Vaudou, Santéria, Candomblé...

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En Europe, la lutte pour la laïcité fut menée en vue d'une émancipation de l'Etat de la religion. Mais dans la Caraïbe, la séparation des sphères religieuse et politique est complexe. Avant même que l'Etat ne fût asservi, avant même qu'il ne fût vassalisé, il s'était trouvé pris dans le dispositif discursif et imaginaire de la colonisation, du colonialisme, du discours religieux qui les a entretenus en structurant les "mentalités" et rendant sinueuse l'histoire de la laïcisation dans l'Arc antillais.
Publié le : jeudi 1 novembre 2007
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EAN13 : 9782296183568
Nombre de pages : 192
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Vaudou, Santéria, Candomblé... Les Pratiques religieuses dans la Caraïbe

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<DL'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005 Paris

http://www.librairicharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan1 @wanadoo.fr
ISBN . 978-~-~96-04247-6

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978~~9604~476

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recherches haitianoantillaises

La revue des universitaires haïtiens et caribéens dans le monde

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L'HamliB 5-7 Rue de l'Écœ-Plytechiq 75005 Pais Frace

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L'HamliB Hogrie Kônyvesblt 1053 Budpest, KBsuth L. u.14-16 Hog rie

L'HamliB Idie Via Degli Artisti 1024Trino Idi e

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HïtiD9

An tillit; es

DIRECTEURS Fritz Chi xte Edelyn Drisma nd REDACTEUR EN CHEF Fils-Lien Ely Tblo ADMINISTRATION Mme Ensie Pal

COMITE SCIENTIFIQUE André MICe I d'Ans Jea-Ma rie TM tl Pierre-Henri Taillo Daie I Vémi que MlCel Drigny Mme R. Pal-Nz mba NIB a Gifif eri Wffin Denis COLLECTIF DE REDACTION Dali ne Cth ère Jmes Daboz e Luc Male Lefme Mme Meudee Perpétue Vendredi PHm é Rbert Renel Exentus Sea lum Pierre Stépae Alix Ttiaa Urie Yves Lifène Rger
DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION Jea Jooé Pierre GRAPHISME Fhrie e Vto

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Coverture: "La Transe" Jea Amil Augustin iÇ)2007 - tot drit réservé - reprd uetin interdite
Revue publiée pR le "Centre de Reel:ITebs

Nnnes,

Eeages

et Lagge"

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Liminire prtû ques Religieuses Afroca ribéennes et Démo rtû e Pa Fritz Cm xte et Edelyn Drismo nd 1- Anlf ses et Réflexins 1.1- Pur une cmprélmsio pproh lBtrice soil.giq Pa Jea Eddy Sint Pal
des prtûques ue de la libstûo

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religieuses en Hui: de la ptitique

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1.2- Le Cadmblé: mgie u religio ? Pa Serge Alin Nzmba Mme Pal - Nzmba 1.3- La géné~ie de ppa Ogu: un myth vadu Pa Liliae Dévieux 1.4- Le vadu das le rma de Jaques Steplm Alexis Pa Guy Cetu te "Les Arbres musiciens"

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11- DHSierspécial ILl- Un atre regnd sur la sccell erie à Sinte -Lucie. Obeh et ath pro gie des mm ités Pa Mme Meudec 11.2-Des nuaces sur le vadu kien u caser les certitudes et les sur-interprétt1i os Pa Nicœ Vonx 11.3-Religios, Ptitique et Libt é en Hui: Entretien 2:ec Liinnec Hurbo Pa Jea Jwé Pierre II.4- À la rechrch d'une religio sas nm u l'mbivre nce du rppct en République Dminicine à Hui et à l'Afrique Pa Neh Sata mm a 11.5-Memris. de un Hunga y Dueno de Gga Pa Sqra Ame na

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111-L'Histire 111.1-La Prolmtû n d'indépendace fictin et mtrice littérà re Pa MmaLuisa Ruiz IV -Art, Littértnr

Autrement ttienne : 153

e et Culture

IY.l- "Un arc-en-ciel pour l'Occident chrétien" u la visibilité du Vudu Pa Edelyn Drismnd V- Cmpte Rendu de Lecture

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V.1- Jurnh 6 Hitia Studies, 2005, vbl 1,2. Sata Bnb~ University 6 Cm fmia (by Th Center fo BIR k Studies Resenc p fo th Hitia StudiesAssoitûn) Pa Mme Meudec

