Vers une société sans classe ?

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Ce livre est consacré à une évaluation des thèses du déclin, voire de la fin, des classes sociales. La Suisse est caractérisée par une tertiarisation importante de l'économie, un chômage faible et des niveaux de rémunération élevés. Malgré cela, les analyses effectuées, au sujet de l'évolution de la structure sociale, du monde du travail, des ressources économiques et sociales, montrent que ces thèses peuvent être réfutées.
Publié le : vendredi 1 février 2013
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EAN13 : 9782296529892
Nombre de pages : 248
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   Vers une société sans classes ?  Le cas de la société suisse contemporaine (1970-2008)                   
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot
 
En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques.   
Dernières parutions
Isabel GEORGES, Les nouvelles configurations du travail et léconomie sociale et solidaire au Brésil , 2012. Pascal BRUNETEAUX et Norah BENARROSH-ORSONI, Intégrer les Rroms ?  Travail militant et mobilisation sociale auprès des familles de Saint-Maur , 2012.  Mélody JAN-RE (dir.), Représentations. Le genre à luvre, volume 3 , 2012. Mélody JAN-RE (dir.), Créations. Le genre à luvre, volume 2 , 2012. Mélody JAN-RE (dir.), Réceptions. Le genre à luvre, volume 1 , 2012. Bruno LEFEBVRE, Ethnographie des travailleurs en déplacement, Voyages en Europe sociale , 2012. Christophe DARGERE, Lobservation incognito en sociologie. Notions théoriques, démarche réflexive, approche pratique et exemples concrets , 2012. Dominique JACQUES-JOUVENOT, Gilles VIEILLE-MARCHISET (dir.), Socio-anthropologie de la transmission , 2012.
Robin Tillmann       Vers une société sans classes ?  Le cas de la société suisse contemporaine (1970-2008)               LHarmattan
  Thèse de Doctorat présentée devant la Faculté des Lettres de lUniversité de Fribourg en Suisse. Approuvée par la Faculté des Lettres sur proposition des professeurs Monica Budowski (premier rapporteur) et Christian Suter (second rapporteur). Fribourg, le 4 juin 2012. Prof. Marc-Henry Soulet, Doyen.    Cette étude a été réalisée, entre autres, sur la base des données collectées par le Panel suisse de ménages (PSM), basé au Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS. Le projet est financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique.  
          © LHARMATTAN, 2013 5-7, rue de lÉcole-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99824-7 EAN : 9782296998247
 
   « Today, as a sociological concept, class is dead. » Nisbet
  « Sociology has only one independent variable, class. » Stinchcombe  
                  
