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Terrain et Exigences Méthodologiques

De
155 pages
Il n'y a pas une seule manière d'appréhender les faits sociaux, mais plusieurs selon les particularités et le contexte de chaque recherche. La méthodologie est toujours à trouver. D'où la nécessité d'une remise en cause permanente du corpus méthodologique à chaque étape de la recherche scientifique. Du structuralisme constructiviste, en passant par l'histoire immédiate, l'analyse stratégique et l'enquête de terrain sont entre autres les méthodes utilisées dans cet ouvrage.
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méthodologie est toujours à trouver, et rien n’est déînitif. D’où la nécessité
étape de la recherche scientiîque.
scientiîque du Centre de recherche interdisciplinaire (CRI) de l’Université
du CEP et CRI.
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TERRAINET EXIGENCES & Héritier Mambi Tunga-Bau (dir.) MÉTHODOLOGIQUES
Du choix d’un sujet de recherche aux résultats escomptés, un parcours indéIni
Sous la direction de Philémon Muamba Mumbunda & Héritier Mambi Tunga-Bau
D/2016/4910/36
© Academia – L’Harmattan s.a. Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
ISBN : 978-2-8061-0293-5
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
TERRAIN ET EXIGENCES MÉTHODOLOGIQUES
Du choix d’un sujet de recherche aux résultats escomptés,
TERRAIN ET EXIGENCES MÉTHODOLOGIQUES Du choix d’un sujet de recherche aux résultats escomptés, un parcours indéfini Sous la direction de Philémon MUAMBA MUMBUNDA et Héritier MAMBI TUNGA-BAU
INTRODUCTION GÉNÉRALE Philémon MUAMBA MUMBUNDA Entreprendre une recherche collective est une aventure passion-nante, en même temps risquée du fait des itinéraires scientifiques des contributeurs, et aussi du fait que«la connaissance scientifique est dépendante de catégories sociales ou politiques attachées à des con-1 textes spécifiques». Malgré les origines diverses de contributeurs, la base scientifique de cet ouvrage est la méthodologie.
Chaque étude est le reflet des questionnements de chacun des au-teurs sur sa démarche et son environnement social immédiat en par-tant de l’idée que«le fait social est conquis, construit, constaté [] Passer du fait social au fait sociologique suppose donc la mise en œuvre d’une démarche scientifique qui repose sur plusieurs étapes 2 que l’on peut, par souci d’exposition, séparer les unes des autres». C’est pourquoi, nous avons voulu à travers ces articles montrer cer-taines voies à suivre, certaines stratégies de contournement d’obstacles pour la réalisation d’un travail scientifique de niveau docto-ral ou un simple articlescientifique. Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, les bases sont réalisées«sur un terrain ferme et non sur un sable 3 mouvant».
L’objectif principal de l’ouvrage est demontrer comment a été fait l’usage de la méthodologie dans chaque recherche car souvent«l’exposition des méthodes est comparableà une litanie ré- parfois barbative des protocoles de recherche adoptés et/ou à une description 4 assez banale des bricolages méthodologiques mis en pratique».C’est pourquoi, nous voulons rendre compte de la manière dont la méthodologie a été concrètement appliquée dans chaque travail.
1 Surel Y.,La science politique et ses méthodes, Paris, Armand Colin, 2015, p. 17. 2 e Bonnewitz P., cité par Albarello L.,Apprendre à chercher, 4 édition, Bruxelles, De Boeck, 2002, p. 34. 3 Durkheim E.,Les règles de la méthode sociologique, Paris, Flammarion, 1988, p. 139. 4 Surel Y.,op. cit., pp. 19-20. 7
TERRAIN ET EXIGENCES MÉTHODOLOGIQUES
Pour Jean Pierre Mpiana à travers«l’Approche sociologique desitinéraires et des représentations de la réussite sociale dans les mi-lieux populaires de Kinshasa», il est question de saisir les représenta-tions de la réussite sociale dans le milieu populaire kinois suite à lémergence de nouvelles figures de réussite composées de musiciens, 5 6 demikilistes, debana lunda, des cambistes de rue, des pasteurs des églises de réveil, etc. Ce travail a nécessité des enquêtes de terrain et la réalisation de nombreuses interviews qui ont contraint Jean Pierre Mpiana à négocier à chaque visite son identité en fonction des enquê-tés àaffronter. C’est ainsi qu’il estime que la déontologie scientifique qui impose au chercheur la modestie, la sobriété, la non adoption d’une posture d’autoriténest pas toujours payante dans tous les con-textes congolais où le paraître fait parfois lêtre.
