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Violences institutionnelles

De
156 pages

La vie des institutions et des équipes professionnelles n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est souvent ponctuée par des moments de crise, parfois de violences. Des actes, des attitudes, des propos, des écrits évoquent cette notion actuelle de violence institutionnelle. Celle-ci est à comprendre comme une résultante d’un jeu de compromis entre des pressions contradictoires. Dans ses formes extrêmes, cette violence met en danger des personnes et des structures, et produit des traumatismes. Articulant le sujet singulier et le collectif, l’intervention de cliniciens psychologues devient indispensable pour travailler l’ajustement des liens d’altérité et les processus de métabolisation. S’étayant sur une théorisation de la violence institutionnelle et sur une grande pratique professionnelle, l’auteur explicite clairement les protocoles d’intervention clinique institutionnelle dans différents types de structures : éducative, sanitaire, médico-éducative, industrielle ou de service. Il montre les possibles d’une action clinique de médiation entre le manifeste et le latent des conflits de forces antagonistes, restaurant par-là les opportunités de productions créatrices chez l’humain. L’ouvrage présente de nombreux exemples ilustrant la démarche d’analyse et d’intervention.


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VIOLENCESINSTITUTIONNELLES,ANALYSEETINTERVENTIONS
THÉORIESETPRATIQUESCLINIQUES.
BERNARDGAILLARD
Présentation du livre :La violence institutionnelle est à comprendre comme une résultante d’un jeu de compromis entre des pressions contradictoires. Dans ses formes extrêmes, cette violence met en danger des personnes et des structures, et produit des traumatismes. Articulant le sujet singulier et le collectif, l’intervention de cliniciens psychologues devient indispensable pour travailler l’ajustement des liens d’altérité et les processus de métabolisation. S’étayant sur une théorisation de la violence institutionnelle et sur une grande pratique professionnelle, l’auteur explicite clairement les protocoles d’intervention clinique institutionnelle dans différents types de structures : éducative, sanitaire, médico-éducative, industrielle ou de service. Il montre les possibles d’une action clinique de médiation entre le manifeste et le latent des conflits de forces antagonistes, restaurant par-là les opportunités de productions c réatrices chez l’humain. L’ouvrage présente de nombreux exemples illustrant la démarche d’analyse et d’intervention. Auteur :Bernard Gaillard est psychologue, enseignant émérite et chercheur (Rennes). Il a travaillé notamment sur les violences et les maltraitances institutionnelles. Il l’auteur d’une dizaine d’ouvrages abordant ces sujets.
Table des matières
Préface
Introduction
Chapitre 1 Violences institutionnelles, leur polymorphisme et leur paradigme 1.1 Précisons leurs contours 1.2 L’institution, ses définitions, ses logiques
Chapitre 2. Intervenir comme clinicien institutionnel 2.1)Théorie de la crise et de la demande 2.2) Répondre à la désignation de l’objet violent ou perturbant 2.3) Exemple d’intervention de crise au sein d’une Maison d’enfants 2.3)Une intervention clinique institutionnelle 2.4) L’Analyse Institutionnelle comme modèle d’inte rvention clinique 2.5)Un conflit inter-subjectif aux différents plans 2.6)Eléments de pratique d’analyses institutionnelles 2.7)Exemple d’intervention dans une institution éducative violente
Chapitre 3 Violences en milieux de travail 3.1) Le harcèlement au travail 3.2) Clinique de l’intervention en milieu professionnel
Conclusion
Bibliographie
Préface
Passionnante, mais particulièrement complexe, la cl inique des violences institutionnelles surprend par le polymorphisme des dysfonctionnements qu’elle met au jour et les manifestations individuelles et collectives qu’elle suscite. L’ouvrage présenté par Bernard Gaillard « violences institutionnelles, analyses et interventions », d’une richesse exemplaire par la d iversité des concepts théoriques mobilisés et des illustrations cliniques , offre des clés d’analyse, de compréhension et d’intervention au sein de cette réalité. Alors que les institutions médico-psycho-sociales d ans lesquelles sont placés les sujets sont le plus souvent des lieux se nsés protéger des usagers vulnérables qui, de par leur histoire de vie, ont