Versailles, côté jardins

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Au grand théâtre que fut Versailles au temps des rois, on ne s’ennuie pas côté jardins. Au milieu de ce décor exceptionnel, vivent et travaillent plusieurs centaines de personnes, sous la direction du directeur général des Bâtiments du roi. Pour Marigny et ses collègues, outre les problèmes de financement et d’organisation, c’est toute une population de taupiers, fontainiers, marins du Grand Canal ou gardes-bosquets qu’il faut administrer. La tâche n’est pas aisée : les ouvriers et les jardiniers forment une véritable ruche, indisciplinée et volontiers querelleuse, qui use de tous les subterfuges pour contourner les règlements. Ils ne sont pas les seuls. Pêche dans le Grand Canal, pique-niques improvisés dans les jardins, libertinage et même prostitution : la débauche qui régnait dans les jardins de Versailles poussa les administrateurs à limiter l’accès aux visiteurs.
En explorant la vie quotidienne des jardins de Versailles et les transformations qu’ils subirent de Louis XIV à la Révolution française, William Ritchey Newton nous guide à travers un lieu bien vivant, où les anecdotes et les petites histoires abondent.
Publié le : jeudi 27 juin 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791021001930
Nombre de pages : 272
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DU MÊME AUTEUR
Sociologie de la communauté de Port-Royal : Histoire, économie, Paris, Klincksieck, 1999. L’Espace du roi. La Cour de France au château de Versailles,1682-1689, Paris, Fayard, 2000. Prix de la section d’histoire de l’Académie des sciences morales et politiques, 2000. e La Petite Cour : Services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIII siècle, Paris, Fayard, 2006. e Derrière la façade : Vivre au château de Versailles au XVIII siècle, Paris, Perrin, 2008. Prix Simone-et-Cino-del-Duca pour Versailles en faveur de la recherche 2006 ; deuxième médaille du Concours des Antiquités de la France de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 2007 ; prix Jacques de Fouchier de l’Académie française, 2007.
WILLIAM RITCHEY NEWTON
VERSAILLES, CÔTÉ JARDINS
Splendeurs et misères, de Louis XIV à la Révolution
TALLANDIER
Éditions Tallandier – 2, rue Rotrou 75006 Paris
www.tallandier.com
© Éditions Tallandier, 2013 pour la présente édition numérique
www.centrenationaldulivre.fr
Réalisation numérique :www.igs-cp.fr
EAN : 979-1-02100-193-0 epub2.ade-ibooks.fr_extract_v0.1
PRÉFACE
La parution d’un ouvrage de William Ritchey Newton fait partie des moments attendus par un public féru de Versailles et de ses coulisses, passionné par une micro-géographie qui relève autant de la cartographie que de la sociologie − et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de celle de la Cour, ou plus exactement du détail de son quotidien. Ses deux précédents ouvrages consacrés à Versailles, nés d’une recherche passionnée, sont devenus des sortes dewho is where, auxquels tout curieux de l’Ancien Régime, de ses lieux et de ses mœurs, revient volontiers. Après tant d’ouvrages consacrés aux « dedans » de Versailles, n’était-il pas nécessaire que les « dehors » fussent à leur tour traités ? Dans l’esprit de tous, le nom de Versailles est attaché autant à ses bâtiments qu’à ses parterres et ses bosquets, ses fontaines et son Canal, son Grand et son Petit Parc, en un mot à ce jardin dont l’étendue et les proportions sont uniques dans l’Histoire, voulu par un roi, Louis XIV, et dessiné par un personnage dont le nom continue à fasciner : André Le Nôtre. En prononçant le mot « jardin », on ne peut s’empêcher de songer aux travaux pharaoniques qu’il fallut déployer un quart de siècle durant pour assécher un terrain marécageux, pour le « dresser » ou l’aménager en terrasses et points de vue, pour acheminer l’eau en quantité suffisante, afin d’alimenter les fontaines et pièces d’eau toujours plus nombreuses, aux jets toujours plus hauts, que parterres et