Un psychopathe ordinaire

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Un chirurgien esthétique psychopathe qui ne craint qu’une chose, être percé à jour, s’ingénie à dissimuler sa vraie nature à ses proches, jusqu’au jour où sa mère lui demande d’euthanasier son père. Cette situation le propulse alors dans la maison familiale et fait resurgir en lui des souvenirs qui nous dévoilent peu à peu l’homme qu’il est vraiment. L’intrigue repose sur la faculté qu’aura, ou non, le héros à se transcender face aux événements pour devenir enfin l’un des nôtres. Cette histoire nous invite ainsi à nous pencher avec humour sur notre moi profond et à réfléchir à la place que nous laissons à notre vraie personnalité pour s’exprimer au quotidien.


Publié le : mercredi 7 mai 2014
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EAN13 : 9782332697370
Nombre de pages : 152
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ISBN numérique : 978-2-332-69735-6

 

© Edilivre, 2014

Chapitre I

Je me trouvais dans mon loft avec une migraine naissante et un verre de Martini à la main. La vieille femme assise en face de moi, dans mon salon de cuir blanc design six places, perdait visiblement ses cheveux. Il était presque dix-neuf heures, le week-end allait commencer, nous faisions ce que l’on appelle communément la conversation. J’aurais dû boire les paroles de mon interlocutrice plutôt que ce troisième verre de spiritueux, mais c’était au-dessus de mes forces. Malgré des efforts assidus, je ne parvenais pas à fixer mon attention sur son long monologue. Non pas que ses propos soient particulièrement soporifiques. Je n’y arrivais pas, voilà tout. Ses mots se perdaient dans un brouhaha quasi-hypnotique. Manque de chance pour moi : mon incapacité à fixer les gens dans les yeux ramenait obstinément mon regard de la table basse en verre fumé à son crâne grisâtre, corollaire à son répugnant début d’alopécie. Je réprimai une légère grimace de dégoût. La vieillesse et son cortège de laideurs me donnaient envie de vomir depuis toujours.

Ce malaise me rappela une de mes anciennes patientes, madame Dumas, presque chauve, elle aussi. Arrivée à mon cabinet le vingt-huit mars de l’année dernière, âgée de quatre-vingt-deux ans, avec le souhait d’en paraître dix de moins. Mais quelle personne sensée souhaitait paraître soixante-douze ans, sérieusement ?

Malgré le caractère apparemment raisonnable de sa demande, personne ne pouvait plus rien pour elle. Son état de décrépitude était trop avancé. Une peau entièrement parcheminée et parsemée de taches brunes, poétiquement appelées fleurs de cimetière dans notre métier, des fesses de macaque crabier, des seins descendus faire un tour au sous-sol : un sinistre total. À en croire certains paramètres de son bilan de santé, elle était déjà trépassée.

Je lui expliquai la situation en utilisant une analogie simple avec le milieu du bâtiment, familier à un large public, tout en griffonnant des petits dessins qui se voulaient exemplatifs sur mon carnet. Pratiques les petits dessins, cela faisait pro et m’évitait d’avoir à regarder les gens en face trop longtemps.

– Il n’y a pas que la façade défraîchie, Madame Dumas (petit dessin des sillons labo-géniens). Quand un immeuble n’a pas été entretenu pendant de nombreuses années, c’est toute la charpente qui écope (schéma assez précis du système musculo-aponévrotique). La menuiserie, la plomberie, l’électricité : tout tombe en ruine (vagues gribouillis des principaux organes du corps humain). Dans votre cas, les structures internes ne sont pas en mesure de supporter de telles rénovations (croquis à main levée d’une équipe de réanimation en action, formidable­ment exécuté, en toute modestie). Parfois, lorsque les dégâts sont trop importants, croyez-moi : il vaut mieux se résoudre à abattre l’ensemble (légère esquisse d’une tombe surmontée d’une croix, impossible à identifier pour un observateur extérieur).