p u vivre des événements douloureux ; alors que les institutions éducatives visent l’autonomie, l’apprentissage et l’inscription dans le lien socia l ; alors que les institutions pénales constituent des temps de retrait social qui doivent aussi accompagner les sujets vers la réinsertion, la responsabilisation et l’évitement de la récidive, … l’espace institutionnel peut paradoxalement être un lieu de victimisation ou de survictimation et un espace où les sujets usagers p euvent faire l’expérience de dysfonctionnements institutionnels du lien social, voire de violences de la part de personnes qui sont en position d’autorité et représ entent symboliquement la société. L’espace institutionnel peut aussi être un lieu de souffrance pour les professionnels, comme en témoignent la diversité de s faits divers, le développement d’une symptomatologie en lien avec l’ activité professionnelle (symptômes psychologiques, somatiques et/ou des tro ubles qui affectent leur santé et leur intégrité), le recrutement de plus en plus fréquent de psychologues intervenant auprès des professionnels, mais aussi le nombre de travaux portant sur les risques psychosociaux, l’épuisement profess ionnel et la souffrance au travail. Si l’ouvrage est avant tout centré sur les violence s de l’institution, comme clinique des dysfonctionnements institutionnels, le s illustrations cliniques mettent également au jour les mutations sociales qui suscitent des changements dans les fonctionnements institutionnels, dans le rapport de s professionnels à leurs institutions et aux idéalités fondatrices de ces de rnières. Lorsque ces changements ne sont pas accompagnés, ils pourront ê tre vécus comme violents. Dans une société elle aussi en crise, mue par des l ogiques gestionnaires et économiques et traversée par des mutations qui la c onduisent à être de plus en
plus préoccupée par l’attribution de responsabilité s individuelles, les institutions diverses apparaissent perméables aux transformation s sociales qui mettent en avant la promotion de soi, l’autonomie, la responsabilisation. Sommés de rendre visibles leurs interventions, les professionnels peuvent avoir le sentiment de passer à côté de ce qui, pour beaucoup, constitue le fondement de leur action : la relation humaine, au profit d’une « gestion des flux » et d’une bureaucratisation (multiplicité des écrits , rapports et documents à remplir). Ce déplacement se ferait au détriment d’u ne intervention qualitative, en décalage avec la diversité des problématiques des s ujets et les valeurs professionnelles des agents, renvoyant plus largeme nt à ce que Castel (1983) nommait une « crise de la clinique ». Cette dernière est à entendre au sens d’une crise de la relation personnalisée entre le profess ionnel et le sujet, au profit d’une technicisation de la relation professionnelle à tra vers le développement d’outils divers qui laissent moins de place à la relation in tersubjective, diminuant l’autonomie et l’appréciation subjective des profes sionnels. Ces différents aspects affectent le jugement de valeur des profess ionnels sur leur propre intervention et, corrélativement, ces transformatio ns suscitent des interrogations autour du « sens » et de la perte de sens de l’acti vité professionnelle. « Quand l’institution en vient à privilégier sa propre surv ie au détriment de l’écoute de ses usagers » et de l’accompagnement de leurs difficultés ou souffrances, allant vers une « gestion managériale » qui viserait à mieux pr édire le déroulement des pratiques elles-mêmes, dans une forme de protection du système en offrant une visibilité des interventions en termes d’effectivité et d’efficience, elle ouvre la voie à « une rationalité gestionnaire technicienne (qui) en viendrait à éluder la question du sens, des finalités et de la pertinence-même de l’intervention » (Mary, 2006). Ces nouvelles formes de rationalités associé es aux dysfonctionnements institutionnels peuvent mettre à mal le système de valeurs des intervenants, tant dans leur rapport aux usagers, au cadre institution nel et aux figures d’autorité, générant malaise, souffrances mais aussi différente s formes de réactions qui peuvent participer à leur tour à entraver le respec t de l’altérité et seront vécus comme autant de violences pour ceux qui les subissent. En contraste avec ces évolutions, l’approche des violences institutionnelles développée dans cet ouvrage restitue une clinique d u sujet dans ses rapports aux contextes, aux cadres et aux relations professi onnelles. Elle interroge à la fois les effets produits sur un plan individuel et collectif et le sens de ceux-ci. La question du sens demeure centrale et fondamentale d ans l’investigation opérée ; elle est source constante d’interrogation à travers une mise en tension dialectique du rapport subjectif des acteurs aux normes et règl es, à l’altérité, au temps, à l’espace, mais aussi aux idéalités fondatrices de l ’institution. La parole est
