son père, à Closed District de Pierre- qui l'emporta avec The King of the Tango (FIPA
22 Que la fête commence
cificité « amour toujours ». On peut donc voir à Lu-d'Or), le FIPA d'argent récompensant Wildernesse
Within de Vangelis Maderakis (Grèce). Le prix Mi- chon des téléfilms inédits, quelquefois avec près
chel Mitrani alla cette année à Tuez les tous ! de d'un an d'avance (par exemple en février 2005, Co-
Raphaël Glucksman, Pierre Mezerette et David Ha- lomba de Laurent Jaoui ou Le Crime des Renards
zan sur le génocide rwandais. Enfin, le FIPA rendait de Serge Meynard, diffusé au quatrième trimestre
2005). Le jury, présidé cette année par le comédien cette année, hommage en sa présence à Peter Kos-
minksy dont on put voir ou revoir La Guerre des et réalisateur Vincent Perez, devait départager
Malouines (1987) et Warriors (1999). Un grand mo- 17 programmes (unitaires ou séries) cependant
ment de cette édition ! qu'étaient, hors compétition, présentés 4 unitaires et
Reflet du monde, le FIPA présentait cette année 4 épisodes de séries ou mini-séries. Nouveauté de
l'année, un « Écran jeunesse » était dédié aux pro-nombre de documentaires tragiques et désespérants,
avec leur lot de guerres, de massacres ou de mala- grammes réalisés pour la jeunesse, et doté d'un jury
spécial et d'une compétition distincte. dies L'Afrique, frappée par le Sida, théatre, du gé-
nocide rwandais, accablée par la pauvreté, la faim, Côté forum, plusieurs débats qui s'avérèrent pas-
les exactions inspirait cette année encore nombre de sionnants étaient organisés. Le premier, animé par
films bien sombres. Gildas Lefeuvre, rédacteur de Musique Info hebdo,
Mais le FIPA, c'est encore le Fipatel permettant était proposé conjointement par l'Union des Com-
aux professionnels de découvrir sur des écrans indi- positeurs de musiques de films et la SACEM. Y
vidualisés, d'autres programmes, 331 cette armée, tous participaient, pour la SACEM Laurent Petitgirard et
genres confondus en provenance de 49 pays. Ce sont Gaël Marteau, pour FUCMF, Gréco Casadesus et le
compositeur Cyril Morin. Très attendu, il portait sur aussi de grands débats, le premier sur « L'avenir de
la télévision. Diversité culturelle : un mot ou des ac- le thème « Musique et Fiction TV : de nouveaux
tions ? » organisé notamment par la SACD où il fut moyens, de nouvelles perspectives » et constituait
bien entendu débattu de l'insuffisance des moyens al- une piqûre de rappel des informations révélées quel-
loués à la télévision publique. « Ça commence à bien ques jours auparavant au FIPA. Parmi d'autres dé-
bats, on s'interrogeait sur le devenir du feuilleton et faire ! » explosait Sophie Deschamps, la présidente de
la SACD qui demandait à ce que soient doublées les les, perspectives d'exportation de ces programmes :
heures de fiction, et diversifiés les programmes par la « Écrire pour le day time. » Un atelier Médiamétrie
réalisation de films, plus ambitieux, plus décalés et était consacré à la mesure d'audience à la télévision.
plus attrayants, avec, bien sur des ressources augmen- Un autre sujet devait passionner les journalistes, les
tées. Deux chiffres sont particulièrement éloquents et juristes et les professionnels qui s'y pressaient. 11
valent mieux qu'un long discours : 592 heures de fic- portait sur l'actualité et le droit des particuliers à
tion ont été diffusés en 2003 par la télévision publique leur image et était éclairé par des exemples des films
en France, contre 1 433 au Royaume-Uni. Une se- de Jean-Xavier de Lestrade (Un coupable idéal) et
conde rencontre s'interrogeait : « Où nous conduit de Claude-Michel Rome (Dans la tête du tueur, réa-
l'emprise de la télé réalité ? » L'un des rendez-vous lisé d'après le livre de Jean-François Abgrall). Une
était particulièrement important puisqu'il concernait rencontre, « Paroles de scénaristes » réunissait éga-
lement les festivaliers et les scénaristes de films sé-la mise en place (y. encadré ci-dessous) de l'aide de
la SACEM à la musique originale. lectionnés.
Le FIPA est un festival indispensable qui est bien, Les principaux prix (« Peynets ») attribués par le
comme le rappelait sa présidente Yamina Benguigui : Festival de Luchon qui pratique en la matière l'in-
« un carrefour unique de la création audiovisuelle in- flation (on se souvient du lot de consolation de TF1
dépendante », propre à « dévérouiller les esprits ». en 2004), sont : Grand prix de la fiction unitaire :
JPP, ChB Dans la tête du tueur (voir fiche) véritable coque-
luche des festivaliers qui ne cessaient d'en louer les
2 au 6 février 2005: Festival du Film de mérites, de Claude-Michel Rome (TF1, qui prend
cette année une revanche sur le bide de 2004 !) ; Télévision de Luchon. Vitrine hivernale et pyré-
néenne où les chaînes françaises viennent exposer Grand prix de la Série : Clara Sheller (France 2) de
Renaud Bertrand (voir fiche) ; prix du scénario et en avant programme leurs dernières productions en
matière de fiction, le Festival du Film de Télévision prix spécial du jury : Un amour à taire (France 2)
de Christian Faure (voir fiche) ; prix de la Comédie : de Luchon est organisé par l'agence de communi-
cation événementielle 2C Associés. A l'origine, le À la poursuite de l'amour (TF1) de Laurence Ka-
Festival, qui avait tâtonné pour trouver son créneau, trian (voir fiche) ; prix de la Musique : Eric Neveux,
concernait le seul cinéma et le thème (très large) du pour Le Crime des Renards (Arte) ; prix d'interpré-
film d'amour. Ce qui, dans la ville natale du dessi- tation masculine : Thierry Frémont et Bernard Gi-
raudeau (Dans la tête du tueur, TF1) ; prix d'inter-nateur Peynet, paraissait tout à fait judicieux. Étendu
ensuite à la production télévisée de fictions, il s'y prétation féminine Nathalie Besançon (Le Crime
consacre aujourd'hui exclusivement sur le modèle des Renards, Arte). Près d'une quinzaine de prix du
qui avait été mis en place par le Festival de Saint- public portant sur les programmes de l'année étaient
Tropez et, après avoir, bien sûr, abandonné sa spé- également décernés ! Citons celui qui concerne le
23 La Saison Télévision, édition 2006
film unitaire, Le Silence de la mer de Pierre Bou- qui se lézardent pour Frances West dont le fiancé,
tron. Une pluie (11 ) de récompenses étaient décer- qui dirige l'entreprise où elle travaille, pourrait être
nées dans le cadre Écran Jeunesse, le Grand prix un dangereux gangster qui menacerait de la tuer. Le
revenant à CO2 (MCM) et le prix Coup de Coeur à nuage rose se mue en cauchemar. Suspense ! Parmi
Samantha (voir fiche, France 2). les séries les plus surprenantes, on relève particuliè-
Événement parisien parachuté à la montagne (ce rement Sex Trek. (Channel Four, GB) sur les ré-
qui ne manque pas de charme !), le Festival doit seaux de prostitution nés en ex-Yougoslavie, et
maintenant s'ancrer dans le tissu local et régional Temps perdu (Canada) qui aborde sans complexe la
afin que Luchonnais, et plus largement les habitants vie carcérale. En ouverture, était présenté en avant
du Comminges et de la Région, se reconnaissent première (après sa présentation en compétition au
dans cet événement, se l'approprient en partie et y FIPA), Jusqu'au bout, le superbe film de Maurice
participent pleinement. D'où l'action entreprise par Failcvic dédié à l'histoire d'un conflit social inspiré
l'association très motivée Festival TV Comminges par l'affaire Cellatex dans les Ardennes, opposant
Pyrénées pour mieux contrôler la manifestation et des grévistes déterminés face à une direction fé-
promouvoir des liens et des échanges très concrets lonne. Dans le rôle d'un responsable syndical natio-
avec les structures culturelles publiques et les asso- nal dépêché sur place pour aider les grévistes, Ber-
ciations de la Région. C'est là le grand dessein, dès nard-Pierre Donnadieu y est éblouissant tout comme
que furent éteints les lampions et rangées les pail- Rachid Bouali, dans le rôle du délégué syndical. Au-
lettes du Festival 2005, qui mobilise, pour de vraies tre avant première somptueuse avec la découverte
retombées culturelles régionales, les amis du Festi- d'une Gigi, revisitée et aussi jubilatoire qu'inspirée,
val. ChB réalisée, d'après le roman de Colette, par Caroline
Huppert, sur une adaptation co-écrite avec Françoise
9 au 13 mars 2005: Rencontres interna- Castro. Encore un film dédié à la liberté, pour les
tionales de télévision de Reims. On ne le répétera femmes de choisir leur destin. A l'honneur cette an-
jamais assez, née, une découverte de la télévision brésilienne était Les Rencontres internationales de télé-
vision de Reims (RITV) constituent le seul vrai fes- proposée à travers une dizaine de fictions produites
avec la grande chaîne TV Globo et d'autres avec tival de télévision en Rance avec, bien sûr, mais sur
une autre échelle, le FIPA. Indépendant des sugges- TV Cultura, TV Record et ABPI-Raccord.
tions des chaînes ces deux festivals sélectionnent en Avec le concours de l'Ina, un hommage était
complète liberté les programmes qu'ils présentent. rendu à Jules Verne, belle opportunité pour revoir
Les RITV, plus modestes quantitativement dans leur de grands classiques comme Les Indes Noires de
programmation que le FIPA et né la même année, Marcel Bluwal, ou Le Secret de Wilhem Storitz
constituent d'année en année une source intarissable d'Éric Le Hung (avec Jean-Claude Drouot dans le
de bonheur télévisuel. Les RITV, depuis quelques rôle principal). L'Ina était encore à l'honneur, à l'oc-
années exclusivement dédiées à la fiction, sont sy- casion de son trentième anniversaire avec la diffu-
nonymes de découvertes et nous surprennent tou- sion de chefs d'oeuvres unitaires des années
jours pour l'originalité, l'insolence et la créativité soixante, comme L'Espagnol de Jean Prat, Huis clos
des programmes sélectionnés. Pour sa dix-huitième de Michel Mitrani, d'après Jean-Paul Sartre, Le Go-
édition, fidèle à cette désaltérante démarche qui ré- lem de Jean Kerchbron, Cyrano de Bergerac de
pond à notre soif de nouveautés et d'invention, les Claude Barma, Un mariage à la campagne de Jac-
RITV n'ont pas failli. Pour la compétition le jury, ques Krier, Le Puits et le pendule d'Alexandre As-
présidé cette année par Michèle Cotta, avait à ap- truc et — rarissime — L'Invention de Morel de Jean-
précier sept téléfilms et treize feuilletons et séries. Claude Bonnardot. Le bonheur, vous disais-je ! Un
Secrétaire général des RITV, Jacques Baudou, qui débat était organisé autour de « La télévision, art
est la cheville ouvrière de la sélection, peut se tar- éphémère » avec Yves-Marie Labbé (alors respon-
guer de présenter, avec Maurice Frydland, Délégué sable de Supplément Média du quotidien Le Monde)
général, des séries qui seraient vraisemblablement comme modérateur. La discussion souvent enflam-
restées invisibles en France. Premières à avoir pro- mée et très âpre s'égara dans tous les sens et manqua
jeté des séries comme Carnivale, Nip/Tuck ou New largement une partie de sa cible puisque, par exem-
York 911, les RITV proposaient cette année Vero- ple, ne fut jamais traité un point aussi essentiel pour
nica Mars (États-Unis, Warner Bros), série policière la mémoire de la télévision que l'existence (ou la
dans laquelle Veronica, fraîche jeune fille de 17 ans, quasi non existence) d'une critique de télévision et
assiste, dans ses enquêtes, son père, ancien shériff de la constitution, comme cela existe (avec abon-
devenu détective privée après avoir perdu place, dance) pour le cinéma, d'une littérature de référence
femme et maison et été mis à l'index. Ou encore sur les oeuvres, les genres et les auteurs.
