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Une introduction à la psychologie relationnelle

De
335 pages
Le présent ouvrage constitue une ouverture de pistes possibles pour la relation d'aide, des assistants sociaux aux psychothérapies des psychologues. De la dynamique des groupes aux histoires de vie, nous extrapolons la psychologie humaniste holistique aux terrains de la modernité : génosociogramme, psychogénéalogie, yoga, méditation zen, chamanisme, ethnopsychiatrie et guérisseurs africains. Comme le disait Lacan, l'essentiel n'est pas dans le signifié du message mais dans le signifiant de la relation communicationnelle.
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Une introduction à la psychologie relationnelle

Photo de couverture:

masque Kholuka des Yaka de la République Démocratique site: WW\v.librairichannattan.con1 diffusion.harmattan@wanadoo.fr e.mail: harmattan1@wanadoo.fr
(Ç;) L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9634-6 EAN : 9782747596343

du Congo.

Jean -Marie Lange

Une introduction à la psychologie relationnelle
Parcours de la relation d'aide sociale aux psychothérapies holistiques
Quelques perspectives techniques d'approche

L'Harmattan

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

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Kënyvesbolt Kossuth L. u. 14-16

Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI Université de Kinshasa

Via Degli Artisti, 15 10124 Torino IT ALlE

1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

1053 Budapest

- RDC

"Dieu fmira bien par ne plus te faire souffrir lorsqu'il t'aura mis en terre" (Henri VAN DEN HEYDEN) "Le conflit est la mère de toute (HERACLITE) chose"

"La tâche est d'élargir notre raison pour la rendre capable de comprendre ce qui en nous et dans les autres précède et excède la raison" (Maurice MERLEAU-PONTY)
"Si peu d'hommes savent penser, tous néanmoins tiennent à avoir des opinions." (BERKELEY)

"Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie que de n'être pas fou." (PASCAL) nTout peuple qui restreint ses activités sexuelles développe un accroissement de l'anxiété de vivre et de l'angoisse de mort." (FREUD) 'Les perturbations aléatoires ou les désordres, dans un système vivant, peuvent en fait augmenter la force ou l'amplitude des signaux de vie. "(Ernest ROSSI) "On ne peut soigner une personne, on ne peut que lui apprendre à se soigner elle-même. " (Alexandro JODOROWSKY) "La PHILIA est un amour inné et universel pour son semblable, un amour qui permet de vivre en convivialité avec autrui, de vouloir son bien sans rien attendre en retour." (Nina CANAUL T)

Jean-Marie LANGE

A Marie-Claire

et à mon sang présent, Clément et Romain

Cécile, Sabine, Corinne, Amélie, Mathilde,

INTRODUCTION

CONTRE TOUTES LES ALIÉNATIONS

"Le tabac tue !" et "Plus de 20 % des hommes battent leur femme!". Campagne d'affichage de sensibilisation certes mais afficher un constat n'est pas le régler et pour faire de la prévention de la violence, il faudrait ne pas se limiter aux effets mais en rechercher les causes pour les comprendre et proposer une négociation des conflits en amont du passage à l'acte. Qu'est-ce que la violence conjugale de 20 % dans nos civilisations? S'agit-il uniquement de coups et de blessures ou aussi des violences verbales qui peuvent faire tout aussi mal, connues aujourd'hui sous le nom de harcèlement moral? Notons avec l'approche systémique qu'il n'y a pas qu'une cause pour un effet et l'objectif d'une analyse rigoureuse n'est pas d'identifier un coupable ou de le culpabiliser ("Le tabac tue !" et l'actuelle chasse aux sorcières contre les fumeurs) mais de construire une synthèse avec l'esprit critique pour trouver des pistes de solution humaines acceptables en lieu et place de la sauvagerie de l'homme qui dépasse en horreur le dicton "les loups ne se mangent pas entre eux". Dans les diverses pistes causales à explorer, nous avons:

- le conditionnement social et la frustration bien mise en expérimentation par Henri LABORIT avec la cage de SKINNER, - l'induction permanente de la violence à la télévision dont l'impact a été prouvé par les travaux du psychologue social BANDURA, entre autres chercheurs, - le sentiment d'insuffisance (d'être petit) chez certains hommes qui - s'ils n'ont pas de chien à battre - battront d'autres êtres plus faibles physiquement qu'eux, - le fantasme de toute-puissance des femmes jeunes et jolies parfois insupportables de caprices,
-le mode relationnel de la séduction/rejet et de la parade amoureuse, etc. Il ne s'agit pas ici de faire son marché et de choisir un seul critère ou encore de s'exercer à une quelconque exhaustivité mais plutôt d'ouvrir nos barrières mentales à la réflexion au-delà de nos tabous et de nos freins culturels spécifiques d'une époque.

LE SYMBOLIQUE Au début d'homo sapiens aurait existé ego que certains appelleraient Adam ou d'autres Numéro 1 et il regarda son alter ego qui était aussi 1 car il n'y a qu' 1 race humaine mais aussi qu'l seul être humain: quel que soit le sexe XX ou XY avec lequel ils naissent, les fœtus même s'ils sont de fait programmés sexuellement par le génome du zygote (œuf fécondé) sont aptes à évoluer sous les signaux hormonaux aussi bien en mâle qu'en femelle. Le problème est que 1 ne s'aime pas assez lui-même (base narcissique), qu'il est en conflit interne (avec a et A) et qu'il projette ce conflit sur l'autre 1 dans l'environnement; celui-ci peut, selon le contexte, être l'autre sexe, l'autre frère, l'autre ethnie. 1 et 1 sont sur un plan similaire, une ligne horizontale sans degré de différence et dans un miroir reflet mais comme ils ne supportent pas leur image reflétée par l'autre 1, ils inventent, chacun dans leur coin (angle) la spéculation à 45° pour en fait former un triangle équilatéral et au bout de la liaison de leur projection, ils inventent le numéro zéro, l'idéal ou Dieu, ce qu'en informatique de base, on appelle le système binaire 101. Dieu est salvateur, croient-ils puisqu'ils ont besoin d'une sotériologie (pour être sauvés de leur angoisse). Mais ils conservent chacun la projection en ligne droite, le regard fixé à 45° et regardent donc le même principe divin sous leur propre angle, ce qui fait que 1 se croit en communion privilégiée avec ZérO et que l'autre 1, celui qui est sur la même ligne horizontale et qui regarde également OréZ se croit lui aussi l'élu de Dieu. Ajoutons à cela qu'il y a toujours bien un 1, bien frappé, pour dire qu'il a entendu des voix et que c'est le sien qui est le bon; alors, ce principe qui aurait semblé rassembleur va de nouveau attiser la guerre des frères qui, de tribale, devient religieuse. On ne peut pas en sortir car les trois angles du triangle ne se concilient pas tant qu'il est pointé vers le haut: c'est le système de Mars, de la guerre et de la suprématie de la testostérone et de la fatuité. On pourrait alors faire l'hypothèse du triangle inversé pour revenir aux sources des déesses mères, comme DEMETER ou encore la SHAKTI, la puissance énergétique qui sont sous les 1 dans la terre, ou dans le système planète bleue (eau) GAIA? On peut faire ce que l'on veut avec des représentations symboliques, cela ne reste en fait que des équations mathématiques transformées avec de la poudre de perlimpinpin philosophique. Mais les constructions symboliques de synthèse de l'essence (dite) "mystérieuse" de l'humanité - malgré la répétition des archétypes selon JUNG - ne sont en fait que l'essentiel de l'imaginaire et l'imaginaire s'il peut être création de possible et d'utopie positive, comme la volonté de démocratie que développe tout au long de son œuvre le philosophe CASTORIADIS est surtout à 99% la grande frousse de la mort existentielle et de la disparition totale et irréversible de l'ego qui nous hante. Seul l'Ecclésiaste a vu juste avec sa poussière dans l'oeil de la vanité. C'est pour cela que les peuples inventent des Super Ego supposés plus-à-jouir (Pierre LEGENDRE) comme HITLER, SADDAM et BUSH (sans vouloir faire des amalgames injustes), le problème n'est pas dans un accident de l'histoire des hommes mais hélas dans leur quotidienneté et les Maîtres du monde ont tous des pieds d'argile que seule soutient la ferveur populaire. Etienne de LA 10

