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Victime-Agresseur. Tome 4

De
128 pages

La réitération d'actes transgressifs ou meurtriers témoigne de répétitions compulsives qui échappent aux logiques du lien social. Les « tueurs en série » émargent à cette catégorie de récidiviste. Ils entretiennent l'ambivalence de la terreur, les butées des expertises et, somme toute, de la fascination tant leur violence fait écho à l'abjection et la barbarie potentielle de l'(in)humain.


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Victime-Agresseur
Tome 4
Récidive, réitération, répétition
Lien d’emprise et loi des séries

 

sous la direction

de Louis Crocq et de Philippe Bessoles

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présentation du livre : La réitération d'actes transgressifs ou meurtriers témoigne de répétitions compulsives qui échappent aux logiques du lien social. Les « tueurs en série » émargent à cette catégorie de récidiviste. Ils entretiennent l'ambivalence de la terreur, les butées des expertises et, somme toute, de la fascination tant leur violence fait écho à l'abjection et la barbarie potentielle de l'(in)humain.

Auteurs : Louis Crocq (sld), professeur agrégé de psychiatrie, docteur en psychologie est professeur associé à l’Université Paris V. Médecin Général des Armées, il ouvre les premières consultations pour victimes de traumatismes psychiques (1987, Hôpital Saint-Antoine, puis en 1997, Hôpital Necker). En 1995, il crée les cellules d’urgence médico-psychologiques en France. Ses travaux font autorité sur la scène internationale en particulier ceux sur la névrose traumatique et la névrose de guerre.Philippe Bessoles (sld), psychologue clinicien, psychanalyste, est docteur en psychopathologie clinique. Enseignant chercheur à l’université, il intervient au DU de sciences criminelles (faculté de droit), de dommages corporels et capacité en médecine légale (faculté de médecine). Ses travaux portent sur les figures du lien à l’épreuve traumatique en victimologie clinique.

 

Table des matières

Auteurs

PROBLÉMATIQUEGÉNÉRALECriminalité sexuelle et récidive

Introduction

Récidive (s) : récidive, réitération, répétition

Délinquance sexuelle : récidive et traitement

Évaluation clinique et récidive

Revue bibliographique

Le QICPAAS (Questionnaire d’investigation clinique pour les auteurs d’agressions sexuelles)

Les techniques projectives

Les questionnaires et inventaires de personalité

Dangerosité criminelle et propension à la récidive

Le syndrome de répétition Formes cliniques et signification

I- Clinique du syndrome de répétition

II- Signification et fonction du syndrome de répétition

Conclusion

Torture et emprise temporelle Enjeux cliniques et thérapeutiques

Problématique générale

Une clinique de la double aliénation

Tableau clinique

Revue de la question

Hypothèse clinique

Arguments

Conclusion

La répétition traumatique chez l’enfant

Conclusion

Emprise et répétition

La puissance du fantasme

La pulsion d’emprise

La victime de choix

La répétition identificatoire

La jouissance

Une chair de sensation

L’empire des sens

Illustration clinique : Joséphine

Victimisation secondaire : quelle prévention ?

La récidive Aspects juridiques

La loi : « Bon débarras ! »

Une logique d’élimination

Les techniques d’élimination

Les politiques d’élimination

Une logique d’aggravation

L’aggravation en fonction de la peine déjà prononcée

L’aggravation en fonction de la peine déjà encourue

Le juge : « Quel embarras ! »

Une décision lourde de conséquences

Avant condamnation

Après condamnation

Une décision contrôlée

Le contrôle des motifs

Le contrôle du contradictoire

Le délinquant récidiviste, le délinquant transitoire et le délinquant persistant Repères psychologiques

réitérant ou récidiviste ?

la délinquance transitoire et la délinquance persistante

caractéristiques des délinquants persistants

Attitude des délinquants et traitement

Conclusion

Le recours à l’acte : un processus archaïque

Du passage au recours à l’acte

La violence en acte

Retrouver l’objet primaire

Anéantissement

Cauchemars

La galère volontaire de l’écorché vif

L’emprise

Phobies

Les figures du déni

Le recours à l’acte

Infraction sexuelle et récidive :  des chiffres aux prédicteurs

Les chiffres et leurs pièges

Les données officielles

Les prédicteurs de la récidive

Les prédicteurs statiques spécifiques de la récidive sexuelle

Les prédicteurs dynamiques de la récidive

La récidive un procédé de « calmance » psychique

L’emprise du rite

La répétition dans le symptôme

Illustration par deux études de cas

Le rite et la répétition

Inceste père-fille : l’écho d’une souffrance

Du côté des pères

Lien père-fille

Liens mère-fille

Inceste père-fille ou l’écho d’une répétition

La répétition dans le conte : une mise en scène de la substitution

« La plus puissante de toutes les figures »

