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Traditions touarègues nigériennes

De
120 pages
Ces textes appartiennent à la tradition orale des Kel Tamajaq, " ceux qui parlent la langue touarègue ". Ils rapportent, dans la langue originelle et en français, les aventures de deux personnages. Le géant Amerolqis, à l'intelligence hors du commun et aux performances galantes, est un héros civilisateur, créateur des éléments essentiels de la vie culturelle touarègue : l'écriture, la poésie, la musique et le violon. L'apparentement du nom d'Amerolqis à celui du poète yéménite pré-islamique Imru al-Qays et l'analogie de leurs spécificités posent le problème " des rapports de la société touarègue avec la civilisation arabe ", comme le note L. Galand dans sa préface. Personnage hors du commun, à l'origine inconnue et au destin mystérieux, Amerolqis a toutes les caractéristiques qui le rattachent à la lignée archétypale des héros antiques. La vitalité de cette tradition orale est liée à la mise en évidence des marques d'identité culturelle. Ce héros mythique a pour prolongement Aligurran, de dimension humaine et bien ancré dans la réalité sociale des Kel Tamajaq. Il est le prototype du meneur d'hommes aux prises avec les problèmes habituels de la succession à la chefferie dans un lignage matrilinéaire où le neveu utérin est à la fois successeur potentiel et rival permanent. Les épreuves auxquelles ce neveu est soumis sont des aventures initiatiques, relevant également de la pédagogie propre à cette société pastorale. Les deux personnages ont des spécificités voisines et complémentaires. L'approche symbolique et l'interprétation des images multiples tentent de montrer que ce surgissement de l'imaginaire est à la fois discours sur une réalité bien spécifique et intégration à l'univers transculturel des significations.
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TRADITIONS TOUARÈGUES NIGÉRIENNES

MOHAMED AGHALI ZAKARA JEANNINE DROUIN

TRADITIONS TOUARÈGUES NIGÉRIENNES
Amerolqis héros, civilisateur pré-islamique, et Aligurran, archétype social

préface de Lionel Galand

Librairie - Éditions L'Harmattan 18, rue des Quatre-Vents 75006 PARIS

L'Harmattan, 1979 ISBN; 2-85802-131-7

PRÉFACE

Ne serait-il que présentent aujourd'hui

qu'un recueil

de aontes

populaires,

le livre Drouin

Mohamed Aghali

Zakara et Jeannine

pourrait aapter l'attention d'un large public. On revient de plus en plus à ces réaits que la tradition orale a sauvés de l'oubli: n'offrentils vient pas la plus faaile des évasions à nos aontemporains Si de surarott au leateur littéraire: oppressés le texte par prodans les mille aontraintes de la vie moderne? lointain, familier, Plaisir rien il procure puisque subtil

d'un horizon exotiques.

le dépaysement mêlez débordant

un monde pourtant les plus au aonnu, d'Aligurran si prisés

l'homme reste et déjà

l'homme sous les traits l'étrange et de virilité, d'Amerolqis

le aharme opère. ne laissent

A aet égard, à désirer.

les aventures Les géants

en Franae bien avant Rabelais,

le aombat épique

où Ghantarata,

aommele Roland et l'Olivier

de La légendedes siècles,

'~rrache un arbre

avec ses raaines", la substitution jeune héros qui triomphe de toutes les propos leuses, ahatner à double sens, genre et l'auditeur, en qui s'éveille

d'un enfant à t'autre, l'astuae du les épreuves, le jeu des énigmes et d'éléments l'éaho à rien aonformes d'autre, aux lois se laisser du end'autres aventures merveil-

sont autant

peut à bon droit, par la suaaession Mais s'il

sans prétendre des épisodes.

est Touareg,

ou curieux

du m~;nde touareg, ahose qu'une broderie

il ne s'en sur des par

tiendra

pas là. Les textes

sont bien autre civilisations.

thèmes aommuns à plusieurs son d'y reaonnattre

M. Aghali

et J. Drouin ont rai-

un témoignage

sur la société

qui les a élaborés

une longue suite de retouahes et d'ajouts. gratuits: le groupe touareg s'y interroge dessine l'image qu'il se fait de lui-même. le premier

Ce ne sont pas des réaits sur sa propre aulture et y

Apport exceptionnel, le géant Amerolqis, la langue touarègue, qui inventa la poésie,

doGument nous fait l'éariture

dêaouvrir mais

non seulement

berbère,

le ahant et le violon.