En guise de réponse, un silence humide me laissa immédiatement penser que je m’étais laissé déborder par mon enthousiasme à exposer clairement les choses. Mes yeux cherchèrent désespérément un point où se poser sur son visage ravagé par le temps. J’aperçus des larmes qui se frayaient péniblement un chemin sur ses joues ravinées. Ce simple signal activa en moi une alarme silencieuse.

– Que voulez-vous dire par « abattre », Docteur ? fit-elle d’une voix chevrotante.

Aïe. Je me trouvais sur une pente savonneuse. La vérité était que par « abattre », je voulais dire « abattre ». La vérité était que si je persévérais dans cette voie, j’allais au-devant de gros problèmes. Je ne voulais pas de problèmes. Jamais. Je froissai donc mes petits dessins d’un geste vif et les jetai presqu’à regret dans la corbeille. Je pris une grande inspiration et tentai de fixer Madame Dumas entre les sourcils pour lui donner l’impression d’un regard croisé, puis je piochai dans mon meilleur répertoire quelques mots susceptibles de recréer chez elle le sentiment de confiance qui l’habitait encore, quinze minutes auparavant, lorsqu’elle avait poussé la porte du célèbre chirurgien esthétique que j’étais.

– Madame Dumas, dis-je sur un ton docte, comme si je sermonnais un petit enfant pris la main dans le pot de confiture. Nous sommes entre adultes responsables. Vous êtes suffisamment intelligente pour comprendre ce que j’essaye de vous dire à demi-mot. C’était une image, une simple comparaison, pour vous aider à prendre conscience qu’il me serait difficile, voire impossible, de satisfaire à votre demande. Vous ne devez pas tout prendre au pied de la lettre comme cela, Madame Dumas.

À ce stade, j’aurais dû me taire. Je ne pus toutefois m’empêcher d’ajouter :

– Je ne suis tout de même pas responsable du fait que vous ayez traité par-dessus la jambe votre santé et votre physique durant de très longues années. Si ?

La vieille pleurait toujours, mais elle hochait la tête en signe d’assentiment à présent. La magie de la blouse blanche. Dans peu de temps, elle quitterait mon bureau avec l’idée de consulter un de mes confrères pour un second avis, comme tous ceux que je refusais de traiter. Il faut dire que, pour me garantir une réputation sans faille, je n’acceptais les cas que lorsque j’avais une chance réelle de réussite. Ses espoirs d’être prise en charge par un collègue moins scrupuleux que moi n’étaient donc pas totalement vains.

Une fois seul dans la pièce, je poussai un long soupir de soulagement. Un drame du quotidien venait de se jouer dans cette petite clinique bourgeoise. Et contrairement aux apparences, cette bonne vieille madame Dumas n’en était pas la victime. C’était moi. Moi pour qui il n’y avait aucune différence entre cet immeuble vétuste dont je parlais cinq minutes auparavant et une Madame Dumas. Moi, pour qui un être humain, un chien errant, une plante grasse, un pot d’échappement, avaient intrinsèquement la même valeur. Moi qui étais différent depuis mon enfance. Enfance que je ne pourrais jamais me résoudre à qualifier de tendre (d’ailleurs, existait-il plus bel oxymore que celui-là ?) Moi qui, depuis lors, devais survivre au quotidien dans cette jungle dégoulinante d’émotions, appelée pompeusement société, par mes contemporains.

Indifférent, insensible, anormal… ou encore borderline, pour les bobos. Aussi loin que je me souvienne, j’étais un peu tout cela à la fois. Même s’il m’avait fallu du temps et une indigestion d’essais scientifiques pour mettre peu à peu des mots sur mes particularités.