BOETIE, l'ami de MONTAIGNE l'a dit clairement: il suffirait que le peuple arrête d'adorer pour que les fantoches arrogants s'effondrent sous le poids de leur propre connerie mais il serait pour cela nécessaire que l'humanité progresse en sagesse et en savoir par l'école neutre et gratuite par exemple. Donc, comme le disait si bien le poète François VILON dans sa ballade du pendu: "Frères humains qui après nous vivrez, n'ayez contre nous le cœur endurci". Il faut accepter notre faible "humanitude" faite de désirs, de frustration sexuelle tournée en haine qui nous fait - par déplacement - désirer un Super Ego leader magnifié quel qu'il soit car le bon peuple pleurera tous les tueurs en série du moment qu'ils soient charismatiques et crucifiera éternellement des philosophes incomparables comme Jésus, Zarathoustra, Socrate et Bouddha car les hommes ont plus besoin dans leur sauvagerie actuelle de mythes que de sages. Les hommes transformeront longtemps encore le message d'amour de certains éclairés en message de guerre et de haine car à l'intérieur du premier triangle de ce développement 101, il Y en a un autre dans chacun des 1, nous dit Jacques LACAN et il appelle l'objet petit a 1'1et le grand A l'Autre, ce que nous avons vulgarisé dans notre modernité sans toujours bien en comprendre la portée sous le chapeau de l'inconscient. L'IMAGINAIRE "A Salem, la sorcellerie était réelle il y a trois siècles, elle ne l'est plus aujourd'hui. "(CASTORIADIS) Au niveau de l'évolution, l'être humain est un raté biologique de la nature. Les loups par exemple ne se cassent pas une patte en trébuchant et ne mangeront jamais une substance qui peut être un poison pour eux et leur donner la fièvre typhoïde par la salmonellose. Les loups sont comme nous des prédateurs ayant parfois des conflits au sein de la meute (souvent une histoire de femelle et de dominance jamais des affaires d'héritage) mais, contrairement à l'homme, ils ne se tuent pas l'un, l'autre: le vaincu va offrir sa jugulaire à trancher aux mâchoires du vainqueur et celui-ci toujours sera magnanime devant ce signe d'allégeance, alors que l'adversaire homme, lui, tuera l'autre pour le plaisir de tuer ou pour rien. Notre espèce a cependant inventé une forme nouvelle de vie sociale: les institutions avec des valeurs et des normes pour lesquelles les jeunes humains seront dressés (éduqués culturellement) pour qu'ils puissent vivre ensemble sans trop de casse. La cohérence de la société est dans ce partage formel et informel de cette construction imaginaire des manières d'agir ou de penser. Marshall Mc LURAN dans son ouvrage "Pour comprendre les médias" explique avec outrecuidance que tout ce qui figure dans son livre est le fruit de sa créativité à 100%; or, cette créativité est impossible au-delà de 1% d'originalité, nous dit CASTORIADIS, aussi bien chez des phares comme PLATON, AJUSTOTE,KANT,HEGELouFREUD. Les individus qui écrivent croient qu'ils ont une pensée personnelle mais nous sommes tellement plongés depuis l'état bébé dans notre bain culturel que tout ce que nous avons appris et réinterprétons un peu vient de l'environnement de notre ethnie Il

et de l'air du temps. Sur une échelle de 0 à 101, nous sommes 1 et notre meilleure ambition serait de devenir le 0 universel. Nous ne sommes certes pas des sociétés robotiques comme les abeilles ou les fourmis mais nous avons cette unité civilisationnelle qu'est la culture. Elle découle de la cohérence d'un tissu de sens fabriqués, les significations construites qui imprègnent et dirigent nos sociétés "les significations imaginaires sociales "(CASTORIADIS). Lorsque les cartésiens avec leur technologie envahissent l'Afrique, avec leur européocentrisme de béton, ils se gaussent de l'imaginaire des africains qui croient aux Djiins et autres esprits de l'eau et de la forêt. Mais l'animisme pour les peuples qui y croient est de fait leur structure imaginaire et aussi sujet à caution que les sacrifices humains au Dieu Argent que nous faisons dans les temples comme Wall Street. Je conteste comme tous les civilisés dignes de ce nom le Président BUSH, chantre de l'ultralibéralisme, mais toutefois, je partage la même culture que lui. J'ai beau être contre l'hypocrisie scolaire et le cynisme du clientélisme des partis politiques, je ne peux toutefois créer seul le fonctionnement de démocratie active auquel j'aspire. Il en va ainsi des normes instituées tels l'Etat, le parti, la marchandise, le capital, l'argent, la consommation, les plans de pension, etc. et des valeurs tels les tabous, la vertu, le péché, l'alter mondialisme, les religions, les idéologies,. .. Ces significations sont dites "imaginaires" car on ne peut les construire logiquement sans prémisse axiologique, elles ne sont pas rationnelles et on ne peut les dériver des choses concrètes, elles ne sont donc pas réelles mais conceptuelles. Et elles pourraient n'être rien que "poussières du vent" si elles n'étaient pas partagées, sans le moindre doute critique, par le collectif anonyme et impersonnel de la fourmilière ou de la ruche (pour les mégalopoles). LA DRAGUE Nous sommes tous des êtres humains avec des besoins dont celui d'assouvir notre soif de sexualité et des désirs, par exemple de posséder l'autre comme objet sexuel, de dominer le faible par la guerre (le pétrole n'est jamais qu'une rationalisation), d'être aimé. ..sans accorder la réciproque. Les différences homme/femme sont apprises culturellement pour la plus grande part comme par exemple le fait que l'homme montre son appétence sexuelle et la femme reste plus discrète. Mais les cultures sont en train de changer. Dans les années 1960, à l'époque des bals et des thés dansants, un anthropologue venant de Sirius aurait pu être surpris de la triste parade amoureuse: les garçons au bar avec une bière et fumant cigarette sur cigarette, dévorant des yeux les "nanas" et le long de la piste de danse, bien sages sur des chaises des jeunes filles avec des robes à jupon et parfois avec chaperon faisant tapisserie en espérant - croit-on - être invitées à danser. Et de temps en temps, un des froussards du bar se prenant pour Rambo se lève pour inviter une cavalière - non qu'il ait envie de danser mais seulement d'entrer en contact - propose une danse et se fait rabrouer par la donzelle qui n'a pas envie de danser avec ce laid-là mais avec le seul éphèbe du bar, celui qui ne se retourne jamais et de toute façon, elle a trop mal aux pieds dans ses chaussures. Du coup, les autres couillons ayant vu la scène se replongent dans leur 12

verre de bière et la soirée se passera ainsi avec deux camps farouches dans une musique assourdissante et violente. Les relations sexuelles sont agréables pour l'un comme pour l'autre sexe et il est dommage de jouer ainsi au chat et à la souris (ou à la chatte et au rat) car le "petit mec" bavant de désir et éconduit est humilié et se vengera un jour ailleurs dans le temps et dans l'espace de cette gifle symbolique sur un autre être humain fille qui ne lui a rien fait. Notons que cet exemple est dépassé car aujourd'hui lors des soirées, ce serait plutôt les nanas qui draguent et qui font des propositions aux mecs qui du coup sont intimidés et ne savent pas très bien réagir à ce trop rapide bouleversement de l'histoire du machisme d'Abraham. Quels que soient les changements normatifs sous nos latitudes, ce sont toujours in fme les femmes qui décideront de avec qui elles vont danser, vivre et quand elles quitteront l'homme sélectionné. Il n'en va pas de même dans les pays du tiers monde (islamiques, africains, indiens,...) des mariages arrangés par les familles où les femmes sont des marchandises par l'alliance exogamique et où elles sont utilisées de manière irrespectueuses, méprisées, humiliées, battues et tuées. Mais dans ces 4/5 de l'humanité, le couple, comme nous nous le représentons avec ses liens affectifs et ses illusions romantiques n'existe pas, c'est la famille avec les enfants qui est en ligne de mire des objectifs et l'on voit souvent des sociétés d'hommes coexister avec des sociétés de femmes, ne se rencontrant que pour la sexualité et parlant plutôt entre gens du même sexe. LA GLOBALITÉ DU SYSTÈME ET LE CONFLIT La partie d'un tout ne peut penser l'entièreté de l'organisme puisqu'elle en fait partie comme rouage. Une classe ne peut percevoir la méta classe dont elle fait partie. Il y a une clôture à nos capacités d'inventivité des utopies: elle est à la fois cognitive, organisationnelle et informationnelle (l'inconcevable). Toutefois, lorsque la tempête heurte dans sa violence la coque du navire, celui-ci peut en percevoir les perturbations. Et ce bruit dissonant peut être réélaboré à la manière du bateau pour y incorporer les nouveaux paramètres, c'est-à-dire que l'organisme quel qu'il soit (le bateau, la société, le sujet, la femme battue..) est une entité qui peut transformer les perturbations externes en informations sensées pour lui/elle. Il ne comprend pas le dehors de la structure mais peut cependant récupérer ce qui, à sa frontière, est instituant et réussir à transformer les perturbations en les digérant (la gestalt, l'institutionnalisation,.. .). La frontière de l'entité est poreuse et active comme la peau, elle ne fait pas que subir passivement les influences extérieures, elle analyse ces mouvements et les transforme en nouveau nutriment de sens pour son organisme. En synthèse phénoménologique, chaque société est un système d'interprétation du monde, elle crée son propre monde, tout comme pour un corps, les yeux ne sont pas responsables de la vision sans être en lien avec le système nerveux et le système psychique (nous voyons ce que nous pensons voir). La seule identité d'une civilisation est dans cet imaginaire, c'est pourquoi si l'on ose attaquer ce système de donation de sens ou menacer son existence physique, elle se défendra sauvagement comme une bête aux abois par les camps