Son nom paratt

aontinuer aelui du poète arabe Imru' al-Qays, antérieur - 5 -

à l'Islam.

La

question se trouve

des rapports ainsi posée.

de la société Mais c'est

touarègue

avec

la civilisation

arabe

au problème

de l'écriture

que je vou~

drais m'attarder tion

un peu.

Par un paradoxe la mémoire

p lus apparent des hommes

que rée l. l'invenle souve-

la plus précieuse

pour

n'a pas fixé

nir de ses propres n'ont disposé

origines,

si bien que les civilisations explicatives. Amerolqis

ultérieures l'empereur greas.

que de légendes le dieu

rejoint

chinois

Fou-hi,

Thot des Egyptiens entre

et l 'Hermès ou le Cadmos

Il serait pondent éclaire fois

passionnant

de comparer

eux aes héros mythiques. Mais déjà l'histoire qu'elle et d'un

qui ré-

à un même

désir

de comprendre.

d'Amerolqis distingue outil à la

d'un jour particulier écriture tel que sacrée.

l'alphabet comme celle

berbère, du Coran.

d'une

purement touaexclu

intelleatuel regs sont

le conçoit

notre

enseignement.

Les caraatères pas toujours

liés à une activité

de jeu qui n'a peut-être

la magie. Il
un sens même

faut
aux

avoir

l'art

de les écrire et de les déchiffrer. On prête
qui servent trouve là-dessus à les épeler, as sa. atta, dans eta.

onomatopées

Le code secret galantes. inventée C'est

de l'éariture

son véritable avec

emploi

les relations a été

Le texte revient "pour la femme",

insistance:

l'éariture

f311

tançut.

par un "visiteur du soir". amarzag.

dona dans

le champ conceptuel de la vie amoureuse que viennent se ou lettres de l'alphabet touareg. aux côtés de la
et du violon. d'une autres inventions d'Amerolqis. Tel est même

ranger les tifinagh
poésie, peut-être du chant

le secret

écriture

qui reste

bien vivante.

au moment

où les gens du livre, pour qui écrire est une toute autre chose.
moribonde.

la croient

Aligurran récit.

et son neveu plus

Adelasegh.

qui sont au centre Leurs

du second il-

ont des dimensions les difficultés

humaines

qu'Amerolqis.

aventures dans

lustrent

que présente

l'exercice

du pouvoir

une commusouvent Les et

nauté où il se transmet par les femmes. Ce type de filiation a été déarit pour la société touarègue, qui
deux personnages Elias. étaient déjà connus. semble maintenant

l'abandonner. Amamellen peut-être. publié

On les appelle sauf

parfois

Si leurs noms demeurent en présence enrichir d'un

énigmatiques. même cycle dont

le dernier

on est bien ici vient analyse.

légendaire. les éditeurs recherches.

Le document donnent

donc

une série

une première

qui prélude

elle-même

à d'autres

- 6 -

reaueillis édités, linguistique,

Ces quelques réflexions suffiront à montrer par M. Aghali Zakara et J. Drouin méritaient traduits et aommentés. Enaore n'ai-je rien dit qui est grand puisqu'its nous renseignent

que les réaits amplement d'btre de leur intérbt sur le parler

mal aonnu des Kel Nan. Les spéaial.istes original, auquel s'aaaroahe une partie doawnent et pour l'analyser, ni l'une ni l'autre n'ont fait il. faUait défaut

seront heureux d'avoir le texte du aommentaire. Pour obtenir te de t'expérienae aux enqubteurs. et du aourage :

Lionel

GALAND

Direateur d'Etudes de Libyque et Berbère à l'E.P.H.E. IVe seation

- 7 -

SOMMAIRE
Préface
Sommaire Avant-propos Remarques Abréviations sur la et traduction signes et la notation

5 9 11
13 17

l - AMEROLQIS A - Texte bilingue du texte tamajaq-français

20 32 40

B - Notes

C - Commentaire 1 - Etymologie de l'anthroponyme du personnage

40 41 43

2 - Caractéristiques 3 - Symbolisme et

signifiés

II - ALIGURRAN
A
-

ET SrJN NEVEU
bilingue

ADELASEGH

Texte

tamajaq-français

50 70 86

B - Notes
C

du texte

- Commentaire 1 - Etymologie des anthroponymes des variantes personnages publiées dans le texte