Je ne tenais pas mes parents pour directement responsables de cet état de fait. Je veux dire par là qu’ils ne m’avaient jamais maltraité, battu ou même abusé sexuellement. Non, ils n’étaient pas des gens dans le coup, ne suivaient aucune tendance, aucun courant : des conservateurs. Tout petit, j’avais dû apprendre seul l’Amour, la Joie, la Tristesse, la Peur… comme on apprend le Mandarin : en observant, en repérant petit à petit des signes que l’on reconnaît, que l’on traduit, que l’on recopie. En les ajoutant, enfin, à mon propre répertoire que je rendais chaque jour plus riche et plus complexe.

Un exemple ? Je me souviens… j’avais cinq ans, c’était l’été, je prenais le train avec ma mère et ma jeune tante pour aller à la mer. Il faisait une chaleur étouffante. Une grosse dame qui n’avait pas encore trouvé de siège avançait difficilement dans l’allée centrale qui était trop étroite pour elle, ses fesses, sa poitrine, et les deux énormes valises qu’elle traînait en sus de tout ce qui était d’origine organique. Engoncée dans sa veste de tailleur bon marché, elle suait, haletait et se dandinait lentement d’un pied à l’autre, handicapée qu’elle était par ses énormes cuisses que je devinais frotter l’une contre l’autre sous sa jupe crayon, rougissant sa peau laiteuse, et ses hanches en plateau qui faisaient obstacle à sa progression. De sa position guère enviable, elle prit toutefois le temps d’adresser un grand sourire à l’adorable bambin que j’étais et qui l’observait béat d’étonnement. Sa bouche, trop maquillée, avait laissé une trace de rouge sur l’une de ses canines. A priori, cette manière de se découvrir ainsi les lèvres pour dévoiler ses dents dans un rictus figé apparaissait à mes yeux comme plutôt disgracieux, voire déplaisant (d’ailleurs, chez certains primates, cela reste un signe de domination et d’agressivité). Mais, j’avais déjà eu l’occasion d’apprendre qu’il était de bon ton de réciproquer la mimique. Cela mettait mon entourage dans un état propice à satisfaire mes besoins, cela pouvait même rapporter des petites récompenses diverses. C’était ce que j’appelais : une attitude rentable. Je me fendis donc d’une grimace simiesque à mon tour. Le visage de la dame changea soudainement d’expression et elle lança un regard interrogatif à ma mère et à la sœur de mon père qui, n’ayant pas vraiment suivi la scène (et trouvant la femme vulgaire, j’en suis certain), continuèrent à papoter et l’ignorèrent superbement. Bien que je ne sois pas encore très habile à lire les visages des autres à l’époque, je compris assez rapidement qu’un truc clochait. Les choses ne se déroulaient pas comme elles le devaient. Sans bouger un muscle de mon visage, je lançai un rapide coup d’œil dans la vitre pour tenter d’y capter mon reflet. Mon faciès d’ordinaire très harmonieux était devenu grotesque, totalement déformé par la tension excessive que j’imprimais à mes zygomatiques. On aurait dit un pit-bull sur le point de mordre. J’ignorais ce que la femme pouvait ressentir à cet instant et n’en avais cure, mais de manière générale, je supportais difficilement la contrariété, et ne pas être parvenu à mes fins me contrariait grandement. Je détournai consciencieusement la tête jusqu’à ce que la femme passe complètement son chemin, et me promis de faire mieux la prochaine fois.

Les jours, les mois, les années qui suivirent cet incident, les miroirs devinrent mes meilleurs alliés. J’en conservais toujours un petit dans la poche de mon veston, juste au cas où. C’est grâce à eux que j’appris par cœur à quelle hauteur remonter les lèvres pour un sourire charmeur, moqueur ou de simple compassion. Comment plisser les yeux, faire la moue, pencher légèrement la tête pour apparaître sympathique. Comment se mordre légèrement la lèvre quand on a fait une bêtise et que l’on veut être pardonné. Comment ne pas serrer les poings, ne pas croiser les bras, les jambes, ne pas crisper la mâchoire lorsqu’on veut paraître détendu et mettre son interlocuteur en confiance. Ce n’était pas tout, il me fallait aussi communiquer des sentiments négatifs que je ne ressentais pas, comme la peur ou la tristesse, la honte ou le regret, apprendre à modérer la colère qui m’habitait de manière presque permanente et une impulsivité presqu’indomptable à l’époque. À force de simuler et de jouer les partitions des sentiments des autres, j’étais devenu un maestro en l’art de l’instrumentalisation affective.