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d'extermination, les goulags, les génocides et les guerres d'invasion du tiers monde par l'Empire. La société est comme un corps qui vise en priorité la conservation de sa propre méga institution sur le sable de ses significations imaginaires arbitraires. Elle peut donc absorber les petites contestations progressistes des instituants en les récupérant dans le système mais elle détruira avec la plus grande sauvagerie ce qui porterait un tsunami au cœur de sa légitimité d'argile. Autrement dit, même si nous vivons dans un système idiot où le non-sens est le sens de "perdre sa vie à la gagner" (si on a la chance d'être blanc et demain chinois), le jour où l'on réussira à attaquer le système monstrueux du néolibéralisme qui se développe, il pourrait y avoir une réaction d'une telle violence que l'humanité disparaîtrait. Le conflit est la manifestation énergétique d'une volonté de vivre, il ne doit pas être nié mais accepté pour le dépasser en l'intégrant sinon c'est la rupture avec au niveau de l'ego la schizophrénie, au niveau du couple la séparation et au niveau structurel la guerre totale.

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LA PSYCHOLOGIE

RELATIONNELLE

Repères historiques (survol non exhaustif)

PSYCHOLOGIE Issue de la philosophie (Descartes, de la Mettrie, Locke, Hume, Spencer, Fechner,.. .), la première chaire de psychologie expérimentale sera attribuée à Wilhelm WUNDT (1832-1920). Il fonde à Leipzig en 1879 le premier laboratoire de psychologie. Ses recherches portent sur les sensations et perceptions, les réactions motrices, l'attention et les sentiments. Il forme de nombreux psychologues étrangers notamment issus des Etats-Unis qui constitueront la première vague. On lui reproche de ne pas se limiter aux comportements mais d'utiliser l'introspection poétique (une partie d'un ensemble ne peut s'imaginer parler au nom de l'ensemble). L'américain William JAMES (1842-1910) professeur de philosophie (le pragmatisme) et psychologue développe la théorie basée sur le fait que l'esprit est une fonction, comme les autres fonctions du corps, qui consiste à adapter l'individu à son milieu et/ou modifier son environnement pour arriver à ses fins. Il donne donc la primauté du comportement sur l'émotion: " Nous nous sentons tristes parce que nous pleurons". Il est à la base de la théorie dépassée du comportementalisme ou béhaviorisme. Il étudie également la pensée religieuse. Ainsi, au début de la psychologie, seule la psychologie du comportement, le behaviorisme aura une reconnaissance scientifique. L'observateur est extérieur et on utilise du matériel animal en nombre significatif pour des traitements statistiques. La torture des animaux et la vivisection pour la science ne sont pas encore à l'ordre du jour. La psychologie différentielle va prendre naissance en Grande Bretagne avec Sir Francis GALTON (1822-1911), cousin et collaborateur de Charles DARWIN. On lui reproche sa centration sur la transmission héréditaire de l'intelligence, dangereuse théorie pouvant conduire à l'eugénisme. Le premier psychologue français est Théodule RIBOT (1839-1916) : il prône une psychologie fondée sur l'étude des faits observables. Il va suivre avec ses élèves (dont Pierre JANET et Sigmund FREUD) les enseignements du neuropathologiste (psychiatre) Jean-Martin CHARCOT (1825-1893). Un autre français Alfred BINET (1857-1911) s'intéresse à la psychologie de l'apprentissage et au quotient intellectuel (Q.I.).

La physiologie de la salivation sera à la base des travaux de Ivan Petrovitch PAVLOV (1849-1936)sur les réflexes conditionnés, une filiation qui sera reprise par le behaviorisme de J.B. WATSON (1878-1958). Cette psychologie du comportement sera défmie par Hemi PIERON en 1908 (1881-1964). Le successeur le plus connu de WATSON est Burrhus Frederic SKINNER (1904-1990) avec ses travaux sur le conditionnement opérant (récompense/punition). Cette psychologie obsolète sera poursuivie à l'université de Liège jusqu'aux années 1980 par le Pro Marc RICHELLE. Aux Etats-Unis, John DEWEY (1859-1952) lance le fonctionnalisme: l'explication des conduites dans les fonctions qu'elles eurent au cours de l'adaptation. Cette approche est en lien avec l'évolutionnisme de DARWIN et GALTON. Les élèves de DEWEY développeront la psychologie des tests avec James Mc Keen CATTELL (1860-1944) et Edward Lee THORNDIKE (1874-1949). La psychanalyse va naître avec FREUD (1856-1939) tout particulièrement en 1899 et avec son ouvrage "L'interprétation des rêves" (qu'il remaniera en 1903 et en 1906). Sa théorie est à la fois une hypothèse sur l'inconscient, une technique d'associations libres pour dégager le sens latent d'un rêve du sens manifeste raconté, de nombreux concepts emacinant sa théorie de l'inconscient dans les souvenirs infantiles. La psychanalyse va essaimer dans le monde mais toutes les variantes originales seront brisées car FREUD se fâchera avec presque tous ses proches disciples non orthodoxes. FREUD meurt en 1939 après avoir rejeté les proches qui osaient s'écarter de son orthodoxie. L'Association psychanalytique internationale est fondée en 1910 et la première rupture est consommée en 1911 avec l'autrichien Alfred ADLER (1870-1937) qui développe "le sentiment d'infériorité", puis en 1913 avec Carl Gustav JUNG, "fleuve de boue de l'occultisme", dit-il en parlant de lui, en 1924 avec Otto RANK qui développe "le traumatisme de la naissance", en 1929 avec Sandor FERENCZI qui développe "la mer des origines", en 1933 avec Wilhelm REICH qui développe "la bioénergie", mais également avec Géza ROHEIM (19811953) (Hongrie), Mélanie KLEIN (1882-1960) (Grande Bretagne),... Seule sa fille Anna FREUD et son biographe anglais Ernest JONES (18791958) ne seront pas "excommuniés". Il faudra attendre les années 1960 pour voir surgir un nouveau maître créant de nouveaux concepts à partir de l'orthodoxie freudienne, le français Jacques LACAN (1901-1981) qui se réfère à la linguistique et à l'anthropologie structurale ("l'inconscient s'interprète comme un langage"). Le courant hongrois de Sandor FERENCZI se détache nettement du postulat "tout vient de l'inconscient" pour y inclure également les effets des malheurs sociaux, ce sera la clinique du trauma qui se développe actuellement avec les travaux de Nicolas ABRAHAM (ne pas confondre avec le contemporain de FREUD, Karl ABRAHAM 1877-1925), Maria TOROK, Nicholas RAND, Didier DUMAS et qui devient aujourd'hui la psychogénéalogie. Psychologie relationnelle proprement dite Si WATSON rejette WUNDT pour son introspection, à Leipzig Max WERTHEIMER (1880-1943) rejette lui le caractère atomisé de la psychologie

