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Trauma, Temps, Histoire

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Cet ouvrage collectif a été envisagé afin de penser les questions majeures soulevées par l’histoire et les traumatismes du XXe siècle, à l'issue des deux grandes Guerres mondiales. À l’aube du XXIe siècle, et surtout à partir de 2015, une série d’attentats a bouleversé le monde. Ces attentats, perpétrés par de jeunes terroristes en plein Paris puis en France et ailleurs, le furent au nom d’une Guerre contre l’Occident, qui a débuté en 2001 avec la destruction des Twin Towers à New York. Ces événements et leurs effets ne peuvent qu'encourager les psychanalystes à prendre la parole. La communauté analytique, quand elle fait œuvre et pensée commune, peut se faire entendre au sein de la cité, de façon à pouvoir penser notre civilisation et tenter d’éviter qu’elle ne devienne au XXIe siècle, celle de la « dévastation ».

Les événements traumatiques de l’histoire du XXe siècle, qui ont amené Freud à conceptualiser la pulsion de mort, ouvrent sur des problématiques au niveau du sujet, de ses idéaux, de ses œuvres, de la civilisation et de l’histoire de sa culture dont la psychanalyse hérite et tente ici de rendre compte. Cet ouvrage fait suite à un congrès qui s’est déroulé à Vienne, la ville de naissance de Freud, fin 2014. La culture et la civilisation sont dans une croisée, nous sommes face à des questions dont les réponses seront décisives pour le futur, engageant parallèlement l’avenir de la psychanalyse.


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Trauma, Temps, Histoire

Trauma, Zeit, Geschichte

 

CONGRÈS COMMUN

GEMEINSAMER KONGRESS

 

Wiener Arbeitskreis für Psychoanalyse Neue Wiener Gruppe/Lacan-Schule Assoziation für die Freudsche Psychoanalyse Espace analytique

Wiener Psychoanalytische Akademie

Salzgries 16/3 A-1010 Wien

VIENNE, 7-9 novembre 2014

WIEN, 7.-9. November 2014

 

Actes du colloque

sous la dir. de Monique Lauret, Jean-Claude Aguerre, Claire Gillie et André Michels

Traducteurs

Danièle Gaspart, Claire Gillie, François Voisenet

Ana Alencar et Chantal Niebisch

Présentation de l'ouvrage : Cet ouvrage collectif a été écrit par plusieurs psychanalystes de toute l’Europe afin de penser les questions majeures soulevées par l’histoire et les traumatismes du XXe siècle, à l’aube du XXIe siècle et surtout à l’aube de l’année 2015 qui a bouleversé le monde. Les évènements survenus en France, deux attentats de grande ampleur perpétré par des jeunes combattants en plein Paris, au nom d’une Guerre contre l’Occident, Guerre qui a débuté en 2001 avec la destruction des Twin Towers à New York, ne peuvent qu’encourager les psychanalystes à prendre la parole. La communauté analytique quand elle fait œuvre et pensée commune peut s’exercer au service de la cité, de façon à pouvoir penser notre civilisation et tenter d’éviter qu’elle ne devienne au XXIe siècle, celle de la « dévastation ».

Les évènements traumatiques de l’histoire du XXe siècle qui ont amené Freud à conceptualiser la pulsion de mort, ouvrent sur des problématiques au niveau du sujet, de ses idéaux, de ses œuvres, de la civilisation et de l’histoire de sa culture dont la psychanalyse hérite et tente ici de rendre compte. Cet ouvrage fait suite à un congrès qui s’est déroulé à Vienne, la ville de naissance de Freud, fin 2014. La culture et la civilisation sont dans une croisée, nous sommes faces à des questions dont les réponses seront décisives pour le futur, engageant parallèlement l’avenir de la psychanalyse.

 

Collectif, publié sous la direction de Monique Lauret, Jean-Claude Aguerre, Claire Gillie et André Michels

Sommaire

 

Remerciements

Introduction

PREMIÈRE PARTIE  Trauma et Histoire

Psychanalyse à Vienne 1938-1946

La pulsion de mort à l’ombre de Vienne

Refoulement du sexuel et refoulement de la Shoah obéissent-ils au même trauma ?

Le trauma de Caïn

Au-delà du trauma : quelle transmission ?