Hustle, série produite par la BBC, dont les héros Parmi les événements qui témoignent de l'enraci-
sont cinq escrocs qui mettent leurs talents en com- nement des RITV dans le tissu éducatif rémois, on
mun pour réaliser leurs coups. Dans Frances Tues- retiendra la master class que Greco Casadesus, fon-
day, également made in GB, mais pour ITV cette dateur et alors Président de l'UCMF (Union des Com-
fois, ce sont les perspectives d'un bonheur radieux positeurs de Musiques de Films), a animé sur le sujet
24 Que la fête commence
suivant : l'évolution de la création musicale dans le du Banditisme, et Jean-Michel Colombani, Chef de
film en fonction des éléments fournis par le réalisa- l'Office Central pour la Répression de la Traite des
teur et son entourage. Cet échange, illustré de plu- Êtres humains ; pour l'Irlande, Claire Mikeon, et
sieurs exemples audiovisuels a réuni une assemblée pour l'Italie Andrea Cavaccece, que de gros calibres
et un authentique jury de professionnels ! d'étudiants très intéressés au Conservatoire de Reims.
Pas de festival sans palmarès. Les prix furent pro- Une fois n'est pas coutume, le Grand prix, qui
clamés au cours d'une soirée animée par le très sym- eût pu aussi bien être attribué à ce film au Festival
pathique Alex Taylor, un familier de Reims. Le prix du Film d'humour de Chamrousse, été décerné à une
Claude Santelli du meilleur film revenait à In No- comédie espagnole endiablée et absolument désopi-
mine patris (Tchéquie) de Jaromir Polisensky (ou lante, Le Crime farpait d'Alex de la Iglesia, avec,
comment un miracle va être utilisé médiatiquement dans le principal rôle, une comédienne pétulante,
par la police pour fomenter une action de propa- Monico Cervera. Le jury, présidé cette année, par le
réalisateur américain Joël Schumacher, avait encore gande anti-religieuse et briser un innocent). Sans
surprise, le prix du meilleur feuilleton, série ou mini- trois films européens et trois films asiatiques à vi-
série, couronnait Sex Traffic (Angleterre) de David sionner : Infernal Affairs III d'Andrew Lau et Alan
Yates, bientôt diffusé sur Canal+ ; le prix de la meil- Mak (Hong Kong), Jiang Hu de Wong Ching Po
leure interprétation féminine récompensait Ulrike (Hong Kong), The Bing Swindle de Choi Dong Hun
(Corée du sud). Soundless de Mennan Yapo Kriener pour son rôle dans la série Commissaire Lu-
cas (Allemagne) et le prix masculin à Bernard-Pierre magne)qui obtint le prix du jury. The Third Wave
Layer Donnadieu pour son interprétation du rôle de maire (Suède), qui reçut le prix spécial police, et
dans Clochemerle (voir fiche) de Daniel Losset Cake de Matthiew Vaughn (Royaume-Uni). Cinq
(France 3). Carton plein pour Donnadieu, déjà sacré films concouraient pour le prix « Sang Neuf » dont
cette même année au FIPA meilleur comédien pour le jury était présidé par Pierre Lescure et qui distin-
son rôle dans Jusqu'au bout de Maurice Failevic. gua Les Mauvais Joueurs de Frédéric Balekjan, Le
de Frédéric Pelle s'adjugeant le prix du Doté par la SACD, le prix du meilleur scénario cou- Caissier
ronnait Louis Gardel et François-Olivier Rousseau court métrage, dont le jury était présidé par Richard
pour Princesse Marie (voir Saison 2005) réalisé par Anconina.
Benoît Jacquot (Arte). La mini-série suédoise Solis- Mais évidemment, ce qui retenait au premier chef
terna (CSVT) au suspense envoûtant et aux marges notre intérêt, c'était le prix des téléfilms dont le jury
de l'étrange, obtenait deux prix : le prix spécial était présidé par le modeste mais ô combien talen-
« Groupe 25 Images » de la mise en scène, et le nou- tueux Jean-Dominique de la Rochefoucauld, histo-
veau prix décerné par la chaîne Cinécinéma Auteur, rien, réalisateur (l'admirable L'An Mil), Richelieu
qui s'est associée aux RITV et proposait sur son aussi remarquable ; quel-ou la journée des dupes,
antenne les 12 et 13 mars un week-end spécial ques comédies dont la dernière Rosalie s'en va (voir
RITV, programmant les films primés lors des pré- fiche) et scénariste (La prise de pouvoir par
cédentes éditions. Le prix du meilleur compositeur Louis XIV de Roberto Rosselini, Les Actes des Apô-
de musique revenait à Zhou Zhiyong pour la parti- tres, Socrate et Blaise Pascal du même, 1788 et Le
tion d'Une mère esclave, Chine (CCTV6). Enfin, de Maurice Failevic). La sélection Cheval Vapeur
les prix du jury public (en collaboration avec Le plutôt maigrichonne (5 épisodes de séries de
étaient attribués à Bella and the boys, de Monde) 1 h 30 mn : Alex Santana, Capitaine Lawrence,
Brian Hill (BBC) pour le meilleur téléfilm, et à La Franck Keller, Mademoiselle Navarro et Les Mon-
fuga degli innocenti (Italie-Rai) pour le meilleur tana) ne cassait pas trois pattes à un canard. C'est
feuilleton, série ou mini-série de Leone Pompucci. finalement l'épisode Sans Issue (Les Montana), si-
Quatre jours bien trop courts ! ChB gné Benoît d'Aubert et co-écrit par Laurent Mondy,
Jean Reynard et Robin Barataud, pilote d'une série
7 au 10 avril 2005: Festival du Film Po- plutôt estimable qui remporta le prix. L'histoire as-
licier de Cognac. « Dong » fait la salle en choeur sez bien troussée et habilement réalisée, raconte la
quand la balle de revolver avançant au ralenti et en mésaventure (et les ennuis) de Laetitia Montana,
vrille entre en contact avec le cristal du verre de compromise pour avoir été la maîtresse (clandes-
tine) d'un journaliste réputé fouille-merde, Marc Cognac dans la bande annonce qui sert de prélude
à chaque projection du Festival du Film Policier de Desnoyers, que l'on retrouve assassiné. Sera-t-elle
Cognac. Tradition respectée pour cette 23e édition ! reconnue par des témoins ? Phénomène de curiosité,
Autres spécialités (parmi d'autres), les présentations le pilote de Mademoiselle Navarro (voir fiche) où
de l'inimitable et imperturbable David Rault. La les débuts en solo de Yolande, jeune avocate culot-
tée. Invité d'honneur, Jean-Claude Van Damme dé-classe ! Sans omettre bien évidemment, le prix Spé-
cial Police qui, pour la sixième année, réunissait un fraya la chronique par son indépendance et ses trop
jury exclusivement composé de policiers : cette an- rares et furtives apparitions (euphémisme), contrai-
née, pour la France, Pascal Carreau, Chef de la bri- rement à Johnny Halliday l'an passé ou, une autre
gade anti-gang ; Hervé Lafranque (Président du jury année, Bernard Tapie. Il est vrai qu'avant de rega-
Police), chef de l'Office Central pour la Répression gner Paris bien plus tôt que prévu l'imprévisible
25 La Saison Télévision, édition 2006
adepte des appareils de musculation et du jogging gramme des quelque 80 films que proposait Thierry
avait (enfin !) beaucoup donné de lui même, le soir Simon, directeur de ce festival pionnier consacré à
de la traditionnelle prise des empreintes sur la un genre très apprécié du public. En 2004, le festi-
placé... noire de monde en signant pendant plus val, pour sa création, présentait déjà Homo Sapiens.
d'une bonne heure des autographes et en posant vo- Assisté par Pascal Roche qui sélectionne les pro-
lontiers avec des personnes du public pour des pho- grammes, le MIDOC était, cette année, présidé, pour
tos souvenir. « Aware », le mec ! Comme chaque le jury des films en compétition par Michèle Cotta.
année, quelques cagots ont critiqué le programme et Participaient à ce jury, la très sympathique et talen-
prédit la fin de ce festival-culte si cher à Claude tueuse comédienne Anne Richard (Boulevard du Pa-
Chabrol, son Président (à vie !). Cela fait partie lais), Catherine Borgella, scénariste, qui représentait
d'une sorte de rituel, mais c'est encore une fois tout la SACD, etc. En hommage au Brésil, Amazon for
à fait injuste. Comme chaque année, la sélection était ever, film franco-brésilien de Jean-Pierre Dutilleux
de qualité (peut faire mieux cependant pour les télé- faisait l'ouverture du festival. On le découvre vite,
films !) et les cinéphiles ont vécu de vrais bonheurs la grande difficulté est de définir le corpus de ce
et de belles découvertes à Cognac. Quant aux ba- genre nouveau. Incontestablement, certains pro-
dauds, ils pouvaient côtoyer, dans une ambiance bon grammes qui reconstituent des événements d'un
enfant les « stars » dont ils sont si friands : cette passé récent en mélangeant témoignages et scènes
année Charlotte de Turkheim, Hélène Noguerra, Pa- jouées et utilisant des effets spéciaux méritent bien
trick Braoudé, Hélène de Fougerolles, Daniel Duval, « l'appellation » de docu-fiction Par exemple : Vol
Scrgi Lopez, Anna Mouglalis, etc. Sans oublier la AF 6989: Alger Paris, dans la série Dangers dans
convivialité et la qualité de l'accueil en tous points le ciel, par Chantal Hebert et produit par Galaxie
remarquables. Longue vie au polar, à Cognac ! ChB Presse, France 5 et Cinéflix, présenté cette année,
qui reconstitue aussi fidélement que possible l'ar-
28 avril au 1" mai 2005 : MIDOC à Cap raisonnement à Alger par quatre terroriste du Grou-
Breton. Documentaire ou fiction : quand les modè- pement Islamique Armé, sur le tarmac d'Alger d'un
les se brouillent. La télévision qui l'avait toujours airbus d'Air France, avec 233 passagers et membres
plus ou moins fait (Les Grandes batailles du passé), d'équipage à bord, puis le dénouement heureux, à
comme d'ailleurs le cinéma (Flaherty et Murnau par Marseille, après 54 heures d'angoisse, grace à l'as-
exemple), se plaît aujourd'hui à multiplier les expé- saut donné par le GIGN. Ce type de film de 52 mn,
riences en mélangeant les genres. C'est le docu- répond parfaitement aux critères de ce genre en tres-
fiction. La diffusion de L'Odyssée de l'espèce de sant des témoignages avec des scènes de fiction pour
Jacques Malaterre (7 janvier 2003, France 3) dans reconstituer un événement, en utilisant aussi des ar-
la lignée des précurseurs britanniques (Walking with chives et souvent des effets spéciaux. En revanche,
dinosaurs, BBC, 1999), avait connu un succès d'au- d'autres s'apparentent plus à des documentaires ou
dience considérable (8,94 millions de téléspecta- à des fictions conventionnels. Dans les films consa-
teurs) et lancé le genre en France. Parallèlement, la crés à des événements récents, Ils voulaient tuer
fiction se nourrit du réel : Dans la tête du tueur (TF 1, de Gaulle (voir fiche) de Jean-Teddy Filippe est sans
y. fiche) de Claude-Michel Rome, reconstituait l'af- discussion un documentaire-fiction parce qu'il mé-
faire du tueur en série, Francis Heaulme. Par ail- lange des reconstitutions jouées par des comédiens
leurs, le documentaire adopte une forme chère à la et toute une série de témoignages recueillis auprès
fiction, le feuilleton. Le feuilleton documentaire, de la famille de Bastien-Thiry et auprès des acteurs
genre pérennisé par Arte qui l'a installé dans sa de l'attentat. Ce film pourrait être montré comme
grille en pré prime time après de belles réalisations l'« étalon » du genre. Au contraire, Dans la tête du
comme Bienvenue au grand magasin de Julie Ber- tueur de Claude Michel Rome (TF1, y. fiche), ou
tucelli. Le dernier (et superbe) avatar du genre étant 93, rue Lauriston de Denys Granier-Deferre (Ca-
le « polar du réel » de Jean-Xavier de Lestrade Soup- nal+, voir fiche) constituent de véritables fictions,
çons (The Stairca,s'e) « autopsiant par le menu et en TF1 ayant créé pour le premier titre le terme de
huit épisodes » l'instruction d'une affaire criminelle « polar de la réalité », tant la fiction ici collait à la
et le procès. Pas étonnant devant le succès de ces chronologie de la véritable enquête et à une actualité
OGM cathodiques grands consommateurs d'His- toujours brûlante. Si le docu-fiction peut fausser le
toire, de catastrophes, de gros budgets et d'effets jugement par un mélange de scènes authentiques et
spéciaux, qu'un festival leur soit désormais consa- de reconstitutions quand l'équivoque est entretenue
cré, le MIDOC, à Cap Breton, qui tenait sa seconde (La Tempête du siècle), si le docu-fiction, parce qu'il
édition. Dans le genre reconstitution d'âges fort an- coûte très cher le plus souvent, peut obérer la pro-
ciens, voire d'amusantes spéculations farfelues duction de documentaires classiques, il présente
(pour le troisième titre) Homo Sapiens de Jacques pourtant l'avantage de rendre plus accessible et plus
Malaterre (France 3, v. fiche), Le mystère Otzi de ludique la connaissance. Le succès de certains pro-
Richard Dale (BBC, v. fiche), Dragons et s'ils grammes, en prime time, en témoigne. Ces considé-
avaient existé... de Justin Hardy (co-production an- rations, bien sûr, ont nourri de passionnants débats
glo-franco-italo-allemande) faisaient partie du pro- qui font de ce festival, outre un lieu privilégié de
26 Que la fête commence
découverte d'oeuvres souvent passionnantes, une vé- neur est cette année la chaîne australienne SBS, qui
ritable occasion de rencontres et d'échanges. En or- fête ses 30 ans. Le festival a décerné pour la pre-
ganisant ce tout premier festival, dont certains vou- mière fois des prix ; le prix récompensant le meil-
draient aujourd'hui lui ravir l'initiative, Thierry Si- leur documentaire de création diffusé par les chaînes
mon rend hommage à la capacité du petit écran, à françaises et décerné par le quotidien Le Monde, est
imaginer de nouvelles pistes pour la création et ins- revenu au film de Patrick Rotman, Les Survivants
crit sa manifestation parmi celles qui comptent. (France 3, voir fiche).