bosquets, perspectives et surprises appelaient pour l’agrément du regard, le plaisir de la promenade et le prestige du royaume. On ne peut s’empêcher de songer aussi à la multitude d’hommes qui ont imprimé leur marque sur ces jardins royaux et plus particulièrement sur celui de Versailles, et dont on retrouve la silhouette anonyme sur les tableaux de Cotelle, d’Allegrain ou sur les gravures de Perelle. Leur présence n’est pas qu’ornement destiné à rendre la représentation des lieux plus vivante ; elle indique l’importance de ces hommes qui non seulement les ont entretenus, mais, bien plus, ont contribué à leur création, formant en France de véritables dynasties au service de la monarchie. L’étude des seuls jardins de Versailles montre que sur la période finalement très courte entre leur ébauche sous Louis XIII et le modèle achevé à la fin du règne de Louis XIV (1626-1685), seulement quatre familles de jardiniers ont régné sur Versailles et, par le jeu des alliances et des (1) nominations, sur la plupart des importants jardins royaux de cette époque . Si sous Louis XIII, le personnel des jardins se limite à deux jardiniers, Hilaire Masson et Gérard Tiphaine, leurs familles, par suite de mariages sucessifs, serviront dans les jardins tant de Versailles que des e Tuileries jusqu’au début du XVIII siècle. Quand Louis XIV décide en 1661 de faire quelques travaux pour augmenter cette maison dont Bassompierre affirmait qu’« un simple gentilhomme ne voudrait pas prendre vanité », il en confie le soin à un homme qu’il connaît. Si les Le Nôtre, comme d’autres dessinateurs de son époque, sont au service du roi depuis plusieurs générations, ce qui distingue André, c’est d’être contrôleur général de ses Bâtiments et d’avoir édifié les jardins de Vaux-le-Vicomte. Dès lors, affecté à Versailles avec l’architecte Louis Le Vau, le décorateur Charles Le Brun et le fontainier Francine, le jardinier André Le Nôtre va concevoir et réaliser le plus impressionnant décor extérieur que souverain ait osé imaginer. Pour réussir, André Le Nôtre emploie « ses » hommes, parmi lesquels une poignée de « jardiniers » : ils s’appellent Michel Le Bouteux, Marin Trumel assisté d’un plus jeune Henry Dupuis, et Pierre Collinot. Tous sont parents, tous travaillent ensemble depuis longtemps, chacun a une compétence. Michel Le Bouteux, dessinateur et « fleuriste », sera chargé de Trianon ; Jean Collinot, spécialiste dans l’art du treillage, du Petit Parc de Versailles ; les Trumel ont été étroitement associés à la création de Vaux-Le-Vicomte. Antoine, l’aîné, maître jardinier
« fleuriste », successivement jardinier à Vaux-Le-Vicomte, puis jardinier de l’Orangerie et des (2) pépinières royales du Roulle , deviendra jardinier du roi à Trianon. Son fils Laurent prendra sa succession tandis que sa fille épousera Olivier Fleurant, chargé de Clagny construit pour Mme de Montespan. Son frère, Marin, verra sa carrière se déployer avec la création et le développement des jardins de Versailles, il sera « gouverneur en son orangerie », charge qu’il laissera à sa mort à son gendre Henry Dupuis, lequel s’était d’abord fait remarquer comme spécialiste du tracé et des alignements. À la lecture de ces noms, ce qui frappe d’emblée, hormis les parentèles, ce sont les carrières qu’ils représentent. L’image du jardinier avec sa bêche ne se prête pas à ces personnages. Et pour cause. Sous le vocable de « jardinier » cohabitent des réalités très différentes. Si pendant longtemps la profession fut une, la distinction entre les différentes sortes de jardiniers s’établit e dans les faits et avec précision au cours du XVII siècle, pour se préciser définitivement sous le règne de Louis XIV, apogée de la profession. Pendant la première phase de travaux ordonnés par le roi dans ses jardins de Versailles, ce sont encore les mêmes jardiniers – les frères Masson, Laurent Perier, Macé Foucher, Marin Trumel et Henry Dupuis − qui travaillent tant au fruitier et au potager, qu’aux parterres et