L’exil dans sa langue

DEUXIÈME PARTIE  Les différentes variantes du traumatisme

Quelques réflexions sur le Trauma psychique

À la recherche du trauma

Du Réel de la mort à l’effroi du sexuel : propositions cliniques en faveur de la névrose « traumatisée »

Coalescence de traumas

Troumatisme cure

TROISIÈME PARTIE  Trauma, temps, lettre

Le traumatisme comme événement (Geschehen) muet ; un événement (Ereignis) qui devient histoire

Georges Perec et la psychanalyse

Transfert résistance dissolution

Aliénation comme condition de la formation du sujet. L’« Homme Moïse » de Freud

Commémoration, répétition, remémoration

Le poids du trauma sur le fantasme inconscient : clinique d’un effacement identitaire

QUATRIÈME PARTIE  Trauma et politique

Le temps, le trauma et la folie dans le régime totalitaire

Les survivants et les récits des témoins au Brésil

Le déni de la trace de la destruction. Les conséquences psychiques de la méconnais- sance de la Shoah en Allemagne de l’Est

Transcrire, écrire, survivre

Témoin et écriture

Son d’un silence traumatique

En guise de conclusion « L’avant-coup » du trauma

LISTE DES CONTRIBUTEURS

Déjà parus dans la même collection :

 

Remerciements

 

Le comité de rédaction tient particulièrement à remercier ses trois traducteurs pour le travail effectué sur la traduction et la mise en place de l'ouvrage.

 

Il tient également à remercier les éditions Champ social pour la place faite à cet ouvrage collectif, et leur engagement sur cette question d'actualité.

 

Que soient également remerciés ici les collègues viennois et plus particulièrement August Ruhs, président de l'« Association psychanalytique de Vienne », et co-fondateur du « Neue Wiener Gruppe/Lacan-Schule », pour leur accueil dans la ville de Freud.

Introduction

Le congrès de Vienne a été organisé à la demande d’Espace analytique avec la participation de plusieurs associations européennes, nos collègues germanophones lacaniens et nos collègues viennois, dans la ville de la naissance de la psychanalyse, afin de penser les questions majeures soulevées par l’histoire et les traumatismes du XXe siècle, à l’aube du XXIe siècle. Les évènements du siècle dernier qui ont amené Freud à conceptualiser la pulsion de mort, ouvrent sur des problématiques au niveau du sujet, de ses idéaux, de ses œuvres, de la civilisation et de l’histoire de sa culture dont la psychanalyse hérite. Ce congrès a eu lieu deux mois avant les évènements traumatiques qui ont marqué Paris du 7 au 9 janvier 2015, avec des meurtres et des prises d’otages, illustrant la haine et les effets mortifères véhiculés par les discours totalitaires et fascistes de certains groupes sectaires intégristes. Elles sont d’autant plus dangereuses qu’elles désubjectivent et vident de leur identité leurs adeptes, souvent fragilisés, embrigadés de façon à en faire des instruments d’une pensée unique, voire de la « mise à mort » de leurs semblables. La culture et la civilisation sont dans une croisée soulevant la question de ce qui d’un traumatisme ancien fait irruption dans l’actualité de manière terrifiante. Nous sommes face à des questions décisives pour le futur, engageant parallèlement l’avenir de la psychanalyse. Dans quelle mesure justement permet-elle de penser le réel du politique qui revient toujours à la même place, certes, mais dont chaque « retour » requiert de nouvelles réponses.

 

Les associations qui ont participé à ce congrès commun sont :

  • Wiener Arbeitskreis für Psychoanalyse
  • Neue Wiener Gruppe/Lacan-Schule
  • Assoziation für die Freudsche Psychoanalyse
  • Espace analytique

 

Le comité d’organisation actif dans la préparation de ces journées : Patrick Landman, Monique Lauret, Pierre Marie, André Michels, Peter Muller, August Rhus, Ronan Widholm et Danièle Gaspart.

 

CONTENU DU CONGRÈS

Première journée du congrès

Elle a été consacrée à la question du Traumatisme et de l’histoire, de l’impact de la Shoah, ce mot hors sens choisi par Lanzman, sur notre passé, notre présent, voire sur notre avenir.

