Vision de la femme dans la littérature du Sud-Vietnam

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Quelle est l'image sociale de la femme dans la société du Sud-Vietnam ? En s'appuyant sur les romans des écrivains du Sud, sur la littérature journalistique des années 30 ainsi que sur sa propre expérience d'enfant du Sud, l'auteur tente de démontrer que la femme vietnamienne était loin d'être douce, au foyer, soumise aux préceptes confucéens comme beaucoup l'ont affirmé.
Publié le : samedi 1 septembre 2012
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EAN13 : 9782296505261
Nombre de pages : 388
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Nguyễn Thanh Trừng
Vision de la femme dans la littérature du Sud Vietnam (de 1858 à 1945)
dans la littérature du Sud Vietnam
Vision de la femme dans la littérature du Sud-Vietnam
(de 1858 à 1945)
NGUYN THANH TR¯NG
Vision de la femme dans la littérature du Sud-Vietnam(de 1858 à 1945)
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00274-3EAN : 9782336002743
À la mémoire de mon père
Portrait de l’auteur en guise de préface Nguyen Thanh Trung présente un parcours quasi parfait de la « génération de 1945 », la quatrième, et la dernière, dans la succession chronologique de notre sociologie historique de la classe intellectuelle du Vietnam (1862-1945). De quoi s’agit-il ?  Dans la terminologie inventée par Gérard Noiriel pour penser la situation de la classe ouvrière dans la société française contemporaine, cette « génération sociale » rassemble des individus non pas biologiquesnotion chère à Albert Thibaudet ou à Thanh Lang -, mais surtout ayant vécu les mêmes expériences sociales fondatrices qui allaient changer le cours de l’Histoire et marquer de manière indélébile leur différence avec la génération qui les précède. Dans mes propres recherches sur les lettrés confucéens et intellectuels modernes au Vietnam, je préférais, pour souligner la force de l’histoire collective sur le destin singulier de l’individu pris dans son engrenage, l’expression de «génération des conjonctures ». Ainsi se déroule dans la trame de la « passion vietnamienne » une succession de conjonctures historiques : la Résistance lettrée du Can Vuong (1885-1896), le Risorgimento du Duy Tan (1907-1910), la révolte des Occidentalisants de 1925-1926 quiannonce, et réalise, la Révolution d’août 1945.  Grosso modo, la génération de 1945 désigne les intellectuels qui ont pris la relève des grands lettrés du Cân Vuong et du Duy Tân, nés dans les années trente, issus des classes moyennes urbaines et formés dans les écoles coloniales et post-coloniales. Ils sont pris dès leur adolescence dans le cycle révolutionnaire, dans le prolongement de la Deuxième Guerre mondiale. Au terme de cette version vietnamienne de la guerre de Trente ans, s’édifia à l’échelle de l’ex-Indochine, un nouvel ordre social, politique et idéologique qui relève du modèle socialiste asiatique. Par une étrange coïncidence, Nguyên Thanh Trung a traversé, à l’instar des jeunes gens de son âge et, il faut l’avouer, à son corps défendant, les épreuves de l’Histoirejusqu’à la victoire finale remportée par les Bô Doi de Hô Chi Minh en avril 1975.  Mais le destin de cet enfant du Sud, issu des milieux lettrés du Centre, est tout sauf celui d’un homme soumis et courbé sous la fatalité de l’Histoire et il faut en savoir gré aux hommes de cette génération d’avoir montré les capacités infinies de l’être humain doué de raison et de culture pour faire face et surmonter l’adversité. Cette force de caractère qui distinguait, selon Mencius, l’homme de Bien parmi ses semblables tranche avec les représentations conventionnelles de la femme vietnamienne et donne à ce