Ont été primés : Auschwitz, la solution finale de
Laurence Rees qui a reçu le prix de L'Estacade 14 au 20 août 2005: États Généraux du
d'Or ; D Day, le jour le plus long de Richard Dale film documentaire, dix-septième édition dans le
couronné par le prix du public, le prix Planète et le village de Lussas, en Ardèche, d'un rendez-vous
prix SACD. La mention spéciale du jury a été attri- toujours très attendu. Parmi les thèmes développés
buée à Dangers dans le ciel, vol AF 6989 de Chantal cette année : Cinéma et peurs du siècle ; cinéma et
Hébert. Enfin de le prix de la Création est revenu arts contemporains (28 films), coup de projecteur
de Frédéric Fougea. au Fils du Roi des singes sur le cinéma iranien avec La Route du doc : Iran,
à travers 25 films, une riche rétrospective de films
21 juin : Prix Scam. Dans les jardins de son bel récents à l'heure où le cinéma en Iran risque de subir
hôtel particulier jouxtant le Parc Monceau dans le les conséquences du retour au pouvoir des conser-
17e arrondissement de Paris, la Société Civile des vateurs ; la présence du documentaire en Afrique
Auteurs Multimédia a remis ses prix annuels. Peter (12 films) ; Ces films qui nous regardent (23 films
Watkins (La Bombe Culloder, Punishment Park, La produits dans l'année dont Le Rêve de Sdo Paulo et
Commune, voir Saison 2000, etc.) a été distingué 11 faudra raconter, vus à la télévision) ; au chapitre
par le prix couronnant l'ensemble de son oeuvre. Le Fragments d'une oeuvre, un hommage à Guy Gilles
prix décerné à une oeuvre de l'année a été remis à (7 films), à Gian Vittorio Baldi (12 films), à Vittorio
un film déjà ancien de Stéphane Breton pour à Philippe Le Ciel de Seta, présent aux débats (7 films),
dans un jardin (2001, 62 mn, les Films d'Ici, Arte, Grandrieux, également présent (8 films). À noter
voir Saison 2001), qui forme avec Eux et moi un également une journée particulière pour le tradition-
diptyque original, inversant l'approche classique des nel vendredi de la SACEM consacré, cette année, à
documents ethnographiques en montrant comment La création musicale comme partie prenante du film
les tribus indigènes voient la personne qui les ob- documentaire. Une journée marquée aussi par la re-
serve et s'accomodent d'elle. Le prix jeunes talents mise du prix SACEM du meilleur documentaire mu-
est revenu à Jean Lodz et à Olivier Meyrou pour sical à Serge Leroux pour son film Genève au son
Bye, bye apartheid (2003, 52 mn, Neria Production, du temps (Hibou Production) consacré au composi-
Hold up Film, Voyage). Enfin, le prix découverte a teur Michel Jarret et d'une mention spéciale à Jac-
été attribué à Diego Martinez-Vignatti pour Noso- ques Goldstein pour Jungle Blue, oeuvre collective
tros (2003, 70 mn, Lux Fugit Films, RTBF). réalisée à l'occasion du Festival Banlieues 2004. À
noter aussi la journée SCAM, Brouillon d'un rêve ;
26 juin au 1 er juillet : 45e Festival de sans oublier les rencontres, les films de fin d'études,
Monte-Carlo. Grand événement pour le monde de etc.
la télévision qui, du monde entier, y délègue ses
vedettes, le très vénérable Festival de Monte-Carlo 26 au 28 août 2005 : Premium TV, Festi-
est aussi une aubaine pour les amateurs de séries val des séries télévisées à Paris. Parce qu'elles sont
américaines qui peuvent y rencontrer producteurs, par nature télévisuelles et jouent sur la fidélisation
réalisateurs et acteurs. Il y a aussi une compétition des téléspectateurs auxquels elles proposent des ren-
et un palmarès particulièrement nourri. Deux récom- dez-vous réguliers, les séries (notamment américai-
penses sont échues cette année à la télévision fran- nes et britanniques) sont une expression forte de la
çaise, avec la Nymphe d'or de la meilleure mise en fiction sur le petit écran. Bouclant à chaque épisode
scène décernée à Denys Granier-Deferre, pour une ou deux intrigues, elles tissent, en arrière-plan,
93, rue Lauriston (Canal+, voir fiche) et le prix d'in- la vie et les évolutions personnelles de ses héros
terprétation féminine « comédie », remis à Mélanie récurrents (cet aspect humain étant plus développé
Doutey pour son personnage de Clara Shleller dans dans certaines séries comme, dans le domaine amé-
la série du même nom (France 2, voir fiche). ricain, par exemple, Urgences (ER), NYPD blue, The
Shield ou Six feet under. Souvent, d'autre part, les
29 juin au 2 juillet : 15e édition, à Marseille, séries made in USA, miroir de la société et du temps,
de Sunny Side of the Doc, présidée cette année par font sans complexe référence à une actualité récente.
Catherine Lamour, ancienne responsable des docu- En France, les séries sont beaucoup plus aseptisées,
mentaires à Canal+, Très important marché interna- sages et consensuelles (au risque quelquefois d'être
tional du documentaire. Yves Jeanneau, responsable insipides) que les séries américaines. Pédagogiques,
des documentaires de France 2, assure le commis- « citoyennes », elles jouent très souvent l'exempla-
sariat général de la manifestation. L'invitée d'hon- rité en résolvant, grâce à l'engagement de héros po-
27 La Saison Télévision, édition 2006
sitifs (instituteur, curé, médecin, tuteur, flic ou fli- son esprit qui est d'être un lieu (notamment son site
quesse, brocanteur, magistrat, paysanne écologiste, www.leflt.com/) où l'on tente « d'élaborer une ré-
famille d'accueil, etc.), toutes sortes de problème, flexion sur la télévision et les moyens d'agir pour
conflit familial ou social. Ici le happy ending est de le respect du téléspectateur et des auteurs de fic-
rigueur. Il y a, évidemment, de belles surprises tions » et d'organiser des événements « où la télé-
comme, cette année, Clara Sheller (France 2), réa- vision de qualité est promue ».
lisé par Renaud Bertrand (voir fiche) ou, parmi des
séries plus anciennes, des productions plus qu'esti- NB : Les séries, outre leur caractère ludique, sont
mables, comme, pour ne citer que deux exemples, devenues un sujet d'études approfondies. Ainsi le
Avocats et associés, ou encore Boulevard du Palais, 16 juin 2005 sous le titre « Ouvrir la sérialité : Bré-
inspirée (personnages) d'un sulfureux auteur de ro- sil, Etats-Unis, France, Italie », une journée d'étude
mans policiers, Thierry Jonquet. se tenait à Censier. Organisée, pour le groupe de
Cet engouement pour les séries, notamment les recherche Télévision, art populaire II, Institut de Re-
cherche sur le Cinéma et l'Audiovisuel, Université séries américaines dont beaucoup sont devenues
« cultes », a notamment suscité la création d'un fes- Paris III-Sorbonne nouvelle, par Guillaume Soulez,
W. Guynn, un universitaire américain, mettait en tival passionnant et unique en son genre, Premium
TV, festival des séries télévisées dont la seconde édi- examen Les Sopranos, Stéphane Benassi proposait
tion se tenait à l'Entrepôt à Paris, 14', « Trois jours une typologie des séries, etc.