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expérimentale pour promouvoir l'humain dans sa totalité: il s'agit de la théorie de la forme (GESTALT THEORIE), la perception globale du mouvement. La totalité est perçue dans ses interactions, dans son contexte et dans ses "formes" qui ne peuvent être réduites à une juxtaposition ou à une succession de stades. La gestalt thérapie se développera surtout dans les années 1960 aux Etats-Unis avec Fritz PERLS et sera en quelque sorte un précurseur de l'actuelle analyse systémique. En France, Pierre JANET (1859-1947) adopte des théories interprétatives impossibles à vérifier expérimentalement (comme la psychanalyse freudienne) pour lutter contre la psychasthénie, faiblesse psychologique appelée aujourd'hui "dépression". On parle dès cette époque d'une psychologie clinique et JANET sera un des référentiels de l'Ecole de Palo-Alto. La Grande Encyclopédie Larousse pour une vulgarisation liminaire distingue la psychanalyse comme étant plus une "recherche" qu'un traitement à proprement parler, les bénéfices thérapeutiques venant en sus; elle est donc à distinguer nettement des psychothérapies cliniques basées sur la psychologie relationnelle. Les "psychothérapies" sont des traitements opérant par des moyens de psychologie relationnelle pour corriger divers troubles (névroses, maladies psychosomatiques, phobies, dépressions,...) et pour permettre un développement plus harmonieux du sujet (mais on parlera alors plutôt de formation que de thérapie). Pour le versus thérapie, il s'agit aussi bien de troubles d'un conflit psychique interne que de conflits résultant de chocs externes avec notamment "la clinique des traumas" (viols, agressions, victimes d'accidents divers, déportés, torturés, rescapés de génocides, etc.) Les psychothérapies se distinguent du divan freudien et de la grande oreille de l'analyste par le contact direct de face à face et le lien entre la psyché et le socius. En établissant donc une relation entre l'intervenant et le patient, c'est de l'évolution de cette relation "chamanique" impliquée que découle le dépassement du conflit. La "guérison" n'est pas seulement dans la disparition du symptôme mais dans un remaniement plus profond de la représentation subjective de la personnalité. La psychologie relationnelle est influencée à la fois par le fondateur de la phénoménologie Edmund HUSSERL (1859-1938) et la phénoménologie de la perception (1945) de Maurice MEURLAU-PONTY (1908-1961) ainsi que par la psychologie humaniste américaine d'après 1945, notamment Erich FROMM (19001980) et Carl ROGERS (1902-1987). Les concepts issus de ROGERS sont partagés par tous comme seuil méthodologique: l'empathie, l'acceptation inconditionnelle de l'autre (pas de jugement projectif sur le patient) et la congruence (l'authenticité). On y retrouve des pratiques fortement diversifiées comme par exemple celles centrées sur le corps: la bioénergie de Wilhelm REICH, le cri primaI de JANOV, le rebirth inspiré des travaux d'Otto RANK, la gestalt et l'agressivité avec F. PERLS, etc. La bioénergie de Wilhelm REICH (1897-1957) est contre la répression "culturelle" des pulsions sexuelles naturelles ("La fonction de l'orgasme"), il sera donc exclu par FREUD de l'Association Psychanalytique Internationale car le Maître reproche à REICH son lien politique proche du parti communiste allemand (en 1933) et son mouvement pour une "politique sexuelle prolétarienne" (la SEXPOL aura 40.000 adhérents) et REICH reproche à FREUD sa construction trop

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occidentalisée de l'Œdipe, ce premier "interdit de la jouissance" s'appuie sur les travaux de l'anthropologue Bronislav MALINOWSKI (1884-1942) à propos de sociétés sans Œdipe. Le continuateur américain de REICH sera LOWEN mais cette tendance est actuellement en repli. Très proche de cette mouvance, on trouve le freudo-marxisme d'Herbert MARCUSE (1898-1979). MARCUSE ne se détache pas de la théorie freudienne mais pense qu'une civilisation non répressive est possible, il prend position contre le bonheur factice de la consommation avec son ouvrage "Eros et civilisation", on le relie à l'Ecole de Francfort dont le dernier représentant actuel est Jürgen HABERMAS (Düsseldorf 1929) ("Théorie de l'agir communicationnel"). Un courant issu de l'anthropologie, l'analyse systémique va créer le nouveau paradigme holistique de la psychologie. On peut citer en Belgique Ilya PRIGOGINE et Isabelle STENGERS ("La nouvelle Alliance"), en France Edgar MORIN (Paris, 1921) ("La méthode"). Ce tsunami donnera en Californie l'approche de Gregory BATESON (19041980) ("Vers une écologie de l'esprit") qui se ventile dans l'Ecole de Palo-Alto vers les thérapies brèves et les thérapies familiales de Paul WATZLA WICK avec ses paradoxes et contre-paradoxes. Le courant de l'analyse existentielle (inspirée de la phénoménologie également) et de l'antipsychiatrie, veut comprendre le vécu du patient sans le conformer à une échelle normative mais au contraire en l'aidant à resituer son expérience vécue dans son contexte (familial, de l'époque, social et politique); citons les anglais D. COOPER et R.LAING et les français G. DELEUZE et F. GUATTARI. Notons encore Le courant du phénomène hypnotique avec le training autogène (relaxation corporelle proche de l'hypnose) de J.H. SCHULTZ (18841960), l'hypnose de H. BERNHEIM et A. LIEBAULT de l'Ecole de Nancy qui se ventile en auto-hypnose avec Milton ERICKSON et en hypnose de groupe pour "Se libérer du temps généalogique" avec la recherche de l'ancêtre type d'Elisabeth HOROWITZ et Pascale REYNAUD. La clinique du trauma s'actualise avec l'éthologiste Boris CYRULNINK et son concept de résilience et établit des ponts avec les ancêtres et donc renoue avec le courant d'ABRAHAM & TOROK ("L'écorce et le noyau"), avec les concepts de FERENCZI et d'Ivan BOSZORMENYI-NAGY tels que introjection, la crypte, le fantôme d'un autre, la loyauté invisible, les secrets de famille, etc. Le courant "groupaI" (plutôt nommé "formation" d'adultes) est caractérisé par la sociométrie et le psychodrame de Jacob Levy MORENO (1892-1974), pour aider le sujet à se dégager des rôles appris qui masquent sa personnalité profonde, une mise en scène cathartique pour rétablir le flux de la vie en faisant sauter les blocages "surmoïques". On y trouve aussi le training-groupe (ou T.Group) et la dynamique des groupes de Kurt LEWIN (1890-1947) pour rétablir l'identité et l'affnmation du soi et la communication sociale. La dynamique des groupes restreints (DG) est cette partie de la psychologie sociale qui étudie les lois et concepts opératoires (les styles de leadership par exemple) à travers les échanges interactifs dans un groupe. Les intervenants sont le plus souvent appelés psychosociologues. Le mouvement précurseur de ce courant est la gestalt théorie (autour de 1930) : rappelons qu'il s'agit ici d'une gestalt

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primitive de la perception d'un ensemble d'individus formant un groupe. Notons qu'un ensemble de personnes qui attendent un autobus constitue une collection et non un groupe. Kurth KOFFKA (1886-1941) dans son ouvrage "Principles of Gestalt-psychology"(1935) envisage l'équilibre du champ social global comme la résultante des équilibres partiels des champs individuels par leurs interactions de réciprocité. Le référent-clé de la DG est dès 1937, Kurt LEWIN avec une apogée de ses recherches en 1946 (il décède en 1947). De 1937 à 1940, l'essentiel de ses recherches porte sur l'efficacité des styles de conunandement (autoritaire/démocratique/laxiste). Il va par la suite affmer les lois de la dynamique des groupe dans l'ici et maintenant (HIC et Nunc) avec les normes, les statuts (le chef n'est pas nécessairement le leader) et rôles (le bouc émissaire par exemple est l'équivalent du porteur du symptôme en thérapie familiale) explicités, l'analyse des conflits (qu'il s'agisse des déroutes affectives comme des conflits sociocognitifs), les modes de prise de décision, etc. Un autre courant sera celui du psychanalyste Cornélius CASTORIADIS qui relie l'aspect social et politique à l'aspect psychologie interne, ce qui débouchera en 1968 sur la mouvance institutionnelle avec la psychothérapie institutionnelle de VASQUEZ et OURY, l'analyse institutionnelle de Georges LAPASSADE, René LOURAU et Rémi HESS. Puis l'analyse implicationnelle de LOURAU qui indirectement rejoindra le courant de la sociologie clinique de Vincent de GAULEJAC, Pascal LAINE, JeanMarie LANGE, etc. Celle-ci travaille les histoires de vie sous diverses dimensions (névroses de classe, sources de la honte, héritage,...) sans contradiction avec le courant sociopédagogique (Education Permanente) de Gaston PINEAU. Comme les divers courants s'entremêlent, c'est-à-dire que comme le fromage belge, les thérapeutes d'aujourd'hui ne se centrent pas sur le purisme d'une approche mais font, selon les besoins, "un peu de tout" car l'essentiel pour eux n'est pas la notoriété mais la diminution de la souffrance, citons encore en vrac (ceci n'est pas un repérage exhaustif, rappelons-le) : le génosociogramme d'Anne ANCELIN SCHÜTZENBERGER, la clinique du fantôme avec Didier DUMAS, l'ethnopsychiatrie avec Tobie NATHAN,... Les dissidents de la psychanalyse Carl Gustav JUNG (1875-1961), médecin et psychologue développe dans sa théorie que - au-delà de l'inconscient individuel (de l'histoire personnelle) - il y aurait un inconscient collectif, stratification des expériences millénaires des hommes qui s'exprime dans les archétypes communs aux différents peuples: par exemple, l'Anima figure féminine qui joue un grand rôle dans les rêves des hommes et l'Animus principe masculin de la psychologie de la femme (par exemple l'aspect logique/rationnel de la femme, disait-on avant le féminisme), également l'archétype de la quaternité (les quatre éléments). L'inconscient individuel pour JUNG s'appelle l'Ombre ou encore tout ce qui a été écarté de la conscience comme incompatible avec le moi. Accepter notre Ombre et notre spécificité Animal Animus selon notre sexe pour l'accès à soi est le centre de sa psychothérapie. Pour JUNG, la libido n'est pas seulement l'énergie sexuelle mais l'énergie psychique en général. Il s'intéresse