à l’entretien des allées qui délimitent les divers massifs boisés. Il n’y a pas de véritables attributions. Cependant très vite, l’extension du domaine du roi et la création de la Ménagerie et de la première Orangerie par Le Vau, puis celles de Trianon et du Canal, entraînent une répartition au sein du jardin qui n’est pas loin de recouvrir les distinctions telles que les décrira un Louis Liger e au début du XVIII siècle. À la fin du règne de Louis XIV, les comptes établissent avec clarté les attributions, réduisant pour les jardins de Versailles les responsables à trois jardiniers en chef : un pour le Potager, un pour Versailles – Henry Dupuis qui cumule alors les trois charges de l’Orangerie, du Petit Parc et du Pourtour du Canal −, et un pour Trianon. Chacun est appelé à dépasser ses compétences traditionnelles afin de s’adapter à un projet dont personne n’aurait pu soupçonner l’ampleur au départ. La pacification du royaume avec la fin des guerres de Religion et de la Fronde, les grandes découvertes scientifiques et le perfectionnement des instruments de mesure ont donné un formidable essor à l’art du jardin en l’élevant au rang de science, et à la profession du jardinier en lui donnant une place unique qu’il ne retrouvera jamais plus sous l’Ancien Régime. L’acquisition du savoir devient alors essentielle. Certes « c’est assurément un très grand avantage pour réussir dans une profession que d’être né de parents qui l’ont exercée, ou l’exercent avec succès. Les principes alors se pratiquent presque sans peine, et pour peu que (3) l’on joigne de nouvelles connaissances à celles dont on a hérité ». Mais, bien plus, le jardinier doit être « universel en son art » selon l’expression du théoricien et jardinier Jacques Boyceau. Certes il doit savoir bêcher, planter, tailler, lire, écrire, « portraire, dessiner ; car c’est du portrait que dépendent la connaissance et le jugement des choses belles, et le fondement de toutes les mécaniques ; non que j’entende qu’il aille jusqu’à la peinture ou sculpture, mais qu’il s’emploie principalement aux particularités qui regardent son art, comme les compartiments, feuillages, moresques et arabesques ». Plus que jamais, « il faudra monter à la géométrie pour les plans, (4) départements, mesures et alignements, voire, s’il est gentil garçon, jusqu’à l’architecture », posséder des connaissances d’arithmétique et s’informer des nouvelles méthodes liées à l’astronomie et la cartographie. Telles sont les raisons pour lesquelles l’école du Roule est créée avec, entre autres un professeur de mathématiques, le sieur de Beaulieu, chargé de former les jardiniers du roi entre 1678 et 1690. Être jardinier en chef, c’est être un véritable chef d’entreprise, capable de diriger les nombreuses équipes nécessaires à la création de ces jardins avec leurs éléments constitutifs de plus en plus élaborés. Le métier touche aux travaux d’ingénierie et de terrassement, lequel (5) désormais relève de l’aménagement complet d’un territoire . Le jardinier en chef doit être capable d’élaborer des cabinets de treillage pour un bosquet comme celui de l’Encelade, tracer des allées rectilignes sur plusieurs kilomètres, creuser des pièces d’eau comme celle de l’Île
(6) royale ou le Grand Canal , ou encore participer aux fondations de la construction de l’Orangerie – ce que fera un Henry Dupuis ! Le jardinier du roi n’est cependant pas un simple entrepreneur. Même si des contrats peuvent le lier à l’administration des Bâtiments, dans la plupart des cas ces contrats ont été précédés de l’attribution d’un brevet, quelquefois reçu en survivance car les jardiniers du roi sont avant tout des officiers, non pas au sens militaire actuel, mais au sens juridique. En tant que tels, ils sont (7) titulaires d’un office, véritable « dignité avec fonction publique ». Établi par lettre de provision ou brevet, l’officier exerce une fonction permanente, régulière et ordinaire, qui peut être éminente ou de moindre importance. À