pour découvrir, comprendre, savourer, partager une
partie de ce que la fiction télévisée a de meilleur à 15 au 18 septembre 2005: 7` édition du
offrir ». Organisé sans subvention et pratiquement Festival de la Fiction TV de Saint-Tropez. Le Fes-
sans moyens mais grâce au bénévolat de ses mem- tival de Saint-Tropez, déclare le facétieux Bruno
bres par l'association Front de Libération Télévi- Masure, maître de cérémonie de la soirée de remise
suelle (FLT), Premium TV, propose trois jours de des prix, est la seule manifestation de gala « où,
projection sur grand écran des rétrospectives mais avant de monter les marches de l'escalier d'honneur
aussi, comme l'ont fait les R/TV de Reims lors de recouvert du tapis rouge, on en descend neuf, ce qui
très mémorables séances, des avant-premières des est représentatif d'un métier où l'on connaît des
grandes séries de l'année à venir : Deadwood, Des- hauts et des bas ». Il remarque également que la
perate housewives présentées par Canal+, Medium, cérémonie coïncide avec la Journée du Patrimoine
par M6. Concocté par Séverine Barthes et Anthime « et que les vieilles choses ont du bon ». « On peut
Caprioli, cette seconde édition, très festive, s'est te- me visiter » — ajoute-t-il — « chambre 119, hôtel By-
nue devant un public jeune, passionné et « savant » blos ». Outre les plaisanteries de Bruno Masure, la
(incollables sur les séries, leurs producteurs-scéna- soirée est, pour Quentin Raspail, le Président fon-
ristes et leurs interprètes !). On s'entassait à l'Ate- dateur, source d'un double trac : le succès de son
lier, au Bar Forum, au Studio et à la Galerie pour festival mais aussi d'un film qu'il a produit et qui,
se repaître du meilleur des séries ou pour écouter par un hasard du calendrier, est présenté le même
les conférences des universitaires heureux de traiter soir sur l'antenne de France 3, Allons petits enfants,
pareils sujets. Sur la critique des séries, on a déploré de Thierry Binisti. Ce qui singularise en effet le fes-
la disparition, en 2005, des deux grandes revues spé- tival de la fiction de Saint-Tropez, dont la tenue
cialisées Épisode d'Alain Carrazé (présent au débat) coïncide pratiquement avec la rentrée télévisuelle et
et Génération Séries de Christophe Petit ; mais on qui est devenu un rendez-vous incontournable (pas
rappelait l'existence sur Internet de sites spécialisés, moins de 1 300 professionnels cette année), c'est la
(http://www.tv.com/, www.leflt.com/, www.serithe- compétence de Quentin Raspail, lui-même homme
que.com/, etc.). Parmi les sujets traités cette année de cinéma et de télévision depuis plusieurs décen-
devant une audience studieuse, participative et... en- nies.
tassée dans des locaux qui s'avérèrent toujours trop Deux initiatives ont caractérisé cette septième vi-
étroits, on a pu notamment écouter « Entre tradition trine du meilleur de la fiction française inédite.
et innovation : critique sociale et traitement docu- D'abord l'invitation des responsables de la fiction
mentarisant clans les séries policières britanniques dans — outre la France — 20 pays. Algérie, Allema-
(1985-2005) » par Stéphane Benassi (qui nous a fait gne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande,
récemment l'énorme plaisir de rejoindre La Saison, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Maroc,
comme Romain Nigita, un animateur du FLT) ; Norvège, Pays Bas, Portugal, Suède, Suisse, Tur-
« Magnum et la guerre au Vietnam » par Marjolaine quie et Ukraine qui permettait une riche occasion de
Boutet, « CSI (Les experts) versus Law and Order rencontres et d'échanges. Seconde (et louable !) ini-
ou justice platonicienne contre la justice aristotéli- tiative, la création appuyée par de nouveaux spon-
cienne » par David Mettlemans. Une rencontre riche sors d'une bourse permettant d'inviter 22 jeunes
en facéties était organisée avec les deux comédiens professionnels aux talents prometteurs (réalisateurs,
de Samantha (France 2, v. fiche) une des « short- techniciens, comédiens, musiciens) qui, durant les
coms » françaises, nourrie de nonsense comme Kaa- trois jours du Festival, peuvent mieux se faire
melott (M6). Avec Premium TV, le FLT est fidèle à connaître et nouer des relations utiles. Sous la pré-
28 Que la fête commence
sidence de Pierre Lescure, le jury dans lequel sié- prétation masculine : Patrick Catafilo dans Le Mal du
geait, notamment, un compositeur Eric Neveux (une pays de la série Les Hommes de cœur (France 2)
initiative heureuse qui a, enfin, tendance à se géné- d'Édouard Molinaro, Bruno Dega et Rémy Sarrazin.
raliser), avait à juger 4 épisodes de séries (3 policiè- Coup de coeur du jury qui trouve en ce téléfilm un
res : Central Nuit, Diane Femme Flic, Les Montana formidable exemple de télévision innovante, Liberata
de Philippe Carrèse, Olivier Stalla, Raphaël Imbert et une située dans le monde de l'humanitaire et réa-
lisée par Édouard Molinaro, Les Hommes de coeur) ; et A. Filetta. Meilleure contribution artistique : Jé-
3 programmes dits « d'access prime time » : Les rôme Foulon pour La Femme Coquelicot (scénario
choses possibles (TLM), Faites comme chez vous de Jackye Fryszman d'après Noëlle Chatelet, musi-
(M6) et Kaamelott (M6) ; enfin 9 téléfilms ; Adèle que de Philippe Rombi). Meilleur scénario : La
Pomme de Newton (Arte) de Laurent Firode (réal. et et Kamel de Vincent Monnet (F2) ; Le bal des cé-
libataires de Jean-Louis Lorenzi (F2) ; Un coin se.) et Peter Chase (mus.). Meilleure musique : Ca-
(France 3) d'azur d'Heikki Arekalio (F3) ; La Femme coque- rolin Petit pour Le Fond de l'air est frais
licot de Jérôme Foulon (F3) ; Le fond de l'air est de Laurent Carceles. Meilleure réalisation : Le Fond
frais de Laurent Carceles (F3) ; Le Frangin d'Amé- de l'air est frais (France 3) de Laurent Carceles. Meil-
rique de Jacques Fansten (F2) ; Liberata de Philippe leur téléfilm (la plus prestigieuse récompense du Fes-
Carrese, la plus originale des fictions présentées tival) : Le Frangin d'Amérique (F2) de Jacques Fans-
ten (réal. et co-se.), Louis Bériot (co-se.), sensible et cette année, car tournée en Corse et en grande partie
parlée dans les langues des protagonistes (corse et crédible évocation de la jeunesse des années 60 et du
français, italien) ; Mes deux maris d'Henri Helman passage de l'adolescence à un âge plus mûr. Quelle
(TF1), bluette en forme d'insignifiante comédie pro- razzia pour France télévisions et singulièrement pour
vençale tournée à Cassis avec Natacha Amal à l'ac- France 2 !
cent improbable et aux cheveux toujours bien or- Pour être tout à fait exhaustif, il faut encore si-
donnés donnant la réplique à Patrick Bosso et Bruno gnaler les deux prix « extérieurs » choisis dans une
Slagmulder (remake de La Cuisine au beurre de Gil- sélection de titres qui leur était adressée par les lec-
les Grangier avec Fernandel et Bourvil) ; La pomme et les auditeurs de TMC. teurs de Télé 2 semaines
de Newton de Laurent Firode (Arte). Cette sélection, Dans la tête d'un tueur (TF1) de Claude Michel
au contraire de celles plutôt faiblardes des séries et Rome (meilleur téléfilm) et Clara Sheller (meilleure
access, s'est révélée, généralement, de bonne qua- série) de Renaud Bertrand. Sans oublier un hom-
lité. Hors compétition et en avant première fut pré- mage affectueux au talent des deux interprètes prin-
senté Désiré Landru (TF1) de Pierre Boutron, une cipaux de La Femme Coquelicot, Françoise Fabian
production ambitieuse mais qui laissa les critiques et Jean-Pierre Cassel. Enfin, pour mémoire, rappe-
divisés. Au contraire des deux autres avant-pro- lons que le prix de la meilleure série revient à Sans
grammes : Galilée ou l'amour de Dieu (France 3), Issue (TF1), une épisode de la série Les Montana
de Jean-Daniel Verhaeghe, sur un superbe scénario de Benoît d'Aubert (réal.), Laurent Mondy, Robin
de Claude Allègre et Jean-Claude Carrière, et Frap- Barataud (se.) ; Angélique Nahon (mus.) et le prix
pes interdites (Arte) de Bernard Malaterre, sur un de la meilleure série d'avant soirée (access prime
scénario de Jeanne Fontaine, déclinant le thème de time) (trois concurrents seulement) à Bail à dé...cé-
la rumeur avec deux interprètes très convaincants, der de Gil Galliot, Emmanuelle Dubergey (réal.),
Isabelle Gelinas et l'étonnant Stomy Bugsy. Toute Tatiana Gousset', Luc Sonzogni (se.) et François
l'équipe du feuilleton quotidien Plus belle la vie Castello (mus.). La série Kaamelott (M6) d'Alexan-
(France 3), autour de son nouveau chef d'écriture dre Astier (réal. et mus.), série iconoclaste et déca-
Olivier Szulzinger, créa l'événement et donna lieu pante, est apparue à tous comme le très grand oublié
à une impressionnante séance de signatures d'auto- de cette... triangulaire ! ChB
graphes ! Plusieurs débats ont par ailleurs nourri la
réflexion. Deux sur la TVHD, dont l'un animé par 21 au 25 octobre 2005: Pékin, Télétek,
Serge Siritzky (Écran Total). Un autre échange or- ou une semaine de fiction française au Centre
ganisé par le Trio (réalisateurs avec le Groupe culturel français. De grandes et belles affiches ja-
25 Images, producteurs avec l'USPA et auteurs avec lonnent le parcours jusqu'au centre culturel, avec les
la Guilde des scénaristes) et le CNC, faisait le point logos des parrains de la manifestation, le Groupe
sur le nouveau système mis au point par le CNC organisateur de l'événement, avec l'am-25 Images,
pour stimuler l'innovation dans un fiction française bassade de France, la Société des Auteurs et Com-
souvent frileuse. positeurs d'Art Dramatique (SACD), de France
Ont été primés : Révélations et découvertes (nou- Télévisions, de TV France International et... de La
veau prix créé à l'initiative de Pierre Lescure), toute Saison. Jamais le centre culturel français, inauguré
voici plus d'un an, n'avait accueilli une assistance l'équipe des adolescents du Frangin d'Amérique
(France 2) de Jacques Fansten et Louis Bériot. Meil- aussi nombreuse, aussi fervente, et, ce qui était nou-
leure interprétation féminine : Nadine Alaric dans veau, presque entièrement chinoise. Cette assistance
Adèle et Kamel (France 2) de Vincent Monnet, Jeanne était en effet tout à fait exceptionnelle, quand on sait
Le Guillou et Pierre André Achane. Meilleure inter- la répugnance à se déplacer, des Pékinois, ce dont
29 La Saison Télévision, édition 2006
on ne peut les blâmer, dans une mégalopole de près ductrice Françoise Castro, les auteurs réalisateurs
de 20 km de long, toujours quasi inextricablement Thierry Bourcy et Philippe Laïk, vice-président du
embouteillée, en dépit de l'importance et de la qua- Gropupe 25 Images, ainsi, bien sûr, que l'initiateur de
cette manifestation, Maurice Frydland, secondé par lité du réseau routier urbain. Cet engouement inat-
tendu pour la télévision française a été en majorité Dominique Attal, infatigable coordinatrice du
le fait de jeunes étudiants, venus en toute liberté, Groupe 25 Images. Ces réalisateurs devaient, le len-
des quatre écoles de cinéma de Pékin, les plus im- demain de la projection de leur film, animer des mas-
portantes de Chine pour les deux premières : l'Uni- ter classes, également très suivies, dans les écoles pré-
citées. Une nouvelle occasion d'échanges fructueux versité des Médias de Chine et l'Académie d'Art
Dramatique, les deux autres de taille plus modeste, et approfondis. L'événement, car cela en fut un, a été
l'Institut d'Art Dramatique et l'École Française des abondamment relayé par la presse chinoise, qui y a
Arts Appliqués (la seule privée). Aucune censure ne consacré de nombreux articles illustrés, et également
s'était exercée sur ces projections, alors que la dif- couvert par la télévision, par plusieurs chaînes natio-
fusion des films, tant à la télévision que dans les nales, notamment Central China TV, ainsi que la très
très rares salles de cinéma de la capitale, est rigou- grosse chaîne locale, Beiging TV. Cette Télétek a éga-
reusement contrôlée par une censure sourcilleuse, lement été pour moi l'occasion, avec l'aide patiente
chaque film devant recevoir un visa de la Commis- et très amicale du jeune professeur Xu Feng, cinéphile
sion avant toute projection. Pour certains étudiants et grand connaisseur du cinéma français, de rencontrer
pourtant, cette assiduité à la Télétek confinait à l'ex- et de nouer des contacts cordiaux avec la critique chi-
ploit, et quelques-uns d'entre eux, pensionnaires noise, très active, tant dans le domaine de la télévision
que du cinéma, et qui, comme ce fut le cas en France dans des écoles éloignées du centre, devaient, à leur
grand regret, s'éclipser avant la fin des débats, pour pour la Nouvelle Vague, a accompagné en Chine
ne pas risquer de trouver les portes de l'école fer- l'émergence de la « cinquième génération » des ci-
mées et dormir à la belle étoile. néastes chinois, il y a peu d'années encore considérés
Chaque film, ils furent tous très appréciés, donnait comme marginaux et indépendants, mais qui sont de-
venus aujourd'hui, des cinéastes reconnus et des am-lieu à un débat, à l'exception de Nuit noire, d'Alain
Tasma, dont le thème, une manifestation sauvage- bassadeurs du cinéma chinois, parmi lesquels Zhang
ment réprimée par la police parisienne, avait été jugé Yimou et Chen Kaige sont les plus connus.