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lorsqu'il étudie les conflits névrotiques à leur aspect actuel alors que FREUD se focalise surtout sur les souvenirs de l'enfance. Donald Woods WINNICOTT (1896-1971) pédiatre britannique est surtout un clinicien centré sur la relation mère/enfant. Il crée le concept du "self' à la fois moi corporel et moi psychique de l'enfant. Il défmit le HOLDING comme l'ensemble des soins maternels prodigués par la mère avant que l'enfant ne distingue son moi du monde interne. Il montre l'importance de l'objet "transitionnel" (l'ours en peluche par exemple) pour l'enfant: une illusion qui permet un interface entre son psychisme et le monde externe. Otto RANK (1884-1939) psychanalyste autrichien rencontre FREUD en 1904; il en devient un proche collaborateur et se détache de l'orthodoxie freudienne vers 1923, tout particulièrement après la parution de son ouvrage "Le traumatisme de la naissance"(1924, trade Fr. 1928) où il récuse la fonction centrale du complexe d'Œdipe au profit de l'angoisse de la naissance. Il est partisan avant la lettre de brèves thérapies et remplace la cure par une opération de renaissance (RE-BIRTH). Exclu de la société psychanalytique en 1930, il s'installe défmitivement à New York en 1934. Sandor FERENCZI (1873-1933) neurologue et psychiatre rencontre FREUD en 1908 et en devient le "disciple" favori. Il ouvre sa clinique en Hongrie et se sépare de FREUD en 1929 à partir des mêmes observations qu'Otto RANK alimentées par la complexité des liens affectifs. Il propose une nouvelle orientation: "l'analyse active" fondée davantage sur l'analyse des situations actuelles et des traumas que sur les souvenirs infantiles inconscients, une approche plus attentive des relations mère/enfant. En 1924, il crée sa propre théorie "bio-analyse" ou "analyse des origines". Sa thèse qu'il développe dans son ouvrage clé "Thalassa. Psychanalyse des origines de la vie sexuelle" est que l'existence intra-utérine serait la répétition des formes antérieures de vie d'origine marine. A partir de là, l'accouchement en baignoire s'est vulgarisé... un temps. Maria TOROK A la suite du hongrois Sandor FERENCZI, Maria TOROK et Nicolas ABRAHAM ("L'écorce et le noyau") vont prendre des distances marquées avec les théories du Maître FREUD. Pour eux, sa conception de la psychanalyse est un mélange de logiques contradictoires. Dans les différents versions de "L'interprétation des rêves" à partir de 1899 se télescopent constamment la technique des associations libres pour dégager le sens latent du sens manifeste (l'unicité du sujet) avec la symbolique archaïque de l'humanité (l'universalité du sujet) qui colle une étiquette interprétative dès qu'il s'agit de "monter un escalier" jusqu'au 7èmeciel par exemple. Ou bien je pratique une attention flottante ou bien je fouille les symboles engrangés dans ma mémoire mais je ne peux faire ces deux opérations mentales en même temps.

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Notons qu'au-delà du génie de FREUD, on ne peut qu'être choqué par son ouvrage "La vie sexuelle" 1 qui révèle surtout ses préjugés machistes (les hommes sont des pervers sains mais plus de 50 % des femmes mariées sont des névrosées par insatisfaction sexuelle), sa lecture est toujours axée sur des problèmes de la sexualité (une sexualité joyeuse et épanouissante comme REICH lui donne des boutons) et sur les énormes reflets des jugements de valeur de son époque (particulièrement sur l'infériorité des femmes). Un psychanalyste orthodoxe lecteur "jetterait l'enfant avec l'eau du bain" en disant que je suis en train de faire une révolte contre le père et c'est justement là - par ce genre de condamnation arbitraire - que se trouvent les dissidents créatifs car peut-on se révolter contre le père? Maria TOROK écrit à ce propos son insatisfaction de vouloir réinterpréter FREUD sans le renier: " Cet écrit tente un compromis fmalement peu satisfaisant. Vouloir rester fidèle à la pensée et à la terminologie freudiennes, tout en ressentant le besoin impérieux de les infléchir."
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De même, le "tout à l'égout de l'inconscient" crée à la fois un fantasme de puissance chez l'analyste (si cela rate, c'est parce que le patient résiste) et un déni époustouflant des traumatismes sociaux: l'oubli et la négation de l'histoire des camps de concentration pour un ancien déporté dont le problème est ramené à une opposition fantasmatique au père par exemple. Survol du "roman familial" appliqué Le "roman familial" est un concept freudien qui dit en substance que l'enfant un peu déçu par ses parents, lorsqu'il les découvre à bas de leur piédestal de toutepuissance, s'invente l'histoire qu'il est l'enfant d'un roi et d'une reine (ou assimilé), qu'il a été perdu et adopté et que ses parents ne sont donc pas ses vrais parents. Un "beau jour", ses vrais et magnifiques parents le retrouveront et il vivra avec eux dans leur château. Gabrielle RUBIN a réalisé un ouvrage particulier portant sur "Le roman familial de Freud": Son ancêtre JESUCHER et sa femme FREIDE vivaient sur la frontière entre l'Empire Austro-hongrois et la Pologne lorsque les autorités galiciennes de BUCZACZ obligèrent en 1787 les juifs à prendre un nouveau nom de famille, ils prirent le patronyme de FREIDE (FREUD) et l'enfant de Jesucher s'appela Joseph FREUD.

1

FREUD S., La vie sexuelle, Paris, PUP, 1970, dans son chapitre "Un type particulier de

choix d'objet chez l'homme" à propos de "l'amour de la putain" il écrit: "Par contre, la seconde condition déterminant l'amour, celle qui apparente l'objet choisi à une putain, paraît s'opposer énergiquement à toute déduction à partir du complexe maternel. La mère apparaît volontiers à la pensée consciente des adultes comme une personnalité d'une pureté morale inattaquable", puis (le jeune garçon) "se dit, en raisonnant en parfait cynique, qu'après tout la différence entre la mère et la putain n'est pas si grande que cela puisqu'en définitive elles font la même chose". Cette façon de juger les femmes en les réduisant à des rôles est une constante chez FREUD. 2 TOROK Maria, Une vie avec la psychanalyse, Paris, Aubier, 2002, p. 103.

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Pour

une rapide généalogie, notons que Joseph épousa Esther, leur fils

s'appellera Ephraïm. Ephraïrn épousa Deborah, leur fils s'appela Schlomo (le grand-père de Freud). Schlomo épousa Peppi, ils eurent trois enfants: Joseph, Abae et Jacob Kallamon (le père de FREUD), né le 18.12.1815, une famille de commerçants itinérants. Jacob épousa à l'âge de 16 ans sa première femme Sally KANNER (une grossesse imprévue) dont il eut deux enfants: Emmanuel né en 1832 et Philipp né en 1836. Notons que Jacob a 17 ans à la naissance de son premier enfant et 21 ans pour le deuxième. Jacob veuf à 33 ans avec deux enfants à charge se remarie avec Rebecca mais le couple se défait. Lorsque Jacob rencontre sa troisième épouse Amalia NATHANSOHN, elle a moins de 20 ans (soit l'âge des premiers enfants) et lui 40 ans. Amalia est née en 1835 et se marie à Vienne en 1855, elle mettra au monde 8 enfants: Sigismund 06 mars (ou mai) 1856 (on le surnomme Sigi et à l'âge adulte il enlèvera le "is" de son prénom pour le transformer en Sigmund), Julius né en avril 1857 qui décède en décembre 1857, Anna le 31.12.1858, Rosa en mars 1860 puis Marie, Adolfme, Paula et Alexander. Après 40 ans de mariage, Jacob décède le 33.10.1886 et Amalia le 12.09.1930 à 95 ans; FREUD ne viendra pas à son enterrement mais y déléguera sa fille Anna. FREUD dans une lettre du 28.10.1883 raconte à sa fiancée Martha son premier amour Gisela en 1872 mais il semblerait qu'il était plutôt épris de la mère de Gisela, Eleanora FLUSS (de l'âge de sa propre mère). FREUD est le fils préféré d'Amalia et il est jaloux de son demi-frère Philipp qui a le même âge que sa mère. Il soupçonne Philipp d'avoir mis "l'usurpatrice Anna" dans le "coffre" maternel. Il a une ambivalence vis-à-vis de l'amour envahissant de sa mère et doute de la paternité de son père Jacob le concernant: "Nous avons vu que les rapports de Freud avec ses parents n'étaient pas simples et qu'un mariage entre un homme de quarante ans qui avait déjà deux grands enfants d'une première union, avec une jeune fille d'à peine vingt ans posait problème, et cela d'autant plus que, tout en étant juifs tous les deux, leurs cultures et leurs enfances les faisaient radicalement différents. Sigi, leur premier-né, s'était posé beaucoup de questions au sujet de sa filiation, allant jusqu'à supposer qu'il était le fils non pas de son père Jacob, mais de son demi-frère ,,3 Philipp. Et l'auteur de conclure avec ce court article de 4 pages de FREUD écrit en 1909 où il expose l'idée du roman familial fantasmatique: "Freud le théoricien donne deux raisons à cette rancune contre les parents. La première est la jalousie à cause de la naissance d'autres enfants (comme ce fut le cas pour lui à la naissance d'Anna), mais surtout à cause de cette idée des premières années d'enfance, idée dont

3

RUBIN Gabrielle, Le roman familial de Freud, Paris, pbp, 2005, p. 81-82.