          
Introduction
Parmi les nombreux débats qui agitent le champ des études sur la stratification sociale, celui au sujet du déclin, voire de la fin, des classes sociales est récurrent (comme lillustrent les citations mises en exergue). Ainsi, depuis les années quatre-vingt, la discipline sociologique a connu une résurgence des thèses du déclin des classes sociales qui a provoqué dimportantes controverses, notamment dans les pays anglo-saxons (entre bien dautres, voir Clark et Lipset, 2001 ; Evans, 1999a ; Lee et Turner, 1996 ; Pakulski et Waters, 1996a, 1996b ; Therborn, 1986). En Suisse, cependant, les contributions, fondées empiriquement, qui sinscrivent  plus ou moins directement  dans ce débat savèrent relativement  rares. 1 En outre, elles portent soit sur une période « révolue » (principalement les années 1970 et 1980 chez Bornschier, 1991 ; le début des années 1990 chez Levy et al., 1997a), soit sur un point précis dudit débat (par exemple, le vote chez Oesch, 2008).
Le présent travail a donc pour principal objectif de combler, certes partiellement, ce manque et ainsi de contribuer (explicitement) à lévaluation des thèses du déclin des classes sociales dans le cas de la société suisse contemporaine. Pour ce faire, cet ouvrage complète, actualise, les travaux mentionnés plus haut en couvrant approximativement la première décennie du XXI ème siècle dune part ; dautre part, il porte sur un ensemble de domaines dinvestigation (lévolution de la structure sociale, le monde du travail rémunéré, les ressources économiques et sociales, les comportements et valeurs politiques enfin), autorisant de la sorte une vue densemble au détriment, certes, de la finesse, de lapprofondissent que peut atteindre une étude consacrée à un problème spécifique au sein
1 Cela ne signifie pas que le débat en question na pas dinfluence (indirecte) sur une partie de la production sociologique. Ainsi, des ouvrages sur les inégalités en Suisse ignorent, notamment, les positions de classe dans leurs analyses empiriques (voir, par exemple, Stamm et al., 2003 ; Suter et al., 2008), contribuant ainsi à linvisibilité des classes sociales.
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dun champ restreint. Notons quil se situe dans une certaine continuité avec de précédentes publications (Tillmann, 1998, 2010 ; Budowski et al., 2002 ; Tillmann et Budowski, 2004, 2006, 2007) qui, bien que nabordant pas toujours frontalement la discussion au sujet du déclin des classes sociales, permettent de constater que la position de classe na pas perdu toute importance, en particulier en matière d « explication » des phénomènes de pauvreté.
Évidemment, toute question relative aux classes sociales peut être abordée selon différentes perspectives ou niveaux danalyse. Dès lors, afin de pouvoir déterminer en loccurrence les conditions sous lesquelles une société peut être considérée, grosso modo, comme une société de classes ou, au contraire, une société sans classes, il faut se donner préalablement un cadre général danalyse. En dépit de la multiplicité des théories, des représentations, des classes sociales, il est possible de repérer trois notions ou niveaux de la classe sociale (voir, par exemple, Lemel, 2004, 24-25). Premièrement, la littérature sociologique distingue la position de classe (ou la classe-position, ou encore la classe-en-soi) correspondant à une communauté objective de la position des individus dans la structure sociale et de leurs ressources. Deuxièmement, nous avons la classe-identité (ou la classe-pour-soi) qui comporte des phénomènes objectifs tels que le degré dhomogamie ou dhomosocialité, les similitudes en matière de comportements, de pratiques ou dopinions, mais aussi des éléments plus subjectifs comme le sentiment didentité ou la conscience de classe, par exemple. Troisièmement, enfin, il y a la « classe-comme-acteur-historique » ; autrement dit, la classe sociale mobilisée dans des actions, des luttes, collectives. Ces différentes dimensions, particulièrement les deux premières, permettent de décrire, en termes de classes, létat dune société à un moment déterminé ; cest-à-dire quelles autorisent lappréhension de lespace (objectif) des positions de classe dune part, les comportements, les pratiques et les représentations qui y sont, ou non, associés dautre part. Ainsi, lanalyse peut porter à la fois sur la structure de classe et les inégalités de conditions, sur les effets de la première sur ces
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dernières. À quoi sajoute, traditionnellement, la problématique de linégalité des chances ; soit, en particulier, les questions relatives à la distribution des individus dans les places qui constituent lespace social (questions usuellement associées à létude de la mobilité sociale). Cette dernière, précisément son ampleur, a souvent été invoquée par les défenseurs des thèses de la fin des classes sociales ; en effet, selon eux, la mobilité sociale serait trop importante dans les sociétés contemporaines pour que des classes-identité puissent se former. À cet égard, il est possible davancer au moins deux objections, qui nous semblent majeures. En premier lieu, ce raisonnement prend en quelque sorte la partie pour le tout. Effectivement, une mobilité sociale forte naffecterait quune des dimensions de la classe-identité (son identité temporelle, et encore une seule de ces facettes) 2 et non pas nécessairement lensemble des dimensions possibles des classes sociales. Il sagit donc là dun cas de généralisation abusive ; une société « ouverte » ne serait en effet nullement en soi une société sans classes mais simplement une société plus « juste » pour les individus et/ou les lignées. En second lieu, la problématique de la mobilité sociale devrait être considérée comme seconde. 3 En effet, la thématique de linégalité des chances daccès aux positions qui constituent lespace social na de sens que si ces positions savèrent plus ou moins hiérarchisées et associées à des inégalités de conditions ; dès lors, ce sont (chrono)logiquement ces derniers phénomènes qui doivent être étudiés prioritairement.
Compte tenu de ce qui précède, lévaluation des thèses du déclin des classes sociales menée ici sappuie sur une distinction entre, premièrement, la classe sociale objective (ou
2 On peut en effet distinguer trois grandes modalités de lidentité de classe (Chauvel, 2001a, 317-318) : lidentité temporelle, lidentité culturelle et lidentité collective. Lidentité temporelle ne se réduisant pas en outre à limperméabilité à la mobilité sociale (intergénérationnelle). 3 Son « succès » au sein de la communauté sociologique est certainement dû à des facteurs internes à la discipline, tels que la constitution dun paradigme dominant fortement institutionnalisé ou le développement de techniques statistiques sophistiquées, mais aussi à une certaine demande sociale en matière de « justice sociale » ou de « méritocracie ».
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