Cette manifestation n'aurait pu se dérouler dans trop sensible dans un pays où la paix sociale ne sau-
rait tolérer de débordement. Que d'animateurs de d'aussi bonnes conditions, sans le travail sur le ter-
ciné-clubs de chez nous auraient envié la réceptivité rain et l'appui logistique des services de l'ambas-
de la salle, la majorité des questions extraordinaire- sade de France à Pékin et d'EduFrance.
ment pertinente, libres et directes, apportaient des
commentaires sur le fond ou la forme du film, de- 31 octobre au 6 novembre 2005 :
mandaient des précisions, s'enquéraient de la société lle édition du Festival Cinéma Tout Écran, Ge-
française et de son cinéma, discutaient d'un cadrage nève. Cette manifestation, qui se présente comme
ou de la longueur d'un plan. Il y eut cependant quel- « avant tout un festival de films », offre un très large
ques questions incongrues, comme celle d'une jeune panorama de la production de fiction actuelle dans
et belle étudiante, demandant tout de go, au micro, à le monde, avec courts et longs métrages, premières
Serge Meynard, qui en fut déstabilisé pendant une œuvres et rétrospectives, avant-premières et séries...
partie du débat : « quel est votre numéro de porta- tous formats confondus. « Un auteur est capable de
ble ? ». Il faut dire que les sujets des téléfilms se prê- faire dans tous les genres, déclare Léo Kaneman,
taient au débat : mouvement de fraternisation entre directeur artistique du festival. Dans le concept de
soldats français et allemands en 1914 (La Tranchée Cinéma tout écran, peu importe le format ou la pro-
de l'espoir, de Jean-Louis Lorenzi, prostitution et de- duction ; ce qui compte, c'est la qualité artistique,
mies mondaines au début du siècle (Bel Ami, de Phi- le talent et le regard du réalisateur. Quand les spec-
lippe Triboit, Gigi de Caroline Huppert), le racisme tateurs viennent au festival, ils ne se posent pas la
(L'homme qui venait d'ailleurs, de François Luciani), question cinéma ou télévision. »
l'exploitation sociale (La Nourrice, de Renaud Ber- Dans l'optique d'une « représentation du réel par
trand), le fantastique (Le Crime des renards, de Serge la fiction », le festival propose des sections très va-
Meynard), les manigances des milieux littéraires (Sa- riées, qui font l'objet de nombreux prix. En Com-
tan refuse du monde, de Jacques Renard). pétition Officielle 'Internationale, le jury, présidé par
Six réalisateurs, dont le film avait été sélectionnés, Peter Kosminski, dans lequel figurait aussi notre
étaient du voyage : Caroline Huppert, Renaud Ber- amie Saisonneuse Catherine Humblot (Le Monde),
trand, Jean-Louis Lorenzi, François Luciani, Serge a attribué les prix suivants : Reflet d'Or pour le
Meynard et Philippe Triboit. Jacques Renard, qui ne Meilleur Film : Ryna de Ruxandra Zenide (Suisse/
pouvait venir car devant, en effet, assurer à Paris, la Roumanie), film également couronné par le prix de
projection de son nouveau film, dut laisser à regret la Critique Internationale décerné par le jury de la
son film s'envoler seul, comme d'ailleurs Alain FIPRESCI ; le Reflet d'Or pour la Meilleure Réali-
Tasma. La délégation comprenait également la pro- sation : Kim Novak badade aldrig i Genesarets sji(
30 Que la fête commence
Jean-Claude Van Damme au festival de Cognac
RITV de Reims, Caroline Huppert et l'équipe du film Gigi
31 La Saison Télévision, édition 2006
Quentin Raspail, festival de la fiction de Saint-Tropez
Les ambassadeurs de la fiction française à Pékin, accueillis par les dirigeants de l'Université des Médias
32
Un ive rs ité de P Que la fête commence
(Kim Novak never swam in Genesaret's lake) de métrages et les réalisations de télévision de Paul
Martin Asphaug, (Suède), les deux jeunes interprè- Verhoeven (bien avant Rohocop ou Total Recuit),
tes, Anton Lundqvist et Jesper Adefelt, recevant le Feest, De Worstelaar, etc. au parfum de nouvelle
prix Tudor d'interprétation masculine. Le prix TV5 vague.
du Meilleur Long Métrage Francophone a récom-
Deux colloques étaient organisés cette année. Un
pensé Fragile, de Laurent Nègre (Suisse). Le prix
Colloque Arte, en présence de Jean Rozat, de Fran-pour l'encouragement à une large diffusion d'une
çois Sauvagnargues, d'Andreas Schreitmüller,
oeuvre sur support (masterisation de DVD) a été at-
ARTE ; d' Alberto Chollet, SRG SSR. Il a été ques-
tribué à Sous mon lit, court métrage de Jihane tion du caractère européen (et non seulement franco-
Chouaib (France).
allemand) de la chaîne, ainsi que de sa « vocation
Dans la sélection programme Series, Collections
culturelle et de création ». Ont été débattues des & Long Drama, le Reflet d'Or de la Meilleure Série
questions d'organisation, de relations et de régle-
a été décerné à The Penal battalion de Nikolay Dos- mentation entre cinéma et télévision dans les diffé-
tal (Russie), fiction historique sur l'engagement rents pays. Une réflexion est également lancée sur
forcé de détenus soviétiques durant la seconde
un format encore peu répandu sur les chaînes fran-guerre mondiale. Le Reflet d'Or de la Meilleure Col-
çaises, le 52 minutes, en unitaire ou en série, ce qui
lection & Long Drama a récompensé The Long .firm
nécessite l'existence de cases appropriées ; la mise
de Bille Eltringham (Grande-Bretagne), fiction à à l'antenne de Vénus et Apollon entre dans ce cadre.
l'humour décapant mettant en scène, dans les an-
Le caractère militant du festival se manifestait par
nées 60, un lord, sans le sou, homosexuel, qui se
le Colloque « Film et politique ». Autour d'Amos fourvoie avec un homme d'affaires véreux en Afri-
Gitaï, dont a été projeté en avant-première Free
que ! Toujours dans cette sélection, on a pu apprécié
zone, il a été question des relations entre documen-
Medea, dernière réalisation de Theo Van Gogh, por- taire et fiction, de mélange des genres, des démar-
tant sur les moeurs et pratiques du monde de la po-
ches de réalisations, de reconstitutions, montage
litique et des affaires : série à l'esthétique originale, d'archives, etc. Participaient notamment au débat
au ton direct, mais dont l'intrigue s'est révélée dif-
Peter Kosminski, dont le festival avait programmé
ficile à suivre. La politique était également présente
plusieurs films, dont The Goverment inspector
dans Kommissionen, de Jonas Grimiis (Suède), met-
(L'Affaire David Kelly, le prix de la vérité, voir fi-
tant en scène un terrible attentat perpétré lors d'une
che) ; ou William Karel (Le Monde selon Bush, voir
conférence internationale. À signaler aussi : Com-
Saison 2005 ; CIA guerres secrètes, Opération lune,
mander in chief, de Rod Lurie (États-Unis), imagi-
voir Saison 2003) qui a annoncé un projet en fiction
nant une femme présidente, et Extras, de Ricky Ger-
sur les élections présidentielles françaises de 2002, vais et Stephen Merchant (Grande-Bretagne, HBO),
Poison d'avril. Par ailleurs, deux productions d'Arte
comédie satirique sur les déboires d'un figurant peu
étaient à découvrir : Les Européens, cinq courts mé-
avenant et sans talent ! Et une heureuse rencontre trages de réalisateurs européens, et Une saison Si-
de fiction et de reportage, Taxi brousse, de Claude
belius, de Mario Fanfani.
Balogun (Burkina-Faso/Bénin). Des séries policiè-
res étaient également présentées, Linea di confine, Enfin, Tout écran ne serait pas complet sans Ge-
de Massimo Donati (Suisse italienne), The Eagle, neva Select Market, marché international du film et
de la télévision, dans un festival qui offre un mélange de Niels Arden Oplev (Danemark). « Grand cinéaste
sur petit écran » a permis de découvrir les courts de convivialité et de diversité culturelle. N.S.
33 La Saison Télévision, édition 2006
o
Anne-Marie Marchand Une des réalisations d'Anne-Marie Marchand
Jean Lallier « Monsieur Sciences pour tous »
34 Adieu l'ami !
ADIEU L'AMI !
par Jean-Pierre Piton, Christian Bosséno et Nicolas Schmidt,
avec la participation de Jean-Jacques Schléret
Personnalités du petit écran disparues entre le 1" septembre 2004 et le 31 août 2005
tien classique, il se tourne vers le cinéma, jouant la Serge Adda : (1948-2004) : disparu à
plupart du temps de petits rôles sous la direction de 56 ans dans la nuit du 6 au 7 novembre 2004, Serge
Jean Renoir (Le Crime de Monsieur Lange et Les Adda, ancien vice-président de la Ligue tunisienne
Bas-fonds en 1936), Jacques Becker (Dernier atout, des Droits de l'Homme, avait été, de 1990 à 1997,
1942), Pierre Prévert (Adieu Léonard, 1943), Marcel directeur général de Canal+ Horizons puis, à partir
Aboulker (Les Aventures des pieds nickelés, 1948, de 2001, conseiller auprès du président de Canal+
dans lequel il est Ribouldingue), Louis Daquin (Pre-et enfin président de TV5 Monde.
mier de cordée, 1944). Au théâtre, il joue dans l'opé-
Andalousie aux côtés de Luis Maiano. À la rette ADG (1947-2004) : écrivain, 56 ans. De son
télévision, il figure dans de multiples émissions de vrai nom Alain Fournier (comme l'auteur du Grand
variétés où il jouait du violoncelle mais aussi dans Meaulnes), ADG fut, avec Jean-Patrick Manchette,
de nombreux téléfilms, surtout à partir des années l'auteur le plus représentatif du « néo-polar » des
1980 : Notre bien chère disparue (Alain Boudet, années 70. 11 fut, au cinéma, le scénariste de Geor-
1980), Le Loup (Youri, 1981), La Sorcière de Cou-ges Lautner pour Quelques messieurs trop tranquil-
flens (Gérard Guillaume, 1985), la série Jeu, set et les (1973) et, sur le petit écran, de Chéri Bibi (1974)
match (1985, Michel Wyn), Tailleur pour dames de Jean Pignol, avec Hervé Sand. Deux de ses ro-
(Yannick Andrei, 1987) d'après Georges Feydeau, mans, Le Grand môme et Pour venger Pépère, fu-
Notre Juliette (François Luciani, 1990), La Peur rent respectivement adaptés dans la collection Série
(Daniel Vigne, 1992, voir Saison 1993, p. 100) ou noire par Jacques Ertaud en 1985 et Joël Séria en
encore L'Ami de Patagonie (Olivier Langlois, 1986.