l’office sont rattachés des revenus et des privilèges pouvant pour les offices supérieurs aller jusqu’à l’anoblissement au premier et au second degré. Héréditaire et vénal, l’office est devenu de fait comme « un métier de famille » selon l’expression de Montesquieu. « Que ce soit sur le plan politique, institutionnel, social, économique ou (8) financier, l’office est au cœur de toute lecture de l’Ancien Régime . » Si les effets des mariages et de la transmission des charges par « survivance » de brevet permettent aux fils ou gendres de jardiniers du roi de succéder à leurs pères ou beaux-pères, c’est parce qu’ils possèdent deux qualités inséparables : la fidélité et la compétence. L’une ne va pas sans l’autre ; les cas de sanctions, jusqu’à la destitution en cas de manquement, sont rares, mais existent. De fait, comme la plupart des métiers sous l’Ancien Régime, celui de jardinier se caractérise donc par une forte endogamie liée à la confiance et à la transmission du savoir-faire. Mieux rémunérés que les jardiniers employés par des particuliers, les jardiniers du roi perçoivent un salaire fixe dont on retrouve le montant dans les comptes des Bâtiments du roi à la rubrique « Gages, appointements et entretiens des officiers des Bâtiments de Sa Majesté ». Ils doivent cependant payer sur leurs émoluments les plants et la main-d’œuvre ordinaire, nécessaires à l’entretien des jardins royaux. À leurs gages s’ajoutent des rémunérations ponctuelles justifiées e par des travaux extraordinaires, mais aussi des avantages en nature. Si au XIV siècle, le (9) jardinier recevaitune pièce de chair par jour, trois siècles plus tard, ces avantages ont pris la forme de dons de places à bâtir à Versailles, induits par le besoin de bâtir une ville nouvelle pour accueillir la Cour. Comme tous les officiers, les jardiniers sont logés sur place, ce qui n’est pas sans importance dans la mesure où « le château de Versailles symbolise en quelque sorte le (10) sommet d’une société hiérarchisée jusque dans ses moindres manifestations ». Cette profession n’est pas pour autant réservée aux hommes : Versailles n’est pas révélateur des pratiques des autres jardins royaux. Ainsi aux Tuileries, rencontre-t-on plusieurs femmes, jardinières en chef qui, en raison de leurs compétences, ont pu hériter de la charge de leur père ou de leur conjoint au moment de leur décès. Les jardiniers du roi ne travaillent pas que pour leur souverain. Saint-Simon assure qu’André Le Nôtre « travaillait pour les particuliers comme pour le roi, et avec la même application, ne (11) cherchant qu’à aider la nature et à réduire le vrai beau au moindre frais qu’il pouvait ». Il est vrai qu’à une époque où les jardins connaissent en France une fureur peu croyable, Le Nôtre et les membres de son équipe manquent d’autant moins de travail que « pourvu qu’il soit au roi tout le monde veut l’avoir ». Visconti note dans sesMémoiresLe Nôtre gagnait beaucoup que plus d’argent en travaillant auprès des particuliers qu’avec le roi. Cela se vérifiera pour tous les jardiniers qui, les années passant et les finances se dégradant, éprouveront les plus grandes difficultés à se faire payer ou rembourser par l’administration royale. Assimilé aux offices les plus éminents, l’office de jardinier du roi permet sous Louis XIV l’anoblissement. André Le Nôtre n’est pas le seul « jardinier » à en avoir bénéficié. Jean Collinot sera fait seigneur de Joinville. « Henry Dupuis, jardinier du Roy ayant l’entretoiement de l’orangerie et jardin de Sa Majesté à Versailles et André Dupuis, jardinier du Roy ayant l’entretenement du jardin et orangerie de Trianon portent : d’azur à un chevron d’argent surmonté d’un soleil d’or et accompagné de trois branches d’oranger de même fleuries et (12) bourbonnées d’argent et posées deux en chef et une en pointe . » La carrière d’Henry Dupuis, qui s’étale de 1661 à 1703, est à cet égard révélatrice de l’étendue du domaine d’intervention d’un jardinier du roi sous Louis XIV.
