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Théorie générale de la schématisation 3

De
192 pages
La théorie de la communication constitue le troisième volume de la Théorie générale de la schématisation. Ce troisième volume poursuit deux objectifs successifs et complémentaires : proposer une nouvelle théorie spécifique de la communication fondée sur la schématisation ; intégrer celle-ci dans la théorie générale et constituer ainsi la triptyque final : cognition, langage, communication.
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Théorie générale de la schématisation
Théorie de la communication

3

@

L'Harmattan, 2003

ISBN: 2-7475-5286-1

Robert Estivais

Théorie générale de la schématisation
Théorie de la communication

3

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan

Hongrie

Hargitau. 3
1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Composition: Suzanne Charpentier. Mise en page et prêt à tirer: Tibor Papp

Dans la dialectique, l'antithèse est la source et la méthode expérimentale de l'innovation politique, sociale et artistique, et l'avant-garde en constitue l'organisation consciente. Par nature elle dérange les habitudes et scandalise. Le retour aux valeurs du passé, le libéralisme économique, la religion, la royauté, etc. relève de l'inlassable répétition confonniste de la thèse dialectique non dépassée. Il repose les esprits et prépare les nouveaux cycles antithéti ques. Les années actuelles constituent une période de Néo réactionnaire.

Robert Estivals, 2003

PRINCIPAUX OUVRAGES DU MEME AUTEUR

BIBLIOLOGIE -Le Dépôt Légal sous l'ancien régime de 1537 à 1791. Paris: Librairie Marcel Rivière, 1961 -La Statistique bibliographique de la France sous la Monarchie au 18e siècle. Paris: La Haye: Mouton,1965 -La Bibliométrie bibliographique. Lille: 1971 -La Bibliologie. Paris: SBS,1978 -La Bibliologie, PUP, Que sais-je?, 1987 -Les Sciences de l'écrit. Encyclopédie Internationale de Bibliologie. Retz,1993 -Petite Anthologie Francophone de la Bibliologie. Paris: SBS,1993 -Thesaurus de la Bibliologie. Paris: SSB,2000

SCHÉMATISME ET SCHÉMATOLOGIE -L'avant-garde culturelle parisienne depuis 1945. Paris: Le Prat,1962 -L'Hypergraphie idéographique synthétique. Paris: Le Prat, 1964 -L' avantgarde, étude historique et sociologique des publications ayant pour titre l'Avant- garde. Paris: Bibliothèque nationale, 1968 -Un Sociocrate. Paris: Sediep, 1974 -Du Structuralisme au schématisme. Rovio, 1982 -La Dragogyne ou le schéma féminin. Grafica Uno, 1984 -Jaurès et ses images. Paris: SBS, 1985 -Le schématisme. Paris: SBS, 1992 -Le Mandala de la Maison du Schématis7ne. Noyers: SSB, 2002 -Biographie, Bibliographie, Bibliométrie et Bibliotique : le sens d'une vie. Noyers: SSB, 2002 -Le Schéma-tisme. Noyers: SSB, 2003 Voir aussi les revues Grâmmes, Schéma, Schéma et Schématisation 19572003, et les Actes des Colloques de l'Association Internationale de Bibliolo gie.

