Un monde sans Wall Street ?

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Les marchés financiers ont beau déclencher des crises à répétition, peu d'experts et encore moins de gouvernants osent imaginer un monde sans la liberté et sans le pouvoir de ces marchés, un monde " sans Wall Street " ! Pourtant, comme l'explique ici l'un des meilleurs experts français des systèmes financiers, c'est le pas décisif qu'il faut franchir au plus vite pour éviter une nouvelle catastrophe. L'auteur pose d'abord un diagnostic précis sur les impasses d'un monde " avec Wall Street " : les normes exorbitantes de rentabilité imposées par les gestionnaires de capitaux entrainent tout à la fois, la déshumanisation des conditions de travail, le saccage des écosystèmes et la soumission des politiques publiques à des intérêts privés plutôt qu'à la volonté des citoyens. Mais peut-on, dans un monde ouvert, se passer de la puissance des marchés financiers ? Oui, car du fait même de leur puissance, ces marchés ne servent plus à financer l'économie réelle et pénalisent même celle-ci au profit des jeux purement financiers spéculatifs. Toutefois, pour se passer des instruments de spéculation sur les taux d'intérêt ou les taux de change, il faut reconstruire un système monétaire international qui permette de gérer la monnaie comme un bien commun de l'humanité. Et pour échapper au pouvoir exorbitant des gestionnaires de capitaux, il faudra reformer le droit des sociétés pour partager le pouvoir de gestion entre tous les acteurs prenant part à la production.



François Morin, professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Toulouse I, a été membre du Conseil Général de la Banque de France et du Conseil d'Analyse Economique. Il a notamment publié Le Nouveau mur de l'argent : essai sur la finance globalisée (Seuil, 2006).


