//img.uscri.be/pth/d50a9ef5bc9de318f7dcda0268c8d645982fdc01
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 10,31 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

VALORISATION ET TRANSFERT DES COMPÉTENCES : L'INTÉGRATION DES MIGRANTS AU SERVICE DU CO-DÉVELOPPEMENT

De
163 pages
Cet ouvrage sur les Africains de Wallonie porte d'une part , sur la détermination des possibilités et des moyens d'un investissement humain et économique en Afrique dont les acteurs principaux seraient les Africains immigrés en Région wallonne et d'autre part, sur l'intégration sociale de cette population dans son pays d'installation . L'objectif est ainsi de définir le potentiel humain de ces communautés, ainsi que leur possibilités de participation valorisante à une coopération entre la Région wallonne et certaines régions de l'Afrique, dans une visée de développement équitable et durable, au Sud comme au Nord.
Voir plus Voir moins

Valorisation et transfert des compétences: l'intégration des migrants au service du co-développement

Le cas des Africains de Wallonie

Collection Logiques Sociales Série Théories sociologiques dirigée par Monique Hirschhorn
Déjà parus

M. HIRSCHHORN, J. COENEN-HUTHER, Durkheim-Weber. Vers la fin des malentendus, 1994. C. GIRAUD, Concept d'une sociologie de l'action. Introduction raisonnée, 1994. J. COENEN-HUTHER, Observation participante et théorie sociologique, 1995. Joël MEISSONNIER, Provinci/iens: les voyageurs du quotidien entre capitale et province. 2001. Catherine PETIT, la migration dans l'organisation psychique des couples interculturels, 2002.

Joseph GATUGU, Altay MANÇO, Spyros AMORANITIS
Institut de Recherche, Formation et Action sur les Migrations (IRF AM)

Valorisation et transfert des compétences: l'intégration des migrants au service du co-développement

Le cas des Africains de Wa//onie

Préfaces de Monsieur Thierry Detienne, Ministre des Affaires sociales et de la Santé de la Région wallonne De Monsieur Eddy Boutmans, Secrétaire d'Etat belge à la coopération au développement

Postface de Monsieur Laurent Breck, Chef de l'Unité de l'Information de l'Organisation Internationale pour les Migration (OIM)

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 I0214 Torino ITALIE

(Ç)L'Harmattan,2001 ISBN: 2-7475-2116-8

Des mêmes auteurs A. Manço (sous la direction de), Sociographie de la population turque et d'origine turque: 40 ans de présence en Belgique (1960-2000). Dynamiques, problématiques, perspectives, Bruxelles: Ed. Centre des Relations Européennes,2000.

s. Feld et A. Manço, L'intégration des jeunes d'origine étrangère dans une société en mutation, Paris, Montréal: L'Harmattan, coll. "Logiquessociales", 2000. A. Manço et S. Amoranitis (sous la direction de), Délégation par abandon, Mons, Ed. Les Politiques Sociales, 1999.
A. Manço, Intégration et identités. Stratégies et positions des jeunes issus de l'immigration, Bruxelles, Paris: De Boeck-Université, 1999.

A. Manço, Valeurs et projets des jeunes issus l'immigration. L'exemple des Turcs en Belgique, Paris, Montréal:L'Harmattan, coll. "Logiquessociales", 1998. A. Manço et U. Manço (sous la direction de), Turcs de Belgique. Identités et trajectoires d'une minorité, Bruxelles:Ed. Info-Türk et CESRIM, 1992.
A. Manço (en collaborntion avec A.-M. Thirion, M.-H. Dacos-Burgues et B. Delange), Pauvreté et scolarisation. L'exclusion socioscolaire au niveau de l'enseignement fondamental en Belgique francophone, Bruxelles: Ed. de la Fondation Roi Baudouin, 1992.

Sommaire Remerciements Préface de Monsieur Thierry Detienne, Ministre des Mfaires sociales et de la Santé de la Région wallonne Préface de Monsieur Eddy Boutmans, Secrétaire d'Etat belge à la Coopération au Développement Avant-propos Introduction et méthodes Chapitre I Sociographie de la population africaine de Wallonie Chapitre II L'identité des jeunes issus de l'immigration africaine en Europe Chapitre III La question de l'intégration sociale Chapitre IV Transfert des compétences et rapports à l' Mrique Chapitre V Des expériences, des témoignages, des réalisations Des recommandations politiques et perspectives d'actions en guise de conclusion 9

Il

17 23 31 39

67 85 105 123 141

Postface de Monsieur Laurent de Boeck, Chef de l'Unité de l'Infonnation de l'OIM Bibliographie du sujet Présentation de l'IRFAM