2002), son dernier filin. Maurice Baquet est mort le
8 juillet 2005. Pierre Bachelet (1944-2005) : chanteur.
Diplômé de l'école de cinéma de la rue de Vaugi-
Eddie Barclay (1921-2005) : producteur rard, Pierre Bachelet débute dans la publicité avant
et éditeur de musique. Décédé dans la nuit du 12 au de participer à l'habillage sonore de Dim, Dam,
13 mai 2005 à Paris, Eddie Barclay qui était à l'ori-Dom. Auteur de musiques de films, dont Emma-
gine de la carrière de nombreux chanteurs et chan-nuelle (1974), et de publicités, il travailla encore
teuses parmi lesquels Eddy Mitchell, Johnny Hally-pour Jean-Jacques Annaud (La Victoire en chantant,
day, Henri Salvador, Michel Berger et Mireille Ma-1976 ; Coup de tête, 1979), Patrice Leconte (Les
thieu, incarna à lui tout seul Saint-Tropez, les excès Bronzés font du ski, 1979), Jean Becker (Les Enfants
et les fêtes du « show business ». Compositeur de du marais). Auteur de nombreuses chansons à suc-
quelques musiques de films (Bob le flambeur, 1955 ; cès (Les Corons, En l'an 2001, Vingt ans), il com-
L'Arme à gauche, 1965), il était apparu à la télévi-posa également la musique de quelques téléfilms :
sion dans Le Petit Mitchell illustré (Gérard Les Noces de carton (1993) de Pierre Sisser, Un
Jourd'hui, 1981). Mau-soleil pour l'hiver (1993) de Laurent Carcélès,
vais présage (2002) de Laurent Monpontet. Il avait
également figuré dans un épisode de la série Van Michel Bardinet (1931-2005) : comédien.
Loc. Pierre Bachelet nous a quitté le 15 février 2005. Michel Bardinet, disparu le 22 février 2005, était ap-
paru dans de nombreuses séries comme Les Cinq
Maurice Baquet (1911-2005) : dernières minutes, L'Inspecteur mène l'enquête, fa- comédien,
nique aimée, Erreurs judiciaires, Vivement lundi. fantaisiste, musicien, 94 ans. Né à Villefranche-sur-
Saône en 1911, Maurice Baquet avait fait partie de
la « bande à Prévert » rencontrée au début des an- Humbert Balsan (1954-2005) : produc-
nées 30 à Malakoff. Il sera également un membre teur. Né le 21 août 1954 à Arcachon, Humbert Bal-
actif du groupe Octobre, dissous avec la guerre d'Es- san avait commencé une carrière de comédien chez
pagne. Après avoir renoncé à une carrière de musi- Robert Bresson, Michel Mitrani, Jacques Rivette,
35 La Saison Télévision, édition 2006
Maurice Pialat. Mais il se fera surtout connaître amour en kit (2003) et enTih Le Menteur (2004) avec
comme producteur de nombreux films d'auteur, Eric Métayer, son avant-dernier film avant Vipère
ceux de Youssef Chahine, par exemple. Pour la télé- au poing (2004) pour le cinéma. Philippe de Broca
vision, il a notamment été le producteur de René est mort le 26 novembre 2004.
Allio, Un médecin des Lumières (1988) ; de Yousry
Nasrallah, La Ville (voir Saison 2000, p. 126) et La Blanchette Brunoy (1918-2005) : comé-
Porte du soleil (voir fiche) ; de Philippe Faucon, dienne. Filleule de Georges Duhamel, elle fait le
L'amour, 1990, Sabine (voir Saison 1993, p. 110), Conservatoire, monte sur scène avant de débuter au
Muriel fait le désespoir de ses parents (y. Saison cinéma en 1936. Elle est choisie pour interpréter
1995) et Mes dix-sept ans (v. Saison 1996, p. 114), l'héroïne de Colette dans Claudine à l'école (1937)
Samia (2000) et de Claire Denis, L'Intrus (voir fi- de Serge de Poligny. Blanchette Brunoy incarna
che). Humbert Balsan s'est suicidé à Paris le 10 fé- presque toujours une fille simple et dotée d'une
vrier 2005. saine moralité, bonne et courageuse, dans des films
signés Jean Renoir (La Bêle humaine, 1938), Jac-
Yves Berger (1931-2004) : romancier. ques Becker (Goupi Mains Rouges, 1943), André
L'un de ses romans. Le Sud, avait été adapté à la Cayatte (Au Bonheur des darnes, 1943), Marcel
télévision par Philippe Monnier en 1982. Yves Ber- Carné (La Marie du port, 1950). Comme pour beau-
ger est décédé le 16 novembre 2004. coup de comédiennes, l'arrivée de la Nouvelle Va-
gue freina à sa carrière et, dès lors, c'est à la télé-
Raymond Bernard, disparu le 23 mai 2005 vision qu'on la vit le plus souvent, notamment au
à Suresnes. Arrangeur et chef d'orchestre, il fut le Théâtre de la jeunesse (Oliver Twist, Jean-Paul Car-
rère, 1962 ; Le Général Dourakine, Yves-André Hu-pianiste de Gilbert Bécaud et de Serge Reggiani.
Ancien de l'orchestre Ray Ventura, il fit partie des bert, 1963 ; Sans famille, Yannick Andreï, 1965),
dans quelques téléfilms et, de 1992 à 1994, dans les orchestres accompagnant les spectacles de cirque au
début de la télévision (La Piste aux étoiles). Ray- tout premiers de Julie Lescaut, les premiers réalisés
mond Bernard composa également la musique du par Caroline Huppert (Julie Lescaut, Harcèlements,
générique de la série des Enquêtes du commissaire Police des viols) où elle joue Madeleine, un person-
Maigres avec Jean Richard. nage de la famille, ainsi que dans les premiers épi-
sodes des Cordier, juge et flic. Elle apparaît pour la
Jean-Jacques de Bresson (1920-2004) : dernière fois sur le petit écran dans La Corruptrice
magistrat, homme politique, conseiller d'État, il fut (1994) de Bernard Stora.
directeur général de l'ORTF de 1968 à 1972.
Jean Cayrol (1911-2005) : scénariste, réa-
Mort le 10 février 2005, Jean Cayrol fut Philippe de Broca (1933-2004) : réalisa- lisateur.
teur. Après l'Ecole Louis Lumière, puis la guerre notamment le scénariste d'Alain Resnais pour Nuit
d'Algérie, Philippe de Broca devient cameraman et brouillard (1955) et Muriel ou le temps d'un re-
tour (1963). Pour le petit écran, il tourna Ne pas puis assistant d'Henri Decoin, Georges Lacombe,
François Truffaut et Claude Chabrol, grâce à qui il déranger (1975). En 1978, Franck Apprederis
adapta son roman Kakemono hôtel qu'interprétaient peut tourner son premier film, Les Jeux de la guerre
(1959), suivi par Le Farceur (1960) et L'Amant de Charles Denner et Marie Dubois.
cinq jours (1961), de pétillantes comédies pleines
d'humour et de tendresse qui font de Jean-Pierre Professeur Choron (1929-2005) : « hu-
Cassel, une vedette. Avec Cartouche (1962) d'abord moriste bête et méchant » selon ses propres termes.
De son vrai nom Georges Bernier, il fut le créateur puis L'Homme de Rio (1963), divertissements mê-
lant aventures, fantaisie et exotisme, il connaît le d' Hara Kiri et avec François Cavanna, le cofonda-
succès et se consacre presque exclusivement à la teur de Hara Kiri, puis de Charlie Hebdo qui, de
comédie. En revanche, Le Roi de coeur, une farce mensuel en 1960, devint hebdomadaire en 1969.
située au cours de la Première Guerre mondiale, est Plusieurs fois condamné par la justice, à la mort du
général de Gaulle notamment, pour injures envers un échec cuisant. Avec Le Bossu (1997), le succès
est de nouveau au rendez-vous. Venu au petit écran l'armée et diffamation envers la police, il était l'un
en 1993 avec Regarde-moi quand je te quitte, Phi- des invités réguliers de Michel Polac dans son émis-
lippe de Broca y tourna encore Le Jardin des Plan- sion Droit de réponse, où il se livrait volontiers à la
tes (1994, voir Saison 1995) avec Claude Rich, Les provocation. Il a claqué la porte le 10 janvier 2005.
Hommes et les femmes sont faits pour vivre heu-
reux... mais pas ensemble (1995, voir Saison 7996, Michel Colombier (1939-2004) : compo-
p. 107) avec Bernard Le Coq, Le Veilleur de nuit siteur. Mort à Santa Monica, Michel Colombier était
(1996, voir Saison 1998, p. 150) d'après Sacha Gui- installé aux États-Unis depuis 1975. Arrangeur de
try avec Philippe Noiret, Madame Sans-Gêne (voir Serge Gainsbourg et de Barbara, il avait également
collaboré avec Prince et Madonna. C'est lui qui avait Saison 2002, p. 109) avec Mathilde Seigner, Y cuira
pas école demain (2003) avec Roland Giraud, Un composé les indicatifs de Dim Dam Dom et les gé-
36 Adieu l'ami !
nériques d'Antenne 2 qu'illustraient les bonshom- 2005 dans plus de 150 films, pour la plupart des
mes volants de Jean-Michel Folon et de Largo comédies où il servit souvent de souffre-douleur à
Winch (2001). Louis de Funès, par exemple dans la série des Fan-
tôtnas et Le Grand restaurant. Il fut également la
doublure française de Jerry Lewis... et du chien Robert Dhéry (1921-2004) : comédien,
scénariste, réalisateur. Après des débuts au cirque, Dingo, compagnon de Mickey. On le vit également
puis au Conservatoire, Robert Dhéry crée à l'écran beaucoup sur le petit écran dans des séries comme
Erreurs judiciaires ou Julien Fontanes, magistrat des personnages lunaires et poétiques (Les Enfants
du Paradis, 1944). Au théâtre, il compose surtout mais aussi dans Quatre-vingt-treize (1962) d'Alain
des rôles de timides avant de triompher dans Boudet d'après Victor Hugo, Belphégor (1965) de Bran-
guignol porté à l'écran en 1949 qui combine le Claude Barma, Le Petit théâtre de Jean Renoir
« nonsense » à l'anglo-saxonne et la gentillesse fran- (1970), Le tour du monde en 80 jours (1979) d'An-
çaise. Avec La Belle américaine, qui réunit son dré Flédérick, Maria Vandamme (1989) de Jacques
épouse Colette Brosset, Louis de Funès, Pierre Dac Ertaud et Jean Moulin (2002) d'Yves Boisset.
et Jean Lefebvre, puis Allez France ! (1964) et Le
Petit baigneur (1967), Robert Dhéry connaît le suc- Marc Eyraud : comédien. Disparu le 15 février
cès public. Il se consacre ensuite à des spectacles 2005, Marc Eyraud fut l'interprète de 70 films pour
comme Vos gueules les mouettes et La Plume de ma le cinéma et la télévision et aussi de nombreux épi-
tante qui triomphent jusqu'aux États-Unis. Ce n'est sodes de séries comme Les Cinq dernières minutes,
qu'en 1982 qu'il aborde la télévision dans Aide-toi Le Petit théâtre d'Antenne 2, Les Nouvelles aventu-
de Jean Cosmos, suivi par Le Manteau de Saint- res de Vidocq, Les Cent livres des hommes ou PJ ;
Martin de Gilles Béhat en 1988. Robert Dhéry a il fit également de belles compositions dans Splen-
quitté la scène le 3 décembre 2004. deurs et misères des courtisanes, Machinations,
Tout feu, tout femme, Victoire ou la douleur des
femmes... Jacques Dufilho (1914-2005) : comédien.
