Usages de l'Internet, éducation et culture

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Ces contributions se focalisent sur les secteurs de l'éducation et de la culture, concernés, comme tous les autres secteurs, par le développement des technologies de l'information et de la communication, les usages de l'Internet, des nouveaux médias, des médias sociaux. L'intégration dans le quotidien de nouveaux objets avec leurs nouvelles fonctions ne va pas de soi et ce n'est pas seulement en étant convaincus de leur utilité que les usagers transforment leurs comportements.
Publié le : jeudi 1 novembre 2012
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EAN13 : 9782296510319
Nombre de pages : 226
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SOUs la dirEcTiOn dE GillEs Rouet
Usages de l’internet, édUcation et cUltUre
Local & Global
Usages de l’Internet, éducation et culture
CollectionLocal & Global dirigée par Gilles ROUET et François SOULAGES Cette collection publie des livres réfléchissant au double phénomène articulé qui scande et structure les mondes contemporains, à savoir la précipitation vers le global et la revendication du local. Pour certains, « globalisation » et « mondialisation » sont synonymes, pour d’autres la confrontation des triplets sémantiques « globe/global/globalisation » et « monde/mondial/mondialisation » articule des analyses, des constats négatifs de cette transformation/évolution avec la positivité d’une ouverture au monde, d’être-au-monde, de découverte de l’autre comme monde, un monde qui dépasse le seul globe, constat physique, l’économique, qui s’inscrit dans une quête de sens. Mais aussi un monde décrit comme global plutôt qu’universel. Déjà parus Serge DUFOULON & Mária ROŠTEKOVÁ (dir.),Migrations, Mobilités, Frontières & Voisinage Gilles ROUET (dir.),Citoyennetés et nationalités en Europe, articulations et enjeux Gilles ROUET (dir.),Nations, cultures et entreprises en Europe Helena BÁLINTOVÁ & Janka PÁLKOVÁ (dir.),Création culturelle, productions locales et perceptions globalesIvaylo DITCHEV & Gilles ROUET (dir.),La photographie, mythe global et usage local Dominique BERTHET,Pratiques artistiques contemporaines en Martinique. Esthétique de la Rencontre 1 Gilles ROUET (dir.),Usages politiques des nouveaux médias Serge DUFOULON (dir.),Internet ou la boîte à usages Antoniy GALABOV & Jamil SAYAH (dir.),Participations et citoyennetés depuis le Printemps arabeAnna KRASTEVA (dir.),e-Citoyennetés
Sous la direction de Gilles ROUET Usages de l’Internet, éducation et culture
Les directeurs de cette publication remercient tous les contributeurs pour leur implication dans le colloque international«Médias, Internet, Démocratie» qui a donné lieu à plusieurs publications dans cette collection, dont ce volume, ainsi qu’à Anne-Coralie Bonnaire, Iva Debrenlieva, Christophe Lips et Pauline Rouet pour leur important travail de traduction et de relecture attentive, patiente et efficace. Publié avec le concours du département de sciences politiques de la Nouvelle Université Bulgare de Sofia, du centre de recherchee-Citizenship, de RETINA.International, de l’équipeArts des Images, Art Contemporainde Paris 8, duGroupe d’Études pour une Europe de la Culture et de la Solidaritéde Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, du département de sociologie de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, de l’Institut d’études européennes et internationales de Reims, des facultés des sciences humaines et des sciences politiques et des relations internationales et de la Chaire Jean MonnetIdentités et Cultures en Europel’Université Matej Bel de Banská Bystrica, de la de revueSens Public et grâce au soutiende l’Institut Français de Bulgarie. © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00398-6 EAN : 9782336003986
Introduction Un conte de plusieurs villes Au beau milieu du dix-neuvième siècle, l’année même où Darwin fait paraître sonOrigine des espèces, Charles Dickens publie Un conte de deux villes. Il s’agit d’un roman dont le décor est successivement celui du Paris de la fin de l’absolutisme, qui embastilla le père de l’héroïne, puis celui des journées révolutionnaires : un même lieu pour deux cités. On voit au simple rapprochement de ces deux auteurs que la conscience de la vivacité du changement marque depuis longtemps les esprits. Mais la circulation des savoirs entre les villes européennes, malgré les obstacles linguistiques et les différentes expériences politiques des dernières décennies, est devenue une dynamique puissante. Outre les facteurs sociaux comme la généralisation de l’éducation et l’urbanisation massive, les facteurs techniques comme l’explosion des réseaux de transport et de communication, il semble que se déploie peu à peu une culture du changement continu qui vient dater les contextes révolutionnaires d’antan. Au fond, tant Dickens que Darwin montrent que les événements catastrophiques pourraient n’être que des exceptions. Si de grandes extinctions ont marqué les époques de la nature, leurs suites évolutionnistes furent progressives. Elles ne sont pas à l’échelle de notre perception. Dans l’histoire, si l’édification et la chute des empires frappent les esprits, la continuité sociale et technique semble cependant avoir longtemps prédominé. La charrue s’est imposée dans le nord de l’Europe dont elle a favorisé l’agriculture, le gouvernail d’étambot a permis d’établir des routes océaniques, mais le quotidien des populations n’était pas bouleversé. La fable de Dickens a ceci de stimulant qu’elle nous indique que les bouleversements à l’échelle d’une vie sont devenus monnaie courante. Notre défi est celui de les acclimater en les