AVERTISSEMENT

Ce troisième volume de la Théorie générale de la schématisation poursuit deux objectifs successifs et complémentaires: proposer une nouvelle théorie spécifique de la comm unication fondée sur la schématisation; intégrer celle-ci dans la théorie générale et constituer ainsi la triptyque final : cognition, langage, communication. 1. Le schème et la cognition Le premier volume est intitulé Epistémologie des sciences cognitives. Il est paru en 2002. Il a pour objectif de proposer une théorie de la cognition fondée sur les concepts de schème et de schématisation. Il s'agit d'expliquer les phénomènes" psycho-logiques" de la connaissance en faisant référence aux théories successives de la schématisation développées depuis Kant, avec Bergson, Revault d'Allonnes, Sartre, Flach, Burloud, Piaget, etc. Elles reposent sur la théorie du schèn1econsidéré d'abord comme image mentale du concept, antérieure à l'intervention de la pensée logicomathématique et du langage, correspondant, notamment, à la pensée sans langage, et ensuite, comme image mentale de la structure cognitive. Ce premier volume faisait intervenir deux archétypes généraux de la pensée collective humaine: l'arbre et le réseau. L'un permettait l'induction et la déduction, le cycle de la réduction et du développement de l'information. L'autre rendait compte de l'organisation des connaissances dans le processus de réflexion; il expliquait les concepts successifs de structure, de système, de modèle, de schéma, de machine et d'appareil dans la double relation cyclique inductive et déductive de la théorie et du réel. Enfin, le réseau trouvait sa justification dans la théorie mathématique des ensembles, de la topologie et de la théorie des graphes. Ce premier volume constituait donc une épistémologie et une méthodologie des sciences cognitives (neurologie, physiologie, psychologie, linguistique et intelligence artificielle). Par rapport au schéma canonique de la

communication intetpersonneIle, base de toute étude de la communication, ce premier ouvrage limitait son ambition à approfondir le comportement mental de l'émetteur, ce qu'autrefois Saussure, schématiquement, avait appelé, avec le concept, un point dans le cerveau.

2. Le schéma et le langage Le second volume, paru en 2003, est consacré à la Sémiotique du schéma, c'est-à-dire au langage. Le schéma apparaît alors comme l'expression objective et langagière du schème mental subjectif. La schématisation repose ainsi sur ses deux principes constitutifs: le schème et le schéma, l'un renvoyant à l'autre. Une théorie sémiotique du schéma a été élaborée. Elle s'applique à la langue, à l'énonciation verbale et orale, à l'écrit, au graphique et à l'image. Elle fait intervenir plusieurs archétypes généraux: la ligne, l'arbre, l'étoile et le réseau. Elle distingue le schéma réel du schéma virtuel. Elle intervient en sémiologie, en sémantique, en psycho-linguistique, en grammatologie, en schématique, en bibliologie, en cosmologie, en psychiatrie, en esthétique, en mathématique, en méthodologie et en théorie scientifique. La sémantique étudie les schémas linguistiques dans l'énonciation verbale: schémas phrastiques, textuels, narratifs, méta-textuels. .Lepassage de l'oral à l'écrit, avec l'intervention de la grammatologie et de la bibliologie, a mis en évidence l'existence des schémas, des systèmes d'écriture et des schémas virtuels de mise en page. La schématique, la cosmologie, la psychiatrie, l'esthétique, la méthodologie et la théorie scientifique, grâce à l'intervention des échelles de schématisation, ont montré la fonction synthétique du schéma graphique. Le langage des mathématiques a mis en évidence leur codification. Le second volume de la théorie générale de la schématisation, La sémiotique du schéma, a donc montré que le langage et ses diverses manifestations, quelles que soient leurs différences propres, reposaient toutes sur le schéma. Ainsi, pour approfondir Goblot, si penser c'est schématiser, cela veut dire que penser c'est se servir de schèmes, faisant intervenir ensuite la pensée logico-mathématique, exprimée par des schémas langagiers. Le schéma reproduit alors synthétiquement le schème mental initial, lui-même synthétique grâce à l'intervention de la pensée logico-mathématique de nature analytique. 3. La communication humaine Cependant, les deux premiers volumes concernaient l'explication du processus de pensée et d'expression sans se préoccuper de celui de COffi10

