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Varia anthropologica gabonensis 2004

De
187 pages
Depuis trois ans, le département d'anthropologie de l'Université Omar Bongo de Libreville initie des journées du département. En collaboration avec le LABAN (Laboratoire d'Anthropologie) et le Club des Anthropologues, le présent ouvrage est un condensé des textes variés desdites journées. De la violence à l'université en passant par le mariage des gènes ou encore chez les Pové, l'anthropologie gabonaise, en plein essor, s'intéresse particulièrement à l'état primitif et à la production des valeurs culturelles en milieu professionnel.
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Varia anthropologica
gabonensis 2004
Bernardin Minko Mvé
Varia anthropologica
gabonensis 2004





Actes des deuxièmes journées
des anthropologues







Éditions Le Manuscrit














© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9102-1 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748191028 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9103-X (livre numérique)
ISBN35 (livre numérique)

Stéphanie Nkoghé
9 Stéphanie Nkoghé
Table des matières
Propos liminaire
Bernardin Minko Mvé .........................................9
Le LMD au Gabon
Stéphanie Nkoghé..............................................11
La violence a l’Université de Libreville
Bernardin Minko Mvé .......................................53
« Les gênes ne parlent pas, mais ils se marient ! »
Raymond Mayer............................................... 107
Le mariage traditionnel chez les Pové
Paulin Kialo .....................................................129
De l’état primitif au pouvoir et domination dans
les sociétés contemporaines
Arthur Sabi Djaboudi ......................................151
Reproduction des valeurs culturelles en milieu
professionnel
Jean-Marie Ndékamotsébo ..............................167
Les Auteurs......................................................183
9 Stéphanie Nkoghé
Propos liminaire
Le point de départ symbolique de cet ouvrage collectif
et des courants de recherches qu’il exprime, est les
deuxièmes journées de la Faculté des Lettres et Sciences
Humaines de l’université Omar Bongo de Libreville. Les
différents textes que l’on retrouve évoquent la variété et
la particularité des domaines évoqués par les auteurs du
point de vue de l’anthropologie.
Lorsque le département d’anthropologie a décidé
que les conférences soient faites durant les journées de
l’établissement, il a voulu répondre au souci de publier
celles-ci afin de contribuer à l’approfondissement de la
connaissance des réalités gabonaises. Cette démarche
affichée nous conduit assez vite à la formalisation des
différentes problématiques qui préoccupent la discipline
anthropologique au Gabon. Le premier ensemble de
réflexions porte sur le LMD au Gabon. Il s’agit d’une
nouvelle orientation que vont prendre les offres de pro-
grammes dans les parcours des étudiants gabonais. Le
second ensemble argumentaire de cet ouvrage est lié à la
compréhension de la violence à l’université. On peut
accepter la violence dans les quartiers populaires, dans
les rues des grandes agglomérations, mais ce qui choque
le plus l’anthropologue, c’est cette violence qui rentre
dans un Campus universitaire faite par les étudiants
jusqu’à ce que mort d’homme s’en suive. Par la suite, on
comprendra mieux aussi comment les Pové, groupe
ethnique gabonais organisent le mariage. Bien plus, il est
question également de comprendre les dominations
dans les sociétés contemporaines. Par ailleurs, la globali-
9 Varia anthropologica gabonensis 2004
té du monde du travail reste une évidence empirique et
analytique majeure, mais l’anthropologue se demande
toujours comment se reproduit les valeurs culturelles en
milieu professionnel. Enfin, il semble que les gènes ne
parlent pas, ils se marient. Voilà encore un débat soule-
vé par l’anthropologie sans complaisance.
Que tous les membres du club des anthropologues,
ainsi que ceux du LABAN soient remerciés du travail
qu’ils ne cessent d’accomplir en vue d’un meilleur
rayonnement de l’anthropologie au Gabon.

BERNARDIN MINKO MVÉ

10 Stéphanie Nkoghé
Le LMD au Gabon
INTRODUCTION
L’histoire des Universités montre qu’elles ont toujours
besoin de se redéfinir pour répondre à la nouvelle
donne sociale, afin de réorganiser l’institution. Ce troi-
sième millénaire constitue ainsi pour les Universités, un
siècle de réformes : « Le concept central de réseau qui
domine et structure aujourd’hui l’organisation et la
circulation de l’information, dans le cadre de la
mondialisation et de la globalisation des échanges
économiques et culturels, a aussi pour conséquence la
standardisation à l’échelle planétaire des normes de pro-
duction, d’évaluation et de diffusion des savoirs et des
savoirs-faire. L’adoption du système universitaire LMD
d’origine anglo-saxonne par l’Union Européenne en
général, et la France en particulier, permet d’appliquer
cette organisation universitaire trinitaire à l’ensemble des
États francophones d’Afrique, qui jusque-là se singulari-
saient encore par l’héritage du système universitaire
français. Cette nouvelle réforme est aujourd’hui le mode
d’organisation dominant de l’enseignement universitaire
1dans le monde. » Les États francophones et le Gabon