Enfin, les jardins de Versailles n’auraient pu être ainsi imités en France et à l’étranger sans la publication de leurs dessins, dès cette époque, ou sans la présence d’un certain nombre de jardiniers du roi sur les différents grands chantiers. Créer, entretenir, diffuser sont les trois facettes de l’activité du jardinier en chef sous Louis XIV, véritable âge d’or de cette profession. Aussi après les gigantesques chantiers du siècle précédent, les créations ou replantations sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI ont suscité de la part de l’historiographie moins d’intérêt. À tort. Par bonheur, Richard Williams Newton a choisi de s’y intéresser. Il le fait à sa manière, avec un regard d’entomologiste, et nous invite à butiner les mille et un détails e pittoresques du quotidien de ces jardins au XVIII siècle. À travers quelques sources archivistiques choisies, il nous emmène en une promenade qui s’étend du lendemain de la mort de Louis XIV jusqu’au départ de la famille royale en septembre 1789. Le lecteur découvrira avec étonnement ou retrouvera avec amusement cette foultitude de métiers et d’hommes qui furent leur vie durant au service de la monarchie, et plus particulièrement de Versailles et de ses jardins. Dans les allées sablées, le regard se porte moins sur les charmilles désormais abandonnées que sur les palissades de treillage que l’on refait et les fils de fer nécessaires à les assembler. Le détail des querelles entre gardes-bosquets et taupiers ou les expédients financiers, comme celui de la « caisse à lapins », qu’il faut trouver pour rémunérer les innombrables services e rendus sont remis dans le contexte général de ce XVIII siècle financièrement surendetté, où l’intérêt de Louis XV et de Louis XVI se porte davantage sur la botanique et l’agronomie que sur l’art du jardin. Il est vrai que Marie-Antoinette a su imprimer sa marque en ce domaine. On sort de cet ouvrage à la fois enchanté par tant de détails et fasciné par l’importance du travail et des savoir-faire qu’il aura fallu déployer et conjuguer pour arriver à ce modèle universellement admiré que furent les jardins de Versailles. Patricia BOUCHENOT-DÉCHIN
Notes
(1)Voir Patricia B OUCHENOT-DÉCHIN,Henry Dupuis, jardinier de Louis XIV,Perrin-Château de Versailles, 2001. (2)CBR, I, col. 459, année 1670. (3)Ch. PERRRAULT,Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, 2 vol., Paris, 1700. (4)DE LA  Jacques BOYCEAU BARAUDERIE,Traité du jardinage selon les raisons de la nature et de l’art,Paris, 1638, 29sq. (5)Thierry MARIAGE,L’Univers de Le Nostre, Pierre Mardage, Bruxelles-Liège, 1990. (6)OUCHENOT-DÉCHIN, « Les mesures topographiquesARHAT et Patricia B Voir Georges F pour le Grand Canal de Versailles », catalogueSciences et curiosités à la cour de Versailles, RMN, 2010, 79-84. (7)LOYSEAU, premierLivre du droit des offices, 1610. (8)Mireille JEAN, « Offices », Dictionnaire de l’Ancien Régime, sous la dir. de Lucien B ÉLY, 1996, 920-923. (9)BNF, man. fr., coll. Clérambault, cité par Clément J UBIN inJardiner à Paris au temps des rois, sous la dir. de Martine C ONSTANS, AAVP, 2003, 98. (10)Norbert ELIAS,La Société de cour, Flammarion, 2002, p. 19-20. (Traduction française de Die höfische Gesellschaft). (11)Duc de SAINT-SIMON,Mémoires, VII, 191sqq. (12)Armorial, 1696.
