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Temps et mélancolie

De
297 pages
En 1933, le psychiatre Eugène Minkowski rapporte les plaintes d'un jeune adulte dans son oeuvre "Le Temps vécu", qui introduit en France la première description phénoménologique de la dépression. À partir de cette étude clinique centrée sur la stagnation du temps vécu, les rapports du temps à la mélancolie sont interrogés dans une perspective psychanalytique, afin de déterminer un levier thérapeutique et quelques "bienfaits" à la dépression en allant à la rencontre du sujet mélancolique.
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identités et identifications.
Guillemette BALSAN
TEMPS ET MÉLANCOLIE
Après coup, l’adolescence
Étudespsychanalytiques
Préface de Bernard Golse
Temps et mélancolie Après coup, l’adolescence
Études Psychanalytiques COLLECTION DIRIGEE PAR ALAIN BRUN ET JOËL BERNAT
La collectionEtudes Psychanalytiques veut proposer un pas de côté et non de plus, en invitant tous ceux que la praxis (théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle », « hors école », dans la psychanalyse.
Dernières parutions
Franca MADIONI (dir.),Figures du vide. Psychopathologie et hypermodernité, 2017. Vladimir MARINOV,Le démiurge et le funambule. Brancusi & Giacometti, 2017. Michelle MORIN,De la création en art et littérature, 2017. Christiane CHARVET-BERNARD,Une voix s’est tue. Parlons. Le déclin d’une civilisation n’est pas une fatalité, 2017. Pierre DELMAS,Wilhelm Reich ou le complexe de Prométhée, 2017. Anne Vernet SEVENIER,Etude d’un Syndrome de relance originaire en cours de coma, 2016. Jacques LIS,L’homme à l’envers, 2016. Christophe SOLIOZ,Paul Parin,Voyage au bout de l’utopie,2016. Celso GUTFREIND,être mère, être père et autres essais sur la Narrer, parentalité, 2016. Alessandra GALLI,Comment sortir d’une psychose et terminer sa psychanalyse, 2016.Stoïan STOÏANOFF-NENOFF,Quatuor d’hommes de désir. Ludwig Wittgenstein, Sigmund Freud, Alain Badiou et Alain de Libéra,2016. Raymond ARON,Traces du désir, Proximité de l’abîme, 2016. Elisabeth LECLERC-RAZAVET,L’inconscient sort de la bouche des enfants, 2016. Jean-Marie BOYER,Psychanalyse et architecture. Un regard insolite sur Louis Kahn et Le Corbusier, 2016. Claude BRUERE-DAWSON et Marie-Laure ROMAN,Le psychodrame psychanalytique. Une méthode et une praxis aux confins de l’acte analytique, 2016 Philippe COLLINET,Je est un autre, 2016. Joseph ROUZEL (dir.),Psychanalyse et écriture, Rencontre avec Pascal Quignard, 2015. Élisabeth LECLERC-RAZAVET, Georges HABERBERG, Dominique WINTREBERT,L’enfant et la féminité de sa mère, 2015.
Guillemette Balsan
Temps et mélancolie
Après coup, l’adolescence
Préface de Bernard Golse
© L’HARMATTAN, 2017
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13056-9 EAN : 9782343130569
À Édouard,in memoriam
Au Docteur Abgrall
Remerciements
Je remercie infiniment Bernard Golse qui me fait l’honneur de préfacer ce livre ; je tiens à lui exprimer ici ma vive reconnaissance tant pour sa confiance et sa patience à toute épreuve, que pour son enseignement et son compagnonage.
Mes remerciements également à Joël Bernat, des éditions l’Harmattan, pour son aide précieuse et bienveillante à la mise en forme du manuscrit et à sa publication.
Ma profonde gratitude et mon amitié à Marie-Sophie Madre et Fabrice Meneut.