munication. Il manquait donc, pour conclure cette théorie de la schématisation, de replacer celle-ci dans le schéma canonique interpersonnel de la communication. Les schèmes et les schémas de l'émetteur renvoyaient aux schèmes du récepteur. Cette problématique correspond en partie à ce troisième et dernière volume. 4. Rappel de nos travaux sur la communication Deux observations biographiques préliminaires s'imposent. La première sur le plan de la discipline, de la communicologie, c'est retrouver notre longue activité universitaire, depuis 1968, de professeur à l'Université de Bordeaux 3. Durant un quart de siècle, nous avons travaillé dans le domaine des sciences de l'information et de la communication et, plus spécialement, de la bibliologie, science de la communication écrite. Nous avons eu des cours à faire, des recherches doctorales à diriger, des participations à des colloques à effectuer. Avec Jean Meyriat, nous avons établi la première classification des Sciences de l'information et de la communication (cf. Schéma et Schématisation n° 19, 1983). Nous avions classé les théories de la communication en fonction de l'interdisciplinarité: mathématique, physique, linguistique, sémiologie, sociologie, histoire, politique même. Nous avions constaté la superficialité des théories de Robert Escarpit. Dès les années 1970-1975, nous avions décidé de renouveler un jour la théorie de la communication à partir de la schématisation sur laquelle nous travaillions depuis les années 1960. Il convenait de montrer qu'aucune théorie de la communication ne pouvait ignorer l'essentiel, c'est -à-dire de savoir ce qui se passe dans la tête des émetteurs et des récepteurs, et de comprendre que tout le reste, bien qu'important, est secondaire. Il fallait montrer que si la pensée précède le message, l'ensemble repose sur la schématisation, le schème et le schéma. Voilà que cette position se démontre avec ce troisième volume, dont l'ambition est de faire de la communication non plus une discipline interdisciplinaire, mais une discipline spécifique, quatre décennies plus tard. Ainsi s'achève, après le renouvellement de la bibliologie, celui de la comm unicologie, science de la communication. La deuxième observation biographique tient à la théorie générale de la schématisation elle-même qui dirige ce troisième volume. Les travaux artistiques sur le Schématisme, après la participation au Lettrisme (19491957), après l'Ultralettrisme (1958), le Signisme (1959), nous avaient conduit à créer le Laboratoire de Schématisation symbolique (1959), dont les premiers résultats furent publiés dans Crâmmes 5 (1960). Or, il s'était avéré à cette époque qu'un même signe, expression d'un seul concept, déclenchait, au même moment, dans la pensée d'un certain nombre de récepIl

teurs, des schèmes mentaux différents reproduits par des schémas graphiques différents. Il ne s'agissait donc plus d'émission, d'expression, d' énonciation faisant intervenir le schème et le schéma, mais de réception. La conclusion en fut claire. Le langage et les signes, le médium, par leur caractère codé et mémorisé dans des consciences différentes, permettent la compréhension logique. Mais ce résultat n'est obtenu que grâce à la suppression des particularismes des schèmes mentaux de l'émetteur et du récepteur, à la réduction de la diversité au profit de l'unicité. Le schème, à l'origine d'un concept et d'un mot, d'un point dans le cerveau, aboutit à un autre schème très différent. La communication dès lors apparaissait comme un leurre, un marché de dupes. Ainsi cette théorie générale de la schématisation, avec ce troisième volume, a-t-elle une double fonction personnelle. Sur le plan scientifique, elle renouvelle la communicologie comme science de la communication en la faisant sortir par la haut, du bourbier descriptif de la communication sociale où elle s'enlise dans la sociologie et l'histoire, oubliant ainsi que la fonction de la science, à la différence de la littérature, est d'expliquer par des théories générales. Sur le plan artistique, elle achève la théorie avant-gardiste du Schématisme qui fut à son origine, en lui offrant une théorie scientifique, nécessaire et finale. Ce troisième volume termine donc notre recherche théorique et artistique. 5. Le plan de l'ouvrage Reste à dire comment? Cet ouvrage comprend trois parties principales et complémentaires. La première concerne un historique des théories de la communication; la seconde vise à intégrer la communication dans la théorie générale de la schématisation; la troisième porte sur un inventaire du vocabulaire de la schématisation. Il était évidemment nécessaire, avant de proposer une nouvelle théorie de la communication fondée sur la schématisation, de faire le point des théories antérieures et donc, de mettre à jour nos travaux anciens parus, principalement dans notre revue Schéma et Schérnatisation . L'objectif était de montrer, si faire se pouvait, qu'aucune théorie de la communication n'avait, jusqu'alors, fait appel à la théorie du schème, du schéma et de la schématisation. Dans cette perspective, l'étude des théories depuis Saussure, en soi et comparées, auraient suffi. Mais, à mesure que nous nous ll1ettions à jour, nous devions constater, qu'en France notamment, une école de chercheurs avait remis en question le problème de la spécificité de la communicologie ou Sciences de l'Information et de la communication (SIC) au profit d'une interdisciplinarité complète. 12