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Liminaire Prâqu es religieuses wŒnibéennes

et Démorâe

Fritz Cl1ixte et Edelyn Drismnd

Ala; que l'n cryit Le désenchantement du monde irréversiblement enggé, n cnstte, ici et là, un retur du religieux. Le plIDmène resterit peu impctat s'il n'étit sas cnséquence sur les espues publics ù il cnnît sa résurgence. On ssiste en Eurpe à une lutte pur le renfocement de la liCit é qui serin: menuée pa des prtriques cmmunatires et individuelles qui débalent le clnp du privé. Ailleurs ax EUs-Un is, en Turquie, en lm, n vit l'agument de la fo s'énncer en discurs ptitique. Ce nuvel âge de la religin invite à reprendre à nuvea frÎB les interrgtrins sur les reltrins qu'entretiennent religin et ptitique, cel;t en vue de S2:IT si les uquis de la sépmin de la religin et de l'Ettl, uquis fndmenth de la pensée ptitique mdeme, snt en vœ de régressin, u du mins, exigent un pssge en revue qui serà tune recn sidératin de ces uqui s a rega d de nutt ins qu'ppo rte ntre temps de rencntres intercmmuna utires et interculturelles. La questin du rppct de la ptitique à la religin n'est, certes, pa récente. Elle dte, déjà, du Myen-Age 2:ec Jea de Pais (De potestate regia et papali: 1302) qui suite écmer les dmmes de Dieu de ceux de Césa Plus tad, cette prblémtique sera a centre des alo/ses de Spinl/l a qui justifie, das sn Traité théologico-politique, la duble nécessité de sépaer la ptitique de la religin (TTP, cp . XV). Les desseins de la secnde, quelques fœ, dépssent le clnp du privé et cnstituent des utes ptitiques. A l'inverse, la première peut se servir de la fo en ssujettis sat les cryats . Spinoo estime (TTP, cp . XIX) que leur unin peut être néfate tat ax libertés individuelles qu'ax cmpctements ctlectifs. La religin et la ptitique, das l'intérêt de l'individu-sujet, ne divent pa se mélager. La première dit relever de l'espue privé, tutefœ recnnue pa l'atrité de la secnde, sas atre fin que celle du bien-être de l'individu-sujet. Le pint, à ntre sens, fndmenth à pmir duquel peut être initiée la prblémtrique de la reltrin-sépro tin de la religin et de la ptitique, de 7

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la démort1Îe et des prt1Îques firocnib éennes, dit prélblement s'enru iner, no das les prjEts de libsti 0, 0 l'ara cmpris - das le ca des soiétés cnibéennes-, mffi das la tentt1Îve de conître le mde d'2:ènement ptitique de ces prtiques, le mde d'événement ptitique que ces prtiques représentent pur ceux qui tiennent le "lieu" du puvir. Cmment peut-o les tirer de leur cladestinit é soioculturell e, pa coséquen t, de leur invisibilité ptitique, de leur hsence das le discurs if iciel ? Mffi surtu t cmment done-t- 0 gût à leur publicité de mai ère à décltser la soiété, a premier chf, l'Eta d'une cmpulsio, d'une dénégttio fue à ces prt1Îques? Ala; le pint de dépnt de ntre prblémtique serit: cmment reconître u lffiser être les prtiques religieuses i'rocnibéen nes pur ce qu'elles sot, c'est-à-dire des prtiques qui sot, 2:at tut, les expressios du rppct cnibéen a mode? L'enjeu est celui d'une redéfinitio no de la relttio de la religio et de la ptitique telle qu'elle s'est éthlie en Eurpe u âleurs das un muvement de blucier EtWReligio (Mder nité), ReligiolEta (Myen-Age). Nus devos prendre l'enjeu a pint de vue civilisa eur, à la missio civilistrice que les Etts cnibéens, vue leur ppnenté à I'fuitge eurpéen, pntat cttique u prtesta t, peuvent mmtenir, et mmtiennent sur ces prtiques , étiquetées de survivaces firicmes. La sépntio des spmes religieuse et ptitique, das la CRibe, est cmplexe. Ici, plus qu'i11leurs, la questio est difficile, la régio état une mWjue de peuples et de cultures qui entremêle les tniitios les plus diverses. Le rppct entre cryaces et ptitique invite à la réflexio. Si le vadu, la satéri;t l'beJt le "quimbiI;", le cadmblé et le "mJémin" sot des cultes syncrétiques issus de la rencontre des Amérindiens, Eurpéens , Africm s et même Hindouistes, ces prtiques religieuses viennent se tenir das une relttio de guerre des dieux /fec le chstiais me, das une scte de ch des vhmrs. Echge belliqueux qui s'anoc e sas terme; les dieux, sit- 0 d'prè s certms myth s, éta t immctels! Le muvement qui a curs das le mode ocidenth, nOOment en Eurpe, ne peut être utilisé, ici, que cmme mdèle d'ppro ch, d'exemple métlUg ique, puisqu'il est difficile de cmprendr e le prblème tel qu'il se pre dus la Cm be pa la simple tmsp mti 0 u tmsp cta io des questios et des réposes qui ot été sulevées u ppctées das le cdre des soiétés eurpéennes qui n'hroent pa, d'âleurs, la questio de la même maière. Les religios u prtiques religieuses dot il est questio das la CRibe n'ot jmffi eu une reltio hzntre à l'Eta Elles sot venues de la cotesttio, de l'idéh de vivre que suscite tute fnne de