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souvent on se souvient consciemment et d'après laquelle on est un enfant d'un autre ,,4 lit ou un enfant adopté. On voit toujours plus distinctement les problèmes d'autrui que nos propres problématiques que nous ne voulons pas voir même après de longues et sincères auto-analyses: "les sabotiers sont les plus mal chaussés n, dit un dicton. Si beaucoup de ses pairs ont critiqué sa focalisation presque obsessionnelle envers l'inceste du complexe d'Œdipe, la lecture de ce livre nous rappelle qu'après tout, FREUD était un homme complexe avec son génie mais aussi ses secrets et ses fantaisies. LA MÉDIATION PSYCHOLOGIQUE Avant de revenir sur la relation d'aide individuelle, il faut absolument intégrer cette énorme différence entre le processus psychanalytique toujours interne et l'intervention psychosociale qui elle est toujours interne et externe. On ne peut prendre en compte un conflit interpersonnel par exemple sans le situer dans son contexte social. Rappelons que les rats dans la cage de Skinner lorsqu'ils reçoivent des chocs d'électricité s'agressent mutuellement PARCE QU'ILS ne voient pas la cage comme faisant partie du système causal de leur douleur. "La plupart du temps, les viols ne sont pas idéologiques. Celui qui passe à l'acte est souvent un proche étonnamment incapable de se représenter ce que peut ressentir la personne violée. Le violeur se sert, puis s'en va, sans grand sentiment de crime. Or le sentiment est toujours une émotion provoquée par une représentation. On peut se demander par quel mystère le violeur ou le Père incestueux a échappé à ce mouvement culturel, à cette image de culpabilité qu'il n'a pas intériorisée. En ?,,5 était-il incapable? Ou la société ne l'a-t-elle pas énoncé assez clairement La place de l'écoute d'un psychologue ou d'un assistant en psychologie après une blessure comme l'agression sur une femme et avant que cela ne devienne un choc post traumatique est un travail pragmatique essentiel. La psychologie est parfois considérée avec dédain pas les disciplines scientifiques des sciences dites exactes car elle ne repose pas touj ours sur des faits mesurables et vérifiables et c'est vrai que l'objectif n'est pas pour cette science d'écrire des lois mais de se servir de la raison et des émotions pour diminuer la souffrance. On peut dire que la psychologie comme la pédagogie sont à la fois un art et une science, tout comme le médecin qui suspecte les psychologues d'être des sorciers des temps modernes appuie lui aussi sa science sur l'art de guérir en parlant. Faire parler et demander au blessé de faire le récit de vie de l'agression est d'une bonne efficacité car tout en parlant, la personne regarde son interlocuteur qui l'écoute. Imaginons la même scène de la narration d'un viol avec tournante racontée au quidam qui passe, il va en fait commenter le récit par le langage non verbal et corporel (mimique et position) des événements et manifester à l'autre son dégoût de la scène, son désespoir ou pire son incrédulité, transformant ainsi pour la personne concernée la blessure en traumatisme.
4

RUBIN, ibid., p. 96, citant FREUD "Le roman familial d'un névrosé" in Névrose, psychose

et perversion, Paris, PUF, 1974, p.158. 5 CYRULNIK Boris, Les Vilains Petits Canards, Paris, Odile Jaco, 2004, p.182.

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Par contre, s'il s'agit d'un assistant en psychologie formé aux notions clés de la psychologie humaniste de Carl ROGERS (acceptation inconditionnelle de l'autre, empathie et congruence) et bien sûr aux techniques d'approche relationnelle, il en va autrement. Il partage l'émotion et utilise des attitudes non ingérantes comme l'interprétation, l'enquête ou la reformulation (PORTER) ce qui permet à l'autre d'entendre dans cette positivité globale de l'assistant psychologue un message infra qui lui dit en quelque sorte: "Je te garde mon respect et mon estime et je cherche à comprendre ce qui se passe en toi". C'est par ce chemin de l'acceptation et de la compassion, que l'autre - l'agressé - va se resocialiser démarrant ainsi sa propre résilience.

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I LES REPRÉSENTATIONS HUMAINES

1. 1. La représentation

psychosociale

QUELQUES DÉFINITIONS "(A propos de la psychosociologie) Le caractère original et même subversif de son regard est de mettre en question la séparation de l'individuel et du collectif, de contester le partage entre psychique et social dans les domaines essentiels de la vie humaine. Il y a quelque absurdité à dire que, tant que nous sommes seuls, nous obéissons aux lois de la psychologie, nous nous conduisons mus par des émotions, valeurs et représentations. Et qu'une fois réunis nous changeons brusquement pour nous conduire selon les lois de l'économie et de la sociologie, mus par des intérêts et ,,6 conditionnés par le pouvoir ou vice versa "L'acceptation de lois et de normes du fonctionnement social comme règle du Moi et de sa mise en valeur établit des liens entre tous ceux qui pratiquent leur intériorisation. Ces liens forment les réseaux d'une identité collective. Les idéaux impliqués dans les projets collectifs d'une culture participent aussi à la construction psychique des sujets, en actualisant en eux le processus d'identification. L'individu luttant contre celles de ses pulsions dont les fantasmatisations le menacent se défend par le refoulement. Ce faisant, il obtient une sécurité conditionnelle, mais au prix de se priver d'une partie de ses ressources." 7 "En reconnaissant que les représentations sont à la fois générées et acquises, on leur enlève ce côté préétabli, statique, qu'elles avaient dans la vision classique. Ce ne sont pas les substrats, mais les interactions qui comptent. (...) Il s'agit de comprendre, non plus la tradition mais l'innovation, non plus une vie sociale déjà ,,8 faire mais une vie sociale en train de se faire. LE CERVEAU EST-IL UN ORDINATEUR ? Le cortex pense ce qui pourrait être et c'est la créativité humaine; il anticipe ce qui sera et c'est notre mort et l'angoisse existentielle. Les neurones du cortex ne sont pas aussi mécaniques qu'un computer, ils sont en liaison avec le méso cortex ou
6

7 BARDS-MICHEL Jacqueline, ENRIQUEZ Eugène, LEVY André, Vocabulaire psychosociologie, Ramonville Saint-Agne, Erès, 2003, p. 239.
8

MOSCOVICISerge,Psychologiesociale,Paris,PUF Fondamental,1990,p.13. MOSCOVICI

de

S. "Des représentations collectives aux représentations sociales" in

JODELET Denise (Dir) Les représentations sociales, Sociologie d'aujourd'hui, Paris, PUF, 1991, p.82