147 155 163

8

Remerciements Ce travail fut réalisé grâce au soutien du Ministère des Affaires sociales et de la Santé de la Région wallonne. Nous remercions la Région wallonne et son administration pour le grand intérêt qu'elle a manifesté et continue de manifester à l'égard de ce projet. Remercions également Monsieur le Professeur Michel Born du Service d'Etude du Développement PsychoSocial de l'Université de Liège pour son soutien inestimable au lancement et à la tinalisation de cette recherche. Nous adressons aussi toute notre estime à l'endroit de Monsieur Philippe Delgleize, enseignant à Liège, pour le travail de relecture et de critique minutieuse de notre travail. Nombreuses sont, par ailleurs, les personnes africaines ou européennes, en Mrique ou en Europe, qui, de près ou de loin, chacune à sa manière, mais toujours avec générosité et grande intelligence, ont contribué à la réalisation de ce travail. Il est impossible de les énumérer toutes ici. Que toutes ces personnes qui nous ont aidés à faire cette recherche ne nous en veuillent pas de ne pas les citer et trouvent, au travers de ces quelques lignes, l'expression de notre dette de reconnaissance. C'est pour nous un devoir, mais surtout un réel plaisir, de pouvoir les en remercier sincèrement. Sans eux, ce travail n'aurait simplement pas vu le jour.

Préface

de Monsieur Thierry Detienne, Ministre Affaires sociales et de la Santé de la Région wallonne

des

Je suis particulièrement heureux de préfacer cet ouvrage et je tiens à remercier les différents chercheurs et responsables d'organismes régionaux, nationaux et internationaux pour leur participation à cette étude à propos de la « Population africaine subsaharienne de Wallonie - Intégration et transfert de compétences» . Il m'a semblé important de soutenir cette étude de l'IRFAM car, dans cette démarche interculturelle, l'intégration des personnes étrangères ou d'origine étrangère est abordée non pas uniquement à partir de notre territoire mais dans un processus d'échanges des compétences de personnes d'ici et là-bas. Par cette approche, il s'agit d'opérer une rupture par rapport aux politiques antérieures qui présentent encore très souvent les migrations comme un « problème» à régler en amont. La fermeture des frontières, le retour que l'on qualifie parfois de volontaire, les pratiques humiliantes d'octroi des visas, les innombrables démarches administratives pour l'obtention d'un travail, la recherche d'un logement: nombreuses sont les occasions où les personnes d'origine étrangère sont mises en situation d'échec, où notre société leur renvoie une image négative d'elles-mêmes. Au vu de la qualité et de la diversité des organismes et associations qui ont participé à cette recherche-action, je déduis que les thèmes qui y sont abordés ont acquis une résonance et répondent à une réelle réflexion collective tant sur de nouvelles approches de l'intégration des personnes d'origine étrangère qu'à propos de la coopération au développement. Je m'en réjouis. La présence des différents chercheurs et responsables d'organismes régionaux, nationaux et internationaux aux

différents groupes de réflexion et tables rondes organisés en Wallonie ont très tôt montré le caractère opportun d'un travail tel que celui qui vous est présenté dans cet ouvrage. La méthodologie utilisée par l'IRFAM, qui s'appuie à la fois sur les données statistiques existantes mais également sur des groupes de travail composés d'Mricains vivant en Wallonie, est elle-même innovante en matière d'implication des personnes concernées par l'étude. Grâce à celle-ci, nous disposons non seulement d'une mesure statistique et sociologique des populations africaines vivant en Wallonie, mais aussi d'une vision étendue des aspirations des communautés rencontrées quant à leurs projets politiques d'intégration en rapport avec les pays d'origine et leurs attaches culturelles. En tant que Ministre wallon des Mfaires sociales et de la Santé, j'accorde d'autant plus d'intérêt à cette initiative de l'IRFAM qu'elle vient occuper une place laissée vacante dans le contexte de la politique d'intégration en Wallonie et donc parmi les dispositifs existant en Région wallonne. Rappelons que ceux-ci reposent essentiellement sur le décret du 4 juillet 1996. Je citerai panni les dispositifs centraux existants en Région wallonne les Centres régionaux d'intégration (CRI) situés dans 7 grandes villes (Verviers, Liège, Namur, Charleroi, La Louvière, Mons, et bientôt Tubize). Ces centres ont un rôle de seconde ligne et d'interface entre les activités développées par la vie associative et les pouvoirs publics locaux, les partenaires sociaux, les institutions liées au logement, à la santé, voire à l'enseignement. Les CRI assurent également des fonnations en matière interculturelle et coordonnent des actions en matière d'insertion socioprofessionnelle des publics d'origine étrangère. Ces centres sont gérés de manière paritaire par le monde associatif et les responsables publics locaux. Un lieu de concertation et de propositions de politiques locales en matière d'intégration est également inscrit dans chaque centre sous le nom de Conseil représentatif. Chaque centre développe ses propres activités en fonction de son environnement local. 12

