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Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon

De
126 pages
La centrale hydroélectrique de Kongou était destinée à alimenter en électricité une usine chinoise dans le cadre de l'exploitation du minerai de fer de Bélinga. Autour de ce projet se retrouvaient plusieurs acteurs: l'Etat, les opérateurs économiques chinois et nationaux, les ONG et les populations locales. Ce livre analyse les motivations de ces différents acteurs et vise à comprendre les intérêts que chaque acteur social attache à ce milieu.
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Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon
L’affaire Koungou
Paulin KIALO et Flora EKOZOWAKA NGUEMASSA
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Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon
Laffaire Kongou
  
Études africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa  Dernières parutions  Paulin K IALO , Les proverbes de la forêt chez les Pové du Gabon , 2013. Daha Chérif B A , Cultures populaires en Sénégambie. Lexemple des Fulbe (1512  1980) , 2013. Stéphanie N KOGHE , Léducation traditionnelle fang en muta-tion , 2013. Prof. K IMPIANGA M AHANIAH , Kasa-Vubu, Lumumba et lindé-pendance du Congo. 1956-1960 , 2013. Hilaire K OUOMEGNE N OUBISSI , Centralisation et décentrali-sation au Cameroun. La répartition des compétences entre lÉtat et les collectivités locales , 2013. Myriam L EGENNE , Soins et altérité , 2013 Kyalondawa N YABABA , Les Pygmées face à une modernité économique et religieuse importée. Les enjeux de linscription du christianisme dans une culture africaine de frappe écolo-gique , 2013. Paulin K ALALA K ABEYA , Lécole des compétences dans loptique de la gestion mentale. Essai de pédagogie de la gestion mentale, 2013.  Noël Bernard B IAGUI , Le gúbaher - parler baïnouck de Djibonker (Basse-Casamance, Sénégal).  Éléments de descrip-tion linguistique : phonologie et classes nominales, 2013. Erick C AKPO , Art chrétien africain, Caractéristiques et enjeux , 2013. José K APUTA L OTA , Révolution culturelle et développement en Afrique , 2013. Jérémie T OKO , Rivalités ethniques mimétiques en Afrique. Déficit démocratique et sous-développement au Cameroun , 2013. Bernard S IMITI , De lOubangui-Chari à la République centrafri-caine indépendante , 2013. Jessica H AMADZIRIPI , Poverty eradication in Zimbabwe, 2013.    
 
Paulin Kialo et Flora Ekozowaka Nguemassa            
Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon
 
Laffaire Kongou
 
  
 
                                      
 
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Du même auteur  Paulin KIALO, Les proverbes de la forêt chez les Pové du Gabon , L’Harmattan, 2013   
© LHarmattan, 2013 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@ wanadoo.fr  ISBN : 978-2-336-00881-3 EAN : 9782336008813
Introduction  
« Même sil faut pactiser avec le diable, les mines de fer de Bélinga seront exploitées. Pourquoi ces ONG internationales ne vont-elles interdire lexploitation des ressources naturelles chez elles ? Nous avons besoin des ressources naturelles pour nous développer ».  Ainsi sexprimait le défunt président gabonais, El Hadj Omar Bongo Ondimba, en réponse à une coalisation dONG environ-nementales nationales et internationales du fait quaucune étude dimpact environnemental et social navait été effectuée par rapport au projet de construction dun barrage hydroélectrique sur les chutes de Kongou, chutes comprises dans un parc natio-nal. Cette centrale hydroélectrique était destinée à alimenter en élec-tricité lusine chinoise de Comibel 1  dans le cadre de lexploitation du minerai de fer de Bélinga. Ce nest que secon-dairement quelle devait servir aux villes de Makokou, de Mé-kambo, de Booué et dOvan au Nord-est du Gabon. Autour de ce projet se retrouvaient plusieurs acteurs : lEtat, les opérateurs économiques chinois et nationaux, les ONG et les populations locales. Les discours des Chinois, de lEtat et des ONG environnemen-tales étaient connus : les deux premiers manifestaient, dans lensemble, la volonté de réaliser ce projet pour des raisons socio-économiques, les ONG quant à elles sy opposaient pour deux raisons principales : écologiques dabord et ensuite, con-séquence de cette dernière, les chutes font partie du Parc natio-nal dIvindo comme précédemment mentionné. Dans lentendement du gouvernement gabonais de lépoque, notamment des ministères des mines et de celui de lemploi 2 , ce barrage devait constituer un puissant moteur pour le dévelop-
                                                           1 Compagnie Minière de Bélinga. 2  Celui de lenvironnement manifestait une certaine opposition vu quaucune étude dimpact sur lenvironnement navait été menée.
 