Une loi du genre

L’apprentissage de la métamorphose

Répétition, coupure, continuité

Viol et métamorphoses Le passage de la reviviscence à la remémoration

De la reviviscence…

… à la remémoration…

…pour parvenir à une métamorphose

Catharsis ou mimesis ? Violences télévisuelles et mise en scène délinquante

Du scepticisme aux méthodes d’investigation des effets

De l’image au comportement réel  : les mécanismes

Remarques conclusives

 

ACTESDUCOLLOQUE

DEVICTIMOLOGIEETPSYCHO-CRIMINOLOGIECLINIQUE

et varia

Grenoble, mai 2003

Sous la présidence d’honneur du Professeur Louis Crocq

 

Direction scientifique du colloque

Philippe BESSOLES, docteur en psychopathologie clinique, maître de conférences des universités, habilité à diriger des recherches, laboratoire de psychopathologie clinique et pathologique, Université PM France, Grenoble II.

Membres du comité scientifique

– Luc BARRET, professeur de médecine légale, ancien président de l’INAVEM (Institut national d’aide aux victimes et de médiation), chef de service CHU, Grenoble.

– Catherine BLATIER, professeur de psychologie, directrice du laboratoire de psychologie clinique et pathologique, sciences de l’homme et de la société, UPMF, Grenoble II.

– Louis CROCQ, professeur de psychiatrie, docteur en psychologie, médecin général des Armées, fondateur des cellules d’urgences médico-psychologiques, professeur associé à l’Université Paris V, René Descartes.

– Liliane DALIGAND, professeur de médecine légale, psychiatre, présidente de la société française de victimologie, directrice du diplôme universitaire de IIIe cycle « Victimologie et nuisance sectaire », Université Lyon I.

– Patrick MAISTREDU CHAMBON, professeur de droit pénal, ancien doyen de la faculté de droit, Grenoble II, président de la conférence des doyens.

– Christian MORMONT, professeur de psychologie, directeur du laboratoire de psychologie clinique, Université de Liège, Belgique.

– Gérard POUSSIN, professeur de psychologie, laboratoire de psychologie clinique et pathologique, UPMF, Grenoble II, ancien directeur de CMPP.

– Patrick-Ange RAOULT, maître de conférences des universités, IUFM Grenoble, Chambéry, Université PM France, Grenoble II.

Les auteurs de l’ouvrage renoncent à leurs droits d’auteur au profit de l’Institut méditerranéen de victimologie clinique, association de recherche scientifique en sciences criminelles cliniques, fondé en 1999 par Éric Baccino et Philippe Bessoles.

Le comité scientifique et d’organisation remercient le professeur Théophile Ohlmann, vice-président du Conseil scientifique, chargé de la recherche et la direction de la recherche de l’Université Pierre Mendés-France de leur soutien ainsi que le professeur Louis Crocq de l’Université Paris V-René Descartes d’avoir accepté la présidence d’honneur de ce IVe colloque national de victimologie et psycho-criminologie clinique.

Nos remerciements au laboratoire de psychologie clinique et pathologique de l’UPMF-Grenoble II en particulier à Jacques Durand, Isabelle Billon-Galland, Michèle Myslinski, maîtres de conférences des universités, pour leur contribution au titre de discutant des communications plénières ainsi que le docteur Philippe Vittini du CHU de Grenoble.

Nos remerciements à l’INAVEM (Institut national d’aide aux victimes et de médiation, Jean-Luc Domenech, Paris), l’ALFEST (Association de langue française pour l’étude du stress et du trauma, Paris), la SFV (Société française de victimologie), la faculté de médecine-Université Lyon I (professeur Liliane Daligand), la faculté de médecine-Grenoble I (professeur Luc Barret), la faculté de droit-Université Grenoble II (professeur Patrick Maistre du Chambon), au service de psychologie clinique de l’Université de Liège, Belgique (professeur Christian Mormont), et à la revue internationale francophone « Stress et Trauma » (professeur François Lebigot, Paris).