La première intervention par Thomas Aichorn, petit fils d’August Aichorn nous a directement plongés dans l’époque de la Seconde Guerre mondiale et l’histoire de la psychanalyse des années 1936 à 1946. Les soixante-huit membres de la première association viennoise créée par Freud ayant dû quitter la ville, à la suite d’une décision lors de la réunion du groupe le 13 mars 1938 au moment de l’invasion allemande ; la bibliothèque et tous les travaux seront détruits par les nazis, entrés dans la ville le 12 mars. August Aichorn sera le seul membre à revenir à Vienne en 1946 pour reconstituer et recréer, en contact avec Anna Freud, le groupe de psychanalyse viennois. La genèse de la conceptualisation de la pulsion de mort par Freud est développée ensuite par Monique Lauret, concept à repenser pour pouvoir penser et prévenir les traumatismes du présent et du futur. Jean-Jacques Moscovitz analyse les impacts de la Shoah sur le fondement du sujet, du lien social jusqu’au lieu même de la cure analytique. La question du traumatisme sera ouverte ensuite avec Myriam Wagner à partir du traumatisme initial de Caïn condamné à l’exil et à l’errance pour le meurtre de son frère Abel, la rencontre du sujet avec l’évènement créant une agitation extrême pour Freud, une excitation intense pour Lacan dans la rencontre avec le réel ; puis avec André Michels qui s’interroge, à partir des écrits du poète Aharon Appelfeld, comment dire le réel du trauma au regard de sa vérité fondée dans l’après-coup, engageant chaque génération dans un processus d’écriture, dans un « après » qui est toujours à créer.

La deuxième journée a été consacrée dans la matinée aux différentes variantes du traumatisme

Patrick Landman décrit le traumatisme dans tous ses états, ne laissant pas au sujet le temps d’éprouver de l’angoisse, l’effraction traumatique court-circuitant une possible reprise dans le fantasme. Il insiste sur l’impact thérapeutique de la réintroduction du narratif. August Ruhs reprend l’aspect historique à la recherche du trauma. Il revient à partir de la Guerre de 14-18 sur l’affect euphorisant chez les populations de l’Europe déclenché par le « déchaînement » de cette guerre, cause sacrée pour les Allemands dans la défense des droits, de Dieu, de l’unité et l’enthousiasme de la population pris dans un profond désir de changement. Enthousiasme dont Freud a fait partie, avant sa déception au moment de la défaite et son regret face aux prix humains qu’ont représenté les traumatismes de guerre. Freud restera du côté de la désillusion comme il le dit dans ses écrits qui suivront, Au-delà du principe de plaisir, Pourquoi la guerre ?, Le malaise dans la civilisation. Clara Duchet propose ensuite à partir d’un cas clinique, l’hypothèse d’une névrose traumatique, à entendre comme « névrose traumatisée » figeant dans l’effroi la névrose sexuelle infantile du sujet.

La deuxième partie de cette matinée a été poursuivie avec Peter Widmer{1} qui a présenté différentes variantes du traumatisme, du « Traumatisme de la naissance » d’Otto Rank, fils d’une sage-femme, voyant dans ce modèle l’acte de naissance de toute névrose, à la lecture de Lacan. Le trauma traverse toute l’histoire de la psychanalyse jusqu’à nos jours. Il est pour Freud une temporalité en deux temps, le deuxième temps, l’après-coup (Nachträglichkeit), inscrivant le premier rétroactivement. Lacan introduit du nouveau avec un temps logique en trois temps qui se bouclent sur un moment conclusif. Jean-Jacques Blévis propose la notion de « coalescence de traumas », élargissant cette temporalité a une série de temps successifs et aléatoires dans la vie d’un sujet, dans un ininscriptible. Martin Bakero Carrasco travaille le trauma dans sa possibilité de trou qui peut donner accès à une nouvelle organisation de traces mnésiques, cherchant à partir du savoir-faire de certains créateurs des pistes pour la cure du sujet confronté à l’impensable.