donnée aux acteurs afin qu’ils expriment leur perception et leur vécu. Si l’auteur rappelle que l’objet de la demande d’in tervention du clinicien est toujours à interroger, elle se fait le plus souvent à la faveur d’une crise institutionnelle, lorsque les problématiques en jeu , positions professionnelles et rapports divers peuvent être conflictualisés et éno ncés. De façon plus insidieuse, lorsque les violences ne peuvent se dire, c’est par fois le retentissement médiatique d’un événement dramatique, ou plus simpl ement l’arrivée d’une nouvelle personne, au regard extérieur, qui sera le révélateur des maltraitances, humiliations qui peuvent se développer, à l’insu mê me de leur acteur. Cette mise au jour par un changement ou une rupture dans le mo de de fonctionnement de l’institution permettra une prise de distance et pa rfois une prise de conscience des dysfonctionnements institutionnels, des souffrances psychiques, individuelles ou groupales, qui s’insinuent dans les relations pr ofessionnelles, mettant à mal l’altérité fondatrice de l’institution. La sollicit ation d’un tiers extérieur se fait toujours à la faveur d’un malaise. Son appel est le signe d’un échec et d’une attente de solution à son égard. A l’instar de l’ap proche individuelle, l’intervention du clinicien se situe dans un écart entre la demand e première et ce qu’il analysera de la situation. L’intervention du clinic ien en institution suppose de solides connaissances et compétences dans le champ de la clinique institutionnelle et une formation à la démarche d’intervention, ce que nous livre de manière étayée et pédagogique Bernard Gaillard à travers son ouvrage.
Au-delà de la richesse des apports théoriques pluri disciplinaires et des illustrations cliniques, l’ouvrage offre une modéli sation (Le Moigne, 1999), au sens d’une potentialité de mise en représentation e t en sens de la réalité complexe du fonctionnement/dysfonctionnement instit utionnel, à travers la proposition de différents champs d’investigation et d’une démarche générale d’analyse. Du fait du polymorphisme des « objets v iolents », des dysfonctionnements, des institutions auxquelles s’a dresse l’intervention,…la démarche proposée suppose de laisser en suspens, au moins dans un premier temps, le contenu, pour se tourner et s’interroger sur la façon de l’appréhender. Dans cette perspective, la ou les problématiques in stitutionnelles ne peuvent être repérées d’emblée, mais sont déconstruites et analy sées pas à pas par l’articulation de différents niveaux signifiants. La procédure de représentation d’une situation potentiellement complexe ici développée se veut suffisamment ouverte pour accepter l’imprévu, l’intégrer et le penser. Si l’objet de cet ouvrage est bien la violence institutionnelle en tant qu’elle est analysée au regard des dysfonctionnements de l’ institution, la démarche clinique présentée n’est pas une simple clinique év aluative ou compréhensive,
c’est une clinique de la transformation, à travers une action de déplacement, qui a de multiples effets. La démarche s’inscrit dans la mouvance de la guidance projective. A partir d’outils ou d’espaces d’invest igation qui permettent ce déplacement et l’expression de chacun, l’auteur pro pose d’induire une mise en situation ou « mise en scène » des processus sous-jacents supposés analogues au mode de fonctionnement du sujet, du groupe, du r apport au cadre, à la problématique en question. Ce faisant, la démarche permet à la fois la mise au jour des processus et leur analyse, leur mise en mo ts, élaboration, conscientisation voire dépassement par les professionnels eux-mêmes, à travers le travail d’accompagnement et les restitutions de l’intervenant. La clinique institutionnelle proposée implique un cheminement e t des mouvements qui permettent l’émergence d’un sens nouveau, dénouant les problématiques et, par là même, modifie la dynamique institutionnelle.