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cotrinte, d'ù leur f[llle de dissimultûo , de mimétisme 0 de syncrétisme. Dès la;, le prblème est mins de penser la neutralité de l'Ettl, que celui de proéder à une critique des !titudes dénégatrices de celui-ci fue à ces prtiques. Critique qui dit être entendue das le sens d'une démnch prépntire à tot liènement d'un Eta cmbéen vérithlem ent l~. En Eurpe, la lutte fut menée en vue d'une émaciptûo de l'Ettt de la Religio. C'est dire que l'Eta coservit une identité, a mins, minimre, une structure spécifique infédée 0 sservie pa la Religio. Das le mode ClÜi>e, le prblème ne reçit pa seulement cette tornur e. Avat même que l'Ettt ne fût sserv i, liat même qu'il ne fût inféodé il s'étit trové pris das le disp& itif discursif et imginire de la clnistûo n, du clnil1isme, du discurs religieux qui les a entretenus en structum t ntre "mentlité". On cmprend bien purquo ces f[llles religieuses, nées sur le bât de la clnistûo n, sot vues cmme un surilège cmmis à l' encotre de la religio shvtrice . Il fat, a nm des vreurs d'ltruisme, prreger le prt1Îquat, le boone, même cotre lui-même, que 1'0 imgine s'doner à la mgie et à de fax dieux. Ainsi, se dessine, sur les ruines p6ltclnires, la CliDe: liec d'un côté la cœtienté et de l'atre rien que de la sccellerie. On oblie que la religio invque une doble !tuh: celle qui lie les lnmes a tmscendat et qui fnde leur espémce, mû,; assi qui les réunit dus une cmmunaté de cryace. Totes les f[llles religieuses ne sot pa cosidérées cmme telles et pa effet de coséquence écppent à l'atrité publique. Mme et Serge Nzmba exminent la ligne qui qsaise cette sépmio entre celles qui serà ent uce ptées cmm e des religios 0 no das l'nt iele sur le Candomblé magie ou religion? L'enjeu de cette étude dépsse le seul cadmblé cmme le prove l'éch qu'en done l'alo/se de Mme Meudec sur l'Obeh Ces deux ntieles suscitent une interrgtio sur la p66ibilité de fITe psser des soiétés trliersées pa divers discurs religieux à la séculmstûo quad certines fu; sot catonées dus une représenttû 0 eladestine et secrète. La recmch de la l~ité das ces soiétés ù cexistent religio if icielle et religio secrète, même reconue pa la Ii) devient une quête pR5emée d'embûchs, cmme le motre Eddy Sint Pal das so ntiele. Ces cmmunatés vivent das le pmlile de la liberté de culte: celle qui ucmpgne l'Eta if iciel 0 celle qui fqse dus la eladestinit é so 9

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prpre Eta Alexis de Toqueville suligne que cque religio est pcteuse d'une opinion politique. Si 0 reflue das l'arière pIa certmes f[llles religieuses, elles mènemt à leurs suites leur f(;lo potique de vir et celle-ci sera costitutive d'un Eta en deœ de l'Eta Il est à préciser que nus n'2:OS pa jjf ire à un Eta minire. Il n'est qu'une f[llle d'qsaistio discotinue de la vie en cmmun das la ClÜi>e prfude ù la prre religieuse qul1ifiée if iciellement de mgique jue un rôle structumt. Cet Eta das l'Eta n'est pa centrl1isé et à l'imge des religios firocnibéenn es, n'est qu'une méfiace f6e à tut ce qui peut être institutione l, ce qui n'enlève rien à leur cp6it é régultric e. Il peut pplÛtre , das de telles circostace s, ce que Renuvier ppelle en 1872 le libéralisme d'indifférence, c'est-à-dire une liberté qui n'est qu'ppnence. Das le ca qui nus coceme, l'Eta if iciel lù,;se pindre une liberté de culte, pur mieux cotenir les prt1Îques religieuses firocnibéen nes, qui ne fa: qu'jjf iblir la l~ité. Il feint d'6cmer ax individus le clK de leur fo tadis qu'en rél1ité il ne fa: que cationer une patitio religieuse du territire. Cette l11ure de liberté divise le PJS réel en plusieurs Etts pMlèl es 2:ec chun ses prtiques religieuses. A ce nivea, se situe le risque de frgilité de la démort1Îe. L'hsence de plurl1isme vérithlem ent religieux fa: de celle-ci l'jjf ire des atres et no de tus. "La dissoitio en chun du cryat et du cityen" d'un même Eta dot pale Macel Gacht das La religion dans la démocratie ne peut pa se fire puisque l'Eta n'institue pa sa suver meté sur les jjf ires terrestres de la cité das so ensemble. Il n'est pa, das la plupat des Etts de la ClÜi>e, en mesure de rendre p66ib le les coditios de la l~ité. Les religios firocnib éennes ne sot pa intégrées das des systèmes pot iques tœ mts qui les sumet trÎt ent à des règles ù elles n'arrent plus à structurer, das la cladestinit é, des mdes d'qsaistios de la soiété. Dès ln; l'urgence première est d2:atge celle d'une dé-sédimentti 0 de l'Eta das un imginire clnih ù le pmi pris en flieur d'une religio est vécu sas scadle, ù drmtiquem ent l'Eta devient la structure de différencitû 0 religieuse de la soiété civile en prmuv at l'une a détriment des atres, sus prétexte que l'une pcte la votûo civilism-i ce d'évagélistûo u débarbarisation, l'atre n'est que l'ensavgement de la soiété.