1. Ropivia Marc-Louis, Nze Nguéma Fidèle-Pierre, Barro Chambrier
Hugues Alexandre, pré-rapport du projet de réforme des program-
mes d’enseignement de L’UOB dans le cadre du système LMD
(3/5/8) , janvier 2004, p. 2.
11 Le LMD au Gabon
en particulier, ont en effet l’obligation de s’arrimer à ce
nouveau mode d’organisation de l’enseignement supé-
rieur, s’ils veulent être compétitifs et faire partie des
réseaux universitaires internationaux.
Le passage au LMD est aujourd’hui incontournable,
c’est un nouveau défi imposé par la mondialisation ou
« l’apparition d’espèces globaux ». En effet, le dévelop-
pement des échanges internationaux sur tous les plans,
créant ainsi de nouveaux espaces sociaux culturels éco-
nomiques obligent à prendre le train en marche, à inté-
grer le nouvel ordre mondial, si nous voulons rester
dans le concert des nations et continuer nos échanges
non seulement économiques mais aussi interuniversitai-
res. Nous ne pouvons aujourd’hui ignorer ou rejeter le
LMD ou la mondialisation pédagogique, tout comme on
ne peut se permettre aujourd’hui d’ignorer les NTIC, en
termes de Nouvelles Technologies de l’Information et
de la Communication avec l’Internet et le Numérique.
A l’ère ou à l’école de la mondialisation, il faut être
en contact permanent avec l’extérieur. Et de toutes
façons, les Universités étant toujours en transformation,
la recherche de l’information et la réorganisation
s’imposent dans un contexte social africain en pleine
mutation, où l’on note de nombreux dysfonctionne-
ments tel que l’importante inadéquation entre les pro-
grammes d’enseignement et le monde du travail ;
l’université doit se chercher, se redéfinir pour un sys-
tème encore plus performant, impliqué, en contribuant
au développement de la société. C’est cela définir « la
pertinence sociale ». Selon Gilles Breton, l’université ne
peut plus se considérer comme « la tour d’ivoire qui
produit le savoir, mais elle doit être la vitrine de la socié-
té, elle doit en d’autres termes se considérer comme un
12 Stéphanie Nkoghé
1vecteur du développement économique » . Le LMD
intègre la pertinence de l’activité universitaire dans la
société. Le passage au LMD est peut être une solution
pouvant désormais nous permettre d’établir un vérita-
ble partenariat entre l’Université et le monde du travail,
afin d’encadrer les jeunes non plus seulement sur le plan
de la formation, mais également sur le plan de l’insertion
professionnelle. Avec le LMD, l’encadrement scolaire et
universitaire dépasse le cadre diplômant en intégrant le
cadre professionnel. Si le LMD devient notre choix,
nous devons dès à présent, chercher à connaître tous les
rouages de ce système pour une adaptation réussie.
Dans ce sens, on peut alors se poser les questions de
savoir :
Qu’est ce que le LMD ? Quelle approche pour le
Gabon, désigné par les Etats de la CEMAC, comme le
centre de pilotage de cette réforme ? Pour quel mode de
socialisation et d’adaptation ? Telles sont les trois inter-
rogations qui nous interpellent dans ce texte.
1. QU’EST-CE QUE LE LMD ?
Le LMD (Licence, Master, Doctorat) est un système
d’enseignement nord américain, qui se distingue par un
certain nombre de critères, du système d’enseignement
européen, et particulièrement français auquel nous fai-
sons habituellement référence. C’est le système 3, 5, 8
où le premier diplôme, la Licence et non plus le DEUG
s’obtient trois ans après le baccalauréat, le deuxième
diplôme le Master de recherche ou professionnel, en lieu
et place de la Maîtrise, du DEA ou du DESS (selon

1. Breton Gilles, Grenier Micheline, Desautels Jacques, Maganga
Théophile, Séminaire d’information sur la mise en place du LMD à
l’Université Omar Bongo, 24-26 mai 2004, Libreville.
13 Le LMD au Gabon
l’orientation choisie) s’obtient quant à lui cinq ans après
le baccalauréat, et le Doctorat huit ans après.
Parmi les critères les plus distinctifs nous avons
l’usage des concepts suivants :