Bien entendu, plus jeune, ma plus grande hantise consistait à me retrouver projeté dans des lieux ou des circonstances où il était impératif d’exhiber ses sentiments. J’ai toujours trouvé cette façon de procéder de mes congénères particulièrement impudique, en dehors de l’inconfort qu’elle suscitait chez moi en particulier. Mais qui, au cours de sa vie, n’était pas soumis, au moins une fois, à l’obligation de se rendre à un enterrement ou à un mariage ?

Je redoutais particulièrement les deuils. La gamme à jouer en cas de décès d’un individu s’avérait extrêmement complexe, et l’intégrer à la perfection m’avait demandé beaucoup de patience et d’énergie. Tout d’abord, il fallait estimer très justement l’intensité du chagrin à simuler. On ne pouvait pas se jeter à terre, hurlant et s’arrachant les cheveux pour un canari, encore moins se contenter de renifler en lâchant un pathétique : « Ce n’est rien, tu n’as qu’à le jeter dans les toilettes, comme la dernière fois », pour un grand-père. Tout était dans la nuance, il fallait paraître triste, déconfit, la moue tombante, voire légèrement tremblante, mais rester digne. C’est-à-dire l’œil rouge, la larme prête à jaillir, mais sans excès. Pour cela, c’était facile : un tout petit bout de savon dont j’effleurais mes paupières et le tour était joué.

Le langage non verbal ne représentait encore que la moitié du travail, il fallait également créer du dialogue et n’est pas Michel Audiard qui veut. Pour les enterrements, c’était paradoxalement simple, car tout le monde y ressassait les mêmes âneries : « Condoléances… Condoléances. Sincères condoléances… » Peut-être parce que, tout comme moi, personne ne savait réellement quoi dire de plus pertinent. Si on se sentait particulièrement en verve, on pouvait également risquer un : « Il est mieux là où il est maintenant ». Personne n’étant jamais revenu pour démentir cette assertion jusqu’à présent, cela demeurait relativement sans risque. Si l’on voulait vraiment faire preuve d’originalité tout en manquant d’inspiration, on pouvait simuler le début d’une phrase en prenant une grande bouffée d’air, puis faire « non » violemment de la tête plusieurs fois, tout en mettant le poing fermé devant la bouche et partir soudainement en laissant la veuve plantée là comme deux ronds de flan. Cela signifiait qu’on allait vraiment communiquer quelque chose de profond, mais qu’on en n’avait pas eu la force finalement : trop dur. Le risque était que votre interlocutrice se révèle une curieuse pathologique et qu’elle revienne un jour à la charge pour vous demander de quoi vous souhaitiez lui faire part, ce fameux jour-là. Il y a, hélas, des détraqués partout. Vous pouviez toujours, dans ce cas extrême, invoquer rétroactivement une légère amnésie, plausible sous le coup de tant d’émotions…

Le travail ne s’arrêtait pas à la maîtrise du corps et de la pensée, demeurait encore à dominer l’intonation de la voix. Il ne m’était pas aisé d’emprunter un ton enthousiaste lorsque l’indifférence m’habitait en tout temps ou de feindre un sanglot alors qu’il me prenait un début de fou-rire à un moment inapproprié. Car j’avais souvent des débuts de fous-rires à des moments inappropriés. Imaginez-vous en train d’enterrer en grande pompe une boîte d’allumettes, des bretelles ou les épluchures d’une orange et vous comprendrez à quel point tout ce cérémonial, toute cette mise en scène symbolique entourant ce type d’évènement, me paraissait un cirque lamentable, un ridicule simulacre d’une compassion qui ne m’effleurait jamais. Las, même mes fous-rires avaient le goût acre du dédain.