Né le 19 février 1914 à Bègles (Gironde), Jacques
Dufilho a mené une très longue carrière au théâtre, Renée Faure (1918-2005) : comédienne.
au cabaret, au cinéma, et à la télévision. Au cinéma, Décédée le 2 mai 2005, Renée Faure suivit d'abord
il eut notamment le premier rôle dans Une journée les cours d'art dramatique de René Simon et André
bien remplie, de Jean-Louis Trintignant (1972). Pour Brunot au Conservatoire. Pensionnaire de la
le petit écran, parmi de très nombreux rôles, il par- Comédie Française en 1937, puis sociétaire de 1942
ticipa au Théâtre de la Jeunesse, notamment L'Au- à 1965, elle mena une importante carrière théâtrale
berge de l'ange gardien (1962) de Marcel Cravenne. avant de débuter au cinéma dans L'Assassinat du
Il fut aussi l'inspecteur Juve dans la série Tant-Ornas Père Noël (1942) de Christian-Jaque qu'elle re-
de Juan Luis Buhuel et Claude Chabrol (1980) et trouva pour Sortilèges (1945) et La Chartreuse de
Voltaire dans Condorcet (1989) de Michel Soutter ; Parme (1948). Elle tourne ensuite avec Robert Bres-
on le vit encore dans Lagardère (1967) de Jean- son dans Les Anges du péché (1943), Louis Daquin
Pierre Decourt, Ciné-roman (1978), de Serge Moati dans Bel Ami (1957) et, dans les années 50, elle est,
d'après Roger Grenier, Pierrot mon ami (1979) de à trois reprises la partenaire de Jean Gabin dans Le
François Leterrier d'après Raymond Queneau, Les Sang à la tête (1956), Rue des prairies (1959) et Le
Bottes de sept lieues (1990) d'Hervé Baslé d'après Président (1961). Sa carrière marque un temps d'ar-
Marcel Aymé, des séries de Jean Sagols, Le Vent rêt dans les années 1970-1980 où Bertrand Taver-
des moissons (1988), Orages d'été (1989), Jofroi de nier la dirige néanmoins dans Le Juge et l'assassin
La Maussan (1990) de Marcel Bluwal d'après Jean (1976) et Claude Miller dans La Petite voleuse
Giono, Une femme innocente (1986) de Pierre Bou- (1988). Très présente sur le petit écran, elle y inter-
tron d'après Le Matelot d'Amsterdam de Guillaume préta notamment David Copperfield (1965) et La
Apollinaire, Les Longuelune de Jean-Daniel Ver- Guerre de Troie n'aura pas lieu (1967), tous deux
haeghe (1982), Stirn et Stern (1990) de Peter Kas- de Marcel Cravenne, Lancelot du Lac (1970) de
sowitz. Jouant souvent des personnages insolites, Claude Santelli, Pot-Bouille (1972) d'Yves-André
Jacques Dufilho réussit également de très belles Hubert, Les Gens de Mogador (1972) de Robert Ma-
compositions dans Le Huguenot récalcitrant (1969) zoyer, Madame Bovary (1974) de Pierre Cardinal,
de Jean L'Hôte ou bien, cavalier lui-même, en an- La Grande cabriole (1991) de Nina Companeez et
cien officier du Cadre noir vivant sa passion jusqu'à Maigret et la grande perche (1991) de Claude Go-
la mort dans Milady (1976) de François Leterrier retta.
d'après Paul Morand. Jacques Dufilho a quitté la
piste le 28 août 2005 à Paris. Jacques Ferrière (1932-2005): comédien.
Interprète de près de 40 films, Jacques Ferrière est
Jacques Dynam (1912-2004) : comédien. apparu notamment dans La Caméra explore le temps
Mort le 12 novembre 2004 à l'âge de 80 ans, Jac- (La Terreur et la vertu, Danton, Stellio Lorenzi,
ques Dynam est apparu au cinéma entre 1942 et 1964), Les Compagnons de Jéhu (Michel Drach,
37 La Saison Télévision, édition 2006
1966), Vidocq (MarceTBluwd èT Claude Loursais, L'Abonné de la ligne U, Les Enquêtes du commis-
1967) et Vous êtes folle Imogène (Paul Vecchiali, saire Maigret, Les Nouvelles aventures de Vidocq,
1991). Il est mort le 9 avril 2005. Julien Fontanes magistrat, Le Juge est une femme,
Messieurs les jurés, Ariane Ferry, Femmes de loi,
Suzanne Fion (1918-2005) : comédienne, Pause café, Les Rois maudits, Les Thibault, Joseph
87 ans. Dame de compagnie d'Édith Piaf, Suzanne Balsamo, L'Ami Maupassant, Facteur VIII,
Flon suit des cours d'art dramatique, devient l'une Une femme en blanc, Dernier été... Victor Garrivier
s'en fut le 10 décembre 2004 à Paris. des interprètes favorites de Jean Anouilh puis obtient
un rôle de premier plan au cinéma avec Dernier
amour (1949) de Jean Stelli. Plus tard, elle tourne Henri Genès (1919-2005) : comédien,
sous la direction d'Orson Welles (Monsieur Arkadin, 86 ans. Décédé le 22 août 2005. Henri Genès joua
1954 ; Le Procès, 1962), John Huston (Moulin toute sa carrière des seconds rôles joviaux et pleins
Rouge, 1952) et Joseph Losey (Monsieur Klein, de bonne humeur auxquels le destinait sa bonhomie
1976). En 1961, elle remporte la coupe Volpi de la rondouillarde. Interprète de nombreuses comédies,
meilleure actrice au festival de Venise pour son rôle il fit partie de la bande à Ray Ventura, apparaissant
dans Tu ne tueras point de Claude Autant-Lara. Au dans Nous irons à Paris (1950) et Nous irons à
théâtre, elle joue Shakespeare, Tchekov, Pirandello, Monte Carlo (1952) de Jean Boyer. Puis Gérard
Garcia Lorca et, si on la voit moins souvent à l'écran, Oury (Le Corniaud, 1965 ; La Grande vadrouille,
elle y remporte néanmoins deux César des meilleurs 1966 ; Le Cerveau, 1969), Robert Dhéry (Le Petit
seconds rôles féminins en 1984 et 1990 pour L'Été baigneur, 1967), Claude Zidi (L'Animal, 1977), Jean
meurtrier de Jean Becker et La Vouivre de Georges Girault (Le Gendarme et les extra-terrestres, 1979 ;
Wilson. Elle tourne encore avec Claude Chabrol La Soupe aux choux, 1981) le dirigèrent à leur tour.
dans La Fleur du mal (2002) et La Demoiselle d'hon- Il participa à quelques séries télévisées, Nans le ber-
neur (2004). Parmi une dizaine d'apparitions sur le ger (1974), Anthelme Colet ou le brigand gentil-
homme (1981). Dans petit écran, on relève notamment Le Mal court Le Facteur de Fontcabrette
(1962) d'Alain Boudet d'après Jacques Audiberti, Le (1979) de Bernard-Roland, il tenait le rôle principal.
Tour d'écrou (1974) de Raymond Rouleau d'après
Henry James, La Vérité de Madame Langlois (1977) comé-Géraldine Giraud (1968-2004) :
de Claude Santelli, Le Curé de Tours (1980) de Ga- dienne. Fille de Roland Giraud, morte tragiquement
briel Axel d'après Balzac, Le Nœud de vipères en novembre 2004, Géraldine Giraud tenait un petit
(1980) de Jacques Trébouta d'après François Mau- rôle dans La Parenthèse interdite (2005) de David
riac, Mademoiselle Clarisse d'Ange Casta qui, en Delrieux (voir fiche).
1985, lui vaut « le 7 d'or » de la meilleure actrice, et
Le Miroir d'Alice (2002) de Marc Rivière. Suzanne Michel Grisolia (1948-2005): romancier,
Flon a tiré sa révérence le 15 juin 2005. scénariste. Né le 12 août 1948 à Nice, Michel Grisolia
fut auteur de chansons et critique au Nouvel Observa-
Jean-Michel Gaillard (1946-2005) : teur, à L'Événetnent du jeudi et L'Express. Grand ama-
Mort le 19 juillet 2005, Jean-Michel Gaillard, conseil- teur des romans de Georges Simenon, il avait reçu un
ler à la Cour des Comptes, fut chargé de mission de César pour l'adaptation au cinéma de L'Étoile du Nord
1981 à 1984 à l'Élysée sous la présidence de François (1982) de Pierre Granier-Deferre, réalisateur avec qui
Mitterrand avant de devenir directeur général d'An- il adaptera plusieurs Maigret pour la télévision (avec
tenne 2 de 1989 à 1991. En tant que scénariste, il signa Bruno Cremer) à partir des années 2000: Maigret et
ou cosigna Le Dernier été (1997, voir Saison 1998, le fou de Sainte Clotilde de Claudio Tonetti, Maigret
p. 77) et Thérèse et Léon (voir Saison 2001, p. 141), et la princesse et Maigret à l'école d'Yves de Cha-
tous deux de Claude Goretta, Les Enfants du prin- longe, Signé Picpus de Jacques Fansten, Les Scrupules
temps (voir Saison 2000, p. 67) et Leclerc, un rêve de Maigret de Pierre Joassin. Michel Grisolia avait au-
d'Indochine (voir Saison 2003, p. 100) réalisés par paravant travaillé à différentes séries : Histoire d'om-
Marco Pico, et enfin, Jaurès, naissance d'un géant bres (série Haute tension) de Denys Granier-Deferre
(2005, voir fiche) de Jean-Daniel Verhaeghe. (1988), Ne vous lâchez pas Itnogène ! (1989), d'après
Charles Exbrayat, Les Soeurs du nord (1989) de Joël
Victor Garrivier (1931-2004) : comédien. Santoni d'après son roman, sa création de personnages
Né le 8 septembre 1931 à Crémieu (Isère), Victor donnant lieu à d'autres réalisations pour la série SOS
Garrivier fait partie des « seconds rôles » que le ci- Disparus ; La Règle du silence (Histoires de toujours),
néma français a longtemps affectionné. Il entreprend de Marc Rivière (1993) ; Premières neiges de Gaël Mo-
rel (1999, voir Saison 2000, p. 99). Michel Grisolia a d'abord une carrière théâtrale, et c'est pour la télé-
vision qu'il travaille le plus souvent. A la fin des posé son stylo à Paris le 29 mars 2005.