AVANT-PROPOS
er Louis XIV s’éteignit le 1 septemdre 1715 après un règne qui avait Duré soixante-Douze années. ImméDiatement son arrière-petit-fils parut au dalcon et la foule l’acclama : le nouveau roi avait cinq ans. Philippe D’Orléans, chargé D’assurer la régence penDant la minorité De Louis XV, était trop réaliste pour ne pas comprenDre que l’immense Dépense Du château De Versailles n’était ni nécessaire pour un jeune roi, ni possidle pour un royaume écrasé par les Dettes. Il DéciDa Donc le retour De la Cour à Paris et annonça une série De reformes Destinées à épargner les frais inutiles. Pour commencer, on parla De congéDier 1 200 garDes Du corps Du roi, réalisant imméDiatement une économie De 4 000 livres par jour. À la Petite Écurie, service chargé Des carrosses et véhicules Du roi, on voulut venDre 400 chevaux et ne conserver que 4 attelages. Le château De Versailles Devait être fermé. Les courtisans n’auraient plus l’usage De leurs haditations Dans les ailes. e même, la haute Domesticité, qui haditait au GranD Commun, se trouvait Délogée parce que penDant la minorité Du roi, son service personnel serait réDuit à une poignée De fiDèles. ans ce contexte D’économies et De restrictions sévères, que DevienDrait le prestigieux Domaine ? Sans roi, sans Cour, à quoi don les célèdres jarDins ? On proposa même De fermer une partie Du Petit Parc au-Delà Du GranD Canal et De le louer à Des particuliers qui y cultiveraient Des céréales. On parla De congéDier les gonDoliers et se séparer De quatre cents manœuvres qui travaillaient à Trianon, à Marly, à Fontainedleau et à Versailles, où l’on envisageait De se contenter D’une Douzaine. e même, les suisses qui garDaient les grilles aux portes Du Parc seraient réDuits au nomdre De six. La ville, le Château et le omaine, y compris le Petit et le GranD Parc, furent placés sous l’autorité De Louis Blouin, gouverneur et intenDant Des châteaux De Versailles et De Marly Depuis 1701. Premier valet De chamdre – office hérité De son père –, il avait servi Louis XIV Depuis 1678. Le futur commissaire De police De la ville, Pierre Nardonne, odserva que « Versailles était 1 alors comme une ville adanDonnée où le feu aurait passé penDant Dix-huit mois . » Afin De soulager financièrement la population, Blouin odtint Dès novemdre 1715 l’exemption De la taille pour les citoyens De la ville royale. Cet avantage eut un effet imméDiat : l’afflux De Parisiens, à qui le gouverneur loua Des logements Dans le GranD Commun, aux écuries et même au Château. « Quantité D’honnêtes gens [étaient] heureux D’y jouir en paix De la deauté Des promenaDes et De la donté De l’air », nota le policier. Les JarDins Du roi, à cette époque ouverts au pudlic, Devinrent pour les haditants De la capitale une sorte De villégiature, et l’un Des premiers plaisirs était, le Dimanche, D’aDmirer le jeu Des fontaines et Des eaux, que Blouin introDuisit au printemps De 1717. Il y eut Des visiteurs De marque : le plus fameux fut le tsar Pierre le GranD. Enfin, le 15 juin 1772, la Cour revint à Versailles avec son jeune roi, et les Versaillais laissèrent éclater leur joie. On rapporta que les jeunes De la ville, « vêtus comme un jour De fête, avec Des touffes De rudans dleus et dlancs […] entourèrent le carrosse et ne le quittèrent qu’après que Sa Majesté eut mis pieD à terre pour monter Dans son appartement, aux cris De 2 Vive le roi ! ». Le retour De la Cour, pensaient-ils, signait le renouvellement De la prospérité économique. Le JarDin strictement Défini s’étenDait Du Château jusqu’à la grille Du Bassin D’Apollon. Au-Delà, se trouvait le Petit Parc, qui avait atteint sa superficie Définitive en 1689, couvrant 3 1 738 hectares . Le jeune Bien-Aimé trouva que les lieux mis en scène par son aïeul, malgré cinquante ans De Développement, De changements ou De réaménagements, n’avaient que peu changé penDant
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