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système limbique (le cerveau des mammifères), siège des émotions et de la mémoire et lui-même, nous disent Mc LEAN et LABORIT, est en lien avec l'archéo cortex (le cerveau reptilien) centré sur nos besoins fonctionnels, donc corporels. Avec nos cellules grises (comme les crevettes les meilleures), nous pourrions indéfmiment analyser un événement mais sans arrêter de supputer. En effet, ce sont nos émotions qui, après l'analyse logique et intuitive (cerveau droit), vont nous permettre d'effectuer des choix. La liberté de l'homme est donc très relative et la rationalité suspecte d'être infiltrée par nos désirs refoulés et nos émotions antérieures ravivant un renforcement positif ou aversif selon notre histoire de vie pour nos décisions futures. Au niveau épistémologique, les psychosociologues savent que l'objectivité est un leurre ainsi que la vérité, il ne peut y avoir que de l'intersubjectivité (HABERMAS) et des propositions scientifiques validées par une certaine intersubjectivité (par exemple la communauté scientifique de la discipline concernée) mais ne prétendant pas être une vérité arrêtée même dans un temps provisoire. Seuls encore quelques scientifiques des sciences exactes s'imaginent l'objectivité possible comme si eux-mêmes, pour le choix de leur axe de recherche, n'avaient pas eu de prémisses teintées de subjectivité. "Nous ne voyons pas le réel mais seulement les représentations que nous nous enjaisons"(EPICTETE). Nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont car nos représentations sont toujours filtrées par les affects; qu'il s'agisse de la société ou de l'individu, nos vies sont construites avec quelques faits concrets, du symbolisme (la langue par exemple) et de l'imaginaire (la politique par exemple) et c'est au nom de ce qui en fait un "fonctionnement à la croyance" que nous allons perdre la vie pour défendre autrefois des idéaux et aujourd'hui une "Soumission à l'autorité" (MILGRAM) mortelle, telle celle de mourir pour l'Empire Américain par exemple. LE SOCIAL-HISTORIQUE Dernièrement, après avoir écouté une conférence sur SARTRE et FOUCAULT, j'ai conscientisé une autre dimension des "croyances" laïques: "la liberté". Je la glorifiais sans critique depuis les deux tomes de SARTRE "Critique de la raison dialectique" en oubliant les nombreux déterminismes qui nous conditionnent simplement parce que j'avais envie de croire en ce credo. J'avais donc oublié aussi Edgar MORIN qui dit en substance que tout concept et toute idée doivent vivre à la température de leur autodissolution, soit la critique permanente, celle que devrait vivre tout citoyen ayant un projet de société démocratique. Je conscientise également que les sciences humaines sont vraiment imprégnées de valeurs, ce qui ne peut qu'irriter un psychosociologue qui écoute un philosophe infatué, tout comme un historien marxiste ne supportera pas la psychanalyse, qu'un sociologue ne supporte pas l'art d'un pédagogue et que tous détestent franchement ceux de leur discipline morcelée (l'anthropologie) qui veulent régenter les autres, les juristes. Conscientiser nos aversions est déjà un premier pas vers la tolérance mais ne gomme pas les ressentis et les envies d'excommunication réciproque. Néanmoins, ce moment m'a permis de renouer avec une idée forte de Michel FOUCAULT qui 28

dit en substance qu'une société se cache toujours derrière un vernis rationnel et se donne à voir lorsqu'elle est en train de sombrer. LA CRÉATION DE LA SOCIÉTÉ IMAGINAIRE CASTORIADIS nous dit qu'un groupe tout comme une société passe par trois moments dialectiques: 1) l'institué ou l'imaginaire du pouvoir qui est présenté comme la bonne et seule norme acceptable même s'il s'agit toujours des fantasmes dominants, 2) l'instituant ou l'imaginaire révolutionnaire sur la base de croyance comme la lutte contre l'aliénation et pour la liberté, soit une utopie qui va mobiliser une énergie psychique et sociale pour bousculer et apporter des alternatives (pas nécessairement positives comme celles de l'Irak libéré et des bolcheviques auparavant), 3) l'institutionnalisation qui est un moment de compromis et d'organisation créative entre ceux qui ont le pouvoir et ceux qui le voudraient bien un peu aussi (le peuple par exemple), soit un processus permanent démocratique qui du compromis va passer à des compromissions d'une politique qui dit à la fois une chose et son contraire. Cela va susciter dès lors une nouvelle rigidité de l'institué et ensuite une nouvelle contestation instituante. Les institutions sont des fonctions vitales pour une société. Nous avons besoin d'institutions gérées dans la transparence démocratique et qui se fondent non comme on aimerait le croire sur le rationnel mais sur les symbolismes du droit, de l'économie, de la politique et de la religiosité mais aussi sur le symbole du langage vernaculaire. Les représentations, ordres, décrets, etc. sont possibles grâce à ce signifiant partagé du langage. Mais les symboles ne sont jamais neutres et la langue comme la société sont déjà là à la naissance de l'individu. Il va certes créer son sens mais aussi s'inscrire dans un sens culturel global. Les relations sociales sont - même pour les révolutionnaires - toujours instituées par des normes symboles qui dépassent la rationalité. L'imaginaire est quelque chose d'inventé, parfois une réelle innovation ou plus simplement un glissement de sens. L'imaginaire se sépare du réel existant mais doit utiliser le symbolique pour s'exprimer et exister sinon il s'agit d'un délire confusionnel schizoïde. Notons que grâce à l'apathie écoeurée des gens, ce type de discours déjanté peut passer s'il est bien mis en scène. Mais de même, le symbolisme présuppose la créativité de l'imaginaire pour inventer une représentation de ce qui n'est pas encore, qu'il s'agisse du concept divin (un Dieu juste et protecteur de toutes les injustices de la nature et des sociétés), du fantôme de la liberté, de l'autonomie personnelle ou de l'autogestion sociale (un peu perdue de vue ces dernières décennies). Les utopistes sont des individus devenus sujets contre l'assujettissement qui en exprimant un imaginaire radical et en diffusant celui-ci participent à l'autocréation de la société. En effet avec le temps, les idées progressistes font leur petit chemin même si en route elles sont un peu dénaturées. Par exemple les principes écologistes des rêveurs des années 1970 ont été assimilés et récupérés pas seulement par un parti institué mais par tous... ou presque car il reste un village irréductible aux accords de Kyoto (les USA). Dans la création permanente social-historique, il y a toujours donc une partie de réel/rationnel imbriquée dans l'imaginaire social et le symbolisme messager.

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L'aliénation de la société, c'est l'autonomisation et la dominance instituée d'un moment imaginaire qui fait échapper l'institution au contrôle de la société. Il y a donc touj ours conflit entre l'imaginaire des dominants (les Maîtres) et l'imaginaire immaîtrisable de la société globale. La société ne reconnaît pas l'imaginaire de l'institution comme son propre produit bétonné, elle vit et bouge, la société ne se résume plus comme auparavant dans les livres d'histoire aux dates de règne des Rois de France mais elle est aussi tissée des luttes des travailleurs pour leurs droits. L'institué du pouvoir est toujours conservateur car il aimerait conserver ses privilèges, il est donc plutôt pour le statut quo et la pérennité et l'instituant lui est trop pressé et voudrait des réformes significatives, il est donc plutôt pour le changement "réel". Par exemple lorsque LENINE décide que le Conseil des Ministres ne s'appellera plus comme cela mais se nommera le Conseil du peuple, il s'agit d'un changement I c'est-à-dire des apparences mais les commissaires ont toujours comme du temps où ils étaient ministres leur datcha sur la mer noire. Un changement II dans cet exemple serait "le pouvoir au soviet" ou l'autogestion, ce qui est assez insupportable pour un institué. Evidemment, les agents du pouvoir vont essayer de convaincre le peuple que l'imaginaire institué est le "réel rationnel"; la mode actuelle par exemple chez les politiciens belges de tous bords, c'est de développer un argumentaire en trois points pour asseoir une impression de logique inéluctable. On va donc tenter de convaincre les citoyens que la vie publique étant faite de choix, on ne peut à la fois augmenter les contrôles radar sophistiqués et punir la petite délinquance qui attaque les petites vieilles à sacs à main ainsi que les vitres des automobiles. Mais l'ensemble sera présenté à la population avec un socle instrumental étayant la bonne foi et la nécessité, c'est ce que CASTORIADIS appelle l'ensidique, c'est l'identité collective, les déterminismes, les faits concrets sur lesquels vont se construire les différents imaginaires sociaux. Ce ne sera que lorsque les historiens ne seront plus de cette époque, de celle où ils vivent, qu'ils pourront faire ressortir le côté loufoque que chaque société a institué comme son réel par les trois forces sociales: la politique, les gens d'arme et l'église. Mais en fait, l'ensemble est incontrôlable, une société est toujours une société anonyme où - comme les cellules d'un corps - les sujets composant la totalité ont de multiples significations qui leur échappent et partagent sans le savoir l'imaginaire collectif du moment; parfois, surgira un cancer ou une mutation providentielle selon la réussite de la vague instituante qui sera réprimée comme révolte si elle est trop faible et glorifiée comme révolution s'il y a émergence de nouvelles institutions.