* Le grade comme synonyme de diplôme
Avec le LMD, nous avons 3 grades : le grade de Li-
cence, le grade de Master, le grade de Ph. D. qui conduit
au Doctorat. Dans ce système, le premier cycle com-
mence à former pour l’obtention du diplôme de licence
et non pour l’obtention du diplôme de DEUG. Le grade
de Licence s’appelle Licence Es Lettres dans les départe-
ments de Lettres, et Licence Es Science Humaines dans les
départements des Sciences Humaines. La Licence com-
prend trois programmes correspondant chacun à un
objectif de formation précis : un programme de Licence
Spécialisée qui est une formation conceptuelle théorique
et méthodologique, un programme de Licence Mixte qui
consiste à former les enseignants appelés à exercer dans
les lycées et collèges, et un programme de Licence Géné-
rale, visant le renforcement des compétences profes-
sionnelles. Chaque étudiant devra suivre le programme
de Licence qui répond à ses objectifs de formation.
Le second cycle forme l’étudiant pour l’obtention du
diplôme de Master de recherche ou le Master professionnel. Le
Master de recherche niveau un, correspond à l’ancien
diplôme de maîtrise, et le niveau deux correspond au
diplôme de DEA du système français. Le troisième
cycle prépare à l’obtention du Ph. D. considéré comme
le quitus obtenu à l’issu de deux années préparatoires
avant le Doctorat proprement dit.

* La semestrialisation comme critère de distinction.
Un semestre étant égal à quatre mois, c’est-à-dire douze
semaines, à compter du démarrage des cours. Une année
14 Stéphanie Nkoghé
académique correspondrait donc à deux semestres, c’est-
à-dire 24 semaines de cours.

* La professionnalisation des programmes renvoie à
l’adéquation formation-emploi.

* La mobilité (étudiants et enseignants) renvoie à la coo-
pération interuniversitaire et l’échange fructueux des
compétences.

* L’encadrement des jeunes diplômés exige la mise en
place au sein de l’Université, d’un bureau dit de placement
dont le rôle est non seulement de créer un fichier des
diplômés sortis de l’Université, mais aussi de contribuer
à la recherche d’un premier emploi.

* L’usage du concept de crédit traduit le niveau
d’importance accordée à chaque enseignement dans le
cursus et à leur capitalisation en termes de volume ho-
raire. En général, un certain nombre de crédits est réser-
vé pour chaque grade, à raison de 180 crédits pour le
cursus de licence, et 120 pour le master. Les études sont
ainsi organisées en semestres de 30 crédits chacun.

* L’implication de tous les acteurs sociaux (société civile, pa-
rents, enseignants, professionnels privés, opérateurs
économiques, etc.) est aussi de mise dans l’élaboration
des programmes universitaires, pour une meilleure iden-
tification des besoins en termes de compétences recher-
chées et de formations à mettre en place.

En somme, « l’objectif général est la simplification
et la clarification du régime des études universitaires par
l’adoption d’un système de graduation trinitaire ». Cet
objectif général entraîne une meilleure distinction entre
les notions de grade et de diplôme.
15 Le LMD au Gabon
Les objectifs particuliers du système LMD se décli-
nent comme suit :
– Favoriser la mobilité géographique des étudiants
et des enseignants à partir du crédit, comme indicateur
uniforme d’évaluation du temps et du volume des
connaissances dispensées et assimilées.
– Permettre l’évaluation des connaissances entre les
universités de différents pays, l’équivalence des pro-
grammes, l’homologation des cursus et des curricula, la
comparabilité des niveaux.
– Etablir une adéquation entre la qualité des savoirs
et des savoirs-faire universitaires et les exigences du
marché de l’emploi.
– Parvenir au sein de la société à un accroissement
du niveau général des connaissances par le recyclage des
professionnels désireux de parfaire leurs compétences.
Le système d’enseignement général par contre, se
caractérise par une multiplicité de diplômes, source de
confusion dans la perception des grades ; des enseigne-
ments de portée trop générale qui ne conduisent pas
toujours à des pratiques professionnelles clairement
définies ; une forte inadéquation entre les formations
dispensées et les exigences du marché du travail.
Hors, le LMD se distingue par une meilleure lisibili-
té de la structure de graduation ; des profils de forma-
tion universitaire plus spécialisés et mieux adaptés aux
impératifs de la professionnalisation ; une plus grande
souplesse des programmes d’enseignement qui répon-
dent à la disponibilité des étudiants salariés ; la faculté
de bâtir des programmes d’études personnalisés ;
l’établissement de passerelles intra et inter facultaires
entre programmes d’enseignement connexes ou diffé-
1rents » .

1. Ropivia Marc-Louis, Nze Nguéma Fidèle-Pierre, Barro Chambrier
Hugues Alexandre, Pré-Rapport du projet de réforme des program-
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