Préface 1 Bernard Golse : Les racines précoces du vécu de la temporalité Introduction Je suis très reconnaissant à Guillemette BALSAN dont je suis la trajectoire réflexive avec le plus grand intérêt, de m’avoir invité à rédiger la préface de l’ouvrage remarquable qu’elle a écrit sur les liens entre temps et mélancolie au regard, notamment, de la dynamique de l’adolescence. C’est pour moi un très grand plaisir, et ceci à plusieurs titres : tout d’abord, je suis réellement admiratif de la culture maîtrisée et de la profondeur de la pensée de Guillemette BALSAN, car il me semble que c’est là une chose rare et précieuse ; par ailleurs, la temporalité représente un problème central de la réflexion psychanalytique, mais aussi un problème difficile qui s’y trouve tout de même quelque peu marginalisé ; enfin, si je suis professionnellement plus impliqué auprès des bébés que des adolescents, je suis cependant de ceux qui soulignent sans relâche l’intérêt qu’il y a à réfléchir aux convergences qui existent entre les fonctionnements psychiques à ces deux âges de la vie, et à les dialectiser en s’appuyant, précisément, sur une lecture à double sens de la théorie de l’après-coup comme nous y invitait J. LAPLANCHE (1999). Entre autres auteurs à s’être penchés sur cette question de la temporalité, on mentionnera J. CAÏN (via un ouvrage collectif déjà ancien de 1982), et A. GREEN plus récemment, dans « Le temps éclaté », et « La diachronie en psychanalyse » (2000). Le temps linéaire ne suffit ni à la réflexion phénoménologique (qui a besoin, également, de définir un temps vécu par le sujet, voire un temps social), ni à la réflexion psychanalytique (qui réclame la prise en compte d’un temps circulaire au regard de la théorie de l’après-coup). 1 Pédopsychiatre-Psychanalyste (Membre de l’Association Psychanalytique de France) / Chef du service de Pédopsychiatrie de l'Hôpital Necker-Enfants Malades (Paris) / Professeur de Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université René Descartes (Paris 5) / Inserm, U669, Paris, France / Université Paris-Sud et Université Paris Descartes, UMR-S0669, Paris, France / Membre titulaire du PCPP, EA 4056, Université Paris Descartes / Membre associé du CRPMS, EA 3522, Université Paris Diderot / Ancien Membre du Conseil Supérieur de l’Adoption (CSA) / Ancien Président du Conseil National pour l’Accès aux Origines Personnelles (CNAOP) / Membre du Conseil Scientifique de la Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent et des Disciplines alliées (SFPEADA) / Président de l’Association Pikler Loczy-France / Président de l’Association pour la Formation à la Psychothérapie Psychanalytique de l’Enfant et de l’Adolescent (AFPPEA) / Président de l’Association CEREP/Phymentin / Président de l’Association Européenne de Psychopathologie de l’Enfant et de l’Adolescent (AEPEA) / Président de la CIPPA (Coordination Internationale entre Psychothérapeutes Psychanalystes s'occupant de Personnes Autistes et membres associés).
En tout état de cause, il n’y a pas de sens et d’historicisation possibles sans prise en compte de la temporalité, et c’est pourquoi il importe tant que la clinique de l’instant, actuellement en plein essor au travers de la pratique extensive des évaluations, ne l’emporte pas sur la clinique de l’histoire seule à même de garantir la liberté et la dignité des patients dont nous avons la responsabilité. Pour conclure cette introduction, je citerai Gabriel GARCIA MARQUEZ qui a écrit dans l’un de ses derniers livres (« Mémoires de mes putains tristes », 2005) : « J’ai toujours été ponctuel, pour qu’on ne sache pas à quel point le temps des autres m’est indifférent … » Comment mieux dire, alors, que même le temps peut servir de relais à l’agressivité, car si l’objet naît dans l’absence, le temps naît dans l’attente, ce qui est parfois douloureux, comme nous le savons tous. Les racines précoces du vécu de la temporalité Comme préface à ce magnifique texte de Guillemette BALSAN j’ai pensé qu’une réflexion sur les racines précoces de la temporalité et de son vécu pouvaient être utiles au lecteur quant à son appréhension de cette problématique chez l’adulte et chez l’adolescent, mélancoliques ou non. L’éprouvé corporel du temps qui passe, précède - et de loin - la possibilité de symbolisation du temps, et c’est ce que j’aimerais faire sentir au travers de ces quelques pages. Paradoxalement, en effet, alors que la symbolisation du temps fait généralement figure d’aboutissement sophistiqué des processus de