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1. 2. La représentation psychique

LES PRINCIPES DE PLAISIR ET DE RÉALITÉ L'appareil psychique a tendance à maintenir assez bas les excitations externes ou internes et à se réguler par un "principe de constance" (FREUD) appelé aujourd'hui par les systémiciens HOMEOSTASIE. Les excitations extrêmes sont donc considérées comme du déplaisir (par exemple une sono lors d'une soirée qui crie des décibels au lieu de musique). Il existe bien un principe de plaisir et s'il était libre, les comportements devraient logiquement y conduire mais celui-ci est inhibé par l'ordre. D'abord, celui du Moi et de sa pulsion d'autoconservation qui énoncent le principe de réalité c'està-dire un principe de plaisir différé/ajourné, une "tolérance" provisoire du déplaisir de l'effort par exemple au nom de la "réalité" sociale. Ensuite une autre source de libération du déplaisir consiste dans le conflit du clivage du Moi entre les pulsions (le ça) et des organisations plus policées, ce qui engendre le refoulement. La névrose est un déplaisir consistant en un plaisir qui ne peut être éprouvé tel quel. Nous avons des perceptions que nous traduisons en représentations et qui nous font éprouver des sensations de déplaisir dont la source peut être le cri des pulsions insatisfaites mais aussi de pressions sociales extérieures pénibles qui conduisent à des sensations déplaisantes (être exclu, paumé, rejeté, non séduisant, ...) et/ou dangereuses, qu'il s'agisse de fantasmes ou de réalité, ce qui crée les névroses de guerre et les névroses traumatiques. Il peut s'agir - comme dans l'hystérie - de souffrance subjective comme la mélancolie ou les autres types de dépression se manifestant par un affaiblissement, la "fatigue d'être soi" et/ou une perturbation générale des fonctions psychologiques. Notons que ce trait saillant de la névrose traumatique est dans l'effet de surprise, "l'effroi". Il faut distinguer d'une part l'angoisse qui est la crainte due à l'attente d'un danger et d'autre part l'angoisse existentielle qui est une préparation face à la mort de l'entité, la peur qui suppose un objet bien défmi (être battu, humilié, l'objet de quolibet et de harcèlement moral) et la situation d'effroi. Celle-ci est un gouffre qui s'ouvre par surprise, une situation dangereuse dans laquelle on tombe sans y être préparé (la guerre, le viol, le divorce). La caractéristique des névroses traumatiques est dans le rêve répétitif de l'accident, le cauchemar onirique qui fait se réveiller le sujet avec un nouvel effroi. Il ne s'agit plus alors pour la psychanalyse de décoder par association le sens latent du rêve de son contenu manifeste (le signifiant du signifié) car cette théorie du 31

rêve de vouloir accomplir le désir n'a plus cours lorsque l'on est figé/tétanisé d'effroi devant par exemple un fantôme, un revenant sans consistance qui nous influence sans qu'on ne le comprenne (cf. le chapitre sur la psycho généalogie et la clinique du fantôme). Pour revenir sur la dialectique plaisir/déplaisir, FREUD avec l'enfant à la bobine explique bien que l'enfant en lançant une bobine de bois attachée par une ficelle la fait disparaître à sa vue (comme le départ de la mère au travail) et retrouve du plaisir en tirant sur la ficelle pour la faire réapparaître, la phase de plaisir s'attachant bien entendu au retour de l'objet. Il y a donc à la base une impression désagréable qui par une répétition donne un gain de plaisir car de victime, l'enfant se rend à nouveau maître de la situation tout comme on va frapper sa poupée pour la punir ou encore l'enfant à la crèche qui frappe son voisin pour se venger du désagrément qu'il a subi ailleurs. FREUD raconte en 1920 que la psychanalyse était avant tout un art d'interprétation d'une histoire de vie mais elle devint un pas de plus où l'on demanda au "malade" de confIrmer par ses propres souvenirs oniriques la construction de l'analyste, l'art de celui-ci consistant dès lors à épingler les résistances, à les faire accepter au patient en l'incitant à les abandonner. Il s'agit là d'un acte de pouvoir qui différencie le psychanalyste des autres intervenants (le chaman, le moine zen qui préconise de "lâcher prise" sans se fixer sur son interprétation, le psychothérapeute humaniste, le formateur psychosocial) qui eux limitent leur influence sur le sujet à l'insight, la découverte. Comme le disait le Dr BREUER lorsqu'il travaillait sur l'hystérie en 1893 avant son alliance avec FREUD ("Essai sur l'hystérie", 1896) : "l'explication est une partie de la guérison", ce qui renoue avec la philosophie d'HÉRACLITE: "le lien que l'on ne voit pas est plus fort que celui que l'on voit". L'important dans ce descriptif est de resituer que nous sommes en 2006, que FREUD a eu son apogée à partir de 1900 et que depuis lors nous avons eu la psychologie humaniste avec ROGERS, FROMM, MASLOW, PORTER, etc et ces psychologues nous ont appris à respecter l'intégrité de la personne. Cela veut dire que nous pouvons mettre en place un dispositif pédagogique, que nous pouvons influencer les gens en souffrance en recadrant leur histoire de vie mais qu'après une interprétation élucidante, le job de l'intervenant s'arrête là et que le projet de vie ne regarde que la personne concernée et donc que nous ne pourrons jamais lui dire après qu'elle ait pris conscience de ses fantasmes et scénarii répétitifs ce qu'elle doit faire. L'hiatus abyssal entre la formation aidante à l'épanouissement personnel et la psychanalyse est dans une certaine ingérence décisionnelle par l'emploi du transfert. Pour les psychosociologues cliniques, seul le sujet est maître de sa vie et de ses choix et l'intervenant doit résister non pas seulement au contre-transfert (ce qui est facile lorsque la cliente n'est pas sexy) mais à son désir de puissance (JUNG). Aider à l'analyse d'une "Situation Concrète Insatisfaisante" est la frontière qu'un intervenant même s'il pratique l'hypnose ne franchira pas alors que les thérapies psychanalytiques ont ce fantasme de maîtrise et d'entrisme: non seulement recadrer la représentation mais, avec le diagnostic, y substituer la sienne, comme si libérer la pulsion refoulée ou introduire une projection sophistiquée étaient des solutions. Seul le sujet peut trouver sa propre solution qui est en lui-même.

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Le psychanalyse lui va plus loin de manière offensive: "en usant de cette ,,9 influence qu'un homme peut exercer sur un autre (la suggestion du "transfert"). Mais FREUD poursuit en disant bien que dans ce projet impossible de rendre conscient l'inconscient, le "malade" ne peut pas se souvenir de tout ce qui est refoulé et sûrement pas de l'essentiel. Et au contraire, il va rejeter le refoulé et rejouer le complexe d' Œdipe avec le "médecin", ce qui va remplacer la névrose antérieure par une nouvelle: la névrose de transfert IO.Donc, on crée de toute pièce une "compulsion de répétition" et il ne s'agit pas là du travail de résistance du refoulé inconscient mais de la défense opérée par le Moi. Le refoulé au contraire voudrait venir respirer à la surface de la conscience, vaincre la pression du Moi pour se dire ou se décharger par le passage à l'acte (acting out). La résistance à l'analyse dans la cure provient du même lien qui avait produit le refoulement à son époque. Il s'agit donc non pas d'un clivage entre l'inconscient (ICS) et le conscient (CSC) mais d'un conflit entre le Moi (dont une grande part est inconscient) et l'inconscient pulsionnel (ça). Pour le dire autrement, la résistance de l'analysé provient de celle de son Moi (pour partie préconscient (PCSC) et pour partie inconscient) contre le retour compulsif du refoulé inconscient qui frappe à la porte du Moi pour se dire. La résistance du Moi (ICS et PCSC) est au service du principe de plaisir qui veut éviter le déplaisir de l'expression du refoulé alors que l'analyste fait appel au principe de réalité pour que le non-dit se dise (bonjour les "sériaI divorces"!) Il La compulsion de répétition est un déplaisir puisqu'elle fait se manifester des pulsions refoulées mais c'est un déplaisir par rapport à un système qui est en même temps une satisfaction pour l'autre. Donc répression de la pulsion animale d'où déplaisir sans être en contradiction avec le principe de plaisir puisqu'il y a satisfaction directe du Moi dans sa lutte. En effet, tout ce qui est refoulé n'est pas nécessairement bon à épancher et peut comprendre une crypte du passé qui ne doit pas pour autant nous inciter à la revivre s'il s'agit d'un trauma. Par contre, la perte de l'objet d'amour de la vie infantile est un échec qui peut porter préjudice à l'estime de soi, une cicatrice narcissique à la base d'un sentiment d'infériorité" si commun chez les névrosés" dit FREUD mais nous sommes tous des névrosés car nous avons tous subi le choc traumatique de la naissance. La fm de l' Œdipe par le complexe de castration n'est pas, comme je le pensais auparavant, un "happy end" à l'américaine, il est "échec" d'un projet, échec étant le résultat d'un non aboutissement d'une situation concrète insatisfaisante non réglée d'où la plainte récurrente la vie durant: "Je ne puis rien mener à bien, rien ne
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FREUD Sigmund, Au-delà du principe de plaisir (1920), in Essais de psychanalyse,Paris,

Petite Bibliothèque Payot, 1989, p. 57. 10 Je n'invente, ni n'interprète rien dans cette vulgarisation: " La névrose antérieure est remplacée par la névrose de transfert. Le médecin s'efforce de limiter le plus possible le domaine de cette névrose de transfert, de pousser le plus de contenu possible dans la voie de la remémoration et d'en abandonner le moins possible à la répétition." (FREUD, ibid. p.58) Il "La docilité à l'égard du médecin est profondément enracinée dans le complexe parental inconscient. "(FREUD, ibid. p.59). 33