Twitter

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Qu'est-ce que Twitter ? Un réseau social et professionnel ? Un moyen de communication interactive ? Un outil de veille et de géolocalisation ? Une immense archive ouverte de nos opinions et émotions condensées en quelques fragments de textes réduits au format SMS ? Un peu de tout cela et plus encore... Voici une première étude consacrée à Twitter dans la recherche francophone en sciences humaines et sociales.
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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EAN13 : 9782296530515
Nombre de pages : 262
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Nicolas Pélissier, Gabriel Gallezot
Twitter Un monde en tout petit ?
Préface de Manuel Zacklad
TWITTERUn monde en tout petit ?
Communication et Civilisation Collection dirigée par Nicolas Pélissier La collectionCommunication et Civilisation, créée en septembre 1996, s’est donné un double objectif. D’une part, promouvoir des recherches originales menées sur l’information et la communication en France, en publiant notamment les travaux de jeunes chercheurs dont les découvertes gagnent à connaître une diffusion plus large. D’autre part, valoriser les études portant sur l’internationalisation de la communication et ses interactions avec les cultures locales. Information et communication sont ici envisagées dans leur acception la plus large, celle qui motive le statut d’interdiscipline des sciences qui les étudient. Que l’on se réfère à l’anthropologie, aux technosciences, à la philosophie ou à l’histoire, il s’agit de révéler la très grande diversité de l’approche communicationnelle des phénomènes humains. Cependant, ni l’information, ni la communication ne doivent être envisagées comme des objets autonomes et autosuffisants. Dernières parutions Gloria AWAD et Carmen PINEIRA-TRESMONTANT (sous la e dir. de),anniversaire de la chute duLes commémorations du 20 mur de Berlin à travers les médias européens, 2012. Nicolas PELISSIER et Marc MARTI,: succès desLe storytelling histoires, histoire d’un succès, 2012. Pierre MORELLI et Mongi SGHAÏER (dirs.),Communication et développement territorial en zones fragiles au Maghreb, 2012. Éric DACHEUX et Sandrine Le PONTOIS,La BD, un miroir du lien social,2011. Emmanuelle JACQUES,Le plaisir de jouer ensemble. Joueurs casuals et Interfaces gestuelles de la Wii, 2011. Jean-Bernard CHEYMOL,La brièveté télévisuelle, 2011. Audrey ALVÈS,Les Médiations de l’écrivain, 2011. Laurent Charles BOYOMO-ASSALA et Jean-François TETU, Communication et modernité sociale, Questions Nord/Sud, 2010.
Nicolas Pélissier, Gabriel Gallezot
TWITTERUn monde en tout petit ? Préface de Manuel Zacklad
Illustration de couverture de Gabriel Gallezot :#WTF.Mise en forme éditoriale : Christine Poupon. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00253-8 EAN : 9782343002538
SOMMAIREPréface de Manuel Zacklad.....................................................7Introduction.Twitter : un micro-monde sans fin(s)?..............13Gabriel Gallezot, Nicolas Pélissier ère 1 partie Twitter, du dispositif controversé au nouveau média social
Twitter : une machine à fabriquer de l’autorité .......................35Louise MerzeauTwitter, outil de la curation sociale ..........................................53Vincent Lambert, Vanessa LandaverdeDu micro au macro : quand le journaliste témoigne d’un événement par Twitter......................................................73Valérie Jeanne-Perrier, Tristan Mendès FranceEntre bien commun et parangon publicitaire : une analyse socio-économique de Twitter ...................................................97Nikos SmyrnaiosApartésOlivier Ertzscheid Twitter : l'oiseau lyre du bruit du monde................................115 Marc Mentré L’écriture Twitter : la contrainte libératrice ...........................125 e 2 partieEntre rationalité et braconnage : les usages professionnels de Twitter
Twitter : questionnement sur les usages par les professionnels de la communication.......................................135Franck Debos, Daphné Duvernay, Frédéric Ely
Le journalisme est-il soluble dans Twitter ? Enquête sur le choc de deux médiacultures ............................................................163Nicolas Pélissier, Mamadou Diouma Diallo
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La visibilité sur Twitter : un enjeu professionnel ...................179Jean-Claude DomengetTwitter et le microstorytelling : un nouveau lieu de légitimation pour les leaders politiques ?...........................195Alexandre EyriesMédiation sociotechnique au sein de communautés d’apprentissage .......................................................................209Xavier Inthilguerra ApartésGabriel Gallezot Tweets & science ....................................................................233 Camille Alloing et Nicolas MoinetTwitter et l’intelligence économique ......................................241
Comité scientifique et contributeurs...................................249
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Préface Twitter et ses multiples usages : la rançon du succès
Manuel Zacklad Conservatoire National des Arts et Métiers, Laboratoire DICEN