Vous pourriez être tentés de croire que gérer les faits ordinaires de la vie quotidienne m’était chose plus aisée. Détrompez-vous. Lorsque mes collègues me parlaient de leurs enfants, de l’affection qu’ils leur portaient, de leurs problèmes familiaux (banals) ou de santé (triviaux), je comprenais certes les mots, mais jamais les concepts. Je supposais qu’il en serait de même pour un individu lambda qui passerait sa vie au milieu de conférenciers discourant de physique quantique. Mon esprit décrochait perpétuellement. Je gaspillais une énergie extraordinaire à ne pas bâiller et à tenter de rester poli tant je trouvais ces conversations futiles et assommantes.

Plus d’une fois, je faillis être démasqué. Comme ce mercredi 11 mai dans le réfectoire de la clinique où j’avais voulu marquer le coup et prouver mon empathie envers des collègues qui parlaient avec emphase d’un couple rencontrant de grosses difficultés affectives. J’avais mis la main sur l’épaule de l’une d’entre elles et l’avait assuré de mon soutien indéfectible en cas de nécessité. Toute l’assistance était partie dans un immense éclat de rire. Après un instant de confusion totale pendant lequel je maudis tous ces abrutis qui s’étaient subitement ligués contre moi, des bribes d’explications parvinrent jusqu’à mes oreilles et le fin mot de l’histoire s’imposa à moi : les deux infirmières parlaient d’un soap-opéra en vogue à la télévision. Et moi, l’inadapté, l’amputé de la perception, je n’avais même pas été capable de distinguer la fiction de la réalité. Heureusement, toutes les personnes présentes, étant donné mon statut d’intellectuel, avaient pensé que mon comportement n’avait eu d’autre but que de les moquer légèrement et de les sermonner de leur légèreté. Les deux jeunes femmes s’étaient tues toutes les deux, leur visage rouge vif, têtes basses. Elles s’employaient aujourd’hui à ne parler que boulot en ma présence lorsqu’elles ne me fuyaient pas tout bonnement.

Les évènements dits particulièrement heureux constituaient également des exercices de style fascinants. Enfant, accompagnant ma mère dans une maternité, et comparaissant devant un nouveau-né et ses parents extatiques, je m’étais montré plus que balbutiant.

– Eh bien, dis quelque chose, Michel, faisait immanquablement ma mère en ces circonstances.

Je m’exécutai de mauvaise grâce en considérant le rejeton :

– Oh, mais… comme il est… comme il est…

Qu’était-il ? Qu’était-il ? Rougeaud, plissé, marbré, bouffi, certes… Mais qu’était-il, qui soit de l’ordre du dicible, bon dieu ? Petit ? Oui, c’était cela : il était petit !

– … petiiiit ! poursuivis-je avec un sentiment de soulagement et de grande victoire. Regardez-moi ses petits pieds et ses petites mains et ses petites oreilles…

Bon, il fallait pouvoir s’arrêter à temps dans l’énumération des membres et autres organes apparents avant de commettre un nouvel impair. Mais l’air ravi des géniteurs à cet instant précis me conforta dans l’idée que, de manière générale, on attendait des gens qu’ils profèrent des banalités. Si on espérait donc de moi que je ne lance que des platitudes à l’avenir, voilà qui allait bigrement me faciliter la vie.

En termes de platitudes justement, je vivais aujourd’hui, un jour sur sept, avec un maître à penser en la matière : Claudia. Claudia était la Roumaine que j’employais pour faire le ménage dans mon appartement. En réalité, je n’avais besoin de personne pour effectuer cette tâche, puisque j’étais un véritable adepte de l’ordre et de la propreté. Je ne...

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