pement économique et social de cette région et partant du Ga-bon 3 . Selon la Commission  Mondiale pour les Barrages 4  (2000), il existe près de 80 000 barrages hydroélectriques au monde,  cest dire la place quils occupent dans lindustrie et lusage domes-tique. Une ville comme Las Vegas a été créée en plein désert et cest un barrage qui lui donna vie. Elle est devenue une célébri-té qui attire les populations du monde entier, notamment pour ses salles de jeux de hasard. Mais la construction de ces édifices ne se fait pas sans causer quelques dommages à lenvironnement et des soucis aux popu-lations riveraines, surtout depuis que les problèmes environne-mentaux sont au cur des préoccupations de lhumanité. Même sil est reconnu que cette source dénergie est la moins pol-luante du monde, elle pose néanmoins dautres problèmes : inondation, déplacement des populations, misère rurale (les populations ne peuvent plus mener leurs activités agricoles comme auparavant). Cette situation interpelle les sciences sociales en général et lanthropologie en particulier, dès lors que la construction dun tel édifice fait appel à des logiques qui ne sont pas forcément en accord avec les points de vue endogènes, cest-à-dire ceux des populations locales. Lanthropologie est ici interpellée, et on peut saccorder, dans ce contexte pour dire avec François La-plantine (1995, 23) que « Lanthropologie est un regard sur lautre, elle concerne aussi bien les formes de parenté que les systèmes politiques, lhabitat et le langage ou les croyances religieuses, elle étudie aussi bien toutes les sociétés tradition-nelles que les sociétés post-industrialisées dans le souci perma-nent de confrontation ». Les grands barrages renvoient presque uniquement à une tech-nicité, à lingénierie et leurs prouesses, à des noms, à des sym-boles nationaux (Hoover, Assouan, etc.) ; parfois à des catas-trophes mémorables (Malpasset en France, les Trois Gorges en Chine, etc.). Ils renvoient aussi à une réponse aux besoins hu-                                                           3 Il était prévu la création de 3500 emplois directs et indirects et la construc- tion dun chemin de fer. 4 CMB.
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mains, dans les domaines notamment énergétique et agricole. Seulement, au sortir dun siècle qui a vu dominer la politique des grands équipements comme principale réponse à laccroissement des besoins humains, la société civile avance de nouvelles interrogations : dégâts écologiques (du fait de linondation éventuelle de sa zone demprise), appauvrissement des populations locales (consécutive à leur déplacement), échecs économiques du projet lui-même, ont été parfois dénon-cés (les populations nen sont pas toujours les principales béné-ficiaires). En effet, il est un prix à payer pour ces retenues deau. Des populations entières sont déplacées. Les promesses daide à leur réinstallation sont rarement tenues conduisant ainsi à la misère et à la déchéance, voire à la perte de civilisations anciennes. De même, les écosystèmes fluviaux, adaptés aux variations natu-relles des cours deau, disparaissent avec la régulation de ces derniers entraînant ainsi une irrémédiable perte de la biodiversi-té (Leslie 2008). Cest ce type dédifice qui devait être construit sur les chutes de Kongou. Ces chutes sont le « patrimoine » des Makina 5  et Ba-kota 6 qui y pratiquent la pêche et la chasse. Mais au-delà de ces populations locales, ces chutes sont aussi « fréquentées » par lEtat, à travers le Parc National de lIvindo 7 , dont elles consti-tuent largument emblématique. A ces deux acteurs, il faut ajouter les ONG environnementales 8  et les opérateurs économiques. Les premiers uvrent pour la protection de lenvironnement, les deuxièmes, quant à eux, exploitent rationnellement la ressource (Figet) tandis que cer-tains prônent une mise en valeur dont lune des conséquences est la modification de lenvironnement. Lobjet de notre travail est danalyser les motivations de ces différents acteurs. Il vise précisément à comprendre les intérêts que chaque acteur social attache à ce milieu. Nous ne pouvons traiter de la problématique du barrage hydroélectrique sur les
                                                           5 Bantu A-80.   6 Bantu A-80.  7 PNI 8 Organisation Non Gouvernementale. 9