Publié le : jeudi 3 février 2011
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EAN13 : 9782021042757
Nombre de pages : 188
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Un monde sans Wall Street ?
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Du même auteur
Autopsie dune crise financière annoncée Une enquête de Désiré Tofix (en collaboration avec Patrick Mignard) Éditions Le Pérégrinateur, 2010
Le Nouveau Mur de largent. Essai sur la finance globalisée Éditions du Seuil, 2006 Le Modèle français de détention et de gestion du capital : analyse prospective et comparaisons internationales Rapport de mission au ministre de lÉconomie, des Finances et de lIndustrie Éditions de Bercy, 1998 Le Cœur financier européen (en collaboration avec Claude Dupuy) Éditions Economica, 1993 Théorie économique du patrimoine Éditions Ellipses 1984 Les Groupes industriels en France (en collaboration avec JeanPierre Gilly) o Notes et études documentaires, n 46054606 La Documentation française, 1981 La Banque et les Groupes industriels à lheure des nationalisations (direction de cet ouvrage collectif) Éditions CalmannLévy, 1977 Le Capitalisme en France Éditions du Cerf, « Objectifs », 1976 La Structure financière du capitalisme français Éditions CalmannLévy, 1974 et 1977
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F R A N Ç O I S M O R I N
Un monde sans Wall Street ?
É D I T I O N S D U S E U I L e 2 5 , b o u l e v a r d R o m a i n  R o l l a n d , P a r i s X I V
Extrait de la publication
c o l l e c t i o n d i r i g é e p a r j a c q u e s g é n é r e u x
« é c o n o m i e h u m a i n e »
Par « Économie humaine », nous entendons exprimer ladhésion à une finalité et à une méthode. La seule finalité légitime de léconomie est le bienêtre des hommes, à commencer par celui des plus démunis. Et, par bienêtre, il faut entendre la satisfaction detous les besoinsdes hommes ; pas seulement ceux que comblent les consommations marchandes, mais aussi lensemble des aspirations qui échappent à toute évaluation monétaire : la dignité, la paix, la sécurité, la liberté, léducation, la santé, le loisir, la qualité de lenvironnement, le bienêtre des générations futures, etc. Corollaires de cette finalité, les méthodes de léconomie humaine ne peuvent que sécarter de léconomisme et du scientisme de léconomie mathématique néoclassique e qui a joué un rôle central auXXsiècle. Léconomie humaine est léconomie dunhomme complet(dont lindividu maximisateur de valeurs marchandes sous contrainte nest quune caricature), dun homme qui inscrit son action dans le temps (et donc lhistoire), sur un territoire, dans un environnement familial, social, culturel et politique ; léconomie dun homme animé par des valeurs et qui ne résout pas tout par le calcul ou léchange, mais aussi par lhabitude, le don, la coopération, les règles morales, les conventions sociales, le droit, les institutions politiques, etc. Léconomie humaine est donc une économie historique, politique, sociale, et écolo gique. Elle ne dédaigne pas lusage des mathématiques comme un langage utile à la rigueur dun raisonnement, mais refuse de cantonner son discours aux seuls cas où ce langage est possible. Au lieu dévacuer la complexité des sociétés humaines (qui ne se met pas toujours en équations), léconomie humaine sefforce de tenir un discours rigoureux intégrant la complexité, elle préfère la pertinence à la formalisation, elle revendique le statut descience humaine, parmi les autres sciences humaines, et tourne le dos à la prétention stérile dénoncer des lois de la nature à linstar des sciences physiques. Le projet de léconomie humaine est un projet ancien, tant il est vrai que nombre des fondateurs de la science économique ont pensé celleci comme une science historique, une science sociale, une science morale ou encore psychologique. Mais ce projet est aussi un projet contemporain qui constitue le dénominateur commun de bien des approches (postkeynésiens, institutionnalistes, régulation, socioéconomie, etc.) et de nombreuses recherches (en économie du développement, de lenvironnement, de la santé, des institutions ; en économie sociale, etc.). Nous nous proposons daccueillir ici les essais, les travaux théoriques ou descriptifs, de tous ceux qui, économistes ou non, partagent cette ambition dune économie vraiment utile à lhomme. Jacques Généreux
ISBN9782021038293
©ÉDITIONS DU SEUIL,FÉVRIER2011
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À Émile et Tom
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AVERTISSEMENT
Cet essai a été conçu et rédigé sous mon unique responsabilité. Jen assume donc, seul, les limites et les imperfections éven tuelles. Néanmoins, je tiens à remercier ici toutes les personnes qui, à leur rencontre, ont pu éclairer les analyses et les idées qui sont présentées dans cet ouvrage. Depuis le déclenchement de la crise financière et depuis le pré cédent ouvrage paru en 2006 dans cette collection dirigée par Jac ques Généreux, à qui je veux dire une nouvelle fois toute ma gratitude pour ses conseils, il ma été donné de rencontrer ou dêtre en contact avec de très nombreux responsables associatifs ou poli tiques. Je ne peux malheureusement pas les citer tous, mais je tiens cependant à remercier particulièrement Lionel Jospin, Jean Le Garrec, JeanLuc Mélenchon, Jacques Cheminade, ou encore Jean Claude Trichet pour leurs observations ou leur appréciation de la situation créée par la crise. Les rencontres et les débats avec des universitaires ont été égale ment nombreux et stimulants, notamment avec Michel Aglietta, Samir Amin, Olivier Brossard, Gabriel Colletis, Gilles Dostaler, Pierre Grou, François Houtart, Frédéric Lordon, Patrick Mignard, André Orléan, Éric Pineault, Dominique Plihon, et Bruno Théret. Je souhaite ici tous les remercier.
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« Mais nous vaincrons, parce que nous sommes la justice. Tenez ! Vous voyez ce monument devant vousVous le voyez ? !? dit Saccard. Parbleu La Bourse Oui, je la vois ! Eh bien, ce serait bête de la faire sau ter, quon la rebâtirait ailleursSeule ment, je vous prédis quelle sautera delle même, quand lÉtat laura expropriée, devenu logiquement lunique et univer selle banque de la nation ; et, qui sait ? Elle servira alors dentrepôt public à nos richesses trop grandes, un des greniers dabondance où nos petitsfils trouveront le luxe de leurs jours de fête ! » Émile Zola,LArgent, 1891.
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