symbolisation, l’inscription corporelle de la durée et des rythmes interactifs apparaît, en revanche, comme très précoce au sein de l’ontogenèse psychique. Autrement dit encore, si pouvoir parler du temps est évidemment tardif, le vivre dans son écoulement et le ressentir est quasi-immédiat dès le début de la vie. En matière de temps et de durée, tout commence par la musique et par l’audition *les nouvelles connaissances sur le développement de la sensorialité Avec fœtale, on peut désormais se poser la question de la genèse prénatale de l'objet. Mais comment « penser à » sans être « hors de » ? Telle est au fond notre interrogation centrale à ce sujet puisqu'il s'agit de savoir si le fœtus est en mesure, ou non, de se représenter l'objet externe alors même qu'il se trouve encore inclus dans lui. Posée ainsi, cette question est sans doute trop radicale et ne peut probablement conduire qu'à une impasse de nos propres capacités de pensée. La réflexion est à mener, selon nous, à un niveau plus partiel. On sait aujourd'hui que la sensorialité fœtale se développe de manière très précisément programmée tout au long de la grossesse, avec une maturation séquentielle des appareils du tact, de l’olfaction, du goût, de l’audition et de la
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vision enfin, soit une mise en place des trois sensorialités proximales d’abord, et des deux sensorialités distales ensuite.Au sein de l'utérus, le fœtus perçoit un certain nombre de sons dont il lui est probablement difficile d'éprouver s'il s'agit de sons du dehors ou de sons du dedans (d’autant que les sons du dehors parviennent également au fœtus par l’intermédiaire du corps de la mère). Les sons du dedans peuvent être réguliers (bruits du cœur de la mère, bruits vasculaires) ou irréguliers (bruits digestifs), alors que les sons du dehors sont principalement irréguliers et imprévisibles (bruits issus de l'environnement extérieur, voix des adultes et notamment de la mère). En tout état de cause, seule la voix de la mère (et pas la voix du père qui est purement un stimulus sonore externe) est, pour le fœtus, un son qui est à la fois un son du dedans (qui lui parvient en traversant tous les tissus du corps maternel avant de mettre en vibration le liquide amniotique), et un son du dehors qui est ex-primé par la mère (et qui parvient au fœtus en ayant à traverser d’abord la paroi abdominale, acoustiquement filtrante, avant de traverser également les tissus de son corps). Le fœtus n’est sans doute pas en mesure d’opérer une véritable classification entre les sons du dedans et les sons du dehors, mais il peut sans doute remarquer que la voix de la mère est un stimulus sonore pas-comme-les-autres, le seul, encore une fois, à être un stimulus à la fois externe et interne. *L'hypothèse proposée par la psychanalyste italienne S. MAIELLO (1991), est alors tout à fait fascinante. Cet auteur suggère en effet que ce seraient les discontinuités de la voix maternelle qui, parvenant jusqu'au fœtus au travers de la paroi abdominale et la paroi utérine, lui fourniraient alors une préforme de la problématique ultérieure du couple absence-présence de l'objet au cours de la vie post-natale. L'irrégularité et l’imprévisibilité (de temps en temps la mère parle, mais de temps elle ne parle pas) de la perception de la voix maternelle préfigurerait en quelque sorte, selon S. MAIELLO, la problématique de l'absence et de la présence appelée à prendre forme après la naissance, quand l'enfant sera amené à prendre en compte l'existence de ses objets relationnels dans le cadre de son processus de différenciation extra-psychique. Cette hypothèse mériterait évidemment d'être discutée, et ce d'autant que la problématique du couple absence-présence semble en fait devoir être précédée par celle de l'écart et de la différence. Quoi qu'il en soit, cette hypothèse très heuristique, bien que fondée sur une perspective reconstructive, ouvre la voie à la prise en compte de la théorie de l'après-coup dès la période prénatale, dans la mesure où ce seraient les inscriptions sensorielles prénatales qui constitueraient le premier temps d'un traumatisme constructif et structurant, premier temps en attente de la rencontre post-natale avec les irrégularités de la présence de l'objet externe, rencontre qui aurait alors valeur de deuxième temps de ce traumatisme développemental, mais d’un deuxième temps éventuellement pathogène dans certaines conditions.
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