Nous avons donc été obligé de diviser cette première partie consacrée à la communicologie en deux chapitres. Le premier concerne l'histoire des théories de la communication en France. Elle met en valeur l'existence d'un cycle de recherche depuis les années soixante, composé de deux tendances successives, l'une constructive des SIC, l'autre dissolvante actuelle. Ce chapitre nous permit ensuite de faire I'historique de nos propres travaux en bibliologie et en communicologie et de défendre la spécificité scientifique en général et dans le cadre même de la communicologie en particulier. Le second chapitre examine les théories internationales de la communication depuis le début du 20e siècle, à partir de leurs schémas. Il montre en effet qu'aucune théorie communicationneIle et spécifique de la schématisation n'avait été élaborée. Ces deux chapitres complémentaires laissent ainsi le champ libre à une théorie de la communication fondamentale et spécifique fondée sur la schématisation. La deuxième partie porte sur la théorie générale de la schématisation. On intègre alors les résultats des deux premiers volumes sur la cognition et le schème, sur le langage et le schéma. On ajoute enfin la théorie communicationnelle de la schématisation. Le travail s'achève par la proposition de formules de type algébrique. Enfin, la troisième partie, pour éviter les confusions et pour être utile, présente sous forme alphabétique un vocabulaire d'une centaine de termes de la schématisation, synthèse des concepts et des mots utilisés dans les trois volumes par des auteurs différents. Ce vocabulaire viendra donc compléter la théorie lexicale de la schématisation proposée dans le premier volume. Celle-ci porte sur la théorie des auteurs antérieurs. Ce vocabulaire vise à faire la synthèse lexicale du présent livre. Ce troisième volume s'achève par un Index des noms propres et des principaux concepts utilisés dans les trois volumes avec, comme intention, d'en faciliter l'accès au chercheur et de créer ainsi une unité informationnelle.

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PREMIERE PARTIE
Historique des théories de la communication

CHAPITRE

I

LA THEORIE DE LA SCHEMATISATION DANS L'HISTOIRE DES THEORIES DE LA COMMUNICATION EN FRANCE

1. INTRODUCTION
Les deux premiers volumes de cette théorie générale de la schématisation concernaient la cognition et le langage. Ils faisaient intervenir successivement les concepts de schème et de schéma. Leur perspective était celIe de l'énonciation: penser et s'exprimer. Cependant, cette position était évidemment incomplète puisqu'elle n'abordait pas la réception, l'autre que soimême, la communication humaine et , par voie de conséquence, la communication sociale. C'est, dès lors, retrouver le schéma fondamental de la communication, clairement et abstraitement forlnulé par la théorie mathématique des ensembles et des graphes: un segment de ligne droite, flèché, positionné entre deux points. Ce schéma linéaire constitue la donnée spécifique de toute communication, physique, humaine, animale, etc. L'étude étymologique du concept de communication a, depuis longtemps, montré qu'il s'agit de l'action (a tion) de mettre en commun. Le problème fondamental est donc de connaître la relation (médium, moyen, intermédiaire) et les transformations de l'émetteur et du récepteur par l'action de la relation. Dans la perspective particulière de la communication humaine, les schèmes cognitifs de l'émetteur, formulés par les schémas linguistiques, atteignent le récepteur et déclenchent chez lui un processus cognitif à son tour fondé, d'une certaine manière, sur des schèmes mentaux. Quelle est cette procédure? comment se réalise-t-elle ? existe-t-il une identité ou des différences entre les schèmes de l'émetteur et aussi du récepteur?