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Numér& dispnibles
ETAT ET SOCIÉTÉ CIVILE DANS L'ARC ANTILLAIS Recherches haitiana-antillaises N° 2 Ce numéro est une pmpectio sur plusieurs pl'mménes cmmuns ax ntios de la COOe. Il s'git d'initier une réflexio sur les reltios que peuvent entretenir les Eus et leurs soiétés civiles, pa-delà les imges pnàisiques 0 d'infrtune qu'inspirent les cntes petles. Fae à la difficulté d'édifictio d'un régime de gestio cncertée de la cre publique, les Antilles 0 l'Afuque ne porrient-elles pa puiser das leurs vécus por ppliquer le libre jeu des institutios, l'lternace plitique et insi fwe ptticiper les individus das la gestio de leur devenir? ISBN: 2-7475-8461-5 /226 pges prix: 20,00 U Por cmma der: administratian@crenelfr

COMMENT HABITER LA CARAÏBE? Identité et diversité culturelle Recherches hai'tiana-antillaises N° 3 Qu'est-ce qui fit la singularité de l'hit !I Coo e? Il s'git d'une terre en pntace vers so lieu d'aCfge et qui mélage des trits de cultures mérindiennes, eurpéennes, /iricimes, indoes... qui cmpGent so ptrimtne créle. Les dispnités sot multiples das cette régio, mils elles n'empêcbnt nullement ax millios de femmes et d'tomes qui hitent les territires cnibéens de trover leur espae/temps idéh ISBN: 2-7475-9840-3 / 198 pges - prix 17,50 U Por cmma der: administratian@crenelfr

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LA CARAÏBE ENTRE HISTOIRE ET POLITIQUE Recherches Haitiana-antillaises N°4 La tenttio est gmde d'envisger l'Mire de la pensée plitique cnibéenne à tITlers les prismes ethoentriques de la vieille Eurpe et des noveax mitres du mode. Ce numéro prpGe une redécoverte des idées plitiques cnibéennes : ht lieu des kinêsis identitires, vérithle cnrefur intercotinenta l, la CnIDe ne costitue pa un simple réceptale d'idées plitiques venues d'iileurs. So Mire est poctuée des différentes funes de luttes cotre l'pp ressio et l'as imiltio n. Ce livre tente de silsir l'universlité de ces idéax et leur spécificité en PJs COOes. ISBN: 2-296-00912-3 /238 pges - prix 21,00 U Por cmma der: administratian@crenelfr

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pubIictios

et atr es otivités

: dministrtio@crenel.fr

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Pur une cmprélmsin des prâques religieuses en Hiti : une pproh btDic~oilgique de la liCisa in de la plitiq ue*

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Jea Eddy Sint Pal

Abstrot : Religin Ii its im ad its wn externh qsaiztin, a Hegel ntes in Principes de pHoo pœ du drit (quted by R. Nisbet, 1993: 283): "son culte consiste en pratiques et en une doctrine; elle a besoin pour cela d'avoir des biens dont elle soit propriétaire et de disposer d'individus voués au service de la communauté religieuse. La conséquence est qu'il y a un rapport entre cette communauté ecclésiastique et l'État. Ce rapport est aisé à déterminer: il est conforme à la nature des choses que l'État remplisse son devoir à l'égard de la communauté en lui accordant toute l'aide possible et en l'assurant de sa protection pour l'accomplissement de ses fins religieuses [...]"
Hegel, Principes de philosophie cité pa R. Nisbet, 1993: 283 Keywo ds : Religin pmtices, seculnity, ptitics, vdp du droit,

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Résumé: La religin a un bjectif et une qsaistin externe prpre: "son culte consiste en pratiques et en une doctrine; elle a besoin pour cela d'avoir des biens dont elle soit propriétaire et de disposer d'individus voués au service de la communauté religieuse. La conséquence est qu'il y a un rapport entre cette communauté ecclésiastique et l'État. Ce rapport est aisé à déterminer: il est conforme à la nature des choses que l'État remplisse son devoir à l'égard de la communauté en lui accordant toute l'aide possible et en l'assurant de sa protection pour l'accomplissement de ses fins religieuses [...]" Hegel, Principes de philosophie du droit, cité pa R. Nisbet, 1993 : 283 MtI;-clés : Cryaces religieuses, libté, ptitique, vadu, Hui

y * Cet ttide est la syntése d'une reebreb intitulée "Alcanees limites de la laic/zac/on de la politica pn en Haiti, 1804-2005 ", qui ppllÎtra sos la ftme d'un ejtitre dns un oV'1!e elleetif eronné Rberto BInette, Laicidad y Secularizacion en el mundo contemporémeo, Méxiep D. E, El Cœgio de México