La vie associative qui concerne ici l'ensemble du territoire wallon est également actrice dans l'application du décret d'intégration. A ce titre, elle est, de même que les CRI, soutenue par la Région wallonne pour des actions de première ligne concernant par exemple la médiation sociale et interculturelle, les cours d'alphabétisation et de français deuxième langue, la lutte contre les discriminations, la mise en place de services sociaux, les créations de lieux communautaires, d'écoles de devoirs, de garderies d'enfants, la mise sur pied de rencontres interculturelles, de conférences, de débats,... Bref, une multitude de services et d'activités de base dans une logique de discrimination positive et d'égalité des chances favorisant l'accès de chacun aux droits définis par les pouvoirs publics. C'est donc à travers cette diversité d'initiatives locales et des centres régionaux d'intégration que se développe et se construit la politique d'intégration des personnes étrangères ou d'origine étrangère en Wallonie. Pour qu'elle ait tout son sens, cette politique doit pouvoir évoluer en fonction de l'actualité et des nouvelles migrations. Un des objectifs principaux poursuivis par la Région wallonne est de promouvoir la possibilité pour les personnes étrangères ou d'origine étrangère d'être actrices de leur propre intégration. La mise en place de services de médiations interculturelles et d'un service d'interprétariat, l'éclosion de nouvelles associations portées par les nouveaux migrants et les nouvelles générations entmment de nouvelles niches d'emploi pour les personnes d'origine étrangère, les impliquant professionnellement dans une politique d'intégration. Mais ce qui me semble nouveau et encourageant, c'est la reconnaissance du métissage culturel dans nos cités et l'ouverture à des pratiques interculturelles valorisantes, qui semblent rompre avec la politique axée sur la discrimination positive pourtant indispensable pour les personnes fragilisées. Je voudrais toutefois nuancer. Si l'avancée interculturelle se fait jour concrètement dans des initiatives de terrain et dans le cadre de services publics, il ne faut pas ignorer que celle-ci n'a pas que des partisans. Le climat sécuritaire, parfois virant à la 13

xénophobie, est un terreau toujours vivace qui résiste à cette nouvelle approche qui se décline en termes « d'être acteur de sa propre intégration ». C'est d'ailleurs un de ces travers que l'étude menée par l'IRFAM nous rappelle. Celle-ci identifie clairement que les Africains ont deux atouts importants pour une facilité d'intégration: ils maîtrisent la langue française et ils ont un niveau de scolarité et de formation au-dessus de la moyenne. Pourtant, malgré un souhait d'intégration, les Africains se heurtent à une série de préjugés alimentés par des stéréotypes largement diffusés: la paresse et la misère... Le premier préjugé remonte au temps colonial et est souvent évoqué par certains Belges lorsqu'ils refusent du travail aux Africains. Le deuxième est plus généralement collé aux migrants venus de pays pauvres. Par ailleurs, en dehors de toutes considérations liées à de quelconques préjugés, nos sociétés occidentales réduisent trop souvent l'immigration à un processus administratif dans lequel l'humain ne peut pas trouver sa place (soit une procédure de demande d'asile, soit de retour au pays). Dans ce contexte, les compétences des personnes étrangères ou des personnes d'origine étrangère sont complètement niées et il est difficile pour elles de s'inscrire dans une quelconque démarche d'insertion valorisante. Le travail réalisé par l'IRFAM a, d'abord, le mérite d'inverser cette tendance, mais, au-delà, il nous offre de nombreuses pistes de réflexion et d'action indispensables pour la mise en place de mesures pertinentes pour le futur. Valorisation, identité, transfert de compétences, autonomie: voilà quatre concepts développés tout au long de cette étude, qui présentent les populations étrangères ou d'origine-étrangère - tout autant que les rapports Nord-Sud -, comme une richesse, comme un capital humain et multiculturel à développer, comme une prise de conscience collective de l'importance de ses racines, de son histoire, dans son propre 14

développement. Cette démarche fait de l'identité culturelle, un moteur d'ouverture et d'enrichissement, qui replace l'homme au centre d'un processus d'intégration sociale. L'intégration est à la fois une condition et une conséquence du transfert des compétences. Quand la personne noue des liens sociaux dans un lieu donné, elle peut mieux transférer ses compétences ailleurs. Cela sous-entend que la non-intégration constitue un obstacle à cette dernière opération. Le transfert des compétences se répercutera également sur l'intégration dans la mesure où cette opération peut contribuer à une insertion socioprofessionnelle approfondie. La participation à cette recherche de responsables d'associations paysannes du Bénin et du Togo marque également le début d'une démarche originale d'apports réciproques. Cette initiative est nécessaire pour que les populations puissent faire état des besoins de leurs communautés, mais également de leurs ressources bien souvent occultées ou méconnues par nos sociétés industrielles. Et pourtant, à chaque rencontre, les ressources humaines et spirituelles des populations du Sud nous interrogent utilement sur nos modes de vie et de consommation au Nord.

15