L’après-midi de cette deuxième journée a concerné le Trauma, le Temps et la Lettre

À partir du trauma, comme incidence sans langage, Rony Weissberg l’envisage comme événement qui peut s’inscrire et devenir dans l’histoire du sujet. Max Kohn, à partir de l’exemple de Georges Perec, dont la mère est décédée dans les chambres à gaz d’Auschwitz, montre la possibilité qu’offre l’écriture de s’approprier le temps vécu dans un effet d’après-coup. Marielle David interroge ce qui se transmet d’une génération à l’autre, lorsque ce qui est exclu du symbolique d’une génération réapparaît dans le réel de la suivante. Edith Seifert aborde

« L’homme Moïse » de Freud, réponse personnelle de Freud au questionnement de la psychanalyse, de sa judéité et des conditions particulières de l’aliénation. Jean-Claude Aguerre questionne la mode actuelle des commémorations, étranges théâtralisations particulièrement importantes en cette année 2014, s’inscrivant dans un processus de répétition, de même que le désir énigmatique du sujet de l’Histoire que cela sous-tend. Gorana Bulat Manenti décrit, à partir de la clinique d’un effacement identitaire, le poids du traumatisme sur le fantasme inconscient.

La troisième journée de ce congrès a concerné la partie Trauma et politique

Iva Andreis a parlé du sujet, emmuré dans le « temps mort » du régime totalitaire, posant le trauma comme rupture de l’historicité du sujet. Le drame totalitaire dans sa quête de maîtrise du symbolique de l’Autre est un déni de l’inquiétante étrangeté et de l’altérité, évoquant le clivage schizo-paranoïde kleinien. Maria Izabel Szpacenkopf apporte les témoignages des rescapés survivants du massacre de Carandiru qui a eu lieu dans la colonie pénitentiaire de Sao Paulo du 2 octobre 1992. Une forme de déclinaison du réel provoquant la scission irrémédiable entre l’humain et l’inhumain. Heiko Mussehl, avec un texte sur le déni de la trace de la destruction, soulève les situations d’impasse dans le traitement psychanalytique des survivants de la Shoah, avec le seul outil théorique des apports de Freud, Bion et Lacan, sur la question du désaveu transmis dans les générations. Il introduit la notion d’« objet totalitaire », l’impression post-totalitaire empêchant l’investissement de ces objets. De nouvelles propositions dans ces prises en charge, initiées par Roby Friedman, semblent être prometteuses.

Dans un autre domaine, celui de la genèse du diagnostic de l’autisme, Roman Widholm nous rappelle les meurtres commis sur cette population par les nazis, du printemps 1939 au mois d’août 1941, soit 70 000 tués, avec la complicité zélée des institutions psychosociales de l’Autriche, dans la mise en place d’une tuerie décentralisée. La première citation d’autisme, comme groupe de malades, sera donnée par Bleuler en 1939, se différenciant de Freud, en réfutant le principe de plaisir- déplaisir, et de Kanner. Asperger tentera de sauver ces enfants, dès les années 1938, en essayant de les intégrer au lien social.

Ce congrès se terminera sur les questions du témoignage et de l’écriture, actes nécessaires dans la relance de la vie. Anny Combrichon proposera un texte sur Transcrire, écrire, survivre, à partir de l’écriture de Paul Celan ; et Annabel Ponroy nous montrera que le travail d’écriture peut être aussi celui du clinicien dans l’espace réhabitable, à réinventer avec chaque analysant, même avec un passé de bourreau.

Sont ajoutés à la fin de l'ouvrage deux articles. Rhadija Lamrani avance sur le devant de la scène l’exil tel qu’il est vécu par les enfants d’immigrés algériens confrontés aux impasses de la mémoire et de la transmission familiale. Seule la honte est transmise, dans un vouloir de non savoir, laissant le sujet et sa langue figés.

En guise de conclusion, Claire Gillie interroge « l’avant-coup » du trauma comme scène originaire qui ne cesse pas de ne pas se clore, et dont la psychanalyse traque la trace dans les décombres de l’Histoire, avec l’espoir (illusoire ?) qu’un jour « cela cesse »… enfin !

Ce très riche congrès, en plusieurs langues, avec l’apport de confrères de plusieurs pays et de plusieurs associations, a tenté d’approcher au plus près les multiples questions soulevées par le Trauma, le Temps et l’Histoire. Les notions qui sont le plus ressorties des différents échanges et qui pourraient faire l’objet de futures rencontres sont celles du Nom et du Déni.

Monique Lauret & André Michels

PREMIÈRE PARTIE
 
Trauma et Histoire