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Il y a une maière vadu, tut cmme une maière sateria u encre cadmblé, d'hiter le mode. On mutile les cryaces et le sens de l'existence de certms lnmes quad 0 ignre ce fli:. Le Vadu, la Sate ria et le Cadm blé sot des systèmes de représentatios; c'est un ensemble de cryaces symbtiqu es qui, en vue d'hiter le mode, fli: ppel à une puissa ce publique cphle d'ménger un esp6e pluriel f2:mle à leur chittt io, à leur expressio et à leur maifesttt io. Ntre réflexio, das cet micle , pctera sur les cryaces religieuses et la libstio ptitique en Hui. Nus entendos exminer le rôle qui a été dévru a vadu das l'univers soiptitiqu e ttien. Nus dptos de suivre les ahyses de Pierre Burdieu qui nus semblent if rir un cdre métlUg ique pur cmprendr e cmment le vadu (le cadmblé u la sateri~ peut hiter le mode religieux a même titre que le ctticisme et les cultes refnnés. Nus tentems de démotrer, patat des principes de la l~ité , que le cmpctement de l'Eta n'a pa tujurs été, h;triquement et soilgiqueme nt, f2:mle à l'expressio de la liberté de coscience des deptes du vadu en Hui. Le PJs a conu, en ce sens, un déficit d'une atlmtique puissa ce publique pte à prmuvo Ir le bien cmmun, selo l'expressio de Henri PenaRu iz (2003). Le 8 décembre 1942, das le cotexte d'une cmpgne lacée cotre le

vadu,

Élie Lesco I prit la résrutio de COS6rer le PJS à Ntre Dme

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du Perpétuel Securs. Cette décisio suscita un déba atur de la l~ité en Hui. Quelques intellectuels, membres du muvement littérire Indigénisme, du pmi cmmuniste et du pmi démort1Îque ppulire de la jeunesse ttienne (PDPJH), critiquèrent le guvern ement et plirlèrent en f2:eur de la mise en pl6e d'une instace éttùque cphle de gmrir le respect et la juissace de la liberté religieuse et d'expressio. Sixate trÎl; as près (le 23juin 2005),le guvern ement de M. Ltrtue a décrété le 27 juin 2005, jur de la Ntre Dme du Perpétuel Securs cogé ntiok L'ttitude de ce guvernement a prfJqué plusieursré6tios. La soib gue Shine Maiga t sulèv e dus un éditrik a jurna l "Le Matin ", la questio de la l~ité das 'l'esp6e public'. Entendus le cocept 'd'esp6e public' a sens de Hherma (1992), Turner (1994) et pm (2005). S. Maiga s'ppu ie sur les micles 30 à 30-2 de la costitutio ttienne pur codmner le cmpctement du guvernemen t et plirle en f2:eur du respect de la liberté de coscience et de cultes. Elle exlte les dirigeats à œuvrer pur la l~ité das la République'.
1- Élie Lesct> présida Hïti de 1941 à 1946, supprima les deux clnbres législllives, censura les média et réprima totes maifesttios ppulires cmme le c8t1a!l les dases ma et les cérémoies vado (Hurbo, 2004). 2- En vue d'éviter tote cofusio nos reprtns le cotenu des micles 30 à 30-2 de la Constitution de la République d 'Haïti: "Totes les religios et tos les cultes sot libres. Tote persone a le dri:t de prœsser sa religio et so culte, porvu que l'exercice de dri:t ne troble pa l'n:1re et la pi« publics. [.. .] Nul ne peut être cotrint à rire pmie d'une asoillio 0 à suivre un enseignement religieux cot14

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Le Prfusseur L. Ohriel BIt) pur sa pm, sur un tn pœmique a cntrsté l'pinin de S. Maigtt et a ngué que depuis le 28 ma<>1860dœ de la signture d'un 6cm entre le guvemement hien et VticaHui est bel et bien une République cnco rdm ire et n'est guère IR! ue. Le Ministère de la Culture et de la Cmmu nicatin das sn bulletin "Réflexions pour l'avenir", publia un numéro spécih sur la Laïcité de la République qui prlngea la discussin. L'2:atge de ces débts est qu'il if re plusieurs pistes de réflexin sur les cryaces religieuses et la libt é en Hui. On peut, pR exemple, s'interrger sur: le nivea de cmptûbilité u pa entre libté et cncmtl, le degré de libstû n de la ptitique en Hui, le type de ch ita in existate entre les diverses religins et cultes, la sépl1t1in entre religin et ptitique, le nivea d'atno mie entre le religieux et le ptitique, le cmpctement lBtriq ue de l'Éttt hien en la mtûère, etc. Pur bien cmpr endre l'enjeu de la questin, nus suivm s, das ntre ahyse, une perspective lBtrice soire, une 19ique séquentielle qui permet d'imbriquer le pasé dus le présent. Nus cemems ntre prblémtûque à pmir de trÎ.l; mments lBtriques 1804-06; 1806-1860 et 1860-1942. Nus tenns à préciser que nus utilisems cette péridistin cmme pure strregie métlUgique, une mai ère de f6ilit er la cmprélmsin du sujet, mÎB cela ne veut pa dire que nus n'l11ns pa nus référer à d'atres mments de l'lBtire. CR l'lBtire, pur nus, se dévelppe das une 19ique séquentielle-dynmique et ne s'épuise pa das les dœ s, les cIf fres et les cIuo 19ie s. Lkité, Lkistio et idé~ies plitiques