Nos remerciements à madame Patricia Grand, conseillère territoriale du Gouvernement territorial de la Polynésie française, présidente de la Commission de la Santé et de la Recherche de l’Assemblée territoriale de la Polynésie d’avoir honoré de sa présence ce quatrième colloque national Victime-Agresseur de Grenoble.

Auteurs

. BARRET Luc, professeur de médecine légale, ancien président de l’INAVEM (Institut national d’aide aux victimes et de médiation), Paris, chef de service, CHU Grenoble. Faculté de Médecine, Université Grenoble I.

. BÈGUE Laurent, maître de conférences des universités, psychologie sociale, directeur du département de psychologie, Université Grenoble II.

. BESSOLES Philippe, maître de conférences des universités, psychologie clinique et pathologique, HDR, Université Grenoble II.

. BLATIER Catherine, professeur de psychologie, directrice du laboratoire de psychologie clinique et pathologique, Université Grenoble II.

. CABANAT Anne-Marie, professeur agrégé, doctorante en Lettres modernes, Université P. Valéry Montpellier III.

. CIAVALDINI André, docteur en psychologie clinique, chargé de cours, Université Grenoble II.

. CROCQ Louis, professeur de psychiatrie, docteur en psychologie, professeur associé à l’Université Paris V, fondateur des cellules d’urgences médico-psychologiques.

. CORMON Véronique, psychologue clinicienne, chargée de cours, Université Paris V-René Descartes. DU de Victimologie, Hôpital Necker-Enfants Malades.

. DALIGAND Liliane, professeur de médecine légale, chef de service, CHU Lyon. Présidente de la Société française de victimologie, Paris. Faculté de médecine, Université Lyon I.

. GUITER Bernard, docteur en psychologie, docteur en sociologie, docteur en histoire des civilisations, chargé de cours, Université P. Valéry Montpellier III.

. PIN Xavier, maître de conférences en droit pénal, Faculté de droit, Université Grenoble II.

. POUSSIN Gérard, professeur de psychologie, psychologie clinique, Université Grenoble II.

. RAOULT Patrick-Ange, maître de conférences des universités, psychologie clinique, IUFM Université Grenoble II.

. RAZON Laure, maître de conférences des universités, psychologie clinique, Université de Strasbourg.

PROBLÉMATIQUEGÉNÉRALE
Criminalité sexuelle et récidive

Philippe BESSOLES

 

INTRODUCTION

La notion de récidive est une donnée initialement médicale. Elle apparaît dès 1560 dans le vocabulaire médical et sera reprise dans le domaine juridique en 1593. L’étymologie du mot « récidive » vient du latin recidivus qui signifie « qui revient », « qui retombe ».

Si l’on s’en tient à la notion juridique telle qu’elle est clairement définie dans le nouveau Code Pénal, il y a récidive « lorsqu’à la suite d’un acte judiciarisé (crime ou délit), on assiste à la réitération d’une judiciarisation pour un nouveau délit » (A. Ciavaldini, 1999). Trois occurrences se présentent pour le pénaliste :

La récidive générale et perpétuelle correspond, à la suite d’une condamnation pour crime et délit d’au moins 10 ans d’emprisonnement ferme, à une nouvelle condamnation pour crime.

La récidive générale et temporaire correspond, à la suite d’une condamnation pour crime et délit d’au moins 10 ans d’emprisonnement ferme, à une nouvelle condamnation pour délit puni de 1 à 10 ans d’emprisonnement.

La récidive spéciale et temporaire correspond, à la suite d’une condamnation pour un délit, à une nouvelle condamnation pour un même délit.

Sur le plan de la psychopathologie clinique, la problématique semble plus complexe à plusieurs titres. La notion de récidive est au centre de la clinique expertale tant dans ses aspects conceptuels (transgressions, rapport à la loi, analyse différentielle avec le concept de répétition et de réitération, champs épistémiques de référence,…), méthodologiques et techniques (diagnostic, pronostic, accessibilité aux soins, évaluation des facteurs de risques, degré de dangerosité,…), et éthique (rapport au fantasme, risque de passage à l’acte,…).

Le degré de dangerosité, particulièrement flou à circonscrire tant sur le plan sémiologique que sur le plan psychopathologique, semble cependant un critère majeur pour les magistrats quand à leurs décisions d’incarcération ou de placement en structure psychiatrique (C. Mormont, 2003).