Ainsi, la théorie générale de la schématisation ne peut éviter la problématique de la communication. C'est ce que nous chercherons à examiner dans cet ouvrage. Cependant, deux questions préalables se présentent: où se situe la théorie de la schématisation dans la recherche française en sciences de l'information et de la communication? Cette question n'a d'autre but que de positionner ce nouveau travail. Mais elle aura comme obligation de lever I'hypothèque de la non spécificité de la communicologie. La seconde interrogation vise à savoir quel a été le rôle de la schématisation dans les théories internationales précédentes. Elle permettra de dégager l'originalité de la théorie de la schématisation comme théorie fondamentale de la communication. La réponse à ces deux questions complémentaires fera l'objet des deux premiers chapitres de cet ouvrage.

SCHÉMA GRAPHIQUE ET TABLEAU
La problématique du volume 3 Théorie générale de la schématisation, Théorie de la communication
Emetteur
Schéma graphique l

Médium

Récepteur

O~
Tableau1

~O

Mathématique. Théorie des Ensembles

Elément

Relation

Elément

Schématisation

Sch ème Pensée logico-mothématique

Schémas linguistiques, écrits, graphiques, iconiques, ete.

Pensée logico-mothématique, schème

Disciplines

Sciences cognitives: neurologie physiologie psychologie intelligence artificielle

Sciences du langage: sémiotique sémiologie
linguistique

Sciences de 10 communication:
commu n icolog ie

Progressionde l'ouvrage:

Vol.1 Vol.2 Vol.3

x x

x

x x

x

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2. ijISTOIRJ; CYCLIQUE ET SYSTÉMIQUE DE LA THEORIE GENERALE DE LA COMMUNICATION EN

FRANCE
La recherche sur la comm unication, en France comme ailleurs, a toujours existé. Mais elle est généralement intégrée à d'autres domaines: mathématique, philosophie, politique, sociologie, psychologie, linguistique, etc. L'interrogation sur la communication a donc porté sur son interrelation, sa pluridisciplinarité et sur sa spécificité. A partir des années 1960, en France, et ceci jusqu'à nos jours, on voit apparaître la problématique suivante: n'existe-t-il pas un champ d'étude spécifique de la communication qui pourrait faire l'objet d'une discipline particulière: les Sciences de l'Information et de la Communication? L'examen des travaux réalisés jusqu'à nos jours permet de reconnaître l'existence d'un cycle, composé de deux phases dialectiquement antithétiques, ayant chacune son système propre: la première, développée par une génération fondatrice, répond positivement à cette question; la seconde, critique, vise à répondre négativement. La première se développe, pour l' essentiel, de 1967-1968 à 1980-1982. La seconde depuis 1984. Le sommet du cycle concerne les années 1982-1984. C'est le début du renversement de tendance. Dans l'état actuel de l'analyse, on peut donc penser qu'une nouvelle génération apparaîtra dans les prochaines années quand la génération en place prendra sa retraite de l'Université. Elle aura comme obligation scientifique de faire la synthèse des orientations successives contraires. Elle retrouvera nos propres conceptions sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Nous essaierons de dégager, selon le principe de la systémique, les finalités poursuivies par chaque génération et nous en induirons les éléments du système constitutif de réponse.

2.1. LA GÉNÉRATION FONDATRICE : 1960-1980
A partir de 1960, on voit apparaître en France une génération créatrice de ce que nous avons appelé, en con1pagnie de Jean Meyriat, la communicologie et l'informatologie, la science de la communication et celle de l'information. Le besoin est alors de faire sortir l'étude de la communication des disciplines constituées dans lesquelles elle était jusqu'alors intégrée. La première obligation, pour ce faire, était d'élaborer des théories générales de la communication justifiant cette position. La seconde, dans un milieu universitaire, était de construire des organisations successives et complémentaires ayant pour but d'institutionnaliser la recherche. Ce travail s'achève entre 1980 et 1982. 19