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La l~ité est un cncept asez cmplexe qui demade beacup de précisins. Elle béit à une 19ique et s'père à tr2:ers un ensemble de principes. Le soil.:gue mexicin, R. Blacme définit la l~ité cmme :
Un régime social de coexistence, dont les institutions politiques sont essentiellement légitimées par la souveraineté populaire et non (Plus) par des éléments religieux [...], la laïcité est centrée sur l'idée de la transition d'une légitimité octroyée par le sacré à une forme d'autorité provenant du peuple [...], la laïcité comme la démocratie, est un processus, davantage qu'une forme fIXe ou achevée de façon définitive (Blacme ,in Baubérot, Wievirka (dir.), 2005: 248).

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En plus des pmiculni tés que mentinne Blacme, il fut préciser que la l~ité est un lent et lng proess us, s'inscrivat das le temps, a curs duquell'n dénte une certine démytltictio n et une dés6rms tin des
rire à ses cnvictins. [...1 La Ii:>éthlit les cnditins religins et des cultes" (Drfié, 1991: 28). de recnnms8ce et de fuctinnement

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f[llles

de légitimitéinstitutionelle, et proède à tmers une séplt1io de

spme s: "Église/Éta, PublicIPrivé, Individua té/Cmmun uté , FoL Q Religio civile/Religio tél.gique, Spirituel/Tempœl" (Blacnte, 2005; Nël, 2005). En ce sens, la l~ité peut être envisgée cmme un espae soih de méditûo et d'interméditia n entre les spOres publique et privée. La l~ité reconît, coditione et respecte l'individulité de l'gent soik
[...] La laïcité est apparemment liée au libéralisme, à la démocratie, à la séparation de sphères entre le religieux et le politique, à la tolérance religieuse, aux droits humains, à la liberté de religion et de croyances, à la modernité politique, sans s'assimiler à aucune d'elles. Fonctionnellement, la laïcité est un régime de vivre ensemble conçu, par une société plurielle en vue de garantir le respect de la liberté de conscience (Blacme, in Beuchot et Mardones, sos presse).

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Cette dernière définitio met l'aee nt sur la 'liberté de coscie nee', la 'sépa tû 0 de spOre s', insi que les foct ios soia pli tiques de la l~istûo. En vue d'ppr fudir la discussio, il fut juter que la l~ité est un espae de plurasme plitique, un reflet de la diversité religieuse, mffi, n'est guère une idél.gie aticléricre, ni une htilité u une persécutio d'une religio donée (PenaRuiz, 2001: 11; Blacnte, in Beuchot et Mardones, sus presse). On peut ffiément cmprendre purquo les nlicux aticléri cux se sentent trlt; pa la l~ité . CR, elle implique une sctie d'un mode ù la religio cesse d'être la mtrice structumt e de la vie soia le, mffi ne signifie pa une sctie de la crya nee religieuse (Oucht, 1998: 11). Ainsi, lin d'être une négtûo de Dieu, la l~ité résut le prblème de la dichnie disjoctiv e (Dieu/Hmme) en le substituat pa Ntio/A gent. Elle implique, en syntns e, une sépl1t1io et no une élimintûo de spOres, permet une différentitûo foctionelle entre le public et le privé, et roe à préserver u maimum la liberté de coscienee telle stipulée das le Sttut de la Liberté Religieuse de Virginie Gavier 1786) ax Etts-Unis d'Amérique. Vue sus eet agIe, das l~istû 0, 0 peut dénter une eertine f[llle de séculnistû 0 institutione lIe, si nus entendos pa cette ntio, u sens de Knel Dbbelere et Olivier Tschn en', c'est-à-dire, un proessus pa lequel la religio est un clnp pmni d'utres, mffi no la seule entité qui légitime et cimente le tissu soia 1. Ala;, elle peut être cosidérée cmme une religio civile (Rbert Bell~ ù le civisme tend à se covertir en religio légitimtriee de l'lXIre soih
3- Dbbelare (K.), Secularizacion, un concepto multidimensional, I" ed., Méxicp D. E, Universidd Ibermerica na (UlA)- 1994. Titre rigink Secularization. A Multi-Dimensional Concept, Current (Trduit pn Edundo S~ Tsclmen (O.), Soil!;! y, Vb 29, No 2,1981, Lndn, SAGE Publictins "Tb Secularizll in Pndi gme: A Systemll izlli n", Journal of the Scientific Study of Religion, 1991,30 (4:) 395-415 16

1.

