Vivre sans abri - De la mémoire des lieux à l'affirmation de soi

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On se représente communément les personnes sans abri comme déracinées, exclues du monde social, sans identité saisissable, en errance physique et psychique, hors de tout lieu et de toute durée. Cette image limite, portée par les discours sur la pauvreté, repose sur une assimilation simpliste entre précarité socio-économique et précarité existentielle.
À partir de ses propres enquêtes de terrain, Claudia Girola montre dans cet opuscule qu’une situation de détresse matérielle et symbolique n’entraîne pas nécessairement la perte des repères fondateurs de l’existence. Au contraire, cette expérience extrême de vie peut conduire à un travail identitaire d’affirmation de soi, rendu possible par une réelle maîtrise de l’espace et du temps – une topographie de la mémoire qui permet de « rester soi-même, malgré tout ».

Publié le : samedi 1 janvier 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782728837601
Nombre de pages : 72
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Conférence
Je suis heureuse d’avoir l’occasion de partager ici une partie des résultats des recherches anthropologiques que je mène depuis une vingtaine d’années que je suis en France – je viens d’Argentine. Je m’intéresse aux pratiques de vie et de survie des hommes et des femmes sans abri, et tout particulièrement à leurs pratiques et logiques identitaires. Par pratiques identitaires, j’entends les différentes actions, activités, décisions, pensées, discours, que les personnes sans abri mettent en œuvre pour faire face à leurs conditions de vie difficiles et incertaines et qui leur permettent de «tenir», d’«être là», ou, comme une personne à la rue me l’a dit un jour, de«rester [s]oimême malgré tout». Je
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reviendrai sur cette expression de « malgré tout », qui, entendue incidemment, est devenue pour moi une catégorie de pensée, orientant toutes mes recherches. Afin de transmettre les résultats de mes enquêtes de terrain sur ces personnes, je préciserai dans un premier temps mon point de vue de chercheur face à la problématique du sansabrisme. Ensuite, j’exposerai ce qui conditionne socialement et ce qui fonde le travail identitaire mené par ceux qui se trouvent dans une situation de vie extrême : le regard que la société porte sur eux et auquel ils réagissent, les intrications entre la temporalité de leur vie présente et celle de leur vie antérieure, et le maintien de certaines appartenances sociales – d’abord temporelles et spatiales.
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