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Traumatismes de guerre

De
258 pages
L'injonction à se réjouir plutôt qu'à se plaindre, conduisent parfois les traumatisés de guerre à taire leurs souffrances, jusqu'à ce que, pour certains, des facilitateurs de paroles ou des déclencheurs d'écriture puissent produire des effets de "raccommodement". Concept qui désigne l'ensemble des aptitudes du sujet à mieux accepter ses traumatismes, à se réparer des dommages causés, à ajuster sa vie à leurs effets, à les rendre présentables aux autres et à se réconcilier avec celui que la guerre l'a fait devenir.
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Corinne Chaput-Le Bars
TRAUMATISMES DE GUERRE
DU RACCOMMODEMENT PAR L’ÉCRITURE
Préface de Boris Cyrulnik
Traumatismes de guerre Du raccommodement par l’écriture
Histoire de Vie et Formation Collection dirigée par Gaston Pineau avec la collaboration de Pierre Dominicé (Un. de Genève), Martine Lani-Bayle (Un.de Nantes), José Gonzalez Monteagudo (Un.de Séville), Catherine Schmutz-Brun (Un.de Fribourg), André Vidricaire (Un. du Québec à Montréal), Guy de Villers (Un. de Louvain-la-Neuve). Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler "histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet anthropologique. Le voletFormation s'ouvreaux chercheurs sur la formation s'inspirant des nouvelles anthropologiespour comprendrel'inédit des histoires de vie. Le voletHistoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme et en sens. Dernières parutions Jean TIRELLI,Journal d’une vieille dame en maison de retraite(nouvelle édition), 2013. Nelly LESELBAUM,Soleils d’Algérie. Je n’en suis pas encore revenue !, 2013.Philippe MENAUT,Cultive ton jardin, p’tit bigleux ! Du détour autobiographique d’un handicapé de la vue à une écologie de l’existence, 2013. Fatiha MAAZOUZ,Une femme maghrébine en quête de liberté, 2013. Djoudi ATTOUMI,Les appelés du contingent, ces soldats qui ont dit non à la guerre. Une face cachée de l’armée coloniale française pendant la guerre d’Algérie, 2012 Association des 4ACG,Guerre d’Algérie, Guerre d’indépendance. Paroles d’humanité, 2012. Anne MONEYRON,Temps de vie et transhumance. Carnets de voyage d’une Amazone 2004-2011, 2012. Maurice MAURIN,Vivre la fraternité au cœur du monde, 2012.Jacqueline DEWERDT-OGIL,Pas tout facile la vie, 2012. PETIT C., BOSSHARDT M.,Itinéraire d’une bibliothécaire, 2012.
Corinne CHAPUT-LE BARS Traumatismes de guerre Du raccommodement par l’écriture Préface de Boris Cyrulnik
Du même auteur Quand les appelés d’Algérie s’éveillent. Denis, Philippe, Paul et les autres... L’Harmattan, 2014. Illustration de couverture © Frédéric Joos © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02183-6 EAN : 9782343021836
SommairePréface du docteur Boris Cyrulnik ............................................. 9Introduction ...............................................................................13 Chapitre 1 La guerre, une situation extrême .............................19 Chapitre 2 De la situation extrême aux traumatismes ............. 25 Chapitre 3 Les traumatismes de guerre : généalogie d’une reconnaissance.......................................................................... 45 Chapitre 4 Ce qui retient de raconter ....................................... 59 Chapitre 5 Ce qui retient d’entendre ........................................ 73 Chapitre 6 De la volonté somnolente à l’héritage du silence ... 89 Chapitre 7 Les héritiers du mauvais camp ............................... 99 Chapitre 8 Des difficultés de transmission aux transpirations 113 Chapitre 9 Les déclencheurs d’une transmission assumée..... 131 Chapitre 10 Des écueils d’autant plus acérés que les espoirs sont ardents..............................................................................153 Chapitre 11 Les bienfaits de la transmission ........................... 171 Chapitre 12 Contre la désilience et la résignance : le rac-commodement par l’écriture ...................................................201 Pour ne pas conclure : la guerre d’Algérie, une situation ex-trême ........................................................................................209 Sources .....................................................................................227 Index des auteurs.....................................................................241 Index des mots-clefs................................................................245 Table des matières...................................................................251
Préface du docteur Boris CyrulnikAllez. C’est fini tout ça ! … On n’en parle plus… La vie continue…Nous sommes tous complices de ces phrases de déni. L’entourage encourage le mutisme qui lui permet de ne pas entendre un témoignage insupportable. Le blessé de l’âme est bien obligé de se taire puisque, s’il parlait, il mettrait le malaise dans l’âme de ceux qu’il aime. Or, le fait de se taire modifie la manière de penser à la tragédie. Quand un événement a chamboulé le monde intime d’un traumatisé, sa vie psychique est hébétée, incapable de donner forme à l’impensable. K.O. debout, le blessé se tait parce qu’il n’y a pas de mots pour dire ce qu’il a subi, ce qu’il a vu… ou ce qu’il a fait. Il ne pourra retrouver les mots qui lui permettront de sortir de sa confusion que si quelqu’un auprès de lui le sécurise afin que, apaisé, il puisse tenter de comprendre ce qui lui est arrivé. Ce schéma correspond à la forme extrême du trauma. La plupart du temps, ce n’est pas ainsi que cela se passe. Le blessé de l’âme a participé, malgré lui, à une situation hors humanité :un massacre, une torture ou une catastrophe. Il est violemment bousculé, sans être vraiment agonique. Il a besoin de parler pour tenter de maîtriser la représentation de ce qui lui est arrivé. Comment faire pour se conduire dans la vie, si l’on ne comprend rien à ce qui s’est produit? Pour exprimer sa bousculade intime, il faut chercher les mots qu’un autre peut entendre. Le nécessaire travail qui permet de reprendre pos-session de son monde psychique n’est possible que si un autre accepte d’entendre un tel témoignage. Quand cet autre se refuse à écouter un récit insupportable, le blessé de l’âme reste confus et répète sans cesse, comme dans un film d’horreur intime, les images et les mots de la tragédie. Cette réaction caractérise le syndrome psychotraumatique dont souffrent souvent ceux que l’on fait taire.
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