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A l'intérieur
d'un aire soih, la l~it é f2:£Îse le vivre ensemble, roe III

à tténuer les coflits 4 et permet un trÎtement religieux égmtire des
gents soiax. Das cette mesure, la l~ité peut-être coceptumsée cmme une strregie démort1Îque. Tut cmme la cityenneté et la démortie , la l~ité se dévelppe à tr2:ers l'espue et le temps a myen de tensios, de cotniicti os, de luttes, de réglementatios et de cosens us. Nus ne conÎt;s os jusqu'à présent acun régime l~ qui sit tmbé du ciel. Les soiétés et les Étts ne nÎt;sen t pa l~s, mÎt; le deviennent. L'Étà, les Dgaistios de la soiété civile et la lïcité

Nus jjf irmos que la l~ité n'est pa un ute religieux, mÎt; un proessus éminemment ptitique das lequel l'Ettrntû 0 et les entités rgaisées de la soiété civile juent un rôle impctat. Das ce qui suit, nus patims d'une ahyse de la soil:gie du puvir pur démotrer l'impcta ce des gents institution els das la l~istio d'une soiété. Peu de temps 2:at la révb utio fmç Ît;e, l'Abbé Sieyès das so livre "Qu'est-ce que le Tiers-État ?" Décrit la nti 0 cmm e:
[...] un corps collectif, l'association des individus mais qui se manifeste dans les corps constitués au sein du social. La nation, est un corps d'associés vivant sous une loi commune et représentés par une même législature. La loi de la République n'est que l'expression formelle de sa volonté: 'la nation seule peut vouloir pour elle-même, et, par conséquent, se créer des lois. Et l'État est laforme institutionnalisée de la nation [...] (Sieyès cité pR Mgnette, 2001: 194).

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Pata nt de ces idées, la l~ ité peut être too isée cmm e une uti vité liée ax bligtios des Etts-ntûo s, en tat que fyers d'identités ctlectives, de tr2:âler das le sens de la soihilité et du vivre ensemble. L'Ettt crée, à tr2:ers la l~ité, les coditios "idéres" à l'exercice des libertés individuelles sas que ces dernières empêclmt la juiss ace des libertés ctlectives. MÎt;, si nus sctio s de ce cdre troque générh pur visumser la l~isti 0 das le cotexte kien, à quel genre de rélité serios-nus cofmtés ?
4- Au nivea de la soilgie clasique et cotempril ne, la ntio de 'coflit' a été traiilé e, à pair de perspectives cmplémenta res et, quelques fn;, dimétrlem ent ppGées. Knl Mnx, Friedrich Engels, Ma Weber, Gerg Simmel, Radii Cllins, Rif Orendrf, Lewis A. Ceer entre atres, ot beacop réfléch sur la questio. Sovent, le coflit fut soilgiquement alysé cmme quelque cre qui détruit 1'n:1re soih Ici, das ntre étude, nos utilisos le coflit a sens de Gerg Simmel, puisque celui-ci l'alyse cmme costituate de la vie soile et permet la costructio de l'individulité. Doc, das une soiét é lïque , bien qu'il n'y it pa de soiét é qui le si:! tth ement, 0 dénœ un certa n intérêt por l'institutio nlisa tio du cofli t. Por ce, quad nos pnlos "d'ttén uer le cofli t", nos n'aos pa en tête une conUio négtive du coflit.

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Approh htoique et soi~ique de la Ikistio de la plitique eo Roi: perspective de logue durée des prtiq ues plitic9 religieuses À Smt -Dmin gue, dès l'épq ue cID ire, les cID s fraç ffi utilisèrent tus les myens qui furent à leur pctée pur imprer le ctticisme cmme la religin de la clnie. Les eschres, de leur côté, das leurs tenttive s de résistace à la dmintin culturelle, prt1iquèrent le mmmg e et fuirent les plattûns pur se réfugier das les mntgnes ù ils purent bserv er le culte de leurs Ancêtres, à S2:ir le