Méthodologiquement, au départ Jean Pierre Mpiana avait opté pour un référent structuraliste. Sauf, qu’à la prise avec le terrain, les enquêtes lont conduit à changer de posture méthodologique. Cest ainsi qu’il est passé du structuralisme au constructivisme avec comme conséquence la reformulation des hypothèses et à procéder par trian-gulation en alternant le questionnaire, les entretiens, les interviews et les récits de vie comme techniques. Une situation qui justifie en partie une remise en cause permanente de l’arsenal méthodologique. Un va-et-vient qui est nécessaire pour recadrer les éléments de l’ensemble de la recherche, et cela, à chaque étape de celle-ci.
Dieudonné Musa Alokpo a étudié :«Les externalités de l’éducation non formelle». Il a disposé de deux sources importantesd’infor-mations: d’une part, les réflexions personnelles et, d’autre part,celles reçues par procuration à partir de documents écrits. Ces deux sources, si considérables soient-elles ne sont pas une garantie suffisante pour parler avec autorité des phénomènes concernés par lesujet d’étude. D’où la nécessité d’une descente sur le terrain. Celui-ci a généré pour Dieudonné Musa nombre d’effets bénéfiques à la conduite et à l’aboutissement heureux de son travail.Il a permis entre autres de réévaluer les connaissances des problèmes à l’étude, de reconstruire
5 Ce sont les migrants congolais résidant en Occident. 6 Creuseurs et trafiquants de diamant de la province angolaise de Lunda Nord. 8
Du choix d’un sujet de recherche aux résultats escomptés, un parcours indéIni
les suppositions, de repréciser certains questionnements récurrents, de réajuster quelques outils de travail, etc.
Il considère que le contact avec les enquêtés est une des pre-mières épreuves auxquelles se livre le chercheur, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un milieu non familier. Cela est d’autant plus détermi-nant qu’une bonne approche des enquêtés peut ouvrir la porte aux échanges etpermettre de poursuivre l’enquête; alors qu’une indélica-tesse, si mineure soit-elle, peut compromettre l’enquête, voire la stop-per.C’est ainsi que pour lui, tout dépend de l’impression qu’ont les enquêtés de la personne du chercheur. Pour cela, au-delà des paroles que celui-ci prononce, sa façon de se présenter est déterminante ; notamment sa tenue vestimentaire, son regard, son expression faciale, sa façon de saluer, de s’asseoir, etc.
Titrant pour la première fois sa recherche :Identité socio-politique des Baluba du Kasaï en RD Congo au vu du parcours des événements de la fin des années 1950 à nos joursen passant par :Les conflits eth-niques entre Kasaïens à l’intérieur et à l’extérieur de leur espace, une lecture socio-politique:, pour finir par la surethnicisation d’une identité ethno-politique, entre union et division, cas des Kasaïens; le choix du titre a été un jeu de ping-pong permanent entre Philémon Muamba et le promoteur de sa thèse de doctorat pendant deux ans. Ce va-et-vient a été un parcours de combattants allant de la négociation au rejet, et parfois à une simple correction d’un mot ou d’une virgule. Toute cette gymnastique avait pour objectifl’adéquation entre le sujet, la probléma-tique et les hypothèses.
Philémon Muamba a eu recours à deux méthodes: l’histoire im-médiate développée par Benoît Verhaegen et le constructivisme-structuraliste de Pierre Bourdieu. Concernant les techniques, il a fait recours à l’entretien, l’analyse documentaireet l’observation.
Le défi majeur de son travail a été de trouver un concept pouvant prendre en charge les conflits identitairesdans l’espace kasaïen. Il en est venu à bout grâce à sa trouvaille de la notion de surethnicisation. Dans«Partenariats entreles multinationales et l’État en RD Congo»: le partenariat, Jean-Pierre Lotoy part du postulat suivant entre l’État (entités gouvernementales) et les privés (notamment les 9