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intégrant à notre culture du quotidien. Notre ambition pourrait être de les anticiper de telle manière qu’ils ne se déroulent pas au hasard d’épisodes violents, ni ne laissent sur le carreau une grande partie de la population. Tandis que l’évolution des espèces, depuis Darwin, est de plus en plus marquée par la pression des activités humaines sur les milieux naturels, la mutation continue des conditions de vie affecte la majorité des humains, particulièrement dans les villes où leur existence est marquée par une forte interdépendance, volontaire ou subie. Cette mutabilité provient fondamentalement de la coexistence des informations qui influent « en temps réel » sur nos vies. Les villes actuelles sont principalement des réseaux d’information. Y circuler, c’est s’en imprégner et se reprogrammer. Les multiples acteurs de la ville s’efforcent d’accorder leur rythme d’évolution à celui de leurs principaux partenaires, créant et maintenant de la sorte des écosystèmes urbains complexes aux conséquences multiples. Comment concevoir une éducation permettant à ceux qui y sont nés d’apprivoiser ce phénomène et d’y engager leur identité en construction ? Si Rousseau indexait son propos éducatif sur la nécessité de pouvoir subvenir à ses besoins par un métier, il anticipait moins, ce faisant, la fin des aristocraties européennes, qu’il n’adoptait une position morale. Mais aujourd’hui, les questions relatives à l’orientation professionnelle, trop souvent laissées dans une faible organisation, sont tout à fait centrales. Quoi de plus important en Europe pour les prochaines années que de superviser les offres faites aux jeunes générations ? Chacun veut donner le meilleur de lui-même, où que vivent ses parents. Formation et information La pluralité des informations disponibles et la variété des parcours personnels iront de pair si nos sociétés créent un milieu d’accueil propice au changement et aux initiatives. Mais cela ne se décrète pas. L’afflux d’information, loin de permettre une meilleure prévision, rend celle-ci plus aléatoire, car elle devient plus sensible à des écarts instantanés. La société de l’information est une société qui traite rapidement et par masse d’importantes quantités d’informations. Dès lors la situation relative des
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individus peut diverger du tout au tout sans avoir pu être anticipée. Nous connaissons l’image du battement d’aile de papillon qui pourrait engendrer à distance des phénomènes considérables. Pour le cas qui nous occupe, il s’agit cependant moins d’un changement d’échelle des phénomènes que d’une dispersion aléatoire de projets et de leurs conditions de mise en œuvre. Je suis de plus en plus frappé par l’importance de favoriser les partages d’expérience entre personnes aux parcours différents. Ce sont des moments où chacun peut à la fois écouter et faire part de ses apprentissages. Si le geste du métier, qui se transmet par apprentissage et imprégnation, peut trouver un analogue en notre temps, recherchons-le dans l’enrichissement de la communication interpersonnelle. Des rencontres comme celles dont cet ouvrage 1 est issu n’en sont sans doute qu’un prototype, une maquette . Mais elles ouvrent tout de même la voie. Doctorants, professeurs, personnalités qualifiées issues de nombreux pays coopèrent et construisent un terrain d’échanges. On y adopte des règles de partage, les différences d’interprétation sont mises en débat, on repart avec une provision d’hypothèses à explorer, de dialogues à poursuivre. Chacun peut y trouver une mise à niveau, un élargissement de ses idées, des suggestions de travaux, de nouvelles collaborations. On rêve que de telles sessions fassent demain référence pour établir un mode nomade d’éducation européenne partagée, sans qu’il y ait le moindrement à opposer des systèmes éducatifs formels et informels. En effet, nous pouvons esquisser des règles pour qu’un tel processus soit réellement formateur. Il s’agit essentiellement d’abord d’une règle de suspension du jugement. Autant d’expériences, autant de manières d’en traiter, car les conditions ne sont pas d’ordre scientifique, et les aléas de leur déroulement sont centraux, ce qui plaide pour une dynamique d’essais et d’erreurs, acceptant les expériences mêlées ou les démentis partiels que les uns peuvent apporter aux autres. Il y va d’un dialogisme de l’expérience qui pourrait nous renvoyer aux travaux de Bakhtine ainsi qu’à nombre de réflexions concernant les vécus
1. Les contributions de cet ouvrage sont issus du colloque international « Médias, Internet, Démocratie », organisé par un consortium d’une dizaine d’équipes européennes et dont les 4 sessions ont eu lieu le 23 avril 2012 à Sofia, le 25 avril à Banská Bystrica, le 27 avril à Grenoble et le 5 juin à Paris.
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