Une anthropologie du tatouage contemporain

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Le tatouage connaît un vif succès dans notre société. Engagement à vie, il n'autorise guère de retour en arrière. Tour à tour, le tatouage se cache, se dévoile ou s'exhibe. Mais lorsqu'on le montre, que montre-t-on, et que démontre-t-on ? Ces pages le disent bien : c'est une partie de leur identité que les "porteurs d'encres" arborent à fleur de peau. Donnant la parole à tatoueurs et tatoués, cet ouvrage analyse finement cette pratique ancestrale longtemps marginale.
Publié le : vendredi 1 février 2013
Lecture(s) : 46
EAN13 : 9782296516694
Nombre de pages : 178
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Une anthropologie du tatouage contemporain
PaRcouRs dE poRtEuRs d’EncREs
ÉLisE Müller
ÉLisE Müller Une anthropologie du tatouage contemporain
PaRcouRs dE poRtEuRs d’EncREs
PaRcouRs dE poRtEuRs d’EncREs
Une anthropologie du tatouage contemporain
Une anthropologie du tatouage contemporain
CollectionDes Hauts et Débats, dirigée par Pascal LARDELLIER, Professeur à l’Université de Bourgogne Contact :pascal.lardellier@u-bourgogne.fr
Comité éditorial :
Françoise Albertini, maître de conférences (HDR), sciences de l’information-communication, Université Pasquale-Paoli, Corte, Claude Javeau, Professeur émérite, sociologie, Université libre de Bruxelles, Luana Quattrocelli, maître de conférences, grec ancien, Université de Strasbourg, Michel Melot, ancien directeur du Conseil supérieur des Bibliothèques et de l’Inventaire, Adrian Mihalache, Professeur, culture et littérature, Université Polytechnique de Bucarest.
Titres parus ou à paraître :
Serge Chaumier,L’inculture pour tous. La nouvelle Utopie des politiques culturelles(2010) Sarah Finger et Michel Moatti,L’Effet-médias. Pour une sociologie critique de l’information(2010) Arnaud Sabatier,Critique de la rationalité administrative. Pour une pensée de l’accueil(2011) Claude Javeau,Trois éloges à contre-courant(2011) Christophe Dargère,Inconcevable critique du travail(2012) Anne Van Haecht,Crise de l’école, école de la crise(2012) Daniel Moatti, Le Débat confisqué : L'école entre Pédagogues et Républicains(2013)
Élise Müller Une anthropologie du tatouage contemporain Parcours de porteurs d’encres Préface de David Le Breton Postface de Pascal Tourain
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00043-5 EAN : 978234300043-5
 « La pensée de l’Autre, c’est la générosité morale qui m’inclinerait à accepter le principe d’altérité, à concevoir que le monde n’est pas fait d’un seul bloc et qu’il n’est pas qu’une vérité, la mienne. »  Edouard Glissant,Poétique de la Relation
Remerciements En premier lieu, je souhaite dire ma gratitude à David Le Breton et à Pascal Lardellier pour la confiance qu’ils m’ont toujours accordée. Merci à eux de m’avoir si généreusement guidée. Merci à mes amis et à ma famille, et en particulier à ma mère, Cathy, à Raymond, à Marilyne et à Pascal Tourain, que ce livre m’a permis de mieux connaître. Merci aux tatoueurs pour leur accueil chaleureux. Et, bien-entendu, un immense merci à tous les « porteurs d’encres » qui ont accepté de répondre à mes multiples questions et, de fait, de partager avec moi une part de leur intimité.
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Préface « Peau d’encre » Le tatouage est une marque corporelle courante dans les sociétés humaines. Il consiste dans l’inscription durable ou définitive de signes sur la peau à travers l’injection d’encre dans le derme. Longtemps cantonné à la marginalité, les années soixante voient un essor régulier du tatouage dans un contexte d’opposition à la guerre du Vietnam, de lutte pour les Droits Civiques, de libération des femmes, des homosexuels, de la libération sexuelle, etc. Le tatouage était plutôt masculin, populaire, machiste, souvent agressif ou scatologique, relevant plutôt de la bande dessinée, il devient ces années-là un art corporel à part entière avec l’arrivée d’une nouvelle génération de tatoueurs. Il s’ouvre définitivement aux femmes sans ternir leur réputation. Ce ne sont plus les seuls biceps ou les torses des hommes qui sont privilégiés mais maints autres endroits du corps. Le tatouage est aujourd’hui investi comme signe d’embellissement du corps, il n’est plus nécessairement associé à la marginalité (à moins d’une volonté délibérée d’afficher des figures agressives ou obscènes, ce qui est nettement plus rare aujourd’hui). Le paradoxe du tatouage est de marquer le corps sans rémission et de devenir un signe d’identité. On se tatoue un motif à dix-huit ans mais on meurt à quatre-vingts. La métamorphose de l’apparence est inscrite une fois pour toute dans la chair, elle contribue au sentiment de soi de l’individu. Le tatouage se transforme en culture, et non plus en engouement provisoire. Cette passion envers le tatouage s’inscrit dans une ambiance sociale où le corps est perçu comme un élément de la construction de soi. Perçu comme
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