années 90, il accède à la célébrité en dirigeant le
cabinet Zelder dans la série Avocats et associés après Roger lbaiiez (1931-2005) : comédien,
avoir tourné de nombreuses séries télévisées et télé- 73 ans. Une quarantaine de films et téléfilms figure à
films depuis 1960: l'actif de ce comédien basque, frère du chanteur Paco Les Cinq dernières minutes,
38 Adieu l'ami !
Ibariez, créateur en 1992 du centre culturel basque de Conseillé par Jean Dréville, il avait fait ses études de
Paris et que l'on a vu notamment au cinéma dans les cinéma à l'école de la rue de Vaugirard où il a côtoyé
films d'Yves Boisset (Folle à tuer, 1975 ; Le juge deux condisciples qui s'illustrèrent avec lui à la télé-
Fayard dit le shériff, 1977 ; La Clé sur la porte, vision, Marcel Bluwal et Pierre Tchernia. A l'épo-
1978 ; Allons z'enfants, 1981 ; Radio Corbeau, 1989) que, en effet, nombre de réalisateurs formés à l'ID-
et de Luis Bufiuel (Cet obscur objet du désir, 1977) ; HEC ou à Vaugirard entrent à la télévision faute de
sur le petit écran dans L'Espagnol (Jean Prat, 1967), pouvoir travailler pour le cinéma, milieu alors très
(Philippe Lefebvre, 1989), Le fermé. Assistant-réalisateur à la télévision en 1957, il Les Sirènes de minuit
Garçon d'orage (Jérôme Foulon, 1997) et, plus ré- collabore notamment avec Stellio Lorenzi, Pierre Ba-
cemment, dans Commissaire Valence (Vincenzo Ma- del, Marcel Cravenne et Igor Barrère. En 1959, il
(Laurent Heyne- participe activement à l'aventure de Cinq colonnes à rano, 2003) et Maigret en meublé
mann, 2004, voir fiche). Il a quitté le plateau le 17 jan- la une, qui invente une écriture née des contingences
vier 2005 après un dernier film au titre prémonitoire, du reportage, et signe plusieurs grands sujets. Mais
Vivre me tue (2005) de Jean-Pierre Sinapi. c'est dans le domaine de la vulgarisation scientifique
qu'il s'illustre particulièrement avec, notamment, les
39 émissions de la série Visa pour l'avenir (1962 à Claude Jaeger : producteur (Le Charme dis-
cret de la bourgeoisie), mort le 16 septembre 2004, 1967), puis avec les 69 émissions de Portrait de
l'univers sur la deuxième chaîne (1969 à 1975). Si également acteur dans Les Lendemains qui tuent
(1990) de Daniel Duval. l'essentiel de son oeuvre est consacré à la science, il
s'est aussi investi dans le documentaire musical et a
réalisé deux fictions dont 1' une, Raspail ou la passion Jacqueline Joubert (1921-2005) : spea-
kerine, productrice, 83 ans. De son vrai nom Jacque- de la république, sur un scénario de Pierre Dumayet,
est consacrée à un homme de science. A la demande line Annette Édith Pierre, Jacqueline Joubert, née le
29 mars 1921, s'est tue le 8 janvier 2005. Elle fut de Pierre Desgraupes, il abandonne la réalisation
pour diriger une unité de documentaires à Antenne 2. d'abord actrice de théâtre avant d'entrer sur concours
Il devient ensuite directeur des programmes à TF1 et à la télévision en 1949. Première speakerine de la
télévision française, elle annonçait les programmes crée une société de production.
et faisait patienter les téléspectateurs pendant les
pannes techniques, très fréquentes à l'époque. C'est
également elle qui animait Rendez-vous avec..., une
Le Monsieur Sciences émission de variétés créée en 1951 qui accueillait des
chanteurs plus ou moins confirmés. Il lui arriva éga- de la télévision
lement d'animer La Joie de vivre. De 1972 à 1975,
elle dirigea le service des émissions jeunesse, fonc-
tion qu'elle occupera encore à Antenne 2 entre 1978 Tes films nous ont initiés, sans la moindre
et 1989, créant Récré A2 dont elle confia l'animation pédanterie, à la biologie moléculaire, à la
à Dorothée et programmant le dessin animé japonais construction des centrales nucléaires, au projet
Elle mit ensuite à l'antenne Le Monde Goldorak. Appolo, à l'écriture sumérienne, etc. De sur-
magique (1988), émission présentée par Chantal croît, ils nous ont permis de rencontrer sur le
Goya. Elle était la mère d'Antoine de Caunes, né de petit écran, les yeux dans les yeux, les Konrad
son union avec Georges de Caunes, et était apparue Lorenz, von Braun, Jean Rostand (...). Mon
pour la dernière fois à la télévision lors des 40 ans de cher Jean, avec enthousiasme, tu as participé
France 2 en novembre 2004. à la passionnante aventure, cette nouvelle
« encyclopédie du partage et de ». Tu
Évelyne Ker (1935-2005) : comédienne. te souviendras avec moi que, dans le dernier
Deux rôles ont marqué la carrière de cette comédienne livre publié de son vivant, L'Intemporel, An-
rare, dans tous les sens du terme : Gigi qu'elle joua au dré Malraux a écrit : « Avec la mort de Pi-
théâtre en 1955 peu après la mort de Colette sous la casso, l'École de Paris s'achève mais le temps
direction de Jean Meyer, et tint le rôle de la mère de de l'audiovisuel commence ». Lequel ? Oui,
Sandrine Bonnaire dans À nos amours de Maurice quelle télévision ? Celle du fric ou celle de
Pialat en 1983. Evelyne Ker, qui avait d'abord suivi l'intelligence et du savoir ? Telle est la ques-
les cours de l'École de la rue Blanche et du Conserva- tion brûlante que tu nous poses en t'éloignant.
toire national supérieur d'art dramatique, est morte le
12 juin 2005. Elle avait encore figuré dans une ving- Jean-Marie DROT
taine de films et séries dont L'Inspecteur Leclerc en- (Court extrait de l'hommage improvisé de
Les Cinq dernières minutes, mais sans jamais quête et Jean-Marie Drot, lors des obsèques de son
retrouver de rôles aussi marquants. ami, « son compagnon de chaîne Jean
Lallier », en l'église Saint Sulpice,
Jean Lallier. C'est un des grands pionniers de la le vendredi Il mars 2005)
télévision française qui disparaît le 5 mars 2005.
39
La Saison Télévision, édition 2006
créa l'habillage de M6, chaîne pour laquelle il par-Didier tecat (1946=2T:104) : journaliste.
ticipa également à la série Caméra Café. Au cinéma, Disparu le 24 octobre 2004, Didier Lecat avait
il est l'auteur de plusieurs courts métrages dont l'un, animé la célèbre Chasse aux trésors et présenté pen-
Le Maître-chanteur interprété par Michel Jonasz, re-dant deux ans, de 1982 à 1984, le journal d'An-
çut une nomination aux Césars en 1987 ; puis il par-tenne 2. 11 avait ensuite été le conseiller de Jean-
ticipe à la réalisation des Secrets du professeur Ap-Marie Cavada pour la Cinq.
felgliick (1991) écrit par Thierry Lhermitte. En 2000,
il réalise un premier long métrage, En face, un film
Paul Le Person (1931-2005) : comédien, policier avec Jean-Hughes Anglade et Clotilde Cou-
74 ans. Décédé le 8 août 2005, Paul Le Person fut rau qui connaît un échec cuisant suivi, d' Une souris
l'un des seconds rôles majeurs du cinéma français verte (2003) tourné à Londres qui renvoie à une ré-
pendant près de quarante ans. Il est apparu dans plus flexion sur son métier et le rôle de l'image dans une
d'une centaine de films, téléfilms et séries. C'est en société où une jeune fille qui se filme avec une web-
au théâtre, en 1966, jouant Le Brave soldat Chveik cam est assassinée sous les yeux d'un internante.
qu'il se fait remarquer pour la première fois. La Mais le film n'eut pas plus de succès que le précé-
même année, le cinéma l'avait sollicité en la per- dent.
sonne de Jean-Paul Rappeneau pour La Vie de châ-
teau. Dès lors, il n'allait plus cesser de tourner, fai- Raymond Loyer (1916-2004) : comédien.
sant toujours en sorte qu'on remarque ses person- Près de quarante films et téléfilms figurent à l'actif
nages, la plupart du temps, des braves types mais de ce comédien, essentiellement connu pour les in-
parfois, à l'inverse, des méchants. On le vit ainsi nombrables doublages auxquels il prêta sa voix. Il
diriger par Claude Lelouch dans Le Voyou (1970), fut ainsi celle de John Wayne et, sur le petit écran,
Pierre Richard dans Les Malheurs d'Alfred (1972), de Jim Davis, le John Ewing de Dallas. En chair et
Luis Bulluel dans Le Fantôme de la liberté (1974) en os, il apparut notamment dans Le Deuxième souf-
et surtout Yves Robert avec qui il tourna Alexandre fle (1966) de Jean-Pierre Melville et dans Deux
le bienheureux (1967), Le Grand blond avec une Hommes dans la ville (1973) de José Giovanni ; sur
chaussure noire (1972), Le Retour du grand blond le petit écran dans Les Mohicans de Paris (1973) de
(1974) et Le Jumeau (1984). Paul Le Person, qui Bernard Borderie et Gilles Grangier, La Folie Al-
disait ne pas aimer son physique, fut également très mayer (1973) de Vittorio Cottafavi et Gaston Phoe-
présent sur le petit écran et ce, dès 1963 où il figure bus (1978) de Bernard Borderie. Raymond Loyer
Le Général Dourakine d'Yves-André Hubert dans s'est tu le 3 septembre 2004.
tourné pour Le Théâtre de la jeunesse mais aussi
dans Sainte Jeanne (1969) de Claude Loursais, Tar- Anne-Marie Marchand (1929-2005) :
tuffe (1971) de Marcel Cravenne, La Malle de Ham- costumière. Anne-Marie Marchand réalisa les cos-
bourg (1972) de Bernard Hecht, La Tuile aux loups tumes d'une trentaine de films dont beaucoup pour
(1972) de Jacques Ertaud où il figurait en tête de le petit écran, notamment pour Marcel Bluwal avec
distribution, Histoire d'une fille de ferme (1973) de lequel elle collabora pour Le Dossier de Chelsea
Claude Santelli, Les Rosenberg ne doivent pas mou- Street (1962), L'Affaire Lourdes (1967), La Double
rir (1975) de Stellio Lorenzi, François le Champi inconstance (1968) et Les Misérables (1972) mais
(1976) de Lazare Iglésis, Marcheloup (1982) de Ro- aussi avec Jean Prat pour Les Célibataires (1962),
ger Pigaut, auxquels il faut ajouter des épisodes de (1966) et Trois soeurs (1974), Le Destin de Rossel
séries dont Les Héritiers, Médecins de nuit, José- avec Claude Loursais pour La Nuit des rois (1957),
Blandine, l'insoumise. phine, ange gardien et Stellio Lorenzi pour L'Enigme de Saint-Leu (1961)
dans le cadre de La Caméra explore le temps, avec
Mathias Ledoux (1953-2005) : réalisa- François Gir pour L'Éventail de Lady Windermere
(1961), avec Alain Boudet pour Le Mal court teur, 51 ans. Le 10 mars 2005, il a posé sa caméra.
Issu de l'École Louis Lumière, Mathias Ledoux dé- (1962), avec Yves-André Hubert pour Les Bosto-
La Se-buta sa carrière comme cameraman à l'ORTF. En- niennes (1962), avec Claude Dague pour
couragé par Jean-Christophe Averty, il devient réa- conde surprise de l'amour (1962), avec Pierre Badel
lisateur. C'est en participant aux débuts de Canal+ pour Shéhérazade (1971), avec Guy Lessertisseur
qu'il se fait un nom, réalisant notamment l'émission La Fin du marquisat d'Aure! (1980), avec
d'ouverture de la chaîne puis Objectif Nul et Les Pierre Cardinal enfin pour Phèdre (1988). Femme
Nuls mais aussi l'habillage (logos, signalétique, jin- du réalisateur Jean-Pierre Marchand, Anne-Marie
gles) de la chaîne cryptée ; avec Etienne Robial, la Marchand nous a quitté le r août 2005.
cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver
de 1992 à Albertville, les concerts de Vanessa Pa- comédien. Serge Marquand (1930-2004) :
radis à l'Olympia en 1993 et Ben Harper à Bercy Serge Marquand est apparu dans plus de quatre-
en 2000 et des documentaires comme Dumas le ro- vingts films, entre Les Liaisons dangereuses (1959)
mantique, des clips musicaux et des portraits de Roger Vadim et L'île bleue (2001) tourné pour
(Claude Berri, Charles Chaplin). C'est encore lui qui la télévision par sa soeur Nadine Trintignant.
40