plaidoyer en faveur des femmes du Sud un tonus d’une intensité incomparable.  M. Trung se définit lui-même comme un autodidacte et un intrus, du moins dans la discipline sous le label de laquelle il présente ses travaux : la sociologie. Je crois qu’il convient de recevoir ces auto-disqualifications avec humour et distance. « Autodidacte », avec un DES de Lettres obtenu à l’université de Saïgon en 1973 et, en prime, un DEA de Linguistique à Paris-Sorbonne en 1977 ? Sans oublier une longue carrière professorale qui les avait précédés et avait justifié sa bourse de doctorat en France à la veille de la victoire communiste ? À moins de considérer cette notion comme indicatrice d’une vocation distinctive de lettré du monde sino-vietnamien, celle vouée toute sa vie à l’étude et à la recherche pour un simple besoin de connaissance. Rappelons à ce propos que durant tout le long de la séquence coloniale, la plupart des grands intellectuels qui dominaient l’histoire culturelle du Vietnam furent des « autodidactes » : Trân Trong Kim, Dao Duy Anh, Nguyên Hiên Lê, Nguyên Duy Cân, Vuong Hông Sên… « Intrus », certes, mais au sens anglo-saxon du terme, de « challenger », d’un individu qui assume pleinement la posture de l’étranger, de non-institutionnel avec ce que cela implique comme rupture, extériorité et dissidence. En ce sens, Trung est venu aux sciences sociales non avec l’habitus, les réflexes de caste, les théories toutes faites et les outils (jargons) standardisés du professionnel « formaté », comme on dit, mais armé d’un regard avide, curieux et critique! M. Trung l’a dit avec simplicité: l’expérience vécue dans sa longue carrière d’enseignant dans les lycées du Sud confirme une impression de déjà vu, au contact des écrivains du terroir pourtant négligés, sinon méprisés, par leurs « chers » compatriotes du Nord. Son comparatisme Nord/Sud ne découle certes pas d’une méthodologie préconçue, mais de l’observation empirique, de l’attention portée à la vie quotidienne, au langage de tous les jours, au gestuel des personnes simples. Pourtant cette réalité bigarrée, multiple, reflétant la vie des gens du Sud est quasi introuvable dans la littérature officielle celle des vainqueurs de 1975, enseignée dans les écoles, imprimée dans les manuels scolaires - qui représente en fait et en droit la littérature du Nord et ce, malgré quelques brèches et déviations de rares dissidents du Tu Luc Van Doan (groupe Autonomie), tels que Vu Trong Phung, Bui Hiên, Nguyên Hong... À l’inverse, il découvre la vraie vie et ses à-côtés dans une prose journalistique et marginale, celle du terroir.  Mine de rien, il met en cause toute une tradition anthropologique conventionnelle et datée de la femme soumise, mise en scène par la Restauration confucéenne des rois Nguyên (XIXe siècle), récupérée par la
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République coloniale et transfigurée - et subsumée sous les effets du culte des pasionarias communistes.  À travers des faits de société, des réussites sociales foudroyantes, comme des crimes de passion amoureuse, des actes répréhensibles d’une société permissive et, en fin de compte libérale, ouverte au tout-venant, les auteurs du Sud, plus influencés par les Zola, Flaubert, Maurras, Barrès… que leurs confrères du Nord, laissent leur prose déliée capter, magnifiquement, les traits et portraits de la femme « méridionale», telle qu’elle se donne à voir, libre et spontanée, à travers ses manières de penser,de s’exprimer, d’agir et de s’affirmer enfin dans la vie privée et sociale.Le plus inattendu dans la position de M. Trung est d’affirmer, et de prouver, que c’est dans le roman populaire et dans la langue orale des écrivains, tels Ho Biêu Chanh (1885-1958) et, plus tard, Binh Nguyên Loc (1914), Son Nam (1926) et la jeune Nguyên Ngoc Tu… que cette culture du terroir passe le mieux. Le choix de l’écrivain Hô Biêu Chánh est tout à fait pertinent, eu égard à une œuvre gigantesque de plus de soixante romans, sa variété thématique, sa nouveauté et sa simplicité stylistique, ainsi que la richesse de son langage… même si l’on regrette que les notes biographiques le concernant nous laissent un peu sur notre faim ! « Encore un effort, cher camarade », pour rappeler la fameuse formule soixante-huitarde.  Aix-ex-Provence,  « Villa Annette »  Été 2011  Trinh Van Thao
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