86 89 94 98

2 - Caractéristiques et dans ses

3 - Contenu 4 - Les

psycho-sociologique

homologues: Amamellen et Elias

Loqman

et Loqaim
initiatique

5

-

Symbolisme

104

Conclusion A - Articulation des deux traditions

B

- Polyvalence et fonction

107 108 111

Références

bibliographiques

- 9 -

Avant-propos

C'est touarègue phiques tive de la au et

la

recherche des

que alphabets - qui

nous

avions régionaux, a fait

entreprise études découvrir des

sur des la

l'écriture grarela-

- collecte sociologiques

données tradition

nous

héros

civilisateur des

Amerolqis, Kel Tamajaq

créateur (1)

éléments la

essentiels poésie, la

vie et

culturelle le violon.

: l'écriture,

musique

Présenté Amerolqis lation qui leurs et mythique pas les

comme

un

personnage qui vue non lui

légendaire sont prêtées

supra-humain, constituent véritable d'un d'où une re-

performances à première

identifiable, mais d'être relation du

métaphore système émane de cette va-

n'est qui

simple

jeu

de

l'esprit manière

correspond

à une

groupe

tradition. Cette longement création socio-culturelle d'un les personnage, du héros mythique (2), meneur au pôle a pour représentant d'hommes dans aux des pro-

l'incarnation qui les réunit

Aligurran du

l'homme-modèle prises avec

caractéristiques de c'est

problèmes bien

politiques définies:

succession l'autre

pouvoir, des

structures existentiels

sociales du

intérêts

groupe.

L'ambiguIté que, des crée un monde

des

deux

personnages, où les images qui ne et

par et sont

son les des

caractère symboles faisceaux

polysémiconstituent de signiapparéfugie appellent

parallèle et

structures Ces ne

spatiales structures signifient message de

mythiques

fications. rences le sens, qui

narratives rien en soi,

sont

que

les

signifiants, se

derrière ce que iggi. les

lesquelles Kel Tamajaq

véritable l'essence

à décrypter,

targhamt,

l'énigme-métaphore,

(1)

Kel

Tamajaq,

"Ceux tauarègue", ~ouaregs. le texte

de

la

tamajaq",

c'est-à-dire propre l'une qui est

"Ceux

qui

parlent Kel

la langue Tamajaq (2) Nous dans Cf.

=

appellation Nous employons "Aligurran" soit sa des

aux Occidentaux; d'où ou l'autre dénomination. le plus répandu qui dans soit le bien

retenons notre à ce sujet

nom ce

que

variante

"Arigullan"

employée.

"étymologies

anthroponymes"

commentaire.

- 11 -

Ces naire,

créations les

qui

relèvent

de

l'imaginaire,

expriment instigatrices unissant

l'imagide les phé-

c'est-à-dire qui de la

composantes le réseau

psycho-sociales secret de relations

l'anecdote nomènes

occulte vie

sociale.

La finalité tion ne saurait certaines évidence formes être

de la présentation séparée

de ces récits,

dont

la traducde en

du texte original, de l'imaginaire par la recherche

est la révélation

spécifiques

des Touaregs des traits

et la mise des structures d'insertion
-

du sens inapparent cette mise

narratives;

en évidence

peut montrer

le degré

de la culture touarègue dans l'histoire mythique universelle
simple réduction à des archétypes mais intégration,

non pas

par des expressions créatrice.

multiples,

de ses particularismes

manifestant

sa vitalité

L'autre que ceux de à la la

finalité tradition

serait orale, d'un

de à la groupe

participer, pérennité humain et

par de

des

moyens

"autres" qui conde

ces

traits

courent

connaissance

à l'intériorisation

leur culture
une modernité

par les membres
souvent se vivifie

du groupe
La

lui-même

sollicités
ininterrompue

par
montre degré et que la

aliénante. constamment

créativité dans le réel

l'imaginaire

à un

autre

multiplicité moigne leurs

des récits

sur Aligurran, et du besoin,

dont pour

le nom est proverbial, d'exprimer

té-

de la nécessité essentielles.

le groupe,

ses va-

Les notes,

et surtout

le commentaire

tentent

de dégager et de montrer

cette

multiplicité - diversité
l'interdépendance

et richesse

- des signifiés

et la spécificité

des deux personnages.

- 12 -