Comme l’application dite de réseau social Facebook, le site de microblogage Twitter a connu une diffusion internationale extrêmement rapide à partir du milieu des années deux mille. Ces deux systèmes documentaires participatifs permettent d’échanger des messages de manière intense sur le mode de l’écriture collective dans un espace partagé. Mais Facebook et Twitter ne gèrent pas le réseau social selon le même principe : là où Facebook a d’emblée imposé un contrôle d’accès générant une multiplicité d’espaces d’écriture confinés, Twitter a privilégié la publicité des messages échangés et la liberté donnée à chacun de devenir un « suiveur »… Par ailleurs, le style d’écriture laconique de Twitter de type SMS, discuté dans cet ouvrage, induit une forme de normalisation qui n’est pas sans évoquer celle des dépêches de presse. Twitter vise à attirer l’attention de la foule, à donner à voir le réel, à en influencer la perception…
Pour comprendre le phénomène Twitter, l’analyse doit, nous semble-t-il, être conduite sur deux plans correspondant à deux grands types d’usages distincts qui sont en partie décrits dans
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les différentes contributions de l’ouvrage : celui de la communication médiatisée et celui de la communication d’influence. Sous l’angle de la communication médiatisée, Twitter peut être considéré comme un outil permettant des interactions distantes avec ses followers dans une fonction relevant du « réseau social ». Dans cette perspective, les fonctionnalités de Twitter relèvent de la présence augmentée, encore renforcée par ses usages en mobilité. La présence augmentée permet d’avoir des interactions intermittentes avec un ensemble de connaissances en palliant leur défaut d’accessibilité spatiale. Mais contrairement à Instagram, par exemple, Twitter n’incite pas au partage de photos associé aux sentiments provoqués par la perception de son environnement immédiat. Du point de vue de la modalité, Twitter relève du média « pauvre », essentiellement limité aux caractères du clavier pour reprendre la typologie, par ailleurs discutable, de la théorie de la richesse des médias (Daft et Lengel). Mais du point de vue de l’interactivité, au contraire, la brièveté imposée des messages tend à induire des échanges plutôt fréquents et finalement assez anodins, dans une filiation directe avec l’écriture des SMS selon une revendication explicite de Jack Dorsey, l’un des fondateurs du site (cf. l’article M. Mentré). Cette forme d’interactivité, par l’intensité associée à la fréquence des messages, tend à accroitre la richesse du média. Enfin, l’hypertextualité et la pérennité des tweets incitent à une communication de type référentielle qui valorise les échanges portant sur des contenus disponibles sur le web dont on souhaite signaler l’existence à ses followers. Sous l’angle de la communication médiatisée, Tweeter semble donc un bon outil d’entretien du fonctionnement d’une communauté d’intérêts. En effet, pour dépasser les appellations journalistiques des dispositifs de type « réseaux sociaux » souvent bien mal nommés, il est nécessaire de se doter simultanément d’une théorie des technologies d’écriture, de lecture et de gestion documentaire et d’une théorie des agencements collectifs 1 (Zackald, 2007 ), deux pôles qui se codéterminent de manière 1 Zacklad, M., 2007. Réseaux et communautés d’imaginaire documédiatisées, in Skare, R., Lund, W. L., Varheim, A.,A Document (Re)turn, Peter Lang, Frankfurt am Main : 279-297
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réciproque comme le soulignent les promoteurs de l’approche 2 « dispositive » . Les communautés d’intérêts sont caractérisées par la définition d’une finalité commune qui polarise les interactions, mais d’une finalité qui se limite à l’entretien d’une compétence mutuelle sur un champ d’intervention que les acteurs ne se donnent pas pour projet de transformer mutuellement, contrairement à d’autres types de communautés (de pratique, d’action, épistémique). Les communautés d’intérêt Twitter utilisent donc simultanément l’outil pour renforcer les liens relationnels et pour entretenir leur compétence mutuelle sur les thématiques qui justifient l’association. Bien que Twitter ne permette pas la constitution de groupes privatifs dont l’accès est contrôlé par un animateur, une limitation dans la perspective du lien communautaire, les fonctionnalités littéraires (au sens des procédés de lecture et d’écriture) et de documentation de Twitter semblent permettre des configurations originales et efficaces dans la perspective de cet agencement collectif.
L’autre grande problématique d’usages dont nous semble relever Twitter, celle de la communication d’influence, est soit liée au suivi d’un leader d’opinion majeur dont l’autorité est politique, artistique ou scientifique, soit au suivi d’un évènement important, qu’il s’agisse de cours, de conférences, de spectacles ou encore de situations de crise. Dans le premier cas, le nom du leader constitue la « marque » permettant de l’identifier sur le réseau. Dans le second cas, on exploitera les hashtags thématiques, les mots-clefs qui permettent aux usagers de « suivre » des messages relevant d’un thème donné, mais également, bien sûr, de contribuer aux échanges. Dans ces deux cas, le nombre de followers peut être extrêmement important. Les leaders d’opinion diffusent leurs commentaires à de grands groupes attentifs qui sont essentiellement cantonnés à une posture de commentateur. Dans les tweets associés à des évènements, il existe deux cas de figures. Soit le groupe large suit des informateurs privilégiés qui peuvent être des animateurs, des fans bien informés ou les forces de l’ordre dans le cas d’une situation de crise, soit le groupe constitué de pairs commente l’évènement auquel il assiste de concert. Dans ce dernier cas, on est en partie
2 cf. par exemple, l’approche des Dispositifs Sociotechniques d’Information et de Communication DISTIC, défendue par le laboratoire I3M et présentée en introduction.
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