Cet ouvrage propose différents champs d’investigati on (tant d’un point de vue concret et factuel que dans leur dimension subjective) mis en tension les uns avec les autres. C’est dans les rapports dialectiques que se situe l’analyse et son aspect novateur, du fait que la démarche offre une possibilité d’articulation de ces différents champs. Ces derniers constituent autant d’espaces projectifs d’analyse et de mise au travail des sujets, des rapports inte rsubjectifs et de la dynamique institutionnelle. Il est ici question du cadre comme espace de guidan ce, notamment dans ses rapports aux systèmes de valeurs des profession nels, à la temporalité, aux espaces et à l’altérité. Le cadre institutionnel re nvoie aux missions, objectifs et mandat de l’institution. Dans la plupart des institutions, le cadre est régi par le règlement intérieur et le projet institutionnel qui définissent les droits et les devoirs, les missions, rôles et fonctions, mais éga lement certaines modalités de relations entre usagers et personnel, un mode de fo nctionnement et d’organisation de l’établissement, etc. Le cadre dé termine également les conditions matérielles de vie pour les usagers et d ’exercice pour les professionnels (organisation de l’espace, etc.). Pl us spécifiquement, le cadre évoque les items stables et permanents, permettant à chacun de se repérer ; il organise le lien social au sein de l’institution. Le cadre est ce qui limite et contient, ce qui permet de ne pas déborder. Il a fondame ntalement un aspect structurant, contenant et sécurisant, notamment par l’organisation de l’espace et du temps qu’il propose, par la différenciation qu’il suscite. Ces caractéristiques du cadre doivent permettre la mise en œuvre de process us qui autorisent le mouvement. Le cadre « maintient une continuité dans la discontinuité, il maintient ce qui ne doit pas changer pour que les choses chan gent. Il procure une sécurité
psychique pour que l’on puisse assumer l’incertitud e du changement auquel il a pourtant à se confronter » (Bleger, 1979). Le système de valeurs individuel et/ou du groupe d’ appartenance professionnelle renvoie à la logique d’un idéal, ce vers quoi chacun tend dans l’exercice de sa profession. Les discours, réaction s, attitudes, positionnements individuels, de groupe et syndicaux permettent d’ap préhender l’implicite de la dynamique d’un groupe professionnel à travers ses v aleurs dominantes. Les appartenances idéologiques, la constitution d’un co de de valeurs et de langage (propres à une structure), sont des éléments de déc onstruction qui, mis en tension avec l’histoire du service et le cadre institutionnel, autorisent un repérage de l’importance des écarts participant à la souffra nce au travail et aux violences de l’institution. Lorsque le cadre ne peut être ma intenu ou lorsqu’il prend le pas sur d’autres dimensions, il met à mal le sens de l’ intervention professionnelle pour les agents. Les notions de temporalité et d’espaces psychiques intersubjectifs sont également au centre de la démarche. L’inscription d es professionnels dans une temporalité propice au cheminement, à l’acceptation et à l’intégration du changement, suppose de penser les espaces instituti onnels. Ces derniers sont susceptibles de créer des espaces psychiques propre s au dépassement des mouvements défensifs et à leur répétition, par leur expression et élaboration. Au «temps psychique» (individuel ou groupal) correspon d un «espace psychique», au risque que la dynamique institutionnelle demeure dans un «hors temps», une atemporalité liée à un « non espace », sans lequel il n’y a pas d’inscription possible dans un trajet et de mise en histoire (Mel lier, 2005). La perspective développée dans cet ouvrage resitue un espace-temps de parole au centre du processus d’analyse et de guidance. Ce dernier est mis au travail tant dans sa dimension contenante, qui a pu faire défaut au sein de l’institution, que dans sa fonction conteneur, en autorisant l’élaboration, la prise de distance, la mise en sens et en histoire. L’analyse et l’expression des dysrégulations de la distance relationnelle, qui imprègne les rapports institutionnels dans un jeu d e proximité, d’intrusion et de distance, dans leur rapport au cadre qui fait tier s, restitue des espaces psychiques intra et inter subjectifs et introduit la question de l’altérité. Cette mise en tension, permet à la fois de réguler les relatio ns interpersonnelles et d’offrir des potentialités d’aménagement d’une position subj ective, entre contrainte réglementaire et appropriation personnelle, autoris ant l’expression d’une singularité, dans le respect de l’altérité. Au sein de ces champs d’investigation, dont la liste n’est pas exhaustive, différents processus dialectiques particulièrement éclairant sont ensuite