vudu 5.
Dès les premières décennies de l'indépendance, il y eut des relatin s asez cnflictuelles entre l'Éttt hien et le vtûca, état dnné que plusieurs prêtres furent pmni les victimes du masare des Fraçffi, survenu en 1805 (Hurbn, 2004). Cmme l'un de n& nguments se rppcte u rôle de l'Éttt das le proessus de libt é, das les pges qui suivent, nus ah ysems cmm ent, à certins mme nts lBto iques, l'atin de l'Éttt s'est inscrite das le sens du respect des principes de la libté et cmment, das d'utres, l'ttitude if icielle n'a pa cntribué u respect de la neutrmt é religieuse. À patir d'une étude de la soil.gie du puvir, nus tâcbms de prover que "la I~ité n'est pa liée à une idél.gie ptitique spécifique. Elle peut exister das le libérmsme, le républicai sme, le cmmunuta risme, le néffépublica nisme; tut cmme elle peut fnctinner -de flfn restrictive- das des régimes mnnclqu es, desptiq ues et utritires " Le guvern ement de Dessmnes peut être un bn exemple pur illustrer ntre ngument. La cnstitutin de Tussint Luverture du 8 juillet 1801 fit, en sttuat sur la liberté des cultes et de religins , du ctticisme la religin de l'Éttt (Maina Oterp 1968). Plus too, Ie l'' javier 1804 l'indépendace de Hui acuch d'un régime militire, puisque le générh Dessmnes, leder de la révmtin, fut nmmé guverneur générh puis Empereur. Dessanes n'a été ni un démolie ni un libér~ ses prt1iques nt permis de le claser das la cœgrie des desptes qu'a cnnus le PJS. Mffi, ici ce qui ttire ntre ttentin et que nus vulns fITe ressctir, est -sas nul dute- le cmpctement de ce dernier vis-à-vis de la questin religieuse. L'Empereur a dirigé le PJS d'une min de fer. Sus sn empire, Hui fut dirigé 2:ec une ypercncentrtûn du puvir. Les générax plaés à la tête des six dépatement s dministrt1i fs et milita res du PJS rendrent cmpte directement à sa M~sté Dessmnes (vir J. Ba5kett; T. C. Brutus; G. Pierre-Chi es, das Johanna von Grafenstein, 1988: 193-212). Le puvir fnctinnit sur la bae d'un 'régime unitire' pur reprendre
5- Quad alo/sems 18 nos hrdems "Vado, Étll cncrdtire et lïcité", le lieu qu'il a ocupé das l'univers soiœligieux kien. nos définims le vado et

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1.

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pa cntre, le cmtè re desptique et l'alo/se de Iua M~uachSt d'un atritire du régime n'a pa empêcn la mise en pplictin ensemble de mesures f2:mles a respect des principes de la libté. Depuis l'ut e de l'indépendance signé a Gniiv es, le 1"javier 1804, l'n puvit déjà nter que les nn~ de l'indépendace das leur quête de fndtûn de la ntin, pririsrent les questins bjective s telles la "race", la lague, la cmmunaté, le territire sur les vreurs subjectives cmme la religin. Das ce doument, ils nt dpté le nm générique Nir pur tus les individus viva t en Hui, peu importe leur cule ur de pea réelle. Mû,;, il fliit ttendre la cnstitutin de juin 1805 pur bserver de maière exhstive le cmpcteme nt de l'Éta en mtière de cryaces religieuses. Cntrirement à la cnstitutin de 1801 qui n'évquit guère la neutrlité de l'Eta en mtière de religins; celle de 1805, pur sa pm, mettit l'empàe sur certins principes cndinax de la libté, tels: la liberté de cnscience et l'individutin de la religin, le tritement églitire des cityens, le respect et l'atno mie des religins . Eu égnd à la questin de cultes et religins, la cnstitutin de 1805 stipule que "La loi n'admet pas de religion dominante. La liberté de cultes est tolérée et l'État ne pourvoit pas au maintien d'aucun culte ni aucun Ministre" (micle s 50-52, das Maina Oterp 1968: 127; Hurbn, 2004: 137). Égrement , la Carta Magna das ses dispmtins générres relte que le "mariage est un acte purement civil et autorisé par le gouvernement [...]. Le divorce est autorisé dans les cas prévus et déterminés par la loi" (micle s 14 et 15 cités pa M.Oterp 1968: 128). Une succincte alo/se de ces frgments permet d'2:acer que das l'Éta dessan ien, un ensemble d'effcts nt été déplyés pa les atrités en vue de tmscender les différences ethiques ,culturelles et religieuses, et d'éthlir das le PJS un Éttt cphle de triter -das une certine mesure- de f(;ln églitire les cityens. Le maige, pa exemple, fut cnçu cmme un simple cntra civil et nn cnceptums é cmme un sure ment; dnc, la religin fut reléguée a niveau de la cnsci ence, fa: que nus bptisns cmme 'privtistin' et 'individumstû n'. L'n est même arivé à jjf irmer qu'entre 1804 et 1806, c'est-à-dire sus le guvemement dessmnien, il y a eu les premières tenttûve s de cnstructio n de l'Ét&ntûn 6 (Maigtt cité pa Chvmer, 1999: 581-582).
6- La littérture clasique présente la "nlio" cmme un prjet de covivilité (Ortega et Graset cité pn B8Ile Fernandez deI VIlle, 1985) il 1'0 dénœ une vloté de vivre ensemble entre les individus (E. Renn). L'existence de la nlio est intimement liée a des critères subjectifs et bjectifs tels: un idéh cmmun, un imginire nlioh (B. Anderso ), une représentlio plitique, une églité devnt la Ii:> Le peuple, dns cette ptique, ppnît cmme la sorce riginelle du povtr et, finlement, l'Étll est térisé cmme une imprtnte instnce rgnistrice des rellios soiles (Mgnette, 2001; Hbsblll11, 1991); Delinnq Tguief f, 1